Catégorie : Ecritures

  • « Celui qui vous écoute, m’écoute. »

    Quelqu’un, ayant entendu le verset « Offre à Dieu un sacrifice de louange » (Ps 49,14), s’était dit : « Tous les jours, en me levant, j’irai à l’église, j’y chanterai un hymne du matin ; en fin de journée un hymne du soir ; puis chez moi un troisième et un quatrième hymne. Ainsi, je ferai tous les jours un sacrifice de louange et je l’offrirai à mon Dieu ». C’est bien de faire ainsi, si tu le fais vraiment, mais garde-toi de te rassurer sur ce que tu fais, et crains que, tandis que ta langue parle bien devant Dieu, ta vie ne parle mal devant lui… Prends garde de vivre mal, tout en parlant bien. Pourquoi cela ? Parce que Dieu dit au pécheur : « Qu’as-tu à réciter mes commandements, à garder mon alliance à la bouche, [toi qui rejettes mes paroles derrière toi] ? » (v. 16-17) Voyez avec quelle crainte nous devons vous parler… Vous, mes frères, vous êtes en sécurité : si vous entendez dire de bonnes choses, c’est Dieu que vous entendez, quelle que soit la bouche qui vous parle. Mais Dieu n’a pas voulu laisser ceux qui parlent sans les reprendre, de peur qu’ils ne s’endorment en sécurité dans une vie de désordre, se disant qu’ils parlent du bien, se disant : « Dieu ne voudra pas nous perdre, nous par qui il a voulu dire de si bonnes choses à son peuple ». Donc, vous qui parlez, qui que vous soyez, écoutez ce que vous dites ; vous qui voulez être écoutés, écoutez-vous, vous les premiers… Puissé-je écouter le premier, puissé-je écouter, écouter mieux que tous « ce que le Seigneur Dieu dit en moi, car il fait entendre des paroles de paix à son peuple » (Ps 84,9).

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

     

     

     

     

  • Envoyés par le Christ vers le monde entier

    « Personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui a été posé, le Christ Jésus » (1Co 3,11). C’est lui seul « que le Père a consacré et envoyé dans ce monde » (Jn 10,36), « splendeur du Père et expression parfaite de son être » (He 1,3), vrai Dieu et vrai homme, sans qui personne ne peut connaître Dieu comme il faut, car « personne n’a connu le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils a voulu le révéler » (Mt 11,27). D’où il suit que « tout restaurer dans le Christ » (Ep 1,10) et ramener les hommes à l’obéissance à Dieu sont une seule et même chose. Et c’est pourquoi le but vers lequel doivent converger tous nos efforts, c’est de ramener le genre humain à la souveraineté du Christ. Cela fait, l’homme se trouvera, par là même, amené à Dieu : non pas un Dieu inerte et insoucieux des réalités humaines, comme certains philosophes l’ont imaginé, mais un Dieu vivant et vrai, en trois personnes dans l’unité de leur nature, créateur du monde, étendant à toute chose sa providence infinie, juste donateur de la Loi qui jugera l’injustice et assurera à la vertu sa récompense. Or, où est la voie qui nous donne accès auprès de Jésus Christ ? Elle est sous nos yeux : c’est l’Église. Saint Jean Chrysostome nous le dit avec raison : « L’Église est ton espérance, l’Église est ton salut, l’Église est ton refuge. » C’est pour cela que le Christ l’a établie, après l’avoir acquise au prix de son sang. C’est pour cela qu’il lui a confié sa doctrine et les préceptes de sa Loi, lui prodiguant en même temps les trésors de sa grâce pour la sanctification et le salut des hommes. Vous voyez donc, vénérables frères, quelle œuvre nous est confiée… : ne viser rien d’autre que former en tous Jésus Christ… C’est la même mission que Paul attestait avoir reçue : « Mes petits enfants, je vous enfante à nouveau jusqu’à ce que le Christ ait pris forme en vous » (Ga 4,19). Or, comment accomplir un tel devoir sans être d’abord « revêtus du Christ » ? (Ga 3,27) Et revêtus jusqu’à pouvoir dire : « Pour moi, le Christ est ma vie » (Ph 1,21).

