Auteur/autrice : fred

  • « La nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que donne le Fils de l’homme. »

    Les juifs mangeaient la Pâque debout, les sandales aux pieds, le bâton à la main, avec empressement (Ex 12,11). À combien plus forte raison dois-tu te tenir en éveil ! Eux s’apprêtaient à partir pour la Terre Promise et se comportaient donc en voyageurs ; toi, tu es en marche vers le ciel. C’est pourquoi il faut que nous restions toujours sur nos gardes… Les ennemis du Christ ont frappé son corps très saint sans savoir ce qu’ils faisaient (Lc 23,34) ; et toi, tu le recevrais dans une âme impure après tant de bienfaits ! Car il ne s’est pas contenté de se faire homme, d’être flagellé et d’être mis à mort : en son amour il a voulu encore s’unir à nous, s’identifier à nous non par la foi seulement, mais réellement par la participation à son propre corps…

    Considère quel grand honneur tu reçois, et de quelle table tu es le convive. Celui que les anges ne voient qu’en tremblant, celui qu’ils n’osent pas regarder sans crainte à cause de la splendeur de la gloire qui rayonne de sa face, nous en faisons notre nourriture et nous devenons avec lui un seul corps et une seule chair. « Qui dira les exploits du Seigneur, qui proclamera toutes ses louanges ? » (Ps 105,2) Quel berger a jamais nourri ses brebis de sa propre chair ?… Il arrive souvent que des mères confient à des nourrices leurs enfants. Le Christ n’agit pas de la sorte : il nous nourrit de son propre sang, il nous fait devenir un seul corps avec lui.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

     

     

     

  • « Touchez-moi, regardez. »

    Après la résurrection, comme le Seigneur était entré toutes portes closes (Jn 20,19), les disciples ne croyaient pas qu’il avait retrouvé la réalité de son corps, mais supposaient que son âme seule était revenue sous une apparence corporelle, comme les images qui se présentent à ceux qui rêvent dans leur sommeil. « Ils croyaient voir un esprit »…

    « Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi des pensées inquiètes s’élèvent-elles dans vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds. » Voyez, c’est-à-dire : soyez attentifs. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas un songe que vous voyez. Voyez mes mains et mes pieds, puisque, avec vos yeux accablés, vous ne pouvez pas encore regarder mon visage. Voyez les blessures de ma chair, puisque vous ne voyez pas encore les œuvres de Dieu. Contemplez les marques faites par mes ennemis, puisque vous ne percevez pas encore les manifestations de Dieu. Touchez-moi, pour que votre main vous donne la preuve, puisque vos yeux sont à ce point aveuglés… Découvrez les trous de mes mains, fouillez mon côté, rouvrez mes blessures, car je ne peux pas refuser à mes disciples en vue de la foi ce que je n’ai pas refusé à mes ennemis pour mon supplice. Touchez, touchez…, cherchez jusqu’aux os, pour confirmer la réalité de la chair, et que ces blessures encore ouvertes attestent que c’est bien moi…

    Pourquoi ne croyez-vous pas que je suis ressuscité, moi qui ai rappelé à la vie plusieurs morts sous vos yeux ?… Quand j’étais pendu à la croix, on m’insultait en disant : « Lui qui a sauvé les autres, il ne peut pas se sauver lui-même. Qu’il descende de la croix et nous croirons » (Mt 27,40). Qu’est-ce qui est le plus difficile, descendre de la croix en arrachant les clous ou remonter des enfers en foulant aux pieds la mort ? Voilà que je me suis sauvé moi-même, et brisant les chaînes de l’enfer, je suis remonté vers le monde d’en haut.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

     

     

     

  • « Aussitôt, la barque atteignit le rivage où ils se rendaient. »

    Le Christ monte dans une barque : n’est-ce pas lui qui a découvert le lit de la mer après avoir rejeté ses eaux, afin que le peuple d’Israël passe à pied sec comme en une vallée ? (Ex 14,29) N’est-ce pas lui qui a affermi les vagues de la mer sous les pieds de Pierre, de sorte que l’eau fournisse à ses pas un chemin solide et sûr ? (Mt 14,29)

