Catégorie : Ecritures

  • « Un serviteur n’est pas plus grand que son maître. » (Jn 13,16)

    Rappelez-vous ses merveilles, celles qu’il a faites (cf. Ps 104,5) pour nous dans le passé et celles qu’il accomplit encore. (…) En échange de ce qu’il fait pour nous, faisons encore davantage et rendons-lui ce que nous lui devons, mes très vénérés frères. Et ce qu’il veut de nous, qu’est-ce, sinon que nous le craignions, l’aimions de tout notre cœur et de toute notre intelligence (cf. Mt 22,37) et imitions autant qu’il nous est possible sa manière de vivre dans la chair ?

    Celui-là s’est fait étranger en quittant le ciel pour la terre, afin que, nous aussi, nous devenions étrangers aux pensées qui viennent des volonté propres. Lui-même a obéi à son père afin que, vous aussi, obéissiez sans hésitation (…). Celui-là s’est humilié lui-même jusqu’à la mort (cf. Ph 2,8), afin que vous aussi soyez dans ce sentiment, vous abaissant et vous humiliant dans vos pensées, vos actes, vos paroles et vos gestes. Quelle est-elle la gloire divine et véritable, si ce n’est d’être sans gloire parmi les hommes à cause de Dieu ? (…) Ce qui est tout petit et que l’on méprise, voilà ce qu’il a choisi, mon Sauveur et Dieu qui a revêtu notre chair, pour confondre (cf. 1 Co 1,27-28) ce qui est célébrité et richesse des hommes.

    C’est pourquoi il vient au monde dans une grotte, il est couché dans une mangeoire, on le nomme fils du charpentier, on le nomme nazaréen, il est revêtu d’une seule petite tunique et d’un seul manteau, il va à pied, il peine, il est lapidé (cf. Jn 10,31) par les Juifs, insulté, arrêté, crucifié, percé avec une lance, mis au tombeau, après quoi il ressuscite, ainsi veut-il nous persuader, mes frères, de choisir devant ses anges (cf. Lc 12,8 ; 15,10) les mêmes choses que lui, pour que nous soyons couronnés dans le royaume des cieux, dans le Christ lui-même notre Seigneur à qui appartiennent la gloire et la puissance avec le Père et le Saint-Esprit maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

    Saint Théodore le Studite (759-826)

     

     

     

  • « Celui qui me voit, voit Celui qui m’a envoyé. »

    Quelqu’un qui avait appelé Jésus « bon maître », en lui demandant conseil pour arriver à la vie éternelle, a reçu cette réponse : « Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Personne n’est bon sinon Dieu seul » (Mc 10,17-18). (…) Oui, si tu me prends dans ma condition divine, je suis bon, mais si tu me prends seulement dans la condition humaine que tu vois maintenant, pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon, si tu es de ceux qui seulement « verront celui qu’ils ont transpercé » ? (Jn 19,37; Za 12,10) Cette vue sera pour eux leur malheur, car ce sera celle du châtiment.

    Il y a, en effet, une vision où nous contemplerons l’être immuable de Dieu, invisible aux yeux humains. Cette vision qui n’est promise qu’aux saints, c’est la vision que l’apôtre Paul appelle un face à face (1Co 13,12). L’apôtre Jean dit de cette vision : « Nous serons semblables à Dieu parce que nous le verrons tel qu’il est » (1Jn 3,2), et le psalmiste : « Je n’ai demandé qu’une seule chose au Seigneur : contempler les délices du Seigneur » (Ps 26,4). Le Seigneur lui-même en parle : « Moi, je l’aimerai et je me montrerai moi-même à lui » (Jn 14,21). C’est pour cette vision que nous purifions nos cœurs dans la foi, afin d’être du nombre de ces « cœurs purs qui verront Dieu » (Mt 5,8). Cette vision-là, seule, est notre bien suprême, et c’est pour y parvenir que nous avons le devoir de faire tout ce que nous faisons de bien.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • « Le Père et moi nous sommes un. »

    Les chrétiens sont baptisés « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28,19). Auparavant ils répondent « Je crois » à la triple interrogation qui leur demande de confesser leur foi au Père, au Fils et à l’Esprit : « La foi de tous les chrétiens repose sur la Trinité » (St Césaire d’Arles). Les chrétiens sont baptisés « au nom » du Père et du Fils et du Saint-Esprit et non pas « aux noms » de ceux-ci car il n’y a qu’un seul Dieu, le Père Tout-Puissant et son Fils unique et l’Esprit Saint : la Très Sainte Trinité.

    Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. Il est le mystère de Dieu en lui-même. Il est donc la source de tous les autres mystères de la foi, lumière qui les illumine. Il est l’enseignement le plus fondamental et essentiel dans la hiérarchie des vérités de la foi. « Toute l’histoire du salut n’est autre que l’histoire de la voie et des moyens par lesquels le Dieu vrai et unique, Père, Fils et Saint-Esprit, se révèle, se réconcilie et s’unit les hommes qui se détournent du péché ». (…)

    La Trinité est un mystère de foi au sens strict, un des « mystères cachés en Dieu, qui ne peuvent être connus s’ils ne sont révélés d’en haut ». Dieu certes a laissé des traces de son être trinitaire dans son œuvre de création et dans sa révélation au cours de l’Ancien Testament. Mais l’intimité de son Être comme Trinité Sainte constitue un mystère inaccessible à la seule raison et même à la foi d’Israël avant l’incarnation du Fils de Dieu et la mission du Saint-Esprit.

    Catéchisme de l’Église catholique

     

     

     

  • La sollicitude du Bon Pasteur

    Le bon Pasteur, (…) dans la parabole du berger et de la centième brebis perdue, cherchée avec tant de soin, enfin retrouvée et rapportée joyeusement sur ses épaules, montre en une tendre image, quels sont les soins de sa sollicitude et quelle est sa clémence pour les brebis perdues : sa parole formelle le déclare expressément : « Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10,11), ce qui est vraiment l’accomplissement de la prophétie : « Il paîtra son troupeau comme un berger » (Is 40,11).

    Dans ce but, supportant travaux, soucis et faim, pièges des pharisiens et périls de toute espèce, annonçant le royaume de Dieu, parcourant les cités et les bourgades, passant les nuits dans la veille en oraison et, sans être arrêté par le murmure ou le scandale des pharisiens, se montrant affable aux publicains, Il affirma « qu’Il était venu en ce monde pour les malades » (Mt 9,12), et témoigna aux pénitents une affection paternelle, leur montrant large ouvert le sein de la miséricorde divine.

    Évoquons les témoins de ces choses et citons aux yeux de tous : Matthieu, Zachée, la pécheresse prosternée à ses pieds et la femme surprise en adultère. Comme Matthieu, deviens le parfait disciple de ce pasteur si bon ; comme Zachée, donne-lui l’hospitalité ; comme la pécheresse, oins de parfum et arrose de larmes ses pieds, essuie-les de tes cheveux et caresse-les de tes baisers, afin de pouvoir entendre la sentence d’absolution, avec la femme présentée à son jugement : « Personne ne t’a condamnée ? Moi non plus, je ne te condamnerai point. Va et ne pèche plus » (Jn 8,10-11).

    Saint Bonaventure (1221-1274)

     

     

     

  • Jésus, bon Pasteur, garde-moi !

    Que ta divine toute-puissance, ta sagesse et ta bonté, mon Dieu, mon doux amour, me bénisse ; qu’elle me fasse marcher à ta suite avec une volonté empressée, me renoncer moi-même sincèrement, et d’un cœur, d’un esprit et d’une âme très zélés, te suive en la manière la plus parfaite. (…)

    « Écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur. » (Ps 33,12) Ah, Jésus, bon Pasteur, fais que j’entende et que je reconnaisse ta voix, me délivrant de tout ce qui m’empêche d’être à toi ; relève-moi de ton bras ; fais-moi reposer dans ton sein, moi ta brebis rendue féconde par ton Esprit. Là enseigne-moi comment te craindre ; là montre-moi comment t’aimer ; apprends-moi comment te suivre. (…)

    « Celui qui habite sous la garde du Très-Haut, demeurera dans la protection du Dieu du ciel. » (Ps 90,1) Protecteur de mon âme et mon refuge au jour de malheur, défends-moi en toute tentation ; entoure-moi du bouclier de la vérité. Toi-même, sois avec moi en toutes mes tribulations : toi qui es mon espérance, de tout péril du corps et de l’âme défends-moi toujours, et protège-moi. (…) Amen.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

     

     

     

  • « Tu as les paroles de la vie éternelle. »

    « À qui donc irions-nous ? », demande Pierre. Il veut dire : « Qui nous instruira comme toi des mystères divins ? », ou encore : « Auprès de qui trouverions-nous quelque chose de meilleur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Elles ne sont pas intolérables, comme le disent d’autres disciples. Au contraire, elles conduisent à la réalité la plus extraordinaire de toutes, la vie sans fin, la vie impérissable. Ces paroles nous montrent bien que nous devons nous asseoir aux pieds du Christ, le prenant pour notre seul et unique maître, et nous tenir constamment près de lui. (…)

