Auteur/autrice : fred

  • « Maris, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Eglise, il s’est livré pour elle. » (Ep 5,25)

    L’homme et la femme qui, par l’alliance conjugale « ne sont plus deux mais une seule chair », s’aident et se soutiennent mutuellement par l’union intime de leurs personnes et de leurs activités ; ils prennent ainsi conscience de leur unité et l’approfondissent sans cesse davantage. Cette union intime, don réciproque de deux personnes, non moins que le bien des enfants, exigent l’entière fidélité des époux et requièrent leur unité indissoluble.

    Le Christ Seigneur a comblé de bénédictions cet amour aux aspects multiples, issu de la source divine de la charité, et constitué à l’image de son union avec l’Église (Ep 5,32). De même en effet que Dieu a pris autrefois l’initiative d’une alliance d’amour et de fidélité avec son peuple, ainsi, maintenant, le Sauveur des hommes, Époux de l’Église, vient à la rencontre des époux chrétiens par le sacrement de mariage. Il continue de demeurer avec eux pour que les époux, par leur don mutuel, puissent s’aimer dans une fidélité perpétuelle, comme lui-même a aimé l’Église et s’est livré pour elle (Ep 5,25).

    L’amour conjugal authentique est assumé dans l’amour divin et il est dirigé et enrichi par la puissance rédemptrice du Christ et l’action salvifique de l’Église, afin de conduire efficacement à Dieu les époux, de les aider et de les affermir dans leur mission sublime de père et de mère. C’est pourquoi les époux chrétiens, pour accomplir dignement les devoirs de leur état, sont fortifiés et comme consacrés par un sacrement spécial ; en accomplissant leur mission conjugale et familiale avec la force de ce sacrement, pénétrés de l’Esprit du Christ qui imprègne toute leur vie de foi, d’espérance et de charité, ils parviennent de plus en plus à leur perfection personnelle et à leur sanctification mutuelle ; c’est ainsi qu’ensemble ils contribuent à la glorification de Dieu.

    Concile Vatican II

     

     

     

  • Solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, patronne principale de la France

    Lors donc que la Vierge des vierges était conduite par son Dieu et Fils, le Roi des rois, dans l’allégresse des anges, la joie des archanges, parmi les acclamations du ciel, alors s’accomplit la prophétie de David disant au Seigneur : « La reine se tient à ta droite, dans un vêtement d’or et des ornements variés. » (cf. Ps 44,10) Alors, selon la Parole de Salomon, « les jeunes filles se sont levées et l’ont proclamée bienheureuse, et les reines à leur tour ont chanté sa louange » (cf. Pr 31,28). (…) Entraînée, elle non plus ne pouvait cesser de louer, elle qui voyait le Fils de Dieu, né d’elle, siéger à la droite de la majesté du Père et la prendre avec lui dans la gloire. « Tu as tenu, dit-elle, ma main droite et tu m’as conduite selon ta volonté, et dans la gloire tu m’as reçue. » (cf. Ps 72,24) (…) Élevée au milieu des acclamations de joie et de louange, elle est donc placée, première après Dieu, sur un trône de gloire, au-dessus de tous les habitants du ciel. (…)

    Puis, s’abaissant vers le genre humain avec une indicible charité et tournant vers nous ces yeux si miséricordieux qui sont la lumière du ciel, elle fait monter une prière universelle pour le clergé et le peuple, hommes et femmes, vivants et morts. Du ciel, la Vierge toute glorieuse nous vient en aide ici-bas, et par sa prière toute-puissante, elle chasse tous les maux et donne tous les biens ; pour tous ceux qui la prient du fond du cœur, elle se fait leur protection pour la vie présente et pour la vie future. (…) Assurément, elle obtiendra ce qu’elle voudra, cette mère chérie, elle dont les très chastes entrailles ont été le chemin par où le Verbe de Dieu est venu jusqu’à nous pour laver dans son sang les souillures du monde et la caution de l’antique péché : Jésus-Christ, notre Seigneur, qui vit et règne avec Dieu le Père dans l’unité du Saint-Esprit, Dieu dans tous les siècles des siècles. Amen.

    Saint Amédée de Lausanne (1108-1159)

     

     

     

  • Nous sommes appelés : frères !

