Catégorie : Ecritures

  • Recevoir la Parole dans la bonne terre

    StMatthieu

    Que le Christ vous aide, frères très chers, à toujours accueillir la lecture de la parole de Dieu avec un cœur avide et assoiffé ; ainsi votre obéissance très fidèle vous remplira de joie spirituelle. Mais si vous voulez que les saintes Écritures aient pour vous de la douceur et que les préceptes divins vous profitent autant qu’il le faut, soustrayez-vous pendant quelques heures à vos préoccupations matérielles. Relisez dans vos maisons les paroles de Dieu, consacrez-vous entièrement à sa miséricorde. Ainsi vous réussirez à réaliser en vous ce qui est écrit de l’homme bienheureux : « Il méditera jour et nuit la loi du Seigneur » (Ps 1,2) et aussi : « Heureux ceux qui scrutent ses commandements, ceux qui le cherchent de tout leur cœur » (Ps 118,2).

    Les commerçants ne cherchent pas à faire des bénéfices sur une seule marchandise mais sur plusieurs. Les cultivateurs cherchent un meilleur rendement en semant différentes sortes de semences. Vous qui cherchez des bénéfices spirituels, ne vous contentez pas seulement d’entendre les textes sacrés à l’église. Lisez les textes sacrés à la maison ; quand les jours sont courts, profitez des longues soirées. Et ainsi vous pourrez amasser un froment spirituel dans le grenier de votre cœur et ranger dans le trésor de vos âmes les perles précieuses des Écritures.

    Saint Césaire d’Arles (470-543), moine et évêque
    Sermons au peuple, n° 7, 1 (trad. cf SC 175, p.338s)

     

     

     

  • « Beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez. »

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    Dès que Dieu a vu le monde bouleversé par la crainte, il a mis en œuvre son amour pour le rappeler à lui, sa grâce pour l’inviter, son affection pour l’embrasser. Lors du déluge… il appelle Noé à engendrer un monde nouveau, l’encourage par de douces paroles, lui donne sa confiance familière, l’instruit avec bonté sur le présent et le console par sa grâce au sujet de l’avenir… Il prend part à son labeur et enferme dans l’arche le germe du monde entier, pour que l’amour de son alliance bannisse la crainte…

    Ensuite Dieu appelle Abraham du milieu des nations, il magnifie son nom et le fait père des croyants. Il l’accompagne en chemin, le protège à l’étranger, le comble de richesses, l’honore de victoires, l’assure de ses promesses, l’arrache aux injustices, le console dans son hospitalité et l’émerveille par une naissance inespérée afin que attiré par la grande douceur de l’amour divin, il apprenne à… adorer Dieu en l’aimant et non plus en tremblant.

    Plus tard Dieu console par des rêves Jacob en fuite. À son retour, il le provoque au combat et, dans la lutte, il l’étreint dans ses bras afin qu’il aime le père des combats et ne le craigne plus. Puis il appelle Moïse et lui parle avec l’amour d’un père pour l’inviter à délivrer son peuple.

    Dans tous ces événements, la flamme de la charité divine a embrasé le cœur des hommes…, et ceux-ci, l’âme blessée, ont commencé à désirer voir Dieu avec leurs yeux de chair… L’amour n’admet pas ne pas voir ce qu’il aime. Tous les saints n’ont-ils pas considéré comme peu de chose tout ce qu’ils obtenaient tant qu’ils ne voyaient pas Dieu ? … Que personne donc ne pense que Dieu a eu tort de venir aux hommes par un homme. Il a pris chair parmi nous pour être vu de nous.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 147 ; PL 52, 594-596 (trad. Orval)

     

     

     

  • « C’est un ennemi qui a fait cela. »