    Saint Pie X, pape de 1903 à 1914

     

     

     

  • « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête »

    Rappelle-toi de la gloire du Père

    Rappelle-toi des divines splendeurs

    Que tu quittas t’exilant sur la terre

    Pour racheter tous les pauvres pécheurs

     

    Ô Jésus ! t’abaissant vers la Vierge Marie

    Tu voilas ta grandeur et ta gloire infinie Ah ! du sein maternel

    Qui fut ton second Ciel Rappelle-toi…

    Rappelle-toi que sur d’autres rivages

     

    Les astres d’or et la lune d’argent

    Que je contemple en l’azur sans nuages

    Ont réjoui, charmé tes yeux d’Enfant.

    De ta petite main qui caressait Marie

    Tu soutenais le monde et lui donnais la vie.

     

    Et tu pensais à moi, Jésus, mon petit Roi

    Rappelle-toi. Rappelle-toi que dans la solitude

    Tu travaillais de tes divines mains

    Vivre oublié fut ta plus douce étude

     

    Tu rejetas le savoir des humains

    Ô Toi ! qui d’un seul mot pouvais charmer le monde

    Tu te plus à cacher ta sagesse profonde.

    Tu parus ignorant, Ô Seigneur Tout-Puissant !

     

    Rappelle-toi. Rappelle-toi qu’étranger sur la terre,

    Tu fus errant, toi le Verbe Éternel,

    Tu n’avais rien ; non, pas même une pierre

    Pas un abri, comme l’oiseau du ciel.

     

    Ô Jésus ! viens en moi, viens reposer ta Tête,

    Viens, à te recevoir mon âme est toute prête

    Mon Bien-Aimé Sauveur

    Repose dans mon cœur Il est à Toi.

     

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église

     

     

  • « Celui entre vous qui est le plus petit, c’est celui-là qui est grand. »

    « Venez, dit le Christ à ses disciples, et apprenez de moi », non pas certes à chasser les démons par la puissance du ciel, ni à guérir les lépreux, ni à rendre la lumière aux aveugles, ni à ressusciter les morts…; mais, dit-il, « Apprenez de moi ceci : que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,28-29). Voilà, en effet, ce qu’il est possible à tous d’apprendre et de pratiquer. Mais de faire des signes et des miracles, cela n’est pas toujours nécessaire, ni avantageux à tous, et n’est pas accordé non plus à tous. C’est donc l’humilité qui est la maîtresse de toutes les vertus, le fondement inébranlable de l’édifice céleste, le don propre et magnifique du Sauveur. Celui qui la possède pourra faire, sans péril d’élèvement, tous les miracles que le Christ a opérés, parce qu’il cherche à imiter le doux Seigneur, non dans la sublimité de ses prodiges, mais dans la vertu de patience et d’humilité. Par contre, pour celui qui est impatient de commander aux esprits immondes, de rendre la santé aux malades, de montrer aux foules quelque signe merveilleux, il peut bien invoquer le nom du Christ au milieu de toute son ostentation ; mais il est étranger au Christ, parce que son âme orgueilleuse ne suit pas le maître de l’humilité. Sur le point de retourner à son Père, voici le legs que le Seigneur a fait à ses disciples : « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres » ; et il ajoute aussitôt : « C’est à cela que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13,34-35). Il est bien certain qu’à moins d’être doux et humble, on n’observera pas cet amour.

    Saint Jean Cassien (v. 360-435), fondateur de monastère à Marseille

     

     

     

  • « Il n’est pas de ceux qui nous suivent. » : les divisions font trébucher les petits.

    « Ayez tous un même langage ; qu’il n’y ait pas de schismes parmi vous » (1Co 1,10). Les diverses parties de l’Église ne sont plus entières quand une souffre et meurt. Si toutes les Églises étaient à elles seules un corps complet, il y aurait des assemblées ou réunions nombreuses ; mais elle forme un seul corps et le schisme détruit son unité… Après avoir dénoncé ce mal en utilisant ce mot amer de « schisme », l’apôtre Paul adoucit en ajoutant : « Soyez tous unis dans le même esprit et dans le même sentiment. » Il ne s’agit pas seulement d’un accord de paroles mais d’une union de pensée et de sentiments. Et comme il peut arriver qu’on soit unis sur un point mais divisés sur d’autres, Paul insiste : « Soyez unis d’une manière parfaite »…, parfaits dans la charité. On peut être unis de pensée et divisés dans l’action, avoir une même foi et ne plus être liés par une même charité. C’est ce qui arrivait à Corinthe, où les uns s’attachaient à tel maître, les autres à tel autre. Paul ne leur reproche pas des différences de la foi, mais leurs manières d’agir, des rivalités humaines… : « Que m’a-t-on appris ? Qu’il y a des contestations parmi vous ! … Le Christ est-il divisé ? » (1Co 1,13)