    Nous formons un seul corps par notre communauté de croyance, notre unité de discipline et notre communion d’espérance. Nous marchons ensemble comme une seule armée pour assiéger Dieu et lui forcer la main par nos prières. Cette violence est agréable à Dieu. Nous prions aussi pour les empereurs et pour leurs ministres, pour l’état présent du siècle et pour la paix. Nous nous assemblons pour nous remémorons les saintes Écritures dans lesquelles, selon les circonstances, nous trouvons lumières ou avertissements. Ces paroles sacrées nourrissent notre foi, relèvent notre espérance, affermissent notre confiance, resserrent notre discipline. C’est là que se font les exhortations, les corrections et les divins jugements. (…)

    S’il y a une sorte de caisse commune, elle n’est pas constituée par une somme d’honoraires, comme si la religions était l’objet de commerce. Chacun paie tous les mois son modeste tribut, le jour où il veut, dans la mesure où il le peut et s’il le veut. Personne n’y est obligé ; on apporte spontanément sa part. (…) Cette pratique de la charité est celle qui nous marque le plus auprès de certains : « Voyez, disent-ils, comme ils s’aiment ! » Eux, en effet, se détestent mutuellement. « Voyez disent-ils, comme ils sont prêts à mourir les uns pour les autres ! » (…)

    Par le droit de la nature, notre mère commune, nous sommes aussi vos frères, mais à combien plus forte raison sont appelés frères et considérés comme tels ceux qui reconnaissent Dieu comme leur seul Père, qui se sont abreuvés au même Esprit de sainteté, et qui, sortis du même sein de l’ignorance, se sont émerveillés devant la même lumière de vérité.

    Tertullien (v. 155-v. 220)

     

     

     

  • « Au commencement, le Créateur les fit homme et femme. »

    Selon son dessein dès l’origine, Dieu a créé l’homme et la femme à son image. L’Écriture dit : « À l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa » (Gn 1,27). Il est donc important de comprendre, dans le livre de la Genèse, cette grande vérité : l’image de lui-même que Dieu a placée dans l’homme passe aussi à travers la complémentarité des sexes. L’homme et la femme, qui s’unissent dans le mariage, reflètent l’image de Dieu et sont en quelque sorte la révélation de son amour. Non seulement de l’amour que Dieu nourrit pour l’être humain, mais aussi de la mystérieuse communion qui caractérise la vie intime des trois Personnes divines.

    En outre, on peut considérer comme image de Dieu l’engendrement lui-même, qui fait de la famille un sanctuaire de la vie. L’apôtre Paul dit que « toute parenté tire son nom de Dieu » (Ep 3,14-15). C’est lui qui est la source ultime de la vie. On peut donc affirmer que la généalogie de toute personne plonge ses racines dans l’éternel. En engendrant un enfant, les parents agissent comme collaborateurs de Dieu. Mission vraiment sublime ! Par conséquent, il n’est pas étonnant que Jésus ait voulu élever le mariage à la dignité de sacrement, et que saint Paul en parle comme d’un « grand mystère », le mettant en relation avec l’union du Christ et son Église (Ep 5,32).

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

     

     

     

  • Le Fils de Dieu est libre de tout

    Lorsque le Christ réconcilia le monde avec Dieu, il n’avait certes pas besoin de réconciliation pour lui-même. Pour lequel de ses péchés aurait-il dû apaiser Dieu, lui qui n’en avait commis aucun ? Aussi, lorsque les Juifs lui réclament le didrachme exigé par la Loi, Jésus dit à Pierre : « Simon, de qui les rois de la terre perçoivent-ils le tribut ou les impôts ? De leurs fils ou des étrangers ? » Pierre répondit : « Des étrangers. » Jésus reprit : « les fils en sont donc exempts. Mais pour ne pas faire de scandale, jette l’hameçon et du premier poisson que tu prendras tu ouvriras la bouche ; tu y trouveras un stratère : prends-le et donne-le leur pour moi et pour toi. » (Mt 17, 25-27)

    Le Christ nous montre par là qu’il ne devait rien expier pour des péchés personnels, parce qu’il n’était pas esclave du péché mais que, Fils de Dieu, il était libre de toute faute. Le fils était libre et l’esclave en état de péché. Puisqu’il est libre de tout, Jésus ne paie donc rien pour le rachat de son âme, lui dont le sang pouvait payer largement la rédemption des péchés du monde entier. Il a le droit de libérer les autres, lui qui n’a aucune dette pour lui-même.