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    Je vous écris, frères bien-aimés, pour que vous sachiez que depuis le jour où Adam a été créé jusqu’à la fin du monde, le Malin fera la guerre aux saints sans se donner de repos (Ap 13,7)… Ils sont cependant peu nombreux, ceux qui se rendent compte que le ravageur des âmes cohabite avec eux dans leur corps, tout près de l’âme. Ils sont dans la tribulation, et il n’y a personne sur terre pour les réconforter. C’est pourquoi, ils regardent vers le ciel et y placent leur attente, afin d’en recevoir quelque chose au-dedans d’eux-mêmes. Et par cette force, et grâce à cette armure de l’Esprit (Ep 6,13), ils vaincront. C’est du ciel, en effet, qu’ils reçoivent une force, qui demeure cachée aux yeux de la chair. Tant qu’ils chercheront Dieu de tout leur cœur, la force de Dieu vient secrètement à leur aide à tout moment… C’est précisément parce qu’ils touchent du doigt leur faiblesse, parce qu’ils sont incapables de vaincre, qu’ils sollicitent ardemment l’armure de Dieu, et ainsi revêtus de l’équipement de l’Esprit pour le combat (Ep 6,13), ils deviennent victorieux…

    Sachez donc, frères bien-aimés, qu’en tous ceux qui ont préparé leur âme à devenir une bonne terre pour la semence céleste, l’ennemi se hâte de semer son ivraie… Sachez aussi que ceux qui ne cherchent pas le Seigneur de tout leur cœur ne sont pas tentés par Satan de façon aussi évidente ; c’est plutôt en cachette plus par des ruses qu’il essaie…de les écarter loin de Dieu.

    Mais maintenant, frères, prenez courage et ne craignez rien. Ne vous laissez pas effrayer par des imaginations suscitées par l’ennemi. Dans la prière, ne vous livrez pas à une agitation confuse, en multipliant des cris déplacés, mais accueillez la grâce du Seigneur dans la contrition et le repentir… Prenez courage, réconfortez-vous, tenez bon, souciez-vous de vos âmes, persévérez avec zèle dans la prière… Car tous ceux qui cherchent Dieu en vérité recevront une force divine en leur âme, et en recevant cette onction céleste, tous ceux-là sentiront en eux-mêmes le goût et la douceur du monde à venir. Que la paix du Seigneur, celle qui a été avec tous les saints pères et les a gardés de toute tentation, demeure aussi avec vous.

    Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390), moine
    Homélies spirituelles, n° 51 (trad. Bellefontaine 1984, coll. Spi. Or. 40, p.367 rev.)

     

    MMDHjuillet2017

     

     

     

     

  • « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

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    Nous ne voyons pas que les paroles de la Genèse : « Au jour du sabbat Dieu s’est reposé de ses œuvres » se soient réalisées en ce septième jour de la création, ni même qu’elles se réalisent aujourd’hui. Nous voyons toujours Dieu au travail. Il n’y a pas de sabbat où Dieu cesse de travailler, pas de jour où il ne « fasse se lever son soleil sur les bons et sur les méchants et tomber la pluie sur les justes et sur les injustes », où « il ne fasse pousser l’herbe sur les montagnes et les plantes au service des hommes »…, où « il ne fasse mourir et vivre. »

    Ainsi, le Seigneur répond à ceux qui l’accusaient de travailler et de guérir le jour du sabbat : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi aussi je travaille. » Il montrait par là que, durant le temps de ce monde, il n’y a pas de sabbat où Dieu se repose de veiller à la marche du monde et aux destinées du genre humain… Dans sa sagesse de Créateur il ne cesse d’exercer sur ses créatures sa providence et sa bienveillance « jusqu’à la fin du monde ». Donc le vrai sabbat où Dieu se reposera de tous ses travaux sera le monde futur, quand « douleur, tristesse et gémissements s’enfuiront », et que Dieu sera « tout en tous ».

