Catégorie : Ecritures

  • « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

    Dans la Loi donnée par Moïse, qui était une ombre des choses à venir (Col 2,17), Dieu ordonnait à tous de se reposer et de ne faire aucun travail le jour du sabbat. Mais celui-ci était un symbole et une ombre du véritable sabbat, qui est accordé à l’âme par le Seigneur. (…) En effet, le Seigneur appelle l’homme au repos, en lui disant : « Venez, vous tous qui peinez et êtes accablés, et je vous donnerai le repos » (Mt 11,28). Et à toutes les âmes qui lui font confiance et s’approchent de lui, il donne le repos en les délivrant des pensées pénibles, accablantes et impures. Elles cessent alors complètement de s’adonner au mal, elles célèbrent un sabbat véritable, délicieux et saint, une fête de l’Esprit, dans une joie et une allégresse inexprimables. Elles rendent à Dieu un culte pur qui lui plaît, procédant d’un cœur pur. C’est là le sabbat véritable et saint.

    Supplions donc Dieu, nous aussi, de nous faire entrer dans ce repos, de nous faire chômer des pensées honteuses, mauvaises et vaines, afin que nous puissions servir Dieu d’un cœur pur et célébrer la fête de l’Esprit Saint. Bienheureux ceux qui entrent dans ce repos

    Homélie attribuée à saint Macaire d’Égypte (?-390)

     

     

     

  • « Un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé : ces jours-là ils jeûneront. »

    Que « nos reins soient ceints et nos lampes allumées » ; soyons comme « des serviteurs qui attendent que leur maître revienne des noces » (Lc 12,35). Ne soyons pas comme ces impies qui disent : « Mangeons et buvons, car nous mourrons demain » (1Co 15,32). Plus le jour de notre mort est incertain, plus les épreuves de cette vie sont douloureuses ; et plus aussi nous devons jeûner et prier, car effectivement, nous mourrons demain. « Encore un peu de temps, disait le Seigneur à ses disciples, et vous ne me verrez plus, et encore un peu de temps et vous me verrez » (Jn 16,16). Maintenant, c’est l’heure dont il a dit : « Vous serez dans la tristesse, mais le monde sera dans la joie » (v. 20) ; c’est le temps de cette vie remplie d’épreuves, où nous voyageons loin de lui. « Mais, ajoute-t-il, je vous verrai de nouveau, et votre cœur se réjouira, et personne ne vous enlèvera votre joie » (v. 22).

    Dès maintenant l’espérance que nous donne ainsi celui qui est fidèle dans ses promesses ne nous laisse pas sans quelque joie, jusqu’à ce que nous soyons comblés de la joie surabondante du jour où « nous lui serons semblables, parce que nous le verrons tel qu’il est » (1Jn 3,2), et où « personne ne pourra nous enlever cette joie » (…) « Une femme qui enfante, dit notre Seigneur, est dans la peine parce que son heure est venue. Mais quand l’enfant est né, elle éprouve une grande joie parce qu’un être humain est né dans le monde » (Jn 16,21). C’est cette joie que personne ne pourra nous enlever et dont nous serons comblés lorsque nous passerons de la conception présente de la foi à la lumière éternelle. Jeûnons donc maintenant, et prions, puisque nous sommes dans les jours de l’enfantement

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »

    Les anges et les hommes, créatures intelligentes et libres, doivent cheminer vers leur destinée ultime par choix libre et amour de préférence. Ils peuvent donc se dévoyer. En fait, ils ont péché. C’est ainsi que le mal moral est entré dans le monde, sans commune mesure plus grave que le mal physique. Dieu n’est en aucune façon, ni directement ni indirectement, la cause du mal moral. Il le permet cependant, respectant la liberté de sa créature, et mystérieusement il sait en tirer le bien. « Car le Dieu tout-puissant (…) puisqu’il est souverainement bon, ne laisserait jamais un mal quelconque exister dans ses œuvres s’il n’était assez puissant et bon pour faire sortir le bien du mal lui-même » (S. Augustin).

    Ainsi, avec le temps, on peut découvrir que Dieu dans sa providence toute-puissante peut tirer un bien des conséquences d’un mal, même moral, causé par ses créatures : « Ce n’est pas vous, dit Joseph à ses frères, qui m’avez envoyé ici, c’est Dieu ; (…) le mal que vous aviez dessein de me faire, le dessein de Dieu l’a tourné en bien afin de (…) sauver la vie d’un peuple nombreux » (Gn 45,8 ; 50,20).

