Catégorie : Ecritures

  • « Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham. »

    Abraham, notre père dans la foi : La foi nous ouvre le chemin et accompagne nos pas dans l’histoire. C’est pourquoi, si nous voulons comprendre ce qu’est la foi, nous devons raconter son parcours, la route des hommes croyants, (…). Une place particulière revient à Abraham, notre père dans la foi. Dans sa vie se produit un fait bouleversant : Dieu lui adresse la Parole, il se révèle comme un Dieu qui parle et qui l’appelle par son nom. La foi est liée à l’écoute. Abraham ne voit pas Dieu, mais il entend sa voix. De cette façon la foi prend un caractère personnel. Dieu se trouve être ainsi non le Dieu d’un lieu, et pas même le Dieu lié à un temps sacré spécifique, mais le Dieu d’une personne, précisément « le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » (Ex 3,6), capable d’entrer en contact avec l’homme et d’établir une alliance avec lui. La foi est la réponse à une parole qui interpelle personnellement, à un « Toi » qui nous appelle par notre nom.

    Cette parole dite à Abraham est un appel et une promesse. Elle est avant tout appel à sortir de sa propre terre, invitation à s’ouvrir à une vie nouvelle, commencement d’un exode qui le conduit vers un avenir insoupçonné (Gn 12,1). La vision que la foi donnera à Abraham sera toujours jointe à ce pas en avant à accomplir. La foi « voit » dans la mesure où Abraham marche, où il entre dans l’espace ouvert par la parole de Dieu.

    Cette parole contient en outre une promesse : « Ta descendance sera nombreuse, tu seras le père d’un grand peuple » (Gn 13,16; 15,5; 22,17). Il est vrai qu’en tant que réponse à une Parole qui précède, la foi d’Abraham sera toujours un acte de mémoire. Toutefois cette mémoire ne fixe pas dans le passé mais, étant mémoire d’une promesse, elle devient capable d’ouvrir vers l’avenir, d’éclairer les pas au long de la route. On voit ainsi comment la foi, en tant que mémoire de l’avenir, (…) est étroitement liée à l’espérance.

    Pape François

     

     

     

  • « Es-tu celui qui doit venir ? »

    Le Seigneur, sachant que sans l’Évangile personne ne peut avoir une foi plénière – car si la Bible commence par l’Ancien Testament, c’est dans le Nouveau qu’elle s’accomplit – n’éclaire pas les questions qu’on lui pose sur lui-même par des paroles, mais par ses actes. « Allez, dit-il, rapportez à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent, les lépreux sont purifiés, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. » Ce témoignage est complet car c’est de lui qu’on avait prophétisé : « Le Seigneur délie les enchaînés ; le Seigneur rend la vue aux aveugles ; le Seigneur redresse les courbés (…) Le Seigneur règne pour les siècles » (Ps 145,7s). Ce sont les marques d’un pouvoir non pas humain mais divin. (…)

    Pourtant ce ne sont encore là que les moindres exemples du témoignage apporté par le Christ. Ce qui fonde la plénitude de la foi, c’est la croix du Seigneur, sa mort, son ensevelissement. Et c’est pourquoi, après la réponse que nous avons citée, il dit encore : « Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ». En effet, la croix pouvait provoquer la chute des élus eux-mêmes, mais il n’y a pas de témoignage plus grand d’une personne divine, rien qui paraisse davantage dépasser les forces humaines, que cette offrande d’un seul pour le monde entier. Seulement par cela le Seigneur se révèle pleinement. D’ailleurs, c’est ainsi que Jean l’a désigné : « Voici l’Agneau de Dieu ; voici celui qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29).

