Catégorie : Ecritures

  • « Il leur donnait pouvoir sur les esprits mauvais. »

    Nous vivons un moment de crise qui touche différents secteurs de l’existence, non seulement celui de l’économie, de la finance, de la sécurité alimentaire, de l’environnement mais également celui du sens profond de la vie et des valeurs fondamentales qui l’animent. La coexistence humaine est marquée, elle aussi, par des tensions et des conflits qui provoquent insécurité et difficulté à trouver le chemin d’une paix stable. Dans cette situation complexe, où l’horizon du présent et de l’avenir semble caractérisé par des nuages menaçants, il est encore plus urgent de porter avec courage au sein de chaque réalité l’Évangile du Christ qui constitue une annonce d’espérance, de réconciliation, de communion, une annonce de la proximité de Dieu, de sa miséricorde, de son salut, une annonce du fait que la puissance de l’amour de Dieu est capable de l’emporter sur les ténèbres du mal et de conduire sur le chemin du bien. L’homme de notre temps a besoin d’une lumière sûre qui éclaire sa route et que seule la rencontre avec le Christ peut donner. Portons à ce monde, par notre témoignage, avec amour, l’espérance donnée par la foi !

    Le caractère missionnaire de l’Église n’est pas un prosélytisme mais un témoignage de vie qui illumine le chemin, qui porte espérance et amour. L’Église — je le répète une fois encore — n’est pas une organisation d’assistance, une entreprise, une ONG mais une communauté de personnes animées par l’action de l’Esprit Saint, qui ont vécu et vivent l’étonnement de la rencontre avec Jésus Christ et désirent partager cette expérience de joie profonde, partager le message de salut que le Seigneur nous a apporté. C’est justement l’Esprit Saint qui conduit l’Église sur ce chemin. Je voudrais vous encourager tous à vous faire porteurs de la Bonne Nouvelle du Christ (…).

    Pape François

     

     

     

  • « D’où cela lui vient-il ?… N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie ? »

    Le Seigneur Jésus, étant revenu du Temple et de Jérusalem à Nazareth avec ses parents, y demeura avec eux jusqu’à sa trentième année « et il leur était soumis » (Lc 2,51). On ne trouve rien dans les Écritures qu’il ait fait pendant tout ce temps, ce qui paraît bien étonnant. (…) Mais sois attentif et alors tu verras clairement que, ne faisant rien, il a fait des merveilles. Chacun de ses gestes révèle, en effet, son mystère. Et comme il agissait avec puissance, ainsi il s’est tu avec puissance, il est demeuré dans la retraite et dans l’obscurité avec puissance. Le Maître souverain, qui va nous enseigner les chemins de la vie, commence dès sa jeunesse à faire des œuvres de puissance, mais d’une manière étonnante, inconnue et inouïe, en paraissant aux yeux des hommes inutile, ignorant, et en vivant dans l’abjection (…).

    Il tenait de plus en plus à cette manière de vivre afin d’être jugé par tous comme un être vil et insignifiant ; cela avait été annoncé par le prophète qui disait en son nom : « Je suis un ver et non un homme » (Ps 21,7). Tu vois donc ce qu’il faisait en ne faisant rien. Il se rendait vil (…). Crois-tu que ce soit là peu de chose ? Certes, ce n’est pas lui qui avait besoin de cela, mais nous. Et je ne connais rien de plus difficile ni de plus grand. Et celui-là me semble être parvenu au plus haut degré qui, de tout cœur et sans feinte, s’est suffisamment possédé pour ne rien chercher d’autre que d’être méprisé, de ne compter pour rien et de vivre dans l’abjection. C’est une plus grande victoire que la prise d’une ville (…).

    Saint Bonaventure (1221-1274)

     

     

     

  • « Je te le dis, lève-toi. »

    Avant de ressusciter une jeune fille morte, c’est pour amener à la foi que Jésus commence par guérir la femme atteinte de pertes de sang. C’est pour t’instruire qu’il a fait arrêter ce saignement et a guéri cette femme alors qu’il se rendait auprès de la fille.