    Du mal moral le plus grand qui ait jamais été commis, le rejet et le meurtre du Fils de Dieu, causé par les péchés de tous les hommes, Dieu, par la surabondance de sa grâce (Rm 5,20), a tiré le plus grand des biens : la glorification du Christ et notre rédemption. Le mal n’en devient pas pour autant un bien

    Catéchisme de l’Église catholique

     

     

     

  • « Du haut des cieux, ta Parole toute puissante s’élança du trône. » (Sg 18,15)

    Dieu est esprit (Jn 4,24), et donc celui qui est esprit a engendré spirituellement (…), d’une génération simple et incompréhensible. Le Fils lui-même dit du Père : « Le Seigneur m’a dit : ‘Tu es mon Fils; aujourd’hui, je t’ai engendré’ » (Ps 2,7). Cet aujourd’hui n’est pas récent mais éternel ; cet aujourd’hui n’est pas dans le temps, mais avant tous les siècles. « De mon sein, avant l’étoile du matin, je t’ai engendré » (Ps 109,3 LXX). Crois donc en Jésus Christ, Fils du Dieu vivant, mais Fils unique comme le dit l’Évangile : « Dieu a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique, afin que celui qui croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jn 3,16). (…) Saint Jean témoigne à ce sujet : « Nous avons contemplé sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité » (Jn 1,14).

    Les démons eux-mêmes, tremblant devant lui, s’écriaient : « Laisse-nous ! Qu’y a-t-il entre toi et nous, Jésus ? Toi qui es le Fils du Dieu vivant ! » Il est donc Fils de Dieu par nature, et non pas par adoption, puisqu’il est né du Père. (…) Le Père, Dieu véritable, a engendré le Fils semblable à lui-même, Dieu véritable. (…) Le Père a engendré le Fils autrement que, chez les hommes, l’esprit engendre la parole ; car l’esprit en nous subsiste, tandis que la parole , une fois prononcée, s’évanouit. Nous savons, nous, que le Christ a été engendré « Parole vivante et subsistante » (1P 1,23), née du Père éternellement, de façon inexprimable, de même nature que lui : « Au commencement était la Parole et la Parole était Dieu » (Jn 1,1). Parole qui comprend la volonté du Père et produit toutes choses par son ordre ; Parole qui descend et qui remonte (cf Is 55,11) ; (…) Parole pleine d’autorité et qui régit tout car « le Père a tout remis entre les mains du Fils » (Jn 13,3)

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • « C’est aujourd’hui ! »

    « Nous te rendons grâce, Seigneur Dieu, Maître de tout » (Ap 11,17)… Cette dimension de louange est de première importance. C’est en effet de là que part toute réponse authentique de foi en la révélation de Dieu dans le Christ. Le christianisme est grâce ; c’est la surprise d’un Dieu qui, non content de créer le monde et l’homme, s’est mis à la hauteur de sa créature et « après avoir, à maintes reprises et sous maintes formes, parlé par les prophètes, en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils » (He 1,1-2).

    En ces jours ! Oui, le Jubilé nous a fait sentir que deux mille ans d’histoire ont passé sans atténuer la fraîcheur de cet « aujourd’hui » par lequel les anges ont annoncé aux bergers l’événement merveilleux de la naissance de Jésus à Bethléem : « Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur » (Lc 2,11). Deux mille ans ont passé mais plus que jamais reste vivante la proclamation que Jésus a faite de sa propre mission dans la synagogue de Nazareth devant ses compatriotes stupéfaits, s’appliquant à lui-même la prophétie d’Isaïe : « Cette parole de l’Écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit ». Deux mille ans ont passé, mais les pécheurs qui ont besoin de miséricorde –- et qui n’en a pas besoin ? –- trouvent toujours une consolation dans cet « aujourd’hui » du salut qui, sur la croix, a ouvert les portes du Règne de Dieu au larron repenti : « Amen, je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (Lc 23,43)

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

     

     

     

  • « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix. » (Mt 16,24)

    Comme Gertrude priait pour une personne dont elle avait été peinée d’apprendre qu’elle avait proféré des paroles d’impatience, demandant pourquoi Dieu lui envoyait des épreuves qui n’étaient pas faites pour elle, le Seigneur dit : « Demande-lui quelles sont les épreuves qui sont faites pour elle et dis-lui que, comme il est impossible d’entrer dans le royaume des cieux sans quelque épreuve, elle veuille bien choisir celles qui sont faites pour elle, et lorsque celles-ci surviendront, qu’elle conserve alors la patience. » Ces paroles du Seigneur lui firent comprendre que la forme d’impatience la plus dangereuse est de s’imaginer qu’on accepterait bien d’être patient en d’autres occasions, mais que cela est impossible en celles-là même que Dieu nous envoie, alors qu’au contraire on doit toujours être sûr que le plus avantageux est précisément ce que Dieu envoie et que, si on manque à le supporter avec patience, il faut en prendre sujet d’humilité.