    Il monte dans la barque. Pour traverser la mer de ce monde jusqu’à la fin des temps, le Christ monte dans la barque de son Église pour conduire ceux qui croient en lui jusqu’à la patrie du ciel par une traversée paisible, et faire citoyens de son Royaume ceux avec qui il communie en son humanité. Certes, le Christ n’a pas besoin de la barque, mais la barque a besoin du Christ. Sans ce pilote venu du ciel, en effet, la barque de l’Église agitée par les flots n’arriverait jamais au port.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450)

     

     

     

  • « A la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : ‘ C’est vraiment lui le grand Prophète, celui qui vient dans le monde ‘. »

    Gouverner l’univers est en vérité un miracle plus grand que de rassasier cinq mille hommes avec cinq pains. Personne toutefois ne s’en étonne, alors que l’on s’extasie devant un miracle de moindre importance parce qu’il sort de l’ordinaire. Qui, en effet, nourrit aujourd’hui encore l’univers sinon celui qui, avec quelques grains, crée les moissons ? Le Christ a donc fait ce que Dieu fait. Usant de son pouvoir de multiplier les moissons a partir de quelques grains, il a multiplié cinq pains dans ses mains. Car la puissance se trouvait entre les mains du Christ, et ces cinq pains étaient comme des semences que le Créateur de la terre multipliait sans même les confier à la terre.

    Cette œuvre a donc été placée sous nos sens pour élever notre esprit… Il nous est ainsi devenu possible d’admirer « le Dieu invisible en considérant ses œuvres visibles » (Rm 1,20). Après avoir été éveillés à la foi et purifiés par elle, nous pouvons même désirer voir sans les yeux du corps l’Etre invisible que nous connaissons à partir du visible… En effet, Jésus a fait ce miracle pour qu’il soit vu de ceux qui se trouvaient là, et ils l’ont mis par écrit pour que nous en ayons connaissance. Ce que les yeux ont fait pour eux, la foi le fait pour nous. Aussi bien, nous reconnaissons en notre âme ce que nos yeux n’ont pas pu voir et nous avons reçu un plus bel éloge, puisque c’est de nous qu’il a été dit : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jn 20,29).

    Saint Augustin (354-430)

  • Bulletin n°141

    bulletin 141

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  • « Celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu car il donne l’Esprit sans mesure. »

    Ô Seigneur mon Dieu, lumière des aveugles et force des faibles, mais en même temps lumière des voyants et force des forts, sois attentif à mon âme, entends-la crier du fond de l’abîme (Ps 129,1). Car si tu n’es pas à l’écoute même dans l’abîme, où irons-nous ? Où adresserons-nous nos cris ?

    « À toi est le jour, à toi aussi la nuit » (Ps 73,16). Un signe de toi et les instants s’envolent. Donne désormais largement à nos pensées le temps de fouiller les retraites cachées de ta loi et n’en ferme pas la porte à ceux qui y frappent (Mt 7,7). Ce n’est pas sans raison que tu as voulu faire écrire tant de pages pleines d’ombre et de mystère. Ces belles forêts n’ont-elles pas leurs cerfs (Ps 28,9) qui viennent là se réfugier et se ressaisir, se promener et pâturer, se coucher et ruminer ? Ô Seigneur, conduis-moi au terme et révèle-moi leurs secrets.

    Ta parole est toute ma joie, ta parole plus douce qu’un torrent de voluptés. Donne-moi ce que j’aime, car j’aime et cet amour est un don de toi. N’abandonne pas tes dons, ne dédaigne pas ton brin d’herbe assoiffé. Que je proclame tout ce que je découvrirai dans tes livres ; fais que « j’entende la voix de ta louange » (Ps 25,7). Puissé-je boire ta parole et considérer les merveilles de ta loi (Ps 118,18) depuis le premier instant où tu as créé le ciel et la terre jusqu’au règne éternel avec toi dans la sainte cité.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • Venir à la lumière

    Nous te bénissons, Père des lumières,
    Christ, Verbe de Dieu, splendeur du Père,
    Lumière de lumière, et source de lumière,
    Esprit de feu, souffle du Fils comme du Père.

    Trinité Sainte, lumière indivisée,
    Tu dissipas les ténèbres pour créer
    Un monde lumineux, d’ordre et de beauté,
    Qui porterait ta ressemblance.

    De raison et sagesse tu éclairas l’homme,
    L’illuminas du sceau de ton Image,
    Pour que dans ta lumière, il voie la lumière (Ps 36,10),
    Et tout entier devienne lumière.

