Auteur/autrice : fred

  • « Personne ne peut rien arracher de la main du Père. »

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    Dieu est. La foi chrétienne ajoute : Dieu est en tant que Père, Fils et Saint Esprit, un en trois personnes. Dans la chrétienté un silence gêné entoure largement ce centre de sa foi. L’Église ne s’est-elle pas aventurée trop loin ? Ne vaudrait-il pas mieux laisser à une chose si grande, si impénétrable, son caractère inaccessible ? D’ailleurs, une telle réalité peut-elle signifier quelque chose pour nous ? Certes, cet article de foi reste la manière d’exprimer que Dieu est Tout-Autre, qu’il est infiniment plus grand que nous, qu’il dépasse toute notre pensée, tout notre être. Mais s’il n’avait rien à nous dire, son contenu ne nous aurait pas été révélé…

    Qu’est-ce que cela signifie ? Commençons là où Dieu lui aussi a commencé : il se nomme Père. La paternité humaine peut donner une idée de ce qu’il est. Mais là où il n’y a plus de paternité, là où la paternité n’est plus vécue comme un phénomène non seulement biologique mais aussi humain et spirituel, parler de Dieu le Père, c’est parler à vide… Là où la paternité n’apparaît plus que comme hasard biologique sans recours humain ou comme tyrannie à rejeter, il y a blessure dans la structure profonde de l’être humain. Pour être pleinement homme on a besoin du père au vrai sens du terme… : une responsabilité vis-à-vis de l’autre, sans dominer l’autre mais le rendre à lui-même dans sa liberté ; c’est-à-dire un amour qui ne désire pas prendre possession de l’autre…mais le veut pour sa vérité la plus intime, qui est en son créateur. Cette manière d’être père n’est possible qu’à condition d’accepter soi-même d’être enfant ; accepter la parole de Jésus : « Vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux » (Mt 23,9), est la condition intérieure pour que des hommes puissent être pères de la bonne manière…

    Il faut compléter notre pensée : le fait que dans la Bible Dieu apparaît fondamentalement sous l’image du Père inclut le fait que le mystère du maternel, lui aussi, tire de lui son origine… Ce n’est pas comme abstraction que l’homme est « l’image de Dieu » (Gn 1,27) — cela ne nous amènerait qu’à un Dieu abstrait. Il l’est dans sa réalité concrète, c’est-à-dire dans la relation.

    Cardinal Joseph Ratzinger [Benoît XVI, pape de 2005 à 2013]
    Der Gott Jesu Christi (trad. Dieu de Jésus Christ, Fayard 1977, p. 23s rev.)

     

     

     

  • Le bon pasteur

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    « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » Lorsque Jésus prononçait ces paroles, les apôtres ne savaient pas qu’il parlait de lui-même. Même Jean, l’apôtre bien-aimé, ne le savait pas. Il l’a compris au Calvaire, au pied de la croix, en le voyant offrir silencieusement sa vie pour ses brebis. Quand pour lui et pour les autres apôtres le temps est venu d’assumer cette même mission, alors ils se sont souvenus de ses paroles. Ils se sont rendus compte qu’ils seraient en mesure de mener la mission jusqu’à son achèvement seulement parce que Jésus avait assuré que ce serait lui-même qui agirait en eux. Pierre, en particulier, en a été bien conscient, lui le « témoin de la Passion du Christ » qui exhortait en ces termes les anciens de l’Église : « Soyez les bergers du troupeau de Dieu qui vous est confié » (1P 5,1-2).

    Au cours des siècles, les successeurs des apôtres, conduits par l’Esprit Saint, ont continué à rassembler le troupeau du Christ et à le mener vers le Royaume des Cieux, conscients qu’ils ne pouvaient assumer une telle responsabilité que « par le Christ, avec le Christ et en le Christ ».