    Et le Seigneur ajouta comme avec une tendresse d’amour : « Et toi, que t’en semble, en ce qui te concerne ? Ne m’arrive-t-il pas de t’envoyer des épreuves qui ne sont pas faites pour toi ? » Elle dit : « Nullement, mon Dieu, mais je confesse et confesserai jusqu’à mon dernier souffle que, qu’il s’agisse du corps ou de l’âme, et tant de la prospérité que de l’adversité, vous m’avez gouvernée d’une manière si constamment parfaite qu’on ne pourrait l’attendre d’aucune sagesse d’aucun temps, depuis le commencement du monde jusqu’à la fin, sinon de Vous, mon Dieu, infiniment doux, unique Sagesse incréée, déployée d’un bout du monde à l’autre, avec force et avec douceur régissant toutes choses. » (cf. Sg 8,1

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

     

     

     

  • Les vertus sages et les vertus folles

    On nous a bien expliqué que tout ce que nous avons à faire sur la terre c’est d’aimer Dieu.

    Et pour que nous ne soyons pas indécis, en peine de savoir nous y prendre, Jésus nous a dit que la seule façon, la seule recette, le seul chemin, c’était de nous aimer les uns les autres.

    Cette charité qui, elle aussi, est théologale, parce qu’elle nous soude inséparablement à Lui, elle est la porte unique, le seuil unique, l’entrée unique à l’amour même de Dieu. À cette porte, tous ces chemins que sont les vertus aboutissent.

    Toutes ne sont faites au fond que pour nous y conduire, plus vite, plus allégrement, plus sûrement. Une vertu qui n’aboutit pas là, c’est une vertu devenue folle. (…)

    Et cela pourra peut-être nous amuser
    d’arriver à une humilité sensationnelle,
    ou à une pauvreté imbattable,
    ou à une obéissance imperturbable,
    ou à une indéréglable pureté ;
    cela pourra peut-être nous amuser,
    mais si cette humilité, cette pauvreté, cette pureté, cette obéissance ne nous ont pas fait rencontrer la bonté,
    si ceux de notre maison, de notre rue, de notre ville, ont toujours aussi faim et aussi froid,
    s’ils sont toujours aussi tristes et enténébrés,
    s’ils sont toujours aussi seuls, nous serons peut-être des héros,
    mais nous ne serons pas de ceux qui aiment Dieu.

    Car il en est des vertus comme des vierges sages,
    qui, leur lampe à la main, restent blotties à cette unique porte,
    la porte de la dilection,
    de la sollicitude fraternelle,
    la seule porte qui s’ouvre sur les noces
    de Dieu avec ses amis

    Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

     

     

     

  • Le Christ appelle tous les hommes à s’ouvrir au pardon de Dieu

    Vous pourriez me dire : l’Église est formée de pécheurs, nous le voyons chaque jour. Et cela est vrai, nous sommes une Église de pécheurs ; et nous, pécheurs, sommes appelés à nous laisser transformer, renouveler, sanctifier par Dieu. Certains au cours de l’histoire ont été tentés d’affirmer : l’Église est seulement l’Église des purs, de ceux qui vivent de façon totalement cohérente, et les autres en sont exclus. Ce n’est pas vrai ! C’est une hérésie ! L’Église, qui est sainte, ne rejette pas les pécheurs ; elle ne nous rejette pas. Elle ne rejette pas parce qu’elle appelle chacun de nous, elle nous accueille, elle est ouverte aussi à ceux qui sont le plus éloignés. Elle nous appelle tous à nous laisser envelopper par la miséricorde, par la tendresse et par le pardon du Père, qui offre à tous la possibilité de le rencontrer, de marcher vers la sainteté. (…)

    Dans l’Église, le Dieu que nous rencontrons n’est pas un juge impitoyable, mais il est comme le père de la parabole évangélique (Lc 15,11s). Tu peux être comme le fils qui a quitté la maison, qui a touché le fond de l’éloignement de Dieu. Lorsque tu as la force de dire : je veux rentrer à la maison, tu trouveras la porte ouverte. Dieu vient à ta rencontre parce qu’il t’attend toujours. Dieu t’attend toujours, Dieu te prend dans ses bras, il t’embrasse, et se réjouit. Ainsi est le Seigneur, ainsi est la tendresse de notre Père qui est aux cieux.

