Catégorie : Ecritures

  • Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 21,5-11.

    En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara :
    « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
    Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
    Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux !
    Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »
    Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.
    Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »

     

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    « Jésus dit aux juifs : ‘ Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai…’ Il parlait du temple de son corps » (Jn 2,21)… Certains pensent qu’il est impossible d’appliquer au corps du Christ tout ce qui est dit du Temple ; ils pensent que son corps a été appelé temple parce que, de même que le premier Temple était habité par la gloire de Dieu, ainsi le Premier-Né de toute créature est l’image et la gloire de Dieu (Col 1,15) et que donc il est juste que son Corps, l’Église, soit appelé le temple de Dieu, parce qu’il contient l’image de la divinité… Nous, nous avons appris de Pierre que l’Église est le corps et la maison de Dieu, construite avec des pierres vivantes, une maison spirituelle pour un sacerdoce saint (1P 2,5).

    Ainsi pouvons-nous regarder Salomon, le fils de David qui a construit le Temple, comme une préfiguration du Christ : c’est après la guerre, alors que régnait une grande paix, que Salomon a construit un temple à la gloire de Dieu dans la Jérusalem terrestre… En effet, lorsque tous les ennemis du Christ seront « placés sous ses pieds et que le dernier ennemi, la mort, sera vaincue » (1Co 15,25-26), alors la paix sera parfaite, alors le Christ sera « Salomon », dont le nom signifie « pacifique » ; en lui s’accomplira cette prophétie : « Avec ceux qui haïssaient la paix, j’étais pacifique » (Ps 119, 6-7). Alors chacune des pierres vivantes, selon les mérites de sa vie présente, sera une pierre du temple : l’un, apôtre ou prophète, posé dans les fondations, portera les pierres posées par-dessus ; un autre, venant après ceux qui sont dans les fondations, porté lui-même par les apôtres, en portera avec eux d’autres plus faibles ; l’un sera une pierre tout à l’intérieur, là où se trouvent l’arche avec les chérubins et le propitiatoire (1R 6,19) ; un autre, la pierre du vestibule (v. 3), et un autre encore, en dehors du vestibule des prêtres et des lévites, sera la pierre de l’autel où sont faites les offrandes des récoltes… Le déroulement de la construction, avec l’organisation des ministères, sera confié aux anges de Dieu, ces puissances saintes préfigurées par les chefs de travaux de Salomon… Tout cela s’accomplira quand la paix sera parfaite, quand régnera une grande paix.

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Commentaire de l’évangile de Jean, 10, 39 ; PG 14, 369s (trad. Thèmes et Figures, DDB 1984, p. 138 rev. ; cf SC 157, p. 543)

     

     

     

     

     

  • Solennité du Christ, Roi de l’Univers

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    « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne ». Le larron n’a pas osé faire cette prière avant d’avoir déposé par son aveu le fardeau de ses péchés. Tu vois, chrétien, quelle est la puissance de la confession. Il a avoué ses péchés et le paradis s’est ouvert ; il a avoué ses péchés et il a eu assez d’assurance pour demander le Royaume après ses brigandages…

    Tu veux connaître le Royaume ? Que vois-tu donc ici qui y ressemble ? Tu as sous les yeux les clous et une croix, mais cette croix même, disait Jésus, est bien le signe du Royaume. Et moi, en le voyant sur la croix, je le proclame roi. Ne revient-il pas à un roi de mourir pour ses sujets ? Lui-même l’a dit : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10,11). C’est également vrai pour un bon roi ; lui aussi donne sa vie pour ses sujets. Je le proclamerai donc roi à cause du don qu’il a fait de sa vie : « Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume. »

    Comprends-tu maintenant comment la croix est le signe du Royaume ? Voici encore une autre preuve. Le Christ n’a pas laissé sa croix sur la terre, mais il l’a soulevée et emportée avec lui dans le ciel. Nous le savons parce qu’il l’aura près de lui quand il reviendra dans la gloire. Pour t’apprendre combien cette croix est digne de vénération, il a fait d’elle un titre de gloire… Lorsque le Fils de l’homme viendra, « le soleil s’obscurcira et la lune perdra son éclat ». Il régnera alors une clarté si vive que même les astres les plus brillants seront éclipsés. « Les étoiles tomberont du ciel. Alors paraîtra dans le ciel le signe du Fils de l’homme » (Mt 24,29s). Tu vois quelle est la puissance du signe de la croix ? … Quand un roi entre dans une ville, les soldats prennent les étendards, les hissent sur leurs épaules et marchent devant lui pour annoncer son arrivée. C’est ainsi que des légions d’anges et d’archanges précéderont le Christ, lorsqu’il descendra du ciel. Ils porteront sur leurs épaules ce signe annonciateur de la venue de notre roi.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie sur la croix et le larron, 1, 3-4 ; PG 49, 403 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 462)