    Cette même conscience a été la mienne quand le Seigneur m’a appelé à exercer la mission de Pierre dans cette ville bien-aimée de Rome et au service du monde entier. Dès le début de mon pontificat, mes pensées, mes prières et mes actions ont été animées par un unique désir : témoigner que le Christ, le Bon Pasteur, est présent et à l’œuvre dans l’Église. Il est à la recherche continuelle de la brebis perdue, il la ramène au bercail, il panse ses blessures ; il veille sur la brebis faible et malade, et il protège celle qui est robuste (Ez 34,16). Voilà pourquoi, dès le premier jour, je n’ai jamais cessé d’exhorter : « N’ayez pas peur d’accueillir le Christ et d’accepter sa puissance ! » Je le redis aujourd’hui avec force : « Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! Laissez-vous conduire par lui. Ayez confiance en son amour ! »

    St Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Homélie  du 16/10/2003, pour le 25ème anniversaire de son pontificat (trad. DC 2301, p. 953 ; cf Libreria Editrice Vaticana)

     

     

  • « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. »

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    « Voici ce que dit le Seigneur : ‘ Je viens moi-même ’ »… C’est ce qu’il a fait sans aucun doute, et c’est ce qu’il fera encore : « Voici que je viens moi-même : je rechercherai mes brebis, je m’en occuperai comme un berger s’occupe de son troupeau. » Les mauvais bergers n’en ont pris aucun soin, car ils n’ont pas racheté leurs brebis de leur sang… « Mes brebis écoutent ma voix. Je rechercherai mes brebis au milieu des brebis dispersées, et je les ferai sortir de tous les lieux où elles avaient été dispersées au jour des nuées et des ténèbres. Quelque difficulté qu’il y ait à les trouver, je les trouverai… Je ferai sortir mes brebis des pays étrangers, je les rassemblerai et je les ramènerai chez elles ; je les mènerai paître sur les montagnes d’Israël. »

    Ces « montagnes d’Israël », ce sont les auteurs des saintes Écritures. Voilà les pâturages où il faut vous nourrir, si vous voulez le faire en sécurité. Savourez tout ce que vous apprenez là, rejetez tout ce qui est en dehors. Ne vous égarez pas dans le brouillard, écoutez la voix du berger. Rassemblez-vous sur les montagnes de la sainte Écriture. Vous trouverez là un vrai délice pour votre cœur ; là il n’y a rien de vénéneux, rien de dangereux ; ce sont de riches pâturages… « Je les mènerai le long des rivières, dans les endroits les meilleurs. » De ces montagnes dont nous venons de parler ont découlé les rivières de la prédication de l’Évangile, puisque « la parole [des apôtres] a retenti jusqu’au bout de la terre », et que tous les endroits de la terre offrent aux brebis des pâturages agréables et abondants.

    « Je les ferai paître dans un bon pâturage…, et là sera leur bergerie », c’est-à-dire là elles vont se reposer, là elles pourront dire : « Il est bon d’être ici ; c’est vrai, c’est parfaitement clair, nous avons trouvé la vérité. » Elles se reposeront dans la gloire de Dieu, comme dans leur bergerie.

    (Références bibliques : Ez 34,10-14; Ps 79,2-3; Jn 10,27; Ps 18,5)

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 46, sur les pasteurs ; CCL 41, 529

     

     

     

  • « Tu as les paroles de la vie éternelle. »

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    « À qui donc irions-nous ? », demande Pierre. Il veut dire : « Qui nous instruira comme toi des mystères divins ? », ou encore : « Auprès de qui trouverions-nous quelque chose de meilleur ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Elles ne sont pas intolérables, comme le disent d’autres disciples. Au contraire, elles conduisent à la réalité la plus extraordinaire de toutes, la vie sans fin, la vie impérissable. Ces paroles nous montrent bien que nous devons nous asseoir aux pieds du Christ, le prenant pour notre seul et unique maître, et nous tenir constamment près de lui…

    L’Ancien Testament aussi nous apprend qu’il faut suivre le Christ, toujours unis à lui. Effectivement, au temps où les Israélites, libérés de l’oppression égyptienne, se hâtaient vers la Terre promise, Dieu ne les laissait pas faire route en désordre. Celui qui donne sa Loi ne leur permettrait pas d’aller n’importe où, à leur gré. En effet, sans guide, à coup sûr ils se seraient complètement égarés…; les Israélites trouvaient leur salut en restant avec leur guide. Aujourd’hui, nous faisons également le nôtre en refusant de nous séparer du Christ, car c’est lui qui s’est manifesté aux anciens sous les apparences de la tente, de la nuée et du feu (Ex 13,21; 26,1s)…

    « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur » (Jn 12,26)… Or, la marche en compagnie et à la suite du Christ Sauveur ne se fait pas dans un sens matériel, mais plutôt par les œuvres de la vertu. Les disciples les plus sages s’y sont fermement engagés de tout leur cœur…; avec raison ils disent : « Où irions-nous ? » En d’autres termes : « Nous serons toujours avec toi, nous nous attacherons à tes commandements, nous accueillerons tes paroles, sans jamais récriminer. Nous ne croirons pas, avec les ignorants, que ton enseignement est dur à entendre. Au contraire, nous dirons : ‘ Qu’elle est douce à mon palais, ta promesse : le miel a moins de saveur dans ma bouche ! ’ » (Ps 118,103)

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Jean, 4, 4 ; PG 73, 613 (trad. Delhougne, Les Pères commentent, p. 282 rev.)

     

     

     

     

  • « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang la vraie boisson. »

    Jésus

    « Prenez, mangez : ceci est mon corps… Prenez, buvez : ceci est mon sang » (Mt 26,26s). Quand le Christ lui-même a déclaré, au sujet du pain : « Ceci est mon corps », qui osera encore hésiter ? Et quand lui-même affirme catégoriquement : « Ceci est mon sang », qui pourra en douter ?… C’est donc avec une pleine certitude que nous participons au corps et au sang du Christ. Car, sous l’aspect du pain, c’est le corps qui t’est donné ; sous l’aspect du vin, c’est le sang qui t’est donné, afin qu’en participant au corps et au sang du Christ tu deviennes un seul corps et un seul sang avec le Christ… De cette façon, selon saint Pierre, nous devenons « participants de la nature divine » (2P 1,4).

    Autrefois le Christ, parlant avec des juifs, disait : « Si vous ne mangez pas ma chair, et ne buvez pas mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous. » Mais eux, comme ils ne comprenaient pas ses paroles spirituellement, s’en allèrent scandalisés… Il y avait aussi, dans l’ancienne Alliance, les pains de l’offrande ; mais il n’y a plus de raison d’offrir ces pains de l’ancienne Alliance. Dans l’Alliance nouvelle, il y a un « pain venu du ciel » et une « coupe du salut » (Jn 6,41; Ps 115,4). Car, comme le pain est bon pour le corps, le Verbe s’accorde bien avec l’âme.

    Le saint David, lui aussi, t’explique la puissance de l’eucharistie quand il dit : « Devant moi tu as préparé une table, face à mes adversaires » (Ps 22,5)… De quoi veut-il parler sinon de la table mystérieuse et mystique que Dieu nous a préparée contre l’ennemi, les démons ?… « Et ta coupe m’enivre comme la meilleure » (v. 5 LXX). Ici il parle de la coupe que Jésus a prise dans ses mains lorsqu’il a rendu grâce et a dit : « Ceci est mon sang, le sang versé pour la multitude en rémission des péchés » (Mt 26,28)… David chantait aussi à ce sujet : « Le pain fortifie le cœur de l’homme, et l’huile donne la joie à son visage » (Ps 103,15). Fortifie ton cœur en prenant ce pain comme une nourriture spirituelle, et rends joyeux le visage de ton âme.

    Catéchèses de l’Église de Jérusalem aux nouveaux baptisés (4e siècle)
    N° 4 ; SC 126 (trad. composite)

     

     

     

  • La première en chemin

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    Je voudrais maintenant partager avec vous un sujet de méditation de l’Ecriture. Il concerne Marie et l’Esprit Saint. La Vierge Marie, à l’Annonciation, dit oui à la Parole de Dieu que lui transmet l’Archange Gabriel. « …… »Et l’Esprit Saint fait naître en Marie Jésus, le Verbe de Dieu. Donc, Marie dit oui à la Parole de Dieu, accueille le don de l’Esprit Saint, et donne Jésus au monde.
    A la Pentecôte, les apôtres avec la Vierge Marie disent oui à la parole de Dieu qu’ils ont entendue durant le temps où ils étaient avec Jésus. « ….. » Ils reçoivent l’Esprit Saint, et ils vont donner Jésus
    au monde par la prédication.
    Mais aussi chacun d’entre nous ne peut-il pas à son tour comme la Vierge Marie, comme l’Eglise à la Pentecôte, dire oui à la Parole de Dieu, accueillir plus l’Esprit Saint, et donner Jésus au monde autour de lui par le témoignage de vie chrétienne et l’évangélisation ?
     .
    Hervé Marie Catta, communauté de l’Emmanuel
    1000 questions.net