    Le Seigneur veut que nous fassions partie d’une Église qui sait ouvrir ses bras pour accueillir tout le monde, qui n’est pas la maison d’un petit nombre, mais la maison de tous, où tous puissent être renouvelés, transformés, sanctifiés par son amour, les plus forts et les plus faibles, les pécheurs, les indifférents, ceux qui se sentent découragés et perdus

    Pape François

     

     

     

  • La perfection est intérieure

    Il faut nous prémunir contre une certaine conception erronée de la perfection, qui se rencontre parfois chez des âmes peu éclairées. Il arrive que celles-ci placent toute la perfection dans l’observation purement extérieure et matérielle des prescriptions. Bien que le mot que je vais employer soit sévère, je n’hésite pas à le prononcer : le préjugé susdit confinerait ou risquerait de conduire au pharisaïsme ; et il y aurait là un grand danger. (…)

    Les pharisiens passaient aux yeux de la foule pour de saints personnages ; ils s’estimaient eux-mêmes saints, et faisaient consister toute leur perfection dans l’exactitude aux observances extérieures. Vous savez aussi que leur fidélité à la lettre et leur ponctualité étaient si méticuleuses que les exemples qu’on donne de leur formalisme sont parfois risibles. Non contents de garder ainsi scrupuleusement la loi de Moïse, qui constituait déjà un lourd fardeau, ils y ajoutaient tout un catalogue de prescriptions de leur cru, ce que Notre-Seigneur appelait des « traditions humaines » (Mc 7,8). Tout cela était extérieurement si bien observé qu’on n’avait sous ce rapport rien à leur reprocher : impossible de trouver des disciples de Moïse plus corrects (…)

    Vous me direz : Ne devons-nous pas observer tout ce qui est prescrit ? Certainement, nous le devons. (…) Seulement, retenons bien ceci : ce qui importe dans notre observance, c’est le principe intérieur par lequel nous l’animons. Les Pharisiens observaient toutes choses exactement, mais c’était pour être vus et recueillir les applaudissements de la foule et cette déviation morale gâtait à fond toutes les œuvres. Quant à l’observance extérieure, gardée mathématiquement, mais pour elle-même et sans rien qui l’ennoblisse, disons tout au moins qu’elle n’est aucunement la perfection. Il faut que la vie intérieure soit l’âme de notre fidélité extérieure. Celle-ci doit être le résultat, le fruit et la manifestation des sentiments de foi, de confiance et d’amour qui régissent notre cœur

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • La fermeté de l’Église

    Nous Nous sentons en pleine sécurité dans la citadelle de la sainte Église. (…) Jamais les promesses du Christ ne trompèrent son attente ; (…) elles Nous semblent même consolidées davantage encore par l’épreuve de tant de siècles et les vicissitudes de tant d’événements.

    Les royaumes et les empires se sont écroulés; des peuples, que la gloire de leur nom autant que leur civilisation avait rendus célèbres, ont disparu. On voit des nations comme accablées de vétusté se désagréger elles-mêmes. L’Église, elle, est immortelle de sa nature; jamais le lien qui l’unit à son céleste Époux ne doit se rompre, et dès lors la caducité ne peut l’atteindre; elle demeure florissante de jeunesse, toujours débordante de cette force avec laquelle elle s’élança du cœur transpercé du Christ mort sur la croix. Les puissants de la terre se sont levés contre elle, ils se sont évanouis, elle demeure! Les maîtres de la sagesse ont, dans leur orgueil, imaginé une variété infinie de systèmes qui devaient, pensaient-ils, battre en brèche l’enseignement de l’Église, ruiner les dogmes de sa foi, démontrer l’absurdité de son magistère… Mais l’histoire nous montre ces systèmes abandonnés à l’oubli, ruinés de fond en comble. Et, pendant ce temps, du haut de la citadelle de Pierre, la vraie lumière resplendit de tout l’éclat que lui communiqua le Christ dès l’origine et qu’il alimente par cette divine sentence: « Ciel et terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (Mt 24,35). (…)

    C’est pourquoi (…) dirigez les pas de votre âme, ainsi que vous avez commencé, sur la fermeté de cette pierre: sur elle, vous le savez, notre Rédempteur a fondé l’Église à travers le monde entier, de sorte que les cœurs sincères réglant sur elle leur marche ne trébuchent pas

    Saint Pie X