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

  • Se convertir aux appels de Jean Baptiste, qui prépare la voie du Seigneur

    C’est une joie pour moi, frères, d’évoquer avec vous cette voie du Seigneur (…) dont Isaïe fait un si bel éloge : « Il y aura (…) dans la terre aride et déserte, un chemin et une route (…) Cette route sera appelée voie sacrée » (Is 35,7-8), parce qu’elle est la sanctification des pécheurs et le salut de ceux qui sont perdus. (…)

    « Aucun impur n’y passera. » Cher Isaïe, ceux qui sont impurs passeront donc par une autre voie ? Ah non ! Que tous viennent plutôt à cette route-ci, qu’ils y avancent ! C’est surtout pour les impurs que le Christ l’a tracée, lui qui « est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10). (…) Alors l’impur va passer par la voie sacrée ? À Dieu ne plaise ! Aussi souillé qu’il soit en l’abordant, il ne le sera plus quand il y passera ; car dès qu’il y aura mis le pied, sa souillure disparaîtra. La voie sacrée, en effet, est ouverte à l’homme impur, mais dès qu’elle l’accueille, elle le purifie en effaçant tout le mal qu’il a commis. (…) Elle ne le laisse pas passer avec sa souillure, car elle est la « voie resserrée » et pour ainsi dire, le « trou d’aiguille » (Mt 7,14 ; 19,24). (…)

    Si donc tu es déjà sur la route, ne t’en écarte pas ; sinon, le Seigneur te laisserait « errer dans la voie de ton propre cœur » (Is 57,17). (…) Si tu trouves la route trop étroite, considère le terme où elle te conduit. (…) Mais si ton regard ne va pas jusque-là, fais confiance à Isaïe, le voyant. Lui qui distinguait à la fois l’étroitesse et le terme de la route, il ajoutait : « Sur ce chemin marcheront les libérés, les rachetés du Seigneur ; ils arriveront à Sion avec des clameurs de joie. Un bonheur sans fin transfigurera leur visage. Ils obtiendront allégresse et joie. Douleurs et plainte prendront la fuite » (35,9-10).

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157)

     

     

  • Le Nouvel Élie

    Point final de l’Ancien Testament, le baptême est aussi le début du Nouveau. En effet, il eut pour promoteur Jean le Baptiste, « qu’aucun enfant de la femme ne surpassait » (Mt 11,11). Jean achevait la série des prophètes, « car tous les prophètes ainsi que la Loi ont parlé jusqu’à Jean » (Mt 11,13). Et il ouvre l’ère de l’Évangile, comme il est écrit : « Commencement de l’Évangile de Jésus Christ (…) Jean parut au désert, proclamant un baptême » (Mc 1, 1.4).

    Lui opposerais-tu Élie le Thisbite qui a été enlevé au ciel ? Il n’est pourtant pas supérieur à Jean. Énoch a été transporté au ciel, mais il n’est pas plus grand que Jean. Moïse a été un très grand législateur en Israël. Tous les prophètes ont été admirables, mais ils n’étaient pas plus grands que Jean. Il ne s’agit pas de comparer prophètes à prophètes ; mais leur Maître, notre Maître, le Seigneur Jésus a déclaré : « Parmi les hommes, il n’en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste » (Mt 11,11). La comparaison est établie entre le grand serviteur et ses compagnons de service, mais la supériorité et la grâce du Fils en face des serviteurs ne souffre pas de comparaison.

    Vois-tu donc quel homme Dieu a choisi comme premier bénéficiaire de cette grâce ? Un pauvre, un ami du désert, sans être pour autant un ennemi des hommes. En mangeant des sauterelles, il donnait des ailes à son âme. Nourri de miel, il prononçait des paroles plus douces et plus utiles que le miel. Portant un vêtement de poils de chameau, il montrait en sa personne l’exemple de l’effort. C’est que dès le sein de sa mère, il avait été sanctifié par l’Esprit Saint (Lc 1,15). Jérémie avait été sanctifié, mais il n’avait pas prophétisé dès le sein maternel. Seul Jean, dans la prison du sein de sa mère, a tressailli de joie (Lc 1,44) ; sans voir encore de ses yeux de chair, sous l’action de l’Esprit, il a reconnu le Maître. La grandeur de la grâce du baptême exigeait un grand chef de file.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Répondre aux appels de Dieu, pour accueillir le Sauveur

