Auteur/autrice : fred

  • Premier dimanche de l’Avent

    Si un roi ici-bas appelle des hommes à la gloire, au succès, à la richesse, au luxe et à la jouissance, nous les voyons s’élancer vers tout cela avec diligence, zèle et joie ; nous, c’est le Dieu et roi de l’univers qui nous appelle – non à ces biens vils et corruptibles que nous venons d’évoquer, mais au royaume des cieux, à une lumière qui ne connaît pas d’éclipse, à une vie sans fin, à une ineffable béatitude, à l’adoption filiale et à l’héritage des biens éternels –, alors avec combien plus de zèle, de joie, d’insatiable ardeur, devons-nous chaque jour et à toute heure, courir, lutter et nous empresser ; ni tribulation, ni angoisse, ni faim, ni soif, ni danger et, disons-le, ni glaive, ni mort (cf. Rm 8,35.38), rien de tout cela ne doit nous inspirer de la crainte, ni nous faire reculer ; au contraire, avec courage, vigueur et force d’âme, nous devons suivre jusqu’au bout la voie ascétique et tout supporter comme léger et facile en regard de l’attente (cf. Rm 8,19) qui nous est proposée et de notre espérance toute bienheureuse. (…)

    Fortifiez-vous, vous aussi par la vigueur de sa force (cf. Ep 6,10), enfants très désirés, et, à vos luttes et épreuves premières, joignez aussi celles présentes et à venir, en tenant pour une joie parfaite (cf. Jc 1,2) d’avoir été jugés dignes de souffrir volontairement tout cela pour le Christ sauveur (cf. Ph 1,29) ; et devenez les imitateurs de ses souffrances ; pour ceux qui comprennent, cela à soi seul constitue la plus grande récompense ! (…) Nous voulons ranimer notre ardeur à tous, nous réveiller, nous remettre debout, renouveler notre empressement à venir à bout des services qui nous sont échus à chacun et à les remplir sans négligence, dans le Christ Jésus notre Seigneur à qui appartiennent la gloire et la puissance avec le Père et le Saint-Esprit, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.

    Saint Théodore le Studite (759-826)

     

     

     

  • Fête de saint André, apôtre

    André fut le premier à reconnaître le Seigneur pour son maître. Il est les prémices du collège apostolique. Son regard pénétrant a perçu la venue du Seigneur. Il a échangé les instructions de Jean contre l’enseignement du Christ ; il a scellé les paroles du Baptiste. Il était le disciple très estimé de Jean : à la lueur de la lampe, il cherchait la vérité de la lumière ; et sous son éclat indécis, il s’habituait à la splendeur du Christ.

    « Voici, dit Jean, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1,29). “Voici celui qui délivre de la mort ; voici celui qui détruit le péché. Moi, je suis envoyé non pas comme l’époux, mais comme celui qui l’accompagne. Je suis venu comme serviteur et non comme le maître.”

    Frappé par ces paroles, André laisse là son maître et s‘élance vers celui qui est annoncé. Il a compris la signification de ce langage, et sa langue devient plus tranchante que celle du Baptiste. Il s’avance vers le Seigneur, son désir transparaît dans sa démarche et, dans une course commune, il emmène avec lui Jean l’Évangéliste. Tous deux quittent la lampe et marchent vers le Soleil.

    André est la première plante du jardin apostolique. C’est lui qui a ouvert les portes de l’enseignement du Christ. Il fut le premier à cueillir les fruits du champ cultivé par les prophètes. Devançant l’espérance de tous les autres, il fut le premier à embrasser celui que tous attendaient.

    Saint Athanase (295-373)

     

     

     

  • « Voyez le figuier … »

    La terre que nous voyons ne nous satisfait pas. Ce n’est qu’un commencement ; ce n’est qu’une promesse d’un au-delà ; même dans sa plus grande joie, quand elle se couvre de toutes ses fleurs, et qu’elle montre tous ses trésors cachés de la manière la plus attirante, même alors, cela ne nous suffit pas. Nous savons qu’il y a en elle beaucoup plus de choses que nous n’en voyons. Un monde de saints et d’anges, un monde glorieux, le palais de Dieu, la montagne du Seigneur Sabaoth, la Jérusalem céleste, le trône de Dieu et du Christ : toutes ces merveilles éternelles, très précieuses, mystérieuses et incompréhensibles, se cachent derrière ce que nous voyons. Ce que nous voyons n’est que l’écorce extérieure d’un royaume éternel, et c’est sur ce royaume que nous fixons les yeux de notre foi.