    De la même façon, c’est pour croire en notre résurrection éternelle que nous célébrons la résurrection historique du Seigneur qui a suivi sa Passion. (…) « Les serviteurs du chef arrivent et disent : ‘Ne dérange plus le maître’ » : ils ne croient pas encore en la résurrection de Jésus prédite dans la Loi et accomplie dans l’Évangile. C’est pourquoi, en arrivant à la maison, Jésus ne prend avec lui que peu de témoins de la résurrection qui va se produire : ce n’est pas le grand nombre qui a cru tout de suite à la résurrection. Quand Jésus déclare : « L’enfant n’est pas morte, elle dort », la foule « se moque de lui », car ceux qui ne croient pas se moquent. Qu’ils pleurent donc leurs morts, ceux qui les croient morts : quand on a la foi en la résurrection, ce n’est pas une fin que l’on voit dans la mort mais un repos. (…)

    Prenant donc la main de l’enfant, Jésus la guérit et il lui fait donner à manger. C’est là une attestation de la vie, afin qu’on ne puisse pas croire à une illusion mais à la réalité. Heureuse celle dont la Sagesse tient ainsi la main ! Plaise à Dieu qu’elle tienne aussi mes actions, que la justice tienne ma main, que le Verbe, la Parole de Dieu, tienne ma main, et qu’il me conduise dans le lieu caché où il demeure. Qu’il détourne mon esprit de l’erreur, qu’il ramène celui qu’il sauve, et qu’il ordonne de me donner à manger, car le Verbe de Dieu c’est le pain du ciel (Jn 6,32). C’est pourquoi cette Sagesse, qui a déposé sur l’autel saint les aliments divins de son Corps et de son Sang, déclare : « Venez manger mon pain, venez boire le vin que je vous ai préparé » (Pr 9,5).

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

     

  • « Rentre auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. »

    Comme le Fils a été envoyé par le Père, il a lui-même envoyé les apôtres (Jn 20,21) en disant : « Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,19s). Ce commandement solennel du Christ d’annoncer la vérité qui sauve, l’Église l’a reçu des apôtres pour qu’elle l’accomplisse « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8). Dès lors, elle fait siennes les paroles de l’apôtre Paul : « Malheur à moi, si je n’évangélise pas » (1Co 9,16), et elle continue donc sans répit à envoyer des missionnaires jusqu’à ce que les jeunes Églises soient pleinement établies et qu’elles poursuivent à leur tour l’œuvre de l’évangélisation.

    En effet l’Esprit Saint la pousse à travailler à la pleine réalisation du dessein de Dieu, qui a établi le Christ comme principe de salut pour le monde entier. En proclamant l’Évangile, l’Église attire à la foi ceux qui l’écoutent, elle les incite à professer cette foi, elle les dispose au baptême, les arrache à l’esclavage de l’erreur et les incorpore au Christ, pour qu’ils grandissent en lui par la charité jusqu’à atteindre la pleine stature. Son activité fait que toute trace de bien, quelle qu’elle soit, présente dans le cœur et la pensée des hommes, dans leurs rites et leurs cultures, non seulement ne périsse pas, mais soit purifiée, élevée et portée à la perfection pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l’homme.

    À chacun des disciples du Christ incombe, pour sa part, la charge de jeter la semence de la foi. Mais si tout homme peut baptiser les croyants, il appartient cependant au prêtre de parfaire l’édification du Corps par le sacrifice eucharistique, accomplissant ainsi ce que Dieu a dit par le prophète : « Du levant au couchant du soleil mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu un sacrifice et une offrande pure sont offerts à mon nom » (Ml 1,11). C’est ainsi que l’Église à la fois prie et travaille, afin que le monde tout entier devienne le Peuple de Dieu, le Corps du Seigneur et le Temple de l’Esprit Saint.

    Concile Vatican II

     

     

  • « Il interpella le vent avec vivacité et dit à la mer : ‘ Silence, tais-toi ‘. »

    Tu es en mer et c’est la tempête. Il ne te reste qu’à crier : « Seigneur, sauve-moi ! » (Mt 14,30) Qu’il te tende la main, celui qui marche sur les flots sans crainte, qu’il soulève ta peur, qu’il fixe en lui-même ton assurance, qu’il parle à ton cœur et qu’il te dise : « Pense à ce que j’ai supporté. Tu as à souffrir d’un mauvais frère, d’un ennemi du dehors ? N’ai-je pas eu les miens ? Au dehors ceux qui grinçaient des dents, au-dedans ce disciple qui me trahissait ».

    C’est vrai, la tempête fait rage. Mais le Christ nous sauve « de la petitesse d’âme et de la tempête » (Ps 54,9 LXX). Ton navire est secoué ? C’est peut-être parce qu’en toi le Christ dort. Sur une mer furieuse, la barque où naviguaient les disciples était secouée, et cependant le Christ dormait. Mais le moment est venu enfin où ces hommes ont réalisé qu’ils avaient avec eux le maître et le créateur des vents. Ils se sont approchés du Christ, ils l’ont éveillé : le Christ a commandé aux vents et il s’est fait un grand calme.