    L’Ancien Testament aussi nous apprend qu’il faut suivre le Christ, toujours unis à lui. Effectivement, au temps où les Israélites, libérés de l’oppression égyptienne, se hâtaient vers la Terre promise, Dieu ne les laissait pas faire route en désordre. Celui qui donne sa Loi ne leur permettrait pas d’aller n’importe où, à leur gré. En effet, sans guide, à coup sûr ils se seraient complètement égarés (…) ; les Israélites trouvaient leur salut en restant avec leur guide. Aujourd’hui, nous faisons également le nôtre en refusant de nous séparer du Christ, car c’est lui qui s’est manifesté aux anciens sous les apparences de la tente, de la nuée et du feu (Ex 13,21; 26,1s). (…)

    « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jn 12,26). (…) Or, la marche en compagnie et à la suite du Christ Sauveur ne se fait pas dans un sens matériel, mais plutôt par les œuvres de la vertu. Les disciples les plus sages s’y sont fermement engagés de tout leur cœur (…); avec raison ils disent : « Où irions-nous ? » En d’autres termes : « Nous serons toujours avec toi, nous nous attacherons à tes commandements, nous accueillerons tes paroles, sans jamais récriminer. Nous ne croirons pas, avec les ignorants, que ton enseignement est dur à entendre. Au contraire, nous dirons : ‘Qu’elle est douce à mon palais, ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche !’ » (Ps 118,103).

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

     

     

     

     

  • « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. »

    Frères très chers, étanchez votre soif aux eaux de la source divine dont nous désirons vous parler : étanchez-la, mais ne l’éteignez pas ; buvez, mais ne soyez pas rassasiés. La source vivante, la source de vie nous appelle et nous dit : « Celui qui a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jn 7,37). Comprenez ce que vous buvez. Que le prophète vous le dise et qu’elle vous le dise la source elle-même : « Parole du Seigneur, ils m’ont abandonnée, moi la source d’eau vive » (Jr 2,13). C’est donc le Seigneur lui-même notre Dieu, Jésus Christ, qui est cette source de vie et c’est pourquoi il nous invite à venir à lui pour que nous le buvions. Il le boit celui qui aime, il le boit celui qui se nourrit de la Parole de Dieu… Buvons donc à la source que d’autres ont abandonnée.

    Pour que nous mangions de ce pain, pour que nous buvions à cette source (…), il se dit « le pain vivant qui donne la vie au monde » (Jn 6,51) et que nous devons manger. (…) Voyez d’où coule cette source, voyez aussi d’où descend ce pain : c’est le même, en effet, qui est pain et source, le Fils Unique, notre Dieu, le Christ Seigneur, dont nous devons sans cesse avoir faim.

    Notre amour nous le donne en nourriture, notre désir nous le fait manger ; rassasiés, nous le désirons encore. Allons à lui comme à une fontaine et buvons-le toujours dans l’excès de notre amour, buvons-le toujours dans un désir toujours nouveau, prenons notre joie dans la douceur de son amour. Le Seigneur est doux et bon. Nous le mangeons et le buvons, sans cesser d’avoir faim et soif de lui, car nous ne saurions épuiser cette nourriture et cette boisson. Nous mangeons de ce pain, nous ne l’épuisons pas ; nous buvons à cette source, elle ne tarit pas. Ce pain est éternel, cette source coule sans fin.

    Saint Colomban (563-615)

     

     

     

  • « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi. »

    Ma Mère, je crois qu’il est nécessaire que je vous donne encore quelques explications sur le passage du Cantique des Cantiques : « Attirez-moi, nous courrons » (Ct 1,4 LXX). (…) « Personne, a dit Jésus, ne peut venir après moi, si mon Père qui m’a envoyé ne l’attire. » Ensuite (…) il nous enseigne qu’il suffit de frapper pour qu’on ouvre, de chercher pour trouver et de tendre humblement la main pour recevoir ce que l’on demande (Lc 11,9s)… Il dit encore que tout ce que l’on demande à son Père en son nom il l’accorde (Jn 16,23). (…)

    Qu’est-ce donc de demander d’être attiré, sinon de s’unir d’une manière intime à l’objet qui captive le cœur ? Si le feu et le fer avaient la raison et que ce dernier disait à l’autre : « Attire-moi », ne prouverait-il pas qu’il désire s’identifier au feu de manière qu’il le pénètre et l’imbibe de sa brûlante substance et semble ne faire qu’un avec lui ? Mère bien-aimée, voici ma prière, je demande à Jésus de m’attirer dans les flammes de son amour, de m’unir si étroitement à lui, qu’il vive et agisse en moi. Je sens que plus le feu de l’amour embrasera mon cœur, plus je dirai : « Attirez-moi », plus aussi les âmes qui s’approcheront de moi (pauvre petit débris de fer inutile, si je m’éloignais du brasier divin), plus ces âmes courront avec vitesse à l’odeur des parfums de leur Bien-Aimé, car une âme embrasée d’amour ne peut rester inactive. Sans doute comme sainte Madeleine, elle se tient aux pieds de Jésus, elle écoute sa parole douce et enflammée ; paraissant ne rien donner, elle donne bien plus que Marthe (Lc 10,39s).