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église

     

     

     

     

  • Fête des saints Michel, Gabriel et Raphaël, archanges

    « Je crois en un seul Dieu…, créateur de ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible. » L’existence des êtres spirituels, non corporels, que l’Écriture Sainte nomme habituellement anges, est une vérité de foi. Le témoignage de l’Écriture est aussi net que l’unanimité de la Tradition. St Augustin dit à leur sujet : « Ange désigne la fonction non pas la nature. Tu demandes comment s’appelle cette nature ? — Esprit. Tu demandes la fonction ? –- Ange. D’après ce qu’il est, c’est un esprit, d’après ce qu’il fait, c’est un ange. » De tout leur être, les anges sont serviteurs et messagers de Dieu. Parce qu’ils contemplent « constamment la face de mon Père qui est aux cieux » (Mt 18,10), ils sont « les ouvriers de sa parole, attentifs au son de sa parole » (Ps 103,20). En tant que créatures purement spirituelles, ils ont intelligence et volonté ; ils sont des créatures personnelles et immortelles. Ils dépassent en perfection toutes les créatures visibles. L’éclat de leur gloire en témoigne (cf Dn 10,9). Le Christ est le centre du monde angélique. Ce sont ses anges à lui : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous ses anges » (Mt 25,31). Ils sont à lui parce que créés par et pour lui : « Car c’est en lui qu’ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles : trônes, seigneuries, principautés, puissances ; tout a été créé par lui et pour lui » (Col 1,16). Ils sont à lui plus encore parce qu’il les a faits messagers de son dessein de salut : « Est-ce que tous ne sont pas des esprits chargés d’un ministère, envoyés en service pour ceux qui doivent hériter le salut ? » (He 1,14) Ils sont là, dès la création et tout au long de l’histoire du salut, annonçant de loin ou de près ce salut et servant le dessein divin de sa réalisation.

    Catéchisme de l’Église catholique

     

     

     

  • « Hérode cherchait à le voir. »

    Dieu est partout, tout entier, immense. Partout il est proche, selon le témoignage qu’il donne de lui-même :: « :Je suis un Dieu proche, et non un Dieu lointain :» (Jr 23,23). Le Dieu que nous cherchons ne demeure donc pas loin de nous :; nous l’avons parmi nous. Il habite en nous comme l’âme dans le corps, si du moins nous sommes pour lui des membres sains que le péché n’a pas tués… « :En lui, dit l’apôtre Paul, nous avons la vie, le mouvement et l’être :» (Ac 17,28). Mais qui pourra suivre le Très-Haut jusqu’en son être inexprimable et incompréhensible 😕 Qui scrutera les profondeurs de Dieu 😕 Qui risquera de traiter de l’origine éternelle de l’univers 😕 Qui se glorifiera de connaître le Dieu infini qui emplit tout et enveloppe tout, pénètre tout et dépasse tout, embrasse tout et se dérobe à tout, « :lui que personne n’a jamais vu :» tel qu’il est 😕 (1Tm 6,16) Que nul n’ait donc la présomption de sonder l’impénétrable profondeur de Dieu, le quoi, le comment, le pourquoi de son être. Cela ne peut être ni exprimé, ni scruté, ni pénétré. Crois simplement, mais avec force, que Dieu est tel qu’il a été et qu’il sera car il n’y a pas de changements en lui.

    Saint Colomban (563-615), moine, fondateur de monastères

     

     

     

     

  • « Il les envoya proclamer le règne de Dieu »

    Notre époque, alors que l’humanité est en mouvement et en recherche, exige une impulsion nouvelle dans l’action missionnaire de l’Église. Les horizons et les possibilités de la mission s’étendent, et nous les chrétiens, nous sommes appelés au courage apostolique, fondé sur la confiance dans l’Esprit Saint. C’est lui le protagoniste de la mission :! Dans l’histoire de l’humanité, de nombreux tournants marquants ont stimulé le dynamisme missionnaire, et l’Église, guidée par l’Esprit, y a toujours répondu avec générosité et prévoyance. Et les fruits n’ont pas manqué. On a célébré… le millénaire de l’évangélisation de la Russie et des peuples slaves… [et] le cinq centième anniversaire de l’évangélisation des Amériques. On a aussi célébré récemment le centenaire des premières missions de plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Océanie. L’Église doit affronter aujourd’hui d’autres défis, en avançant vers de nouvelles frontières tant pour la première mission « :ad gentes :», auprès des peuples de la terre, que pour la nouvelle évangélisation de peuples qui ont déjà reçu l’annonce du Christ. Il est aujourd’hui demandé à tous les chrétiens, aux Églises particulières et à l’Église universelle le même courage que celui qui animait les missionnaires du passé, la même disponibilité à écouter la voix de l’Esprit.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