    Tu fis briller au ciel d’innombrables lumières,
    Ordonnas au jour et à la nuit
    De s’entendre à se partager le temps
    Tour à tour, paisiblement.

    La nuit met fin au travail du corps fatigué,
    Le jour appelle aux œuvres que tu aimes,
    Nous apprend à fuir les ténèbres, à nous hâter
    Vers ce jour qui n’aura plus de nuit.

    Saint Grégoire de Nazianze (330-390)

     

     

     

  • « Tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. »

    Qui es-tu, douce lumière qui me combles
    et illumines les ténèbres de mon cœur ?
    Tu me guides comme la main d’une mère,
    et si tu me lâchais,
    je ne pourrais plus faire un seul pas.

    Tu es l’espace
    qui enveloppe mon être et l’abrite en toi.
    Abandonné de toi, il sombrerait dans le gouffre du néant
    d’où tu l’as tiré pour l’élever vers la lumière.
    Toi, plus proche de moi
    que je ne le suis de moi-même,
    plus intime que le tréfonds de mon âme,
    et cependant insaisissable et ineffable,
    au-delà de tout nom,
    Esprit Saint, Amour éternel !

    N’es-tu pas la douce manne
    qui du cœur du Fils
    déborde dans le mien,
    la nourriture des anges et des bienheureux ?
    Lui qui s’est relevé de la mort à la vie
    m’a éveillée moi aussi du sommeil de la mort à une vie nouvelle.
    Et jour après jour
    il continue de me donner une nouvelle vie,
    dont un jour la plénitude m’inondera tout entière,
    vie issue de ta vie, oui, toi-même,
    Esprit Saint, Vie éternelle !

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)

     

     

     

     

  • Solennité de l’Annonciation du Seigneur

    Ô ineffable et très douce Charité ! combien est douce l’union que vous avez contractée avec l’homme ! Vous nous avez montré votre ineffable amour par les grâces et les bienfaits sans nombre que vous avez accordés à vos créatures, surtout par le bienfait de l’incarnation de votre Fils, puisque nous avons vu la souveraine Grandeur descendre à la bassesse de notre humanité. (…)

    Vraiment, mon très cher Père, dans ce doux et béni champ de Marie, le Verbe, uni à sa chair, a fait comme le grain qui germe à la chaleur du soleil, montre sa fleur et son fruit, et laisse son enveloppe à la terre. Il a fait vraiment la même chose par la chaleur et le feu de la divine charité que Dieu a eue pour le genre humain, lorsqu’il a jeté la semence de sa parole dans le champ de Marie. Ô bienheureuse et douce Marie ! Vous nous avez donné la fleur du doux Jésus. (…)

    N’oubliez pas, et pensez toujours dans votre cœur, dans votre mémoire, dans votre âme, que vous avez été offert et donné a Marie ; priez-la qu’elle vous présente et vous donne à son doux fils Jésus, et cette douce Mère, cette tendre Mère de miséricorde vous présentera. Ne soyez pas ingrat et oublieux, car elle ne rejette point la prière qui lui est faite, mais elle l’accueille avec bonté. Soyez donc fidèle, (…) courez généreusement avec ce désir de Marie, qui vous fera toujours chercher l’honneur de Dieu et le salut des âmes.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

     

  • Dimanche de la miséricorde

    Montre-moi, mon Dieu, Ta miséricorde,
    Selon la pitié du Cœur de Jésus.
    Entends mes soupirs et mes prières,
    Et les larmes d’un cœur contrit.

    Ô Dieu tout-puissant, toujours miséricordieux,
    Ta pitié n’est jamais épuisée,
    Bien que ma misère ait l’immensité de la mer,
    J’ai une absolue confiance en la miséricorde du Seigneur.

    Ô Trinité éternelle, Dieu de bonté à jamais,
    Ta pitié n’est jamais calculée,
    J’ai donc confiance en l’océan de Ta miséricorde
    Et je Te perçois, Seigneur, bien qu’un voile m’isole.

    Que la toute-puissance de Ta miséricorde, ô Seigneur,
    Soit glorifiée par le monde entier,
    Que Sa gloire ne cesse à jamais,
    Annonce, mon âme, avec ardeur la miséricorde de Dieu.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)