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

     

     

     

  • Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe

    La sainteté au visage féminin

    Fort du grand Jubilé de l’An 2000, il m’a semblé que les chrétiens européens, tout en vivant avec tous leurs compatriotes un passage d’une époque à l’autre qui est à la fois riche d’espoir et non dénué de préoccupations, peuvent tirer un profit spirituel de la contemplation et de l’invocation de certains saints qui sont de quelque manière particulièrement représentatifs de leur histoire… Je crois particulièrement significatif le choix de cette sainteté au visage féminin, dans le cadre de la tendance providentielle qui s’est affermie dans l’Église et dans la société de notre temps, reconnaissant toujours plus clairement la dignité de la femme et ses dons propres.

    En réalité, l’Église n’a pas manqué, depuis ses origines, de reconnaître le rôle et la mission de la femme, bien qu’elle ait été conditionnée parfois par une culture qui ne prêtait pas toujours à la femme l’attention qui lui était due. Mais la communauté chrétienne a progressé peu à peu dans ce sens, et précisément le rôle joué par la sainteté s’est révélé décisif sur ce plan. Une incitation constante a été offerte par l’image de Marie, « femme idéale », Mère du Christ et de l’Église. Mais également le courage des martyres, qui ont affronté les tourments les plus cruels avec une surprenante force d’âme, le témoignage des femmes engagées de manière exemplaire et radicale dans la vie ascétique, le dévouement quotidien de nombreuses épouses et mères dans l’« Église au foyer » qu’est la famille, les charismes de tant de mystiques qui ont contribué à l’approfondissement théologique lui-même, tout cela a fourni à l’Église des indications précieuses pour comprendre pleinement le dessein de Dieu sur la femme. D’ailleurs, ce dessein a déjà dans certaines pages de l’Écriture, en particulier dans l’attitude du Christ dont témoigne l’Évangile, son expression sans équivoque. C’est dans cette ligne que prend place le choix de déclarer sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix copatronnes de l’Europe.

    Bienheureux Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Motu proprio « Spes aedificandi », § 2-3 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Moi, je suis le pain de la vie. »

    Sion, célèbre ton Sauveur,
    chante ton chef et ton pasteur
    par des hymnes et des chants.

    Tant que tu peux, tu dois oser
    car il dépasse tes louanges ;
    tu ne peux trop le louer.

    Le pain vivant, le pain de vie,
    il est aujourd’hui proposé
    comme objet de tes louanges.

    Au repas sacré de la Cène
    il est bien vrai qu’il fut donné
    au groupe des douze frères.

    Louons-le à voix pleine et forte,
    que soit joyeuse et rayonnante
    l’allégresse de nos cœurs ! (…)

    À ce banquet du nouveau Roi,
    la Pâque de la Loi nouvelle
    met fin à la Pâque ancienne.

    L’ordre ancien le cède au nouveau,
    la réalité chasse l’ombre
    et la lumière la nuit.

    Ce qui le Christ fit à la Cène,
    il ordonna qu’en sa mémoire
    nous le fassions après lui.

    Instruits par son précepte saint,
    nous consacrons le pain, le vin,
    en victime de salut. (…)

    Sa chair nourrit, son sang abreuve, (cf. Jn 6,55),
    mais le Christ tout entier demeure
    sous chacune des espèces.

    On le reçoit sans le briser,
    le rompre ni le diviser ;
    il est reçu tout entier.

    Qu’un seul ou mille communient,
    il se donne à l’un comme aux autres,
    il nourrit sans disparaître. (…)

    Le voici le pain des anges (Cf. Ps 78,25),
    il est le pain de l’homme en route, ;
    le vrai pain des enfants de Dieu,
    qu’on ne peut jeter aux chiens. (Cf. Mt 15,26).

    D’avance il fut annoncé
    par Isaac en sacrifice (Cf. Gn 22),
    par l’agneau pascal immolé
    par la manne de nos pères.

    Ô bon Pasteur, notre vrai pain,
    ô Jésus, aie pitié de nous,
    nourris-nous et protège-nous,
    fais-nous voir les biens éternels
    dans la terre des vivants (Cf. Ps 26,13).

    Toi qui sais tout et qui peux tout
    Toi qui sur terre nous nourris,
    conduis-nous au banquet du ciel,
    et donne-nous ton héritage,
    en compagnie de tes saints

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274)