    Montre-toi, Seigneur, comme au temps de ta Nativité, où les anges ont visité les bergers ; que ta gloire s’épanouisse comme les fleurs et le feuillage s’épanouissent sur les arbres. Par ta grande puissance, transforme le monde visible en ce monde plus divin que nous ne voyons pas encore. Que ce que nous voyons soit transformé en ce que nous croyons. Si brillants que soient le soleil, le ciel, et les nuages, si verdoyants que soient les feuilles et les champs, si doux que soit le chant des oiseaux, nous savons que tout n’est pas là, et que nous ne voulons pas prendre la partie pour le tout. Ces choses procèdent d’un centre d’amour et de bonté qui est Dieu lui-même, mais elles ne sont pas sa plénitude. Elles parlent du ciel, mais elles ne sont pas le ciel. Elles ne sont en quelque sorte que des rayons égarés, un faible reflet de son image ; elles ne sont que des miettes qui tombent de la table.

    Saint John Henry Newman (1801-1890)

     

     

     

  • « On verra le Fils de l’homme venir. »

    « Tu m’appelleras et je te répondrai. » (Jb 14,15 Vg) On dit que nous répondons à quelqu’un quand à notre tour nous accordons à ses actes notre propre comportement. Dans cette transformation, l’appel vient donc du Seigneur et la réponse de l’homme, puisque devant la rayonnante splendeur de l’être incorruptible, incorruptible aussi se montre l’homme, libéré de sa corruption.

    Maintenant, en effet, tant que nous sommes esclaves de notre corruption, nous ne répondons pas à l’auteur de notre vie, parce que, corruption et incorruption n’ayant aucune commune mesure, il n’existe aucune ressemblance qui nous permette une réponse. Mais de ce changement définitif l’Écriture dit : « Quand il apparaîtra, nous serons semblables à Lui, parce que nous le verrons tel qu’Il est. » (1 Jn 3,2) Nous répondrons donc véritablement à l’appel de Dieu le jour où, au commandement de l’Incorruption souveraine, nous nous lèverons incorruptibles.

    Et comme la créature est impuissante à se donner par elle-même un tel état et que seul un don de Dieu tout-puissant permet pareille mutation qui donne la gloire merveilleuse de l’incorruptibilité, Job est en droit d’ajouter : « Tu tendras ta main droite à l’œuvre de tes mains. » C’est comme s’il disait ouvertement : Si ta créature corruptible peut subsister jusqu’à l’incorruptibilité, c’est parce que la main de ta puissance la redresse et que la grâce de ton attention la maintient afin qu’elle puisse subsister.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

     

     

     

  • Revêtir la patience de Jésus crucifié

    Très cher Père dans le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son précieux sang, avec le désir de vous voir affermi dans la vraie et sainte patience : car sans la patience nous ne pouvons être agréables à Dieu, et nous ne pouvons être en état de grâce. La patience est la moelle de la charité.

    Puisqu’elle est si nécessaire, il faut la trouver et où la trouverons-nous ? le savez-vous, mon doux et cher Père ? dans le même lieu, de la même manière que nous trouverons l’amour. Et où s’acquiert l’amour ? nous le trouvons dans le sang que Jésus crucifié a répandu par amour sous le bois de la très sainte Croix. L’amour ineffable que nous voyons en lui nous inspire l’amour, car celui qui se voit aimé, ne peut s’empêcher d’aimer ; et dès qu’il aime, il se revêt de la patience de Jésus crucifié ; et avec cette douce et glorieuse vertu, il est calme au milieu des orages et des épreuves sans nombre. (…)