     

  • Prendre le temps

     

    crbst_foret_20bandeau_20vertical5Je vais prendre le temps
    de laisser poser mon regard
    sur les choses de tous les jours
    et les voir autrement,
    celles que chaque matin,
    je croise sans les voir.

    Toutes les choses familières
    que je côtoie à longueur de jour,
    de mois, d’année…

    Je vais prendre le temps
    de voir l’étrangeté des arbres,
    ceux de mon jardin, ceux du parc voisin,
    qui le crépuscule venu bruissent de mystère…

    Je vais prendre le temps
    de poser mon regard
    sur les êtres que j’aime
    et de regarder autrement les miens,
    celles et ceux qui me sont les plus proches
    et que parfois je ne vois même plus,
    que je n’entends même plus,
    tant le souci de mes affaires, de mon travail,
    parasitent mon cœur et mon corps…

    Oui, je vais prendre le temps de les découvrir
    de me laisser surprendre
    encore et toujours par ceux que j’aime.

    Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer aussi,
    toi mon Dieu,
    au-delà des mots, des formules et des habitudes.

    Oui, je vais aller à ta rencontre comme au désert
    et tu me surprendras, mon Dieu.
    Oui, je vais prendre le temps
    de te rencontrer autrement.

    Saint Augustin

  • « Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »

    30-je-suis-le-pain-de-vieLe Christ est « pain de la vie » pour ceux qui croient en lui : croire en Christ c’est manger le pain de vie, c’est posséder en soi le Christ, c’est posséder la vie éternelle…

    « Je suis le pain de la vie, dit-il ; vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts » (Jn 6,48s). Par là il faut comprendre la mort spirituelle. Pourquoi sont-ils morts ? Parce qu’ils croyaient ce qu’ils voyaient ; ils ne comprenaient pas ce qu’ils ne voyaient pas… Moïse a mangé la manne, Aaron l’a mangée et bien d’autres aussi qui ont plu à Dieu et qui ne sont pas morts. Pourquoi ne sont-ils pas morts ? Parce qu’ils ont compris spirituellement, ils ont eu faim spirituellement, ils ont goûté spirituellement la manne pour être rassasiés spirituellement. « Voici le pain qui descend du ciel : celui qui en mange ne mourra pas » (v. 50).

    Ce pain, c’est-à-dire le Christ lui-même qui parlait ainsi…, a été préfiguré par la manne, mais il peut plus que la manne. Car par elle-même la manne ne pouvait pas empêcher de mourir spirituellement… Mais les justes ont vu dans la manne le Christ, ils ont cru en sa venue, et le Christ, dont la manne était le symbole, donne à tous ceux qui croient en lui de ne pas mourir spirituellement. C’est pourquoi il dit : « C’est ici le pain descendu du ciel ; celui qui en mange ne mourra pas. » Ici sur la terre, ici maintenant, devant vos yeux, vos yeux de chair, ici se trouve « le pain descendu du ciel ». « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » (v. 51). Le « pain de la vie » de tout à l’heure est appelé maintenant « pain vivant ». Pain vivant, parce qu’il possède en lui-même la vie qui demeure et parce qu’il peut délivrer de la mort spirituelle et donner la vie. D’abord il a dit : « Celui qui en mange ne mourra pas » ; maintenant il parle en clair de la vie qu’il donne : « Celui qui mange ce pain vivra éternellement » (v. 58).

    Baudouin de Ford (?-v. 1190), abbé cistercien, puis évêque
    Le Sacrement de l’autel II, 3 ; SC 93 (trad. SC p. 261 rev.)