    Ton cœur se trouble à juste titre, si tu as oublié celui en qui tu as cru ; et ta souffrance devient insupportable si tout ce que le Christ à souffert pour toi reste loin de ton esprit. Si tu ne penses pas au Christ, il dort. Réveille le Christ, fais appel à ta foi. Car le Christ dort en toi si tu as oublié sa Passion ; et si tu te souviens de sa Passion, en toi le Christ veille. Quand tu auras considéré de tout ton cœur ce que le Christ a souffert, ne supporteras-tu pas tes peines à ton tour avec fermeté ? Et avec joie, peut-être, tu te trouveras par la souffrance un peu semblable à ton Roi. Oui, lorsque ces pensées commenceront à te consoler, à te donner de la joie, sache que c’est le Christ qui s’est levé et qui a commandé aux vents ; de là le calme qui s’est fait en toi. « J’attendais, dit un psaume, celui qui me sauverait de la petitesse d’âme et de la tempête. »

    Saint Augustin (354-430)

     

     

  • La lampe sur le chandelier

    La lampe placée sur le chandelier, dont parle l’Écriture, c’est notre Seigneur Jésus Christ, lumière véritable du Père qui éclaire tout homme venant au monde (Jn 1,9). Quant au chandelier, c’est la sainte Église. C’est sur sa prédication que repose la Parole lumineuse de Dieu, qui éclaire les hommes du monde entier comme les habitants de sa maison, et qui remplit tous les esprits de la connaissance de Dieu…

    La Parole ne veut nullement demeurer sous le boisseau ; elle désire être mise bien en évidence, au sommet de l’Église. Dissimulée sous la lettre de la Loi comme sous le boisseau, la Parole aurait privé tous les hommes de la lumière éternelle. Elle n’aurait pas pu donner la contemplation spirituelle à ceux qui cherchent à se dégager de la séduction des sens, capables d’illusion et prompts à percevoir seulement les choses matérielles et passagères. Mais placée sur le chandelier qu’est l’Église, c’est-à-dire fondée sur le culte en esprit et en vérité (Jn 4,24), elle éclaire tous les hommes… Car la lettre, si elle n’est pas comprise selon l’esprit, n’a qu’une valeur matérielle et limitée (cf Rm 7,6) ; à elle seule, elle ne permet pas à l’intelligence de saisir la portée de ce qui est écrit…

    Ne plaçons donc pas sous le boisseau, par nos pensées et nos actions, la lampe allumée, c’est-à-dire la Parole de Dieu qui éclaire l’intelligence. Ne soyons pas coupables de dissimuler sous la lettre la force incompréhensible de la Sagesse divine. Plaçons la Parole plutôt sur le chandelier qu’est l’Église, au sommet de la vraie contemplation qui fait luire pour tous la lumière de la révélation divine.

    Saint Maxime le Confesseur (v. 580-662)

     

     

     

  • « À vous il est donné de connaître les mystères ! »

    « Oui, tous les évènements… » (Jb 13,1 Vg) Les évènements qui allaient suivre, Job les voyait présents en celui pour qui n’existent ni avenir qui arrive, ni passé qui s’éloigne et qui a tous les évènements simultanément présents devant ses yeux. Et comme Job a vu ceux qui allaient survenir, soit en actes, soit en paroles, il peut ajouter : « Mon œil les a vus et mon oreille les a entendus. » Mais les paroles ne font aucun bien si elles ne se font pas comprendre. Aussi dit-il encore justement : « Et il n’y en a pas un que je n’ai pas compris. »

    Quand en effet un évènement nous est connu soit par la vue, soit par l’ouïe, si n’en est pas accordée l’intelligence, il n’y a pas prophétie. Pharaon a vu en songe ce qui allait arriver à l’Égypte (cf. Gn 41), mais comme il n’a pas pu avoir l’intelligence de ce qu’il avait vu, il n’a pas été prophète. Le roi Balthasar a vu les doigts d’une main qui écrivait sur le mur (cf. Dn 5), mais il n’a pas été prophète parce qu’il n’a pas reçu l’intelligence de ce qu’il avait vu. C’est donc pour témoigner qu’il portait en lui l’esprit de prophétie que le bienheureux Job affirme avoir tout vu, tout entendu, mais aussi tout compris. De cette intelligence il ne tire pourtant pas orgueil.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

     

     

     

  • « Il expulse les démons. »

    Reconnais-le : « en toi s’est levé un nouveau roi, un roi d’Égypte ». C’est lui qui te réquisitionne pour ses travaux, t’oblige à fabriquer pour lui la brique et le mortier. C’est lui qui t’impose contremaîtres et surveillants, lui qui te pousse par le fouet et la verge à des travaux de terre, te force à lui bâtir des villes. C’est lui qui t’incite à parcourir le monde, à remuer terres et mers pour satisfaire tes convoitises…