     

     

     

     

  • « Le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres. »

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    On prie dans le temple de Dieu quand on prie dans la paix de l’Eglise, dans l’unité du Corps du Christ, parce que le Corps du Christ est constitué de la multitude des croyants répartis sur toute la terre… Pour être exaucé c’est dans ce temple qu’il faut prier, « en esprit et en vérité » (Jn 4,23), et non dans le Temple matériel de Jérusalem. Celui-ci était « l’ombre de ce qui devait venir » (Col 2,17), c’est pourquoi il est tombé en ruines… Ce temple qui est tombé ne saurait être la maison de prière dont il a été dit : « Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations » (Mc 11,17 ; Is 56,7).

    Est-ce que vraiment ceux qui ont voulu en faire « une caverne de bandits » ont été la cause de sa chute ? De même, ceux qui mènent dans l’Eglise une vie de désordre, ceux qui cherchent à faire de la maison de Dieu une caverne de bandits, autant qu’il est en leur pouvoir, ceux-là non plus ne renversent pas ce temple. Un temps viendra où ils seront chassés dehors sous le fouet de leurs péchés. Cette assemblée de fidèles, temple de Dieu et Corps du Christ, n’a qu’une voix et chante comme un seul homme… Si nous le voulons, cette voix est la nôtre ; si nous le voulons, en l’entendant chanter, nous chantons aussi dans notre cœur.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon sur le psaume 130, § 3

     

     

     

  • « Si toi aussi, tu avais reconnu ce qui peut te donner la paix. »

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    Jamais plus la guerre, jamais plus la guerre ! C’est la paix, la paix, qui doit guider le destin des peuples et de toute l’humanité ! …

    La paix, vous le savez, ne se construit pas seulement au moyen de la politique et de l’équilibre des forces et des intérêts. Elle se construit avec l’esprit, les idées, les œuvres de la paix. Vous travaillez à cette grande œuvre.

    Mais vous n’êtes encore qu’au début de vos peines. Le monde arrivera-t-il jamais à changer la mentalité particulariste et belliqueuse qui a tissé jusqu’ici une si grande partie de son histoire ? Il est difficile de le prévoir ; mais il est facile d’affirmer qu’il faut se mettre résolument en route vers la nouvelle histoire, l’histoire pacifique, celle qui sera vraiment et pleinement humaine, celle-là même que Dieu a promise aux hommes de bonne volonté.

    Bienheureux Paul VI, pape de 1963-1978
    Discours à l’O.N.U., 4 octobre 1965. « La Documentation Catholique » du 17 oct. 1965, col. 1733 1735.

     

     

     

  • « Faites-le fructifier ! »

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    « Seigneur, voici ta pièce d’or, je l’avais mise de côté dans un linge. » À quoi cet homme s’occupera-t-il ensuite puisqu’il a abandonné son instrument de travail ? En irresponsable, il a opté pour la solution commode de ne rendre que ce qu’il a reçu. Il se consacrera à tuer le temps : les minutes, les heures, les jours, les mois, les années, la vie ! Les autres se donnent beaucoup de mal, négocient, se préoccupent noblement de rendre à leur maître davantage que ce qu’ils ont reçu, le fruit légitime, parce que la recommandation a été très concrète : « Faites-les fructifier jusqu’à ce que je vienne » ; chargez-vous de ce travail pour obtenir un profit jusqu’à ce que votre maître revienne. Lui, en revanche, il n’en fait rien ; cet homme gâche son existence.

    Comme il est dommage de ne vivre que pour tuer son temps, ce trésor de Dieu ! Rien ne saurait excuser un tel comportement. Saint Jean Chrysostome écrit : « Que personne ne dise : je ne dispose que d’un talent, je ne peux rien obtenir. Avec un seul talent tu peux aussi agir de façon méritoire ». Triste chose que de ne pas tirer parti, un véritable rendement, de toutes les capacités, petites ou grandes, que Dieu accorde à l’homme pour qu’il se consacre à servir les âmes et la société ! Lorsque, par égoïsme, le chrétien se retranche, qu’il se cache, qu’il se désintéresse, en un mot lorsqu’il tue son temps, il risque fort de tuer son ciel. Celui qui aime Dieu ne se borne pas seulement à mettre tout ce qu’il possède, tout ce qu’il est, au service du Christ : il se donne lui-même.

    Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975), prêtre, fondateur
    Homélie in Amigos de Dios (trad. Amis de Dieu, Le Laurier 2000, p. 74)

     

     

     

     

     

  • Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 3,7-12.

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    Vous savez bien, vous, ce qu’il faut faire pour nous imiter. Nous n’avons pas vécu parmi vous de façon désordonnée ;
    et le pain que nous avons mangé, nous ne l’avons pas reçu gratuitement. Au contraire, dans la peine et la fatigue, nuit et jour, nous avons travaillé pour n’être à la charge d’aucun d’entre vous.
    Bien sûr, nous avons le droit d’être à charge, mais nous avons voulu être pour vous un modèle à imiter.
    Et quand nous étions chez vous, nous vous donnions cet ordre : si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus.
    Or, nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire.
    À ceux-là, nous adressons dans le Seigneur Jésus Christ cet ordre et cet appel : qu’ils travaillent dans le calme pour manger le pain qu’ils auront gagné.

     

     

     

     

  • « Jésus disait…qu’il faut toujours prier. »

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    Il ne faut pas restreindre ta prière à la seule demande en paroles. Dieu, en effet, n’a pas besoin qu’on lui tienne de discours ; il sait, même si nous ne demandons rien, ce qui nous est utile. Qu’est-ce à dire ? La prière ne consiste pas en formules ; elle englobe toute la vie. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, dit l’apôtre Paul, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » (1Co 10,31). Es-tu à table ? Prie : en prenant ton pain, remercie celui qui te l’accorde ; en buvant ton vin, souviens-toi de celui qui t’a fait ce don pour te réjouir le cœur et soulager tes misères. Le repas terminé, n’oublie pas pour autant le souvenir de ton bienfaiteur. Quand tu mets ta tunique, remercie celui qui te la donne ; quand tu mets ton manteau, témoigne de l’affection à Dieu qui nous fournit des vêtements appropriés pour l’hiver et l’été, et pour protéger notre vie.

    Le jour terminé, remercie celui qui t’a donné le soleil pour les travaux de la journée et le feu pour éclairer la nuit et pour pourvoir à nos besoins. La nuit te fournit des motifs d’actions de grâces ; en regardant le ciel et en contemplant la beauté des étoiles, prie le Maître de l’univers qui a fait toutes choses avec tant de sagesse. Lorsque tu vois toute la nature endormie, adore encore celui qui nous soulage par le sommeil de toutes nos fatigues et nous rend par un peu de repos la vigueur de nos forces.

    Ainsi tu prieras sans relâche, si ta prière ne se contente pas de formules et si au contraire tu te tiens uni à Dieu tout au long de ton existence, de manière à faire de ta vie une prière incessante.

    Saint Basile (v. 330-379), moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église
    Homélie 5 (trad. Eds. Ouvrières rev.)

     

     

     

     

  • « Comme dans les jours de Noé »

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    Le sage Noé… s’embarqua dans l’arche sur l’ordre de Dieu, avec ses fils et leurs femmes, en tout huit âmes seulement. Sans cesser de gémir, ce serviteur priait ainsi : « Ne me fais pas périr avec les pécheurs, mon Sauveur, car je vois déjà le chaos s’emparer de la création et les éléments sont ébranlés par la peur… Les nuages sont tout prêts, le ciel est brouillé, les anges accourent en avant-garde de ta colère ». Sur ces mots, Dieu ferma l’arche et la scella, pendant que son fidèle criait : « Sauve tous les hommes de la colère, par l’amour que tu nous gardes, rédempteur de l’univers ».

    Du haut du ciel le juge alors donne un ordre ; aussitôt s’ouvrent les écluses, précipitant pluies, torrents d’eau et grêle, d’un bout du monde à l’autre ; et la peur fit jaillir les sources de l’abîme, inondant la terre en tout lieu… Tel fut l’effet de la colère de Dieu, parce que les humains avaient persévéré dans leur endurcissement et ne s’étaient pas empressés de lui crier avec foi : « Sauve tous les hommes de la colère, par l’amour que tu nous gardes, rédempteur de l’univers »…

    Ensuite le chœur des anges, voyant détruits les hommes charnels, s’écria : « Maintenant, que les justes possèdent toute l’étendue de la terre ! » Car le Créateur aime voir ceux qu’il a faits à son image (Gn 1,26) ; c’est pourquoi il met à part ses saints pour les sauver. Noé…lâche la colombe et elle revient vers le soir avec un rameau d’olivier dans le bec, qui annonçait symboliquement la miséricorde de Dieu. Alors Noé sort de l’arche, comme de sa tombe, selon l’ordre qu’il avait reçu…, non comme jadis Adam, qui avait mangé d’un arbre qui donne la mort, car Noé avait produit un fruit de pénitence en disant : « Sauve tous les hommes de la colère, par l’amour que tu nous gardes, rédempteur de l’univers ».

