Auteur/autrice : fred
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L’amour est inventif jusqu’à l’infini…
Monsieur Vincent cherche à se rendre totalement présent à la misère humaine, en s’appuyant sur Dieu et non sur lui-même. Durant toute sa vie, il dénonce sans ménagement les grands sentiments et les bonnes intentions sans engagement tangible. Convaincu que « les vertus méditées et non pratiquées sont plus nuisibles qu’utiles », il invite à joindre l’amour du prochain à l’amour de Dieu, à unir l’amour affectif et l’amour effectif : la charité pour le prochain tient une place essentielle dans la vie spirituelle. Le corps épuisé, mais l’esprit et le coeur toujours vifs et inventifs – « L’amour est inventif jusqu’à l’infini », dit-il à propos de l’eucharistie – il meurt, à 79 ans, le 27 septembre 1660. Sa mort est ressentie par tous comme celle d’un saint et une foule nombreuse, mêlant aristocrates et gens du peuple, se presse à ses obsèques. « Il a presque changé le visage de l’Église ! », résume Henri de Maupas du Tour dans son oraison funèbre. Vincent est béatifié, puis canonisé par le pape Benoît XIII en 1737 et déclaré patron des instituts de charité.
Les oeuvres de Vincent de Paul ont continué leur prodigieux développement au cours des siècles, se propageant dans le monde entier. Les prêtres de la Congrégation de la Mission et les Filles de la Charité travaillent aujourd’hui sur tous les continents. Partout des bénévoles réunis en confréries de la Charité, comme les Équipes Saint-Vincent, la Société de Saint-Vincent-de-Paul, fondée par Frédéric Ozanam, et bien d’autres, se mettent au service des plus pauvres pour évangéliser en paroles et en actes.
Père Claude Lautissier, cm (Paris)
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St Vincent
QUAND TOUT BASCULE – 1617
Un jour de janvier, alors que Vincent accompagne Madame de Gondi au château de Folleville, en Picardie, un paysan moribond désire le voir. Vincent accourt au chevet du malade et lui fait faire une confession générale. Pour Vincent, c’est une révélation : il découvre la misère spirituelle des gens de la campagne qui représentent l’immense majorité de la population. En juillet, il se retrouve à Châtillon, comme curé. Il découvre la misère corporelle des pauvres et le peu d’organisation des secours. Pour y remédier, il crée la première Confrérie de la Charité, avec des dames de diverses conditions sociales.
En 1619, Vincent est chargé de l’aumônerie générale des galères. En 1625, grâce aux Gondi, il crée une société de prêtres missionnaires dont il sera le supérieur. Le but est simple : « Suivre le Christ évangélisateur des pauvres ». La Congrégation de la Mission est approuvée par l’archevêque de Paris et par Rome.
Installés dans l’ancienne léproserie de Saint-Lazare, on appelle ces missionnaires les lazaristes. La simplicité, l’humilité, la douceur, la mortification et le zèle sont, pour Vincent de Paul, les vertus principales de ces missionnaires: « Les cinq belles petites pierres avec lesquelles on peut vaincre l’infernal Goliath. »
AU SECOURS DU CLERGÉ FRANÇAIS
En 1628, l’évêque de Beauvais invite Monsieur Vincent à réfléchir au meilleur moyen de régénérer le clergé de France. Il inaugure des Retraites d’Ordinands pour préparer les futurs prêtres à recevoir les ordres. Il met sur pied les Conférences des mardis, destinées aux prêtres souhaitant « s’entretenir des vertus et des fonctions de leur état ». « Quand attentifs, nous l’écoutions parler dans quelque conférence, nous sentions s’accomplir en lui ce mot de l’apôtre : si quelqu’un parle, que ses paroles soient comme des paroles de Dieu », témoigne Bossuet. En 1641, Vincent ouvre un grand séminaire à Annecy. Pour lui, le prêtre a pour mission non pas de rappeler au peuple les pratiques de la religion, mais plutôt de les inviter à persévérer dans la fidélité à leurs devoirs. Entre temps, les Confréries de la Charité se sont multipliées. Pour aider les Dames dans le service corporel des pauvres, des « filles de village » se sont présentées. Louise de Marillac les regroupe en novembre 1633 ; ce seront les Filles de la Charité (appelées aussi soeurs de Saint-Vincent-de- Paul).
À partir de 1632, les guerres dévastent les provinces. Monsieur Vincent y organise les secours. Il recueille les enfants trouvés, crée un foyer pour les mendiants et les vieillards. Il se lance dans des fondations en Irlande et en Pologne. Les terres non chrétiennes l’appellent : l’Afrique du Nord, puis Madagascar. La reine Anne d’Autriche l’appelle au Conseil de Conscience qui nomme évêques et abbés.