    Ce roi d’Egypte sait que la guerre est imminente. Il pressent la venue de « celui qui peut dépouiller ses principautés et ses puissances, triompher d’elles avec audace et les clouer au bois de la croix »…; il sent toute proche l’heure de la destruction de son peuple. Voilà pourquoi il déclare : « Le peuple d’Israël est plus puissant que nous ! » Puisse-t-il en dire autant à notre sujet et nous sentir plus puissants que lui ! Comment le sentira-t-il ? Si je n’accueille pas les pensées mauvaises et les convoitises perverses qu’il m’inspire ; si je repousse « ses flèches enflammées, avec le bouclier de la foi » ; si, chaque fois qu’il fait quelque suggestion à mon âme, me souvenant du Christ mon Seigneur, je lui dis : « Arrière, Satan. Il est écrit : ‘C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, c’est lui seul que tu serviras’ »…

    Car il vient, le Seigneur Jésus…, pour se soumettre les « principautés, puissances et pouvoirs », pour soustraire les fils d’Israël aux violences de leurs ennemis…, pour nous apprendre de nouveau à voir Dieu en esprit, à délaisser les travaux de Pharaon, à sortir de la terre d’Égypte, à renoncer aux mœurs barbares des Égyptiens, « à dépouiller entièrement le vieil homme avec ses œuvres et à revêtir l’homme nouveau créé selon Dieu », « à nous renouveler sans cesse de jour en jour » à l’image de celui qui nous a créés, le Christ Jésus notre Seigneur, à qui sont gloire et puissance dans les siècles des siècles. Amen.

    Origène (v. 185-253)

     

     

     

  • Les Saintes Écritures nous conduisent au Ciel

    Dis-moi, frère très cher : vivre au milieu des Livres sacrés, les méditer sans cesse, ne rien connaître ni chercher en dehors d’eux, n’est-ce pas déjà, dès ici-bas, habiter le Royaume des cieux ?

    Et ne sois pas heurté, dans les Saintes Écritures, par la simplicité, voir la rudesse du langage, que ce soit par la faute des traducteurs ou même à dessein. Toujours elles se présentent de telle façon que le premier auditoire venu peut trouver à s’y instruire et que, dans une seule et même phrase, le savant et l’ignorant découvrent des sens insoupçonnés.

    Non point que je pousse la pétulence et la stupidité jusqu’à me flatter de connaître tout ce qui s’y trouve : ce serait vouloir cueillir sur terre les fruits d’arbres dont les racines sont fixés dans le ciel : mais j’avoue le désirer et je prétends m’y efforcer. Étudions ici sur terre ce dont la connaissance nous restera acquise dans le ciel.

    Saint Jérôme (347-420)

     

     

     

  • Fête de la conversion de saint Paul, apôtre

    Qu’est-ce que l’homme, quelle est la noblesse de sa nature, et de quel courage est capable ce vivant, l’apôtre Paul l’a montré plus que tout autre.

    Chaque jour il donnait toute sa mesure, et au milieu des dangers qui le harcelaient, il avait une audace toujours neuve, comme en témoignent ses propres paroles : « Oubliant le chemin que j’ai derrière moi, je suis tendu vers ce qui est en avant » (Ph 3,13). Lorsqu’il sent venir la mort, il invite à partager sa joie en disant : « Réjouissez-vous, oui, réjouissez-vous avec moi » (Ph 2,18). Parmi les dangers, les injures et tous les opprobres, il exulte et il écrit aux Corinthiens : « Je me complais dans les infirmités, les injures et les persécutions » (2 Co 12,10). Pour Paul, une seule chose était à craindre et à fuir : offenser Dieu. De même, rien d’autre ne l’attirait que de plaire à Dieu, rien, même pas les biens du ciel ; ce qui montre l’ardeur de son amour pour le Christ. (…)

    Telles étaient ses dispositions lorsqu’il demanda d’être exclu de la gloire du ciel pour sauver les Juifs qui avaient manqué leur salut (cf. Rm 9,3). Ce qui prouve à quel point leur perte lui était pénible. Si elle ne lui avait pas été si douloureuse, il n’aurait pas fait une telle demande, considérant son choix comme plus tolérable et plus consolant. Et ce n’était pas une simple déclaration d’intention mais un véritable cri du cœur : « Ce m’est une grande tristesse, et une douleur continuelle en mon cœur » (Rm 9,2). À qui pourrait-on comparer cet homme qui s’afflige pour le monde entier ?

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)