    « Feu toujours brûlant, dirons-nous avec Saint Augustin, enflamme nos âmes. » Verbe incarné, tu t’es fait homme pour allumer dans nos cœurs le feu de l’amour divin : comment as-tu pu rencontrer en nous tant d’ingratitude ? Tu n’as rien épargné pour te faire aimer ; tu es allé jusqu’à sacrifier ton sang et ta vie. D’où vient que les hommes demeurent insensibles à tant de bienfaits ? Peut-être les ignorent-ils ? Non, ils connaissent, ils croient que, par amour pour eux, tu es venu du ciel revêtir la chair humaine et te charger de leurs misères ; ils savent que, par amour pour eux, tu as voulu mener une vie de souffrances continuelles et subir une mort ignominieuse. Après cela, comment expliquer qu’ils vivent dans un oubli complet de ta bonté extrême ? Ils aiment leurs parents, ils aiment leurs amis, ils aiment les bêtes même (…) ; c’est envers toi seulement qu’ils sont sans amour et sans reconnaissance ! Mais que dis-je ? En accusant les autres d’ingratitude, je me condamne moi-même, puisque ma conduite envers toi a été pire que la leur. Toutefois, ta miséricorde me rend le courage ; je sais qu’elle m’a supporté si longtemps, afin de me pardonner et de m’embraser de ton amour, à la seule condition que je veuille me repentir et t’aimer.

    Oui, mon Dieu, je veux me repentir (…) ; je veux t’aimer de tout mon cœur. Je vois bien que mon cœur (…) t’a délaissé pour aimer les choses de ce monde ; mais je vois aussi que, malgré cette trahison, tu le réclames encore. C’est pourquoi, de toute la force de ma volonté, je te le consacre et te le donne. Daigne donc l’enflammer tout entier de ton saint amour ; fais que désormais il n’aime plus autre chose que toi (…). Je t’aime, mon Jésus ; je t’aime, mon souverain Bien ! Je t’aime, unique amour de mon âme.

    Marie, ma mère, tu es « la mère du bel amour » (Si 24,24 Vulg), obtiens-moi la grâce d’aimer mon Dieu ; c’est de toi que je l’espère.

    Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787)

     

     

  • Accomplissons ce qui est juste et saint !

    La vie éternelle s’offre à nous, mes enfants, le royaume des cieux nous est préparé et l’héritage du Christ nous attend : la jouissance de biens nombreux et inconcevables, le bonheur d’une grande allégresse et de l’immortalité, un excès de gloire et d’honneur et de tous les autres biens, en si grand nombre qu’une langue d’homme ne suffirait pas à en exposer la grâce et la miséricorde (cf. Sg 3,9) !

    Courons désormais avec une vigueur accrue, et vous surtout les paresseux, les indociles, les cœurs appesantis, les amis du murmure qui, si vous ne vous corrigez pas, ressemblez au figuier maudit ; nous l’entourons de fumier (cf. Lc 13,8) et il ne prend nullement racine, nous vous arrosons de paroles et il n’en résulte aucune croissance ! « Déjà, dit l’Écriture, la cognée se trouve à la racine des arbres » (Lc 3,9), et je tairai la suite. Recherchons les combats, versons vaillamment notre sueur, emparons-nous des couronnes, gagnons les louanges, amassons comme un trésor « ce que l’œil n’a pas vu, que l’oreille n’a pas entendu et qui n’est pas monté au cœur de l’homme » (1 Co 2,9).