    Mais je vais plus loin. Le Christ n’est pas le seul à ne devoir rien payer pour la rédemption ou l’expiation de péchés personnels. Si tu envisages tout homme croyant, tu peux dire qu’aucun ne doit payer pour sa propre expiation, parce que le Christ a expié pour la rédemption de tous. Quel est l’homme qui trouverait son propre sang capable de le racheter, alors que le Christ a versé le sien pour le rachat de tous ?

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

     

  • Nous participons avec pleine assurance au corps et au sang du Christ

    Dans la nuit où il fut livré, le Seigneur Jésus prit du pain et, après avoir rendu grâces, il le rompit et le donna à ses disciples en disant : « Prenez et mangez : ceci est mon corps. » Ensuite, prenant la coupe, il dit : « Prenez et buvez : ceci est mon sang. » (cf. 1 Co 11, 23-25) Si donc lui-même a déclaré ouvertement en parlant du pain : « Ceci est mon corps », qui osera douter désormais ? Et si lui-même est à ce point affirmatif lorsqu’il dit : « Ceci est mon sang », qui hésitera encore ou dira ce n’est pas son sang ? (…)

    C’est donc avec pleine assurance que nous participons de la sorte au corps et au sang du Christ. Car sous forme de pain c’est le corps qui t’es donné, et sous forme de vin c’est le sang qui t’es donné, pour que tu deviennes, en prenant part au corps et au sang du Christ, un seul corps et un seul sang avec le Christ. De cette manière, nous devenons « associés à la nature divine » (2 P 1,4). (…)

    David a dit autrefois dans un psaume : « Le pain fortifie le cœur de l’homme pour que l’huile de la joie rayonne sur son visage » (Ps 103,15). Fortifie donc ton cœur en prenant ce pain spirituel et réjouis le visage de ton âme. Et puisses-tu, à visage découvert et en pureté de conscience, refléter comme un miroir la gloire du Seigneur.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Fête de saint Laurent, diacre et martyr

    Lorsque saint Laurent a vu que l’on conduisait l’évêque Sixte au martyre, il s’est mis à pleurer. Ce n’était pas la souffrance de son évêque qui lui arrachait des larmes, mais le fait qu’il parte au martyre sans lui. C’est pourquoi il s’est mis à l’interpeller en ces termes : « Où vas-tu, Père, sans ton fils ? Vers quoi te hâtes-tu, prêtre saint, sans ton diacre ? Tu avais pourtant l’habitude de ne jamais offrir le sacrifice sans ministre ! … Fais donc la preuve que tu as choisi un bon diacre : celui à qui tu as commis le ministère du sang du Seigneur, celui avec lequel tu partages les sacrements, refuserais-tu de communier avec lui dans le sacrifice du sang ? »…

    Le pape Sixte a répondu à Laurent : « Je ne t’oublie pas, mon fils, ni ne t’abandonne. Mais je te laisse des combats plus grands à soutenir. Je suis vieux et je ne peux soutenir qu’une lutte légère. Quant à toi, tu es jeune et il te reste un triomphe bien plus glorieux à obtenir contre le tyran. Tu viendras bientôt. Sèche tes larmes. Dans trois jours, tu me suivras… »

    Trois jours après, Laurent est arrêté. On lui demande d’amener les biens et les trésors de l’Église. Il promet d’obéir. Le lendemain, il revient avec des pauvres. On lui demande où étaient ces trésors qu’il devait amener. Il a montré les pauvres en disant : « Voilà les trésors de l’Église. Quels trésors meilleurs aurait le Christ, que ceux dont il a dit : ‘Ce que vous aurez fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait’ » (Mt 25,40) ? Laurent a montré ces trésors-là et a été vainqueur car le persécuteur n’a eu aucune envie de les lui ôter. Mais dans sa rage, il l’a fait brûler vif.