    Revêtons et embrassons la doctrine de Jésus crucifié ; réjouissons-nous dans les tribulations, au lieu de les fuir, afin de ressembler à Celui qui a tant souffert pour nous. Nous montrerons ainsi notre patience car comment la montrer si ce n’est dans le temps des tribulations ? Nous recevrons plus tard dans le ciel la récompense de toutes nos peines, mais non pas sans la patience. C’est pourquoi je vous ai dit que je désirais vous voir affermi dans une vraie et sainte patience, afin que quand vous entrerez dans notre ville de Jérusalem, dans la vision de la paix, vous receviez ce que vous avez gagné pendant votre pèlerinage.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

     

  • « Le juste demeurera dans une mémoire éternelle. » (Ps 111,6 LXX)

    « La mémoire de votre vie sera comparée à la cendre. » (Jb 13,12 Vg) Tous ceux que leur pensée terrestre modèle sur le siècle tentent en chacun de leurs actes de laisser à ce monde la mémoire de leur personne. Titre de guerre, ou murs altiers de leurs édifices ou traités diserts sur les sciences du siècle, chacun sans trêve s’évertue et s’édifie un nom qui assure sa mémoire.

    Mais comme la vie, elle, est plus prompte à courir vers sa fin, que subsistera-t-il donc de stable en elle, puisqu’elle est, elle aussi, prompte, dans sa mobilité, à s’écouler ? Un souffle, en effet, emporte la cendre, comme dit l’Écriture : « Il n’en est pas ainsi, non, il n’en est pas ainsi des impies, mais ils sont comme la poussière que le vent chasse de la face de la terre. » (Ps 1,4 Vg) On est donc en droit de comparer la mémoire des insensés à la cendre, car ils se placent à l’endroit où un souffle l’emportera. Oui, ils ont beau s’évertuer à parachever la gloire de leur nom, ils n’ont vraiment fait de leur mémoire qu’une cendre, car le vent d’un monde mortel a tôt fait de l’emporter.

    En revanche, l’Écriture dit du juste : « Le juste demeurera dans une mémoire éternelle. » (Ps 111,6 Vg) Par cela même, en effet, que ses actes s’impriment dans le regard de Dieu seul, il fixe le nom qui assure sa mémoire dans l’éternité.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

     

     

     

  • « Elle a tout donné… »

    « Mon Père, je remets mon esprit entre vos mains » (Lc 23,46). C’est la dernière prière de notre Maître, de notre Bien-aimé. Puisse-t-elle être la nôtre. Et qu’elle soit non seulement celle de notre dernier instant, mais celle de tous nos instants : « Mon Père, je me remets entre vos mains ; mon Père, je me confie à vous ; mon Père, je m’abandonne à vous. Mon Père, faites de moi ce qu’il vous plaira ; quoi que vous fassiez de moi, je vous remercie ; merci de tout. Je suis prêt à tout, j’accepte tout, je vous remercie de tout, pourvu que votre volonté se fasse en moi, mon Dieu, pourvu que votre volonté se fasse en toutes vos créatures, en tous vos enfants, en tous ceux que votre cœur aime ; je ne désire rien d’autre, mon Dieu. Je remets mon âme entre vos mains, je vous la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur, parce que je vous aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre en vos mains sans mesure. Je me remets entre vos mains avec une infinie confiance, car vous être mon Père. »

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

     

     

     

  • Solennité du Christ, Roi de l’Univers

    Écoutez tous, juifs et gentils (…) ; écoutez, tous les royaumes de la terre ! Je n’empêche pas votre domination sur ce monde, « mon Royaume n’est pas de ce monde » (Jn 18,36). Ne craignez donc pas de cette crainte insensée qui a saisi Hérode quand on lui a annoncé ma naissance. (…) Non, dit le Sauveur, « mon Royaume n’est pas de ce monde ». Venez tous à un Royaume qui n’est pas de ce monde ; venez-y par la foi ; que la crainte ne vous rende pas cruels. Il est vrai que, dans une prophétie, le Fils de Dieu dit en parlant du Père : « Par lui, j’ai été établi roi sur Sion, sur sa montagne sainte » (Ps 2,6). Mais cette Sion et cette montagne ne sont pas de ce monde.