    Réglons notre vie sur celle de nos pères, celle qui remonte à l’origine, suivons pas à pas leurs vertus, aimons leurs actions droites, faisons de notre genre de vie une image du leur. (…) Oui, travaillons avec eux ! Oui ! Agissons avec eux ! Oui ! Suivons les pas à pas ! Oui ! Accomplissons, nous aussi, ce qui est juste et saint ! Ainsi nous aurons part à leur gloire, nous serons couronnés et avec eux nous bondirons dans le royaume des cieux, dans le Christ Jésus notre Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance, avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

    Saint Théodore le Studite (759-826)

     

     

  • « Venez à moi…, car je suis doux et humble de cœur. »

    Le troisième avènement du Christ appartient encore à l’avenir. Il aura lieu, soit au Jugement, soit à l’heure de la mort. (…)

    Le jugement du Christ est équitable car il est le Fils de l’homme et la sagesse du Père, à laquelle appartient tout jugement. Tous les cœurs en effet lui sont transparents et manifestes, au ciel, sur terre et aux enfers. (…) Le mode que le Christ, notre époux et juge, emprunte lors de ce jugement, consiste à récompenser et à punir selon la justice, car il donne à chacun selon ses mérites. À tout homme bon, et pour chaque œuvre bonne produite en Dieu, il accorde la récompense sans mesure qu’il est lui-même et qu’aucune créature ne saurait mériter. En effet, puisqu’il collabore à chaque œuvre de la créature, c’est grâce à la puissance de celui-ci que la créature mérite le Christ lui-même en récompense, et cela en toute équité. (…)

    Le premier avènement, en lequel Dieu s’est fait homme, a vécu en humilité et est mort par amour pour nous, il nous faut le suivre au-dehors avec les mœurs parfaites des vertus, au-dedans avec la charité et une vraie humilité. Le deuxième avènement, qui est actuel et en lequel Dieu vient avec la grâce en tout cœur qui aime, il nous faut le désirer et le demander tous les jours, afin de demeurer debout et de croître en nouvelles vertus. Le troisième avènement, qui est celui du Jugement ou de l’heure de notre mort, il nous faut l’attendre et le désirer, avec confiance et respect, pour être délivrés de l’exil présent et pénétrer dans la demeure de la gloire.

    Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381)

     

     

     

  • « Aujourd’hui nous avons vu des choses extraordinaires. »

    Le Verbe, la Parole de Dieu, est venu habiter dans l’homme ; il s’est fait « Fils de l’homme » pour habituer l’homme à recevoir Dieu et pour habituer Dieu à habiter dans l’homme, comme il a plu au Père. Voilà pourquoi le signe de notre salut, l’Emmanuel né de la Vierge, a été donné par le Seigneur lui-même (Is 7,14). C’est en effet le Seigneur lui-même qui sauve les hommes, puisque ceux-ci ne peuvent pas se sauver par eux-mêmes. (…) Le prophète Isaïe a dit : « Affermissez-vous, mains affaiblies et genoux chancelants ! Ranimez votre courage, cœurs défaillants ; affermissez-vous, ne craignez plus ! Voici notre Dieu qui rend le jugement ; il viendra lui-même, il va nous sauver » (35,3-4). Car c’est seulement par le secours de Dieu, et non par nous-mêmes, que nous pouvions être sauvés.

    Voici un autre texte où Isaïe a prédit que celui qui devait nous sauver ne serait ni simplement un homme, ni un être incorporel, comme les anges : « Ce n’est pas un messager, ce n’est pas un ange, mais c’est le Seigneur lui-même qui sauvera son peuple. Parce qu’il l’aime, il lui pardonnera ; lui-même, il le délivrera » (63,9). Mais ce Sauveur, le Verbe, serait aussi vraiment un homme visible : « Voici, cité de Sion, tes yeux verront notre Sauveur » (cf 33,20). (…) Un autre prophète a dit : « Lui-même il se retournera vers nous, nous fera miséricorde, et jettera nos péchés au fond de la mer » (Mi 7,19). (…) Le Fils de Dieu, qui est aussi Dieu, devait venir du pays de Juda, de Bethléem (Mi 5,1), pour répandre sa louange sur toute la terre. (…) Dieu donc s’est bien fait homme et le Seigneur lui-même nous a sauvés en nous donnant le signe de la Vierge.