    (Références bibliques : Gn 2,2; Mt 5,45; Ps 146,8; 1Sm 2,6; Jn 5,17; Mt 28,20; Is 35,10 LXX; Col 3,11)

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Homélies sur les Nombres, n°23 (trad. SC 29, p. 444)

     

     

     

  • « Devenez mes disciples ; apprenez de moi. »

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    Je te vois, ô bon Jésus, avec les yeux de la foi que tu as ouverts en moi, je te vois criant et disant à tout le genre humain : « Venez à moi et mettez-vous à mon école. » Quelle est la leçon…, toi par qui tout a été fait…, quelle est la leçon que nous venons apprendre à ton école ? « Que je suis doux et humble de cœur. » Voilà donc à quoi se réduisent « tous les trésors de sagesse et de connaissance » cachés en toi — à apprendre cette leçon capitale : que tu es « doux et humble de cœur »…

    Que ceux qui recherchent ta miséricorde et ta vérité écoutent, qu’ils viennent à toi, qu’ils apprennent de toi à être doux et humbles, en vivant pour toi et non pour eux-mêmes. Qu’il entende cela, celui qui peine et qui est chargé, qui ploie sous son fardeau jusqu’à ne pas oser lever les yeux vers le ciel, le pécheur qui se frappe la poitrine et n’approche que de loin. Qu’il entende, le centurion qui n’était pas digne que tu entres sous son toit. Qu’il entende, Zachée, le chef des publicains, quand il rend au quadruple le fruit de ses péchés. Qu’elle entende, la femme qui avait été pécheresse dans la ville et qui répandait d’autant plus de larmes à tes pieds qu’elle avait été plus éloignée de tes pas. Qu’ils entendent, les femmes de mauvaise vie et les publicains qui précèdent les scribes et les pharisiens dans le Royaume des cieux. Qu’ils entendent, les malades de toute sorte dont on t’accusait d’avoir été le convive…

    Tous ceux-là, quand ils se tournent vers toi, deviennent facilement doux et humbles devant toi, au souvenir de leur vie pleine de péchés et de ta miséricorde pleine de pardon, car « là où le péché a abondé, la grâce a surabondé ».

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sur la virginité, 35-36 ; PL 40,416 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 511)
    (Références bibliques : Col 2,3; Lc 18,13; Lc 7,6; Lc 19,8; Lc 7,37; Mt 21,31; Mt 9,11; Rm 5,20)

     

     

     

  • « Personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

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    Il nous est impossible de trouver des termes appropriés pour parler de la glorieuse Trinité, et cependant il faut bien en dire quelque chose… Il est absolument impossible à toute intelligence de comprendre comment la haute et essentielle unité est unité simple quant à l’essence, et triple quant aux Personnes, comment les Personnes se distinguent, comment le Père engendre son Fils, comment le Fils procède du Père et demeure cependant en lui ; et comment, de la connaissance qui sort de lui, jaillit un torrent d’amour inexprimable qui est le Saint Esprit ; comment ces épanchements merveilleux refluent dans l’ineffable complaisance de la Trinité en elle-même et dans la jouissance que la Trinité a d’elle-même et dans une unité essentielle… Mieux vaut sentir tout cela que d’avoir à l’exposer…

    Cette Trinité, nous devons la considérer en nous-mêmes, nous rendre compte comment nous sommes vraiment faits à son image (Gn 1,26), car on trouve dans l’âme, en son état naturel, la propre image de Dieu, image vraie, nette, quoiqu’elle n’ait pas cependant toute la noblesse de l’objet qu’elle représente. Les savants disent qu’elle réside dans les facultés supérieures de l’âme, dans la mémoire, l’intelligence, la volonté… Mais d’autres maîtres disent, et cette opinion est de beaucoup supérieure, que l’image de la Trinité résiderait dans le plus intime, au plus secret, dans le tréfonds de l’âme… C’est sûrement dans ce fond de l’âme que le Père du ciel engendre son Fils unique… Si quelqu’un veut sentir cela, qu’il se tourne vers l’intérieur, bien au-dessus de toute l’activité de ses facultés extérieures et intérieures, au-dessus des images et de tout ce qui lui a jamais été apporté du dehors, et qu’il se plonge et s’écoule dans le fond de son âme. La puissance du Père vient alors, et le Père appelle l’homme en lui-même par son Fils unique, et tout comme le Fils naît du Père et reflue dans le Père, ainsi l’homme lui aussi, dans le Fils, naît du Père et reflue dans le Père avec le Fils, devenant un avec lui. Le Saint Esprit se répand alors dans une charité et une joie inexprimables et débordantes. Il inonde et il pénètre le fond de l’homme avec ses dons aimables.

    Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
    Sermon 29 (trad. Cerf 1991, p. 214)

     

     

     

  • Jésus appelle les villes de Galilée à la conversion

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    « Le Seigneur est bon et miséricordieux », préférant à la mort le repentir des péchés (Jl 2,13). « Il est patient et riche en miséricorde » ; il n’imite pas l’impatience des hommes, mais il attend longuement notre repentir. « Il est prêt à arrêter le mal » ou à s’en repentir. C’est-à-dire que si nous nous repentons de nos péchés, lui-même se repentira de ses menaces et ne nous infligera pas les maux dont il nous avait menacés ; si nous changeons d’avis, lui aussi en changera…

    Cependant le prophète qui vient de dire : « Le Seigneur est bon et miséricordieux, patient et riche en miséricorde, prêt à arrêter le mal ou à s’en repentir » ajoute pour que cette grande clémence ne nous rende pas négligents : « Qui sait ? il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment et nous combler de ses bienfaits » (v. 14). Moi, dit-il, je vous exhorte de mon mieux à la pénitence, et je sais que la clémence de Dieu est inexprimable. Comme l’a dit David : « Pitié pour moi, mon Dieu, dans ta grande miséricorde ; dans l’abondance de tes pardons, efface mes péchés » (Ps 50,3). Mais, parce que nous ne pouvons pas connaître la profondeur des richesses de la sagesse et de la science de Dieu (Rm 11,33), je m’exprimerai de façon plus nuancée, je formulerai seulement un souhait en disant : « Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne pardonnera pas ? » Ce « qui sait » doit être compris comme désignant une chose difficile.

    Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église
    Commentaire sur le prophète Joël ; PL 25,967 (trad. bréviaire 21e vendredi, rev.)

     

     

  • « Celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche…ne perdra pas sa récompense. »

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    « J’étais un étranger, dit le Christ, et vous m’avez accueilli » (Mt 25,35). Et encore : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40). Puisqu’il s’agit d’un croyant et d’un frère, même s’il s’agit du plus petit, c’est le Christ qui entre avec lui. Ouvre ta maison, reçois-le. « Qui reçoit un prophète en sa qualité de prophète, recevra une récompense de prophète »… Voici les sentiments qu’on doit avoir en recevant les étrangers : l’empressement, la joie, la générosité. L’étranger est toujours timide et honteux. Si son hôte ne le reçoit pas avec joie, il se retire en se sentant méprisé, car il est pire d’être reçu de la sorte que de ne pas être reçu du tout.

    Aie donc une maison où le Christ trouve sa demeure. Dis : « Voici la chambre du Christ. Voici la demeure qui lui est réservée ». Même si elle est très simple, il ne la dédaignera pas. Le Christ est nu, étranger ; il ne lui faut qu’un toit. Donne-lui au moins cela ; ne sois pas cruel et inhumain. Toi qui montres tant d’ardeur pour les biens matériels, ne reste pas froid pour les richesses de l’esprit… Tu as un local pour ta voiture, et tu n’en aurais aucun pour le Christ vagabond ? Abraham recevait les étrangers là où il demeurait (Gn 18). Sa femme les traitait comme si elle était la servante, et eux, les maîtres. Ni l’un ni l’autre ne savaient qu’ils recevaient le Christ, qu’ils accueillaient des anges. S’ils l’avaient su, ils se seraient dépouillés de tout. Nous qui savons reconnaître le Christ, montrons encore plus d’empressement qu’eux qui croyaient ne recevoir que des hommes.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie 45 sur les Actes des Apôtres ; PG 60, 318-320 (trad. Brésard, 2000 ans A, p. 184)

     

     

     