    Qu’est-ce en effet que son Royaume ? Ce sont ceux qui croient en lui, ceux à qui il dit : « Vous n’êtes pas du monde, comme moi, je ne suis pas du monde » (cf Jn 17,16). Et pourtant, il veut qu’ils soient dans le monde ; il prie son Père : « Je ne te demande pas de les retirer du monde mais de les garder du mal » (Jn 17,15). Car il n’a pas dit : « Mon Royaume n’est pas dans ce monde » mais bien : « Il n’est pas de ce monde ; s’il était de ce monde, mes serviteurs viendraient combattre pour que je ne sois pas livré ».

    En effet, son Royaume est vraiment ici sur terre jusqu’à la fin du monde ; jusqu’à la moisson l’ivraie est mêlée au bon grain (Mt 13,24s). (…) Son Royaume n’est pas d’ici car il est comme un voyageur dans ce monde. À ceux sur qui il règne, il dit : « Vous n’êtes pas du monde, car je vous ai choisis du milieu du monde » (Jn 15,19). Ils étaient donc de ce monde, quand ils n’étaient pas encore son Royaume et qu’ils appartenaient au prince de ce monde (Jn 12,3). (…) Tous ceux qui sont engendrés de la race d’Adam pécheur appartiennent à ce monde ; tous ceux qui ont été régénérés en Jésus Christ appartiennent à son Royaume et ne sont plus de ce monde. « Dieu nous a en effet arrachés à la puissance des ténèbres et nous a transférés dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1,13).

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

    La chair est précieuse aux yeux de Dieu, il la préfère entre toutes ses œuvres, donc ce serait normal qu’il la sauve… Ne serait-ce pas absurde que ce qui a été créé avec tant de soin, ce que le Créateur considère comme plus précieux que tout le reste, cela retourne au néant ?

    Quand un sculpteur ou un peintre veulent que les images qu’ils ont créées demeurent afin de servir leur gloire, ils les restaurent lorsqu’elles sont abîmées. Et Dieu verrait son bien, son œuvre, retourner au néant, ne plus exister ? Nous appellerions « ouvrier de l’inutile » celui qui bâtirait une maison pour la détruire ensuite ou qui la laisserait s’abîmer quand il peut la remettre debout. De la même façon, n’accuserions-nous pas Dieu de créer la chair inutilement ? Mais non, l’Immortel n’est pas ainsi ; celui qui par nature est l’Esprit de l’univers ne saurait être insensé !… En vérité, Dieu a appelé la chair à renaître et il lui a promis la vie éternelle.

    Car là où on annonce la Bonne Nouvelle du salut de l’homme, on l’annonce aussi pour la chair. Qu’est-ce que l’homme en effet, sinon un être vivant doué d’intelligence, composé d’une âme et d’un corps ? L’âme toute seule fait-elle l’homme ? Non, c’est l’âme d’un homme. Appellera-t-on « homme » le corps ? Non, on dit que c’est un corps d’homme. Si donc aucun de ces deux éléments n’est à lui seul l’homme, c’est l’union des deux qu’on appelle « l’homme ». Or c’est l’homme que Dieu a appelé à la vie et à la résurrection : non pas une partie de lui, mais l’homme tout entier, c’est-à-dire l’âme et le corps. Ne serait-ce donc pas absurde, alors que tous deux existent selon et dans la même réalité, que l’un soit sauvé et pas l’autre ?

    Saint Justin (v. 100-160)

     

     

     

  • « Ma maison sera une maison de prière. » (Is 56,7)

    Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire,
    de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu,
    à toi, Père très bon, Dieu éternel et tout-puissant.

    Dans ta bonté pour ton peuple,
    tu veux habiter cette maison de prière,
    afin que ta grâce toujours offerte
    fasse de nous un temple de l’Esprit (1Co 3,16)
    resplendissant de ta sainteté.
    De jour en jour, tu sanctifies l’Épouse du Christ,
    l’Église dont nos églises d’ici-bas sont l’image,
    jusqu’au jour où elle entrera dans la gloire du ciel,
    heureuse de t’avoir donné tant d’enfants.

    C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints,
    nous chantons et proclamons : Saint ! Saint ! Saint !…

    Le Missel romain