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

     

     

  • Deuxième dimanche de l’Avent

    [« Jésus vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : ‘C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi !’ » (Mt 3,13-14)] En ta présence, Seigneur Jésus, je ne peux pas me taire, car « je suis la voix, la voix qui crie à travers le désert : Préparez le chemin du Seigneur. C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » (…) Tu étais au commencement, tu étais auprès de Dieu, et tu étais Dieu (Jn 1,1) ; toi qui es le reflet resplendissant de la gloire du Père, toi qui es l’expression du Père parfait (He 1,3) ; toi qui es la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde (Jn 1,9) ; toi qui, lorsque tu étais dans le monde, es venu là où tu étais déjà ; toi qui t’es fait chair, mais qui habites en nous (Jn 1,14; 14,23), et qui t’es fait voir de tes serviteurs dans la condition de serviteur (Ph 2,7) ; toi qui as uni la terre et le ciel par ton saint nom comme par un pont : c’est toi qui viens à moi ? Toi qui es si grand, vers le pauvre que je suis ? Le roi vers le précurseur, le Seigneur vers le serviteur. (…)

    Je sais quel est l’abîme qui sépare la terre et le Créateur. Je sais quelle est la différence entre le limon de la terre et celui qui l’a modelé (Gn 2,7). Je sais combien ton soleil de justice l’emporte sur moi qui ne suis que la lampe de ta grâce (Ml 3,20; Jn 5,35). Et, bien que tu sois revêtu par la nuée très pure de ton corps, moi, pourtant, je reconnais ma condition servile, je proclame ta magnificence. « Je ne suis pas digne de défaire la courroie de tes sandales. » Et comment oserai-je toucher le sommet immaculé de ta tête ? Comment étendrai-je la main sur toi « qui as déployé les cieux comme une tenture » et qui as « affermi la terre sur les eaux ? » (Ps 103,2; 135,6) (…) Quelle prière vais-je faire sur toi, qui accueilles même les prières de ceux qui t’ignorent ?

    Homélie attribuée à saint Grégoire le Thaumaturge (v. 213 – v. 270)

     

     

  • « Sur votre route proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. »

    Dans le Christ nous sommes tous appelés à faire partie de l’Église ; c’est en elle que nous acquérons la sainteté par la grâce de Dieu. Mais elle n’atteindra son achèvement que dans la gloire du ciel, lorsque viendra « le temps du rétablissement de toutes choses » (Ac 3,21), lorsque, avec le genre humain, le monde entier lui aussi, qui est intimement uni à l’homme et qui atteint par l’homme le but qui est le sien, sera parfaitement rassemblé dans le Christ. (…)

    Ce rétablissement, qui nous a été promis et que nous attendons, a déjà commencé dans le Christ ; il s’est poursuivi par l’envoi du Saint-Esprit et par celui-ci il continue dans l’Église. C’est en elle que la foi nous enseigne le sens de notre vie dans ce monde-ci, du moment que, dans l’espérance des biens futurs, nous conduisons vers sa fin la tâche que le Père nous a chargés d’accomplir dans le monde, et que nous travaillons ainsi à notre salut (Ph 2,12).

    Déjà donc les derniers temps sont arrivés pour nous (1Co 10,11). Le renouvellement du monde est irrévocablement établi et se trouve anticipé en ce monde d’une manière déjà réelle. En effet, déjà sur terre, l’Église rayonne d’une sainteté véritable, quoique inachevée. Mais en attendant que se réalisent « les cieux nouveaux et la terre nouvelle où la justice habite » (2P 3,13), l’Église en pèlerinage porte l’aspect de ce monde qui passe, dans ses sacrements et ses institutions qui appartiennent à notre époque. Elle-même vit au milieu des créatures qui jusqu’à présent « gémissent dans les douleurs de l’enfantement » et qui « attendent la manifestation des enfants de Dieu » (Rm 8,19s).

    Concile Vatican II