     

     

  • « L’œuvre de Dieu c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

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    Les sens sont curieux : la foi ne veut rien connaître, elle…voudrait passer toute sa vie immobile au pied du tabernacle. Les sens aiment la richesse et l’honneur ; la foi les a en horreur… : « Bienheureux les pauvres » (Mt 5,3). Elle adore la pauvreté et l’abjection dont Jésus se couvrit toute sa vie comme d’un vêtement qui fut inséparable de lui… Les sens s’effraient de ce qu’ils appellent les dangers, de ce qui peut amener la douleur ou la mort ; la foi ne s’effraie de rien, elle sait qu’il ne lui arrivera que ce que Dieu voudra — « tous les cheveux de votre tête sont comptés » (Mt 10,30) — et que ce que Dieu voudra sera toujours pour son bien — « Tout ce qui arrive est pour le bien des élus » (Rm 8,28). Ainsi, quoi qu’il puisse arriver, peine ou joie, santé ou maladie, vie ou mort, elle est contente d’avance et n’a peur de rien… Les sens sont inquiets du lendemain, se demandent comment on vivra demain ; la foi est sans nulle inquiétude…

    La foi éclaire tout d’une lumière nouvelle, autre que la lumière des sens, ou plus brillante ou différente. Ainsi celui qui vit de foi a l’âme pleine de pensées nouvelles, de goûts nouveaux, de jugements nouveaux ; ce sont des horizons nouveaux qui s’ouvrent devant lui, horizons merveilleux qui sont éclairés d’une lumière céleste et beaux de la beauté divine. Enveloppé de ces vérités toutes nouvelles dont le monde ne se doute pas, il commence nécessairement une vie toute nouvelle, opposée au monde à qui ses actes semblent une folie. Le monde est dans les ténèbres, dans une nuit profonde. L’homme de foi est en pleine lumière, le chemin lumineux où il marche n’apparaît pas aux yeux des hommes ; il leur semble vouloir marcher dans le vide comme un fou.

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
    Notes de retraite, Nazareth, nov. 1897 (Œuvres spirituelles, Seuil 1958, p. 523)

     

     

  • « À l’instant même ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. »

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    Après avoir reconnu le Seigneur, les deux disciples d’Emmaüs « se levèrent à l’instant même » pour communiquer ce qu’ils avaient vu et entendu. Lorsqu’on a fait une véritable expérience du Ressuscité, se nourrissant de son corps et de son sang, on ne peut garder pour soi seul la joie éprouvée. La rencontre avec le Christ, approfondie en permanence dans l’intimité eucharistique, suscite dans l’Église et chez tout chrétien l’urgence du témoignage et de l’évangélisation. Je l’ai souligné précisément, me référant aux paroles de Paul : « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1Co 11,26). L’apôtre met en étroite relation le banquet et l’annonce : entrer en communion avec le Christ dans le mémorial de la Pâque signifie en même temps faire l’expérience de la nécessité de se faire missionnaires de l’événement actualisé dans ce rite. L’envoi à la fin de chaque messe constitue une consigne qui pousse le chrétien à s’engager pour la diffusion de l’Évangile et pour l’animation chrétienne de la société.

    Pour une telle mission, l’eucharistie ne procure pas seulement la force intérieure, mais aussi — en un sens — le projet. Elle est en effet une manière d’être qui, de Jésus, passe chez le chrétien et, par le témoignage de ce dernier, vise à se répandre dans la société et dans la culture. Pour que cela se réalise, il est nécessaire que chaque fidèle assimile, dans la méditation personnelle et communautaire, les valeurs que l’eucharistie exprime… C’est-à-dire rendre grâce… : [l’eucharistie] nous engage à un « merci » permanent…pour ce que nous avons et pour ce que nous sommes…; la voie de la solidarité… : le chrétien qui participe à l’eucharistie apprend par elle à se faire artisan de communion, de paix, de solidarité, dans toutes les circonstances de la vie…; le service des plus petits…, un engagement effectif dans l’édification d’une société plus équitable et plus fraternelle… : en s’agenouillant pour laver les pieds de ses disciples (Jn 13,1), Jésus explique sans équivoque le sens de l’eucharistie.

    Bienheureux Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Lettre apostolique « Mane nobiscum Domine » §24-28 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)