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  • Les soucis du monde et les séductions de la richesse étouffent la Parole

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    Ô Seigneur mon Dieu, tes paroles sont des paroles de vie où tous les mortels trouveront ce qu’ils désirent, pourvu qu’ils acceptent de l’y chercher. Mais quoi d’étonnant, mon Dieu, que nous oubliions tes paroles, frappés comme nous le sommes de folie et de langueur par suite de nos mauvaises actions ? Ô mon Dieu…, auteur de tout ce qui est créé, que serait cette création si tu voulais, Seigneur, créer plus encore ? Tu es tout-puissant, tes œuvres sont incompréhensibles. Fais, Seigneur, que tes paroles ne s’éloignent jamais de ma pensée.

    Tu dis : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Mt 11,28). Que voulons-nous de plus, Seigneur ? Que demandons-nous ? Que cherchons-nous ? Pourquoi les gens du monde s’égarent-ils, sinon parce qu’ils sont en quête de bonheur ? Ô Dieu…, quel aveuglement profond ! Nous le cherchons, ce bonheur, là où il est impossible de le trouver.

    Ô Créateur, prends pitié de tes créatures ! Vois, nous ne nous comprenons pas nous-mêmes, nous ne savons pas ce que nous désirons, et ce que nous demandons nous échappe. Donne-nous la lumière, Seigneur ! Vois, elle nous est plus nécessaire qu’à l’aveugle né. Lui désirait voir la lumière et ne le pouvait pas, et maintenant, Seigneur, on refuse de voir. Est-il un mal plus incurable ? C’est ici, mon Dieu, qu’éclatera ta puissance, ici que brillera ta miséricorde… Je te prie d’aimer ceux qui ne t’aiment pas, d’ouvrir à ceux qui ne frappent pas, de donner la santé à ceux qui prennent plaisir à être malades… Tu as dit, ô mon Maître, que tu venais chercher les pécheurs (Mt 9,13) ; les voilà, Seigneur ! Et toi, mon Dieu, oublie notre aveuglement, considère uniquement le sang que ton Fils a répandu pour nous. Que ta miséricorde resplendisse au sein d’un tel malheur ; souviens-toi, Seigneur, que nous sommes ton œuvre, et sauve-nous par ta bonté, par ta miséricorde.

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
    Exclamations, n° 8 (trad. OC, Cerf 1995, p.881 rev.)

     

     

     

  • Aimez vos ennemis

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    « Dès que vous vous déclarerez pour mes serviteurs, il faut vous attendre à la persécution. J’ai été persécuté toute ma vie. À ma naissance, Hérode veut me faire mourir ; à peine commencé-je à prêcher, que mes concitoyens veulent me tuer ; à peine suis-je sorti de leurs mains que je me vois en butte aux embûches des pharisiens et d’Hérode [Antipas] qui me poursuivent de ville en ville et me tendent chaque jour de nouveaux pièges, pendant trois ans, pour me faire mourir…

    « Il faudra recevoir les persécutions avec joie, comme des marques précieuses de ressemblance avec moi, comme une imitation de votre Bien-aimé ; les supporter avec calme, sachant que si elles vous arrivent, c’est que je les permets et qu’elles ne vous atteindront que dans la mesure où je le permettrai, moi sans la permission de qui pas un cheveu de votre tête ne peut tomber. Les accepter… en souhaitant la bienvenue à tout ce qui arrive, puisque tout ce qui arrive produit, d’une manière ou de l’autre, la gloire de Dieu. Les souffrir avec courage en offrant à Dieu vos souffrances comme un sacrifice en holocauste pour sa gloire… Les souffrir en priant pour vos persécuteurs puisqu’ils sont enfants de Dieu, que Dieu veut leur salut et que je donnerai mon sang pour les sauver. Moi-même je vous ai donné l’exemple de prier pour tous les hommes, pour nos persécuteurs et nos ennemis ».

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
    Méditations sur l’évangile de saint Luc, 1898 (Œuvres spirituelles, Seuil 1958, p.130)