L’oeuvre de Vincent de Paul s’est construite sans plan d’ensemble, sans illumination miraculeuse. Travaillant passionnément à partir des réalités qui
s’imposent à lui, toujours en lien avec d’autres, hommes et femmes, il cherche simplement à répondre aux besoins de son temps, notamment dans deux secteurs décisifs pour tout l’apostolat de l’Église : les pauvres et le clergé.
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La charité de M. Vincent
Saint Vincent de Paul a profondément marqué de son empreinte la France du XVIIe siècle. Sa vie est toute donnée au service de la charité et du salut des âmes des pauvres. Saint Vincent de Paul naît dans une famille de paysans des Landes, le 24 avril 1581. Ses parents sont pauvres sans être misérables. L’enfant est intelligent : son père le pousse à faire des études et l’envoie au collège de Dax. Puis Vincent est orienté vers la prêtrise. A 15 ans, il part pour Toulouse étudier la théologie.
Il est ordonné prêtre à 19 ans, le 23 septembre 1600, par Mgr de Bourdeilles, évêque de Périgueux. Commence alors une longue période de flottement et de maturation. Prêtre âgé d’à peine 20 ans, il n’a pas encore trouvé sa véritable vocation. Il part sans succès à la recherche d’un bénéfice ecclésiastique. Au cours d’un voyage, il est enlevé par des pirates turcs et réduit en esclavage à Tunis pendant deux ans. Il monte à Paris en 1608 et devient ami avec le secrétaire de l’ancienne reine, Marguerite de Valois. Celle-ci le
nomme aumônier, chargé de distribuer ses libéralités. Il visite les pauvres malades de l’hôpital de la Charité.
RENCONTRE AVEC LES GRANDS SPIRITUELS FRANÇAIS
Vers 1610, il rencontre Pierre de Bérulle qui fonde, l’année suivante, la congrégation de l’Oratoire de France. Vincent le prend comme conseiller spirituel. Il se familiarise avec le mouvement de spiritualité qu’on appellera plus tard l’École Française de Spiritualité, qui marque si profondément la France religieuse du XVIIe siècle. Il y rencontre François de Sales. Vincent traverse à cette période une profonde crise intérieure de doutes contre la foi. Il partage durant quelques mois la vie et les exercices de l’Oratoire. Bérulle l’invite à prendre une cure de campagne proche, à Clichy. Le jeune prêtre restaure l’église et se met avec enthousiasme au service spirituel de ses fidèles, visite les malades, prêche avec ardeur et cherche à rendre la foi à ses 600 paroissiens ruraux. L’année suivante, Bérulle lui procure la charge de précepteur chez Monsieur de Gondi, Philippe-Emmanuel de Gondi, Général des galères, l’une des plus riches familles de France. Outre ses obligations dans la famille, Vincent se met à évangéliser les populations de leurs fiefs.
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St Vincent de Paul
Ce 27 septembre 2009, la Famille vincentienne et, en tout premier lieu la Congrégation de la Mission (Pères Lazaristes) et la Compagnie des Filles de la Charité (Soeurs de Saint Vincent-de-Paul) célèbre une Année jubilaire marquant le 350ème anniversaire de la mort de Monsieur Vincent, immortalisé par Pierre Fresnay dans le film « Monsieur Vincent » de Maurice Cloche.Saint Vincent-de-Paul, c’est l’histoire d’un regard de compassion et d’amour porté sur le monde qui l’entoure. Il prend appui sur les réalités de son temps, fait bouger les lignes de fracture et répond simplement et énergiquement aux drames, aux interrogations qui se tissent devant lui. Ce n’est pas un homme seul ! Il a su s’entourer, inventer un amour « effectif » quand d’autres se gargarisaient d’un amour seulement « affectif ». Il sait mettre en route des personnes et des projets.
Il fait confiance, interpelle, admoneste, console, encourage…, forme le clergé.
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Ivraie
« Séparer le bon grain de l’ivraie » est devenu une expression du langage courant, qui trouve son origine dans la parabole de Matthieu. Nulle part ailleurs, dans la Bible on ne parle de l’ivraie.L’ivraie est une graminée, comme le blé, le seigle et l’orge. Elle pousse au milieu des moissons sous tous les climats.
Si la tige et les épillets la différencient de l’épi de blé, lors de la récolte, il n’en est pas de même lors de la croissance en herbe, ni pour les graines. Elles se confondent avec les autres céréales au moment de la récolte. Leur mélange avec le bon grain communique des qualités malfaisantes à la farine, car les graines possèdent un principe toxique, un alcaloïde agissant sur le système nerveux et digestif. Elle pouvait donner une sorte d’ivresse. De là viendrait son nom populaire ébraica (ébriété), qui a fait notre mot ivraie.
Autre expression issue ce texte : semer la zizanie. Mot d’origine sémitique, transcrit en grec : zizanion