     

     

     

  • « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. »

    «  J’ai cherché le repos en toutes choses » dit la Sagesse de Dieu ; «  et je demeurerai, dit-elle ensuite, dans l’héritage du Seigneur » (Si 24,7). L’héritage du Seigneur, dans sa totalité, c’est l’Église, tout spécialement c’est Marie, et c’est l’âme de chaque fidèle en particulier… Le texte continue : «  Alors le Créateur de l’univers m’a parlé et m’a commandé ; celui qui m’a créée m’a fait dresser ma tente. Il m’a dit : ‘Installe-toi en Jacob’ » (v. 8). Ayant en effet cherché partout le repos et ne l’ayant trouvé nulle part, la Sagesse de Dieu, son Verbe, s’est d’abord réservé comme son héritage le peuple juif, auquel par Moïse il a «  parlé et commandé »… Et celui qui par cette seconde création a créé la Synagogue, la mère de l’Église, «  s’est reposé dans sa tente », dans la tente de l’Alliance. Maintenant, dans l’Église, il repose dans le sacrement de son Corps. Et, comme il avait aussi cherché, pour ainsi dire, parmi toutes les femmes celle de qui il naîtrait, il s’est choisi tout spécialement Marie, qui depuis est appelée «  bénie entre toutes les femmes » (Lc 1,28)… Le Christ, qui l’avait créée nouvelle créature (cf 2Co 5,17), est venu reposer en son sein. C’est également à chaque âme fidèle prédestinée au salut que cette Sagesse «  commande et parle », quand elle veut et comme elle veut. Elle le fait soit intérieurement par l’intelligence naturelle, par laquelle elle «  illumine tout homme venant en ce monde » (Jn 1,9) et par l’inspiration de la grâce…; soit au-dehors par la doctrine et par la création (cf Rm 1,20)… Et la Sagesse de Dieu, son Verbe, qui crée et forme ainsi cette âme «  dans le Christ Jésus pour que nos actes soient vraiment bons » (Ep 2,10), vient reposer en sa conscience.

    Isaac de l’Étoile (?-v. 1171), moine cistercien

     

     

     

     

  • Mettre notre lampe sur le lampadaire

    « Le Christ, écrit un Père de l’Église [Saint Jean Chrysostome], nous a laissés en ce monde pour que nous soyons comme des lampes…; pour que nous agissions comme un levain…; pour que nous soyons une semence ; pour que nous portions du fruit. Si notre vie avait un tel éclat, nous n’aurions pas besoin d’ouvrir la bouche. Les mots seraient de trop, si nous pouvions montrer nos œuvres. Il n’y aurait pas un seul païen, si nous étions vraiment chrétiens. » Nous devons éviter l’erreur de croire que l’apostolat se réduit au témoignage de quelques pratiques pieuses. Nous sommes, toi et moi, des chrétiens, mais en même temps et sans solution de continuité, nous sommes des citoyens et des travailleurs aux obligations bien précises, que nous devons accomplir d’une façon exemplaire, si nous voulons nous sanctifier pour de bon. C’est Jésus Christ qui nous presse : « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais bien sur le lampadaire, où elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. Ainsi votre lumière doit-elle briller aux yeux des hommes pour que, voyant vos bonnes œuvres, ils en rendent gloire à votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5,14-16). Le travail professionnel, quel qu’il soit, devient une lampe qui éclaire vos collègues et vos amis. C’est pourquoi j’ai l’habitude de répéter…: que m’importe que l’on me dise d’un tel qu’il est un bon fils, un bon chrétien, s’il est un piètre cordonnier ! S’il ne s’efforce pas de bien apprendre son métier, et de l’exercer avec soin, il ne pourra ni le sanctifier, ni l’offrir au Seigneur. Et la sanctification du travail de tous les jours est, pour ainsi dire, la charnière de la véritable spiritualité pour nous tous qui, plongés dans les réalités temporelles, sommes décidés à fréquenter Dieu.

    Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902-1975), prêtre, fondateur