    Mortes sont la corruption et l’iniquité ; l’homme au cœur droit triomphe par sa foi, car il a trouvé grâce… Alors le juste (Gn 6,9) offrit au Seigneur un sacrifice sans tache… ; le Créateur en respira l’agréable parfum et… déclara : « Jamais plus l’univers ne périra dans un déluge, même si tous les hommes mènent une vie mauvaise. Aujourd’hui je conclus avec eux une alliance irrévocable. Je montre mon arc à tous les habitants de la terre pour leur servir de signe, afin qu’ils m’invoquent ainsi : ‘Sauve tous les hommes de la colère, par l’amour que tu nous gardes, rédempteur de l’univers’ ».

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560), compositeur d’hymnes
    Hymne de Noé, str. 11s (trad. SC 99, p.117s rev.)

     

     

     

     

  • « Le règne de Dieu est au milieu de vous. »

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    Les démons redoutent, mais Dieu et ses anges désirent l’homme qui cherche Dieu dans son cœur jour et nuit avec ferveur, et qui repousse loin de lui les agressions de l’ennemi. Le pays spirituel de cet homme pur en son âme est au-dedans de lui : le soleil qui brille en lui est la lumière de la Sainte Trinité ; l’air que respirent les pensées qui l’habitent est le Saint Esprit consolateur. Et les saints anges demeurent avec lui. Leur vie, leur joie, leur réjouissance sont le Christ, lumière de la lumière du Père. Un tel homme se réjouit à toute heure de la contemplation de son âme, et il s’émerveille de la beauté qu’il y voit, cent fois plus lumineuse que la splendeur du soleil.

    C’est Jérusalem. Et c’est « le Royaume de Dieu caché au-dedans de nous », selon la parole du Seigneur. Ce pays est la nuée de la gloire de Dieu, où seuls entrerons les cœurs purs pour contempler la face de leur Maître (Mt 5,8), et leur entendement sera illuminé par les rayons de sa lumière.

    Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
    Discours ascétiques, 1ère série (trad. DDB 1981 rev.)

     

     

     

  • Des serviteurs quelconques

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    La juste manière de servir rend humble celui qui agit. Il n’assume pas une position de supériorité face à l’autre, même si la situation de ce dernier peut à ce moment-là être misérable. Le Christ a pris la dernière place dans le monde –- la croix –- et, précisément par cette humilité radicale, il nous a rachetés et il nous aide constamment. Celui qui peut aider reconnaît que c’est justement de cette manière qu’il est aidé lui aussi. Le fait de pouvoir aider n’est ni son mérite ni un titre d’orgueil. Cette tâche est une grâce.

    Plus une personne œuvre pour les autres, plus elle comprendra et fera sienne la parole du Christ : « Nous sommes des serviteurs quelconques ». En effet, elle reconnaît qu’elle agit non pas en fonction d’une supériorité ou d’une plus grande efficacité personnelle, mais parce que le Seigneur lui en fait don. Parfois, le surcroît des besoins et les limites de sa propre action pourront l’exposer à la tentation du découragement. Mais c’est alors justement que l’aidera le fait de savoir qu’elle n’est, en définitive, qu’un instrument entre les mains du Seigneur ; elle se libérera ainsi de la prétention de devoir réaliser, personnellement et seule, l’amélioration nécessaire du monde. Humblement, elle fera ce qui lui est possible de faire et, humblement, elle confiera le reste au Seigneur.

    C’est Dieu qui gouverne le monde et non pas nous. Nous, nous lui offrons uniquement nos services, pour autant que nous le puissions, et tant qu’il nous en donne la force. Faire cependant ce qui nous est possible, avec la force dont nous disposons, telle est la tâche qui maintient le bon serviteur de Jésus Christ toujours en mouvement : « L’amour du Christ nous pousse » (2Co 5,14).

    Benoît XVI, pape de 2005 à 2013
    Encyclique « Deus caritas est », § 35 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)