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

     

     

  • Fête de sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein), vierge et martyre, copatronne de l’Europe

    La rencontre d’Edith Stein avec le christianisme ne la conduit pas à renier ses racines juives, mais les lui fait plutôt redécouvrir en plénitude… En réalité, tout son chemin de perfection chrétienne se déroule sous le signe non seulement de la solidarité humaine avec son peuple d’origine, mais aussi d’un vrai partage spirituel avec la vocation des fils d’Abraham, marqués par le mystère de l’appel et des « dons irrévocables » de Dieu.

    En particulier, elle a fait sienne la souffrance du peuple juif, à mesure que celle-ci s’exacerbait au cours de la féroce persécution nazie, qui demeure, à côté d’autres graves expressions du totalitarisme, l’une des taches les plus sombres et les plus honteuses de l’Europe de notre siècle. Elle a ressenti alors, dans l’extermination systématique des juifs, que la croix du Christ était mise sur le dos de son peuple, et elle a vécu comme une participation personnelle à la croix sa déportation et son exécution dans le tristement célèbre camp d’Auschwitz-Birkenau…

    Nous nous tournons aujourd’hui vers sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, reconnaissant dans son témoignage de victime innocente, d’une part, l’imitation de l’Agneau immolé et la protestation élevée contre toutes les violations des droits fondamentaux de la personne ; d’autre part, le gage de la rencontre renouvelée entre juifs et chrétiens qui, dans la ligne voulue par le Concile Vatican II, connaît un temps prometteur d’ouverture réciproque. Déclarer aujourd’hui Edith Stein copatronne de l’Europe signifie déployer sur l’horizon du vieux continent un étendard de respect, de tolérance, d’accueil, qui invite hommes et femmes à se comprendre et à s’accepter au-delà des diversités de race, de culture et de religion, afin de former une société vraiment fraternelle. Puisse donc l’Europe croître ! Puisse-t-elle croître comme Europe de l’esprit, dans la ligne du meilleur de son histoire, qui trouve précisément dans la sainteté son expression la plus haute.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

     

     

     

  • Reconnais le Fils de Dieu et participe à la béatitude

    Notre Seigneur Jésus Christ s’est fait homme, quand il était inconnu du grand nombre. Voulant enseigner la vérité inconnue, il rassembla ses disciples et leur dit : « Qui dit-on que je suis, moi le Fils de l’homme ? » (Mt 16,13).

    Il ne cherchait pas une vaine gloire mais il voulait leur révéler la vérité, pour qu’ils n’aillent pas, eux les compagnons de Dieu Fils unique de Dieu, le prendre pour quelque homme ordinaire. Et comme ils lui répondaient : « Les uns, Élie ; les autres, Jérémie » (Mt 16, 14), il leur dit : ces gens-là sont excusables de ne pas savoir ; mais vous, les apôtres, qui en mon nom purifiez les lépreux, chassez les démons, ressuscitez les morts, vous ne devez pas ignorer celui par qui vous accomplissez ces prodiges. Et comme tous gardaient le silence, car cette science-là dépassait l’homme, Pierre, le chef des apôtres, le héraut en chef de l’Église, ne recourut pas à une parole qu’il aurait trouvée de lui-même : il suivit une inspiration qui ne venait pas de l’homme, mais du Père qui éclairait son intelligence, et il répondit : « Tu es le Christ » – pas simplement – mais « le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16) ; une béatitude succède à cette parole, car en vérité elle dépassait l’homme ; un sceau est apposé à cette déclaration : cette révélation-là vient du Père ; le Sauveur dit en effet : « Tu es bienheureux, Simon, fils de Jean, de ce que ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux » (Mt 16,17).

    Donc, qui reconnaît notre Seigneur Jésus Christ comme Fils de Dieu, participe à cette béatitude ; mais celui qui renie le Fils de Dieu est malheureux et misérable.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Rends-moi digne des miettes de la sainte Table !

    Tu as écouté la voix de la Cananéenne,
    Et Tu lui as accordé ce qu’elle demandait ;
    Je crie moi aussi comme elle,
    Accorde-moi, à moi aussi, ce que j’implore.

    Si tu m’appelles le dernier des chiens,
    Aussitôt j’écoute ta voix,
    Pour courir vite à ton appel, ô Berger,
    Et repousser l’Étranger.

    Bien que vis-à-vis des enfants immaculés
    Je ne sois pas digne d’être leur participant,
    Cependant des miettes de la sainte Table,
    Du Pain de Vie, rends-moi digne.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)