Auteur/autrice : fred

  • « Demandez, vous obtiendrez. »

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    Ta vérité a dit que si nous appelions il nous serait répondu, que si nous frappions il nous serait ouvert, que si nous demandions il nous serait donné : ô Père éternel, vers toi tes serviteurs clament miséricorde. Réponds-leur donc. Car je sais que la miséricorde t’appartient en propre et c’est pourquoi tu ne peux pas la refuser à qui te la demande. Ils frappent à la porte de ta vérité, puisque c’est dans ta vérité, ton Fils (Jn 14,6), qu’ils connaissent l’amour ineffable que tu éprouves pour l’homme. Voilà pourquoi ils frappent à la porte. Et c’est pourquoi le feu de ta charité ne pourra pas, ne peut pas ne pas ouvrir à ceux qui frappent avec persévérance.

    Ouvre donc, dilate, brise les cœurs endurcis de ceux que tu as créés — sinon pour ceux qui ne frappent pas, du moins pour ton infinie bonté et pour l’amour de tes serviteurs qui frappent vers toi pour les autres. Exauce-les, Père éternel… Ouvre la porte de ta charité illimitée, venue jusqu’à nous par la porte du Verbe. Oui, je sais que tu ouvres avant que nous ne frappions car c’est avec la volonté et avec l’amour que tu leur as donnés que tes serviteurs frappent et t’appellent, pour ton honneur et le salut des âmes. Donne-leur donc le pain de vie, c’est-à-dire le fruit du sang de ton Fils unique.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
    Les Dialogues, ch. 134 (trad. Guigues, Seuil 1953 p. 455 rev.)

     

     

     

  • Sainte Brigitte de Suède, co-patronne de l’Europe

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    La foi chrétienne a façonné la culture du continent européen et a été mêlée de façon inextricable à son histoire, au point que celle-ci serait incompréhensible sans référence aux événements qui ont caractérisé d’abord la grande période de l’évangélisation, puis les longs siècles au cours desquels le christianisme, malgré la douloureuse division entre l’Orient et l’Occident, s’est affirmé comme la religion des Européens eux-mêmes…

    La route vers l’avenir ne peut pas ne pas tenir compte de ce fait ; les chrétiens sont appelés à en prendre une conscience renouvelée afin d’en montrer les potentialités permanentes. Ils ont le devoir d’apporter à la construction de l’Europe une contribution spécifique, qui aura d’autant plus de valeur et d’efficacité qu’ils sauront se renouveler à la lumière de l’Évangile. Ils se feront alors les continuateurs de cette longue histoire de sainteté qui a traversé les diverses régions de l’Europe au cours de ces deux millénaires, où les saints officiellement reconnus ne sont que les sommets proposés comme modèles pour tous. Il y a en effet d’innombrables chrétiens qui, par leur vie droite et honnête, animée par l’amour de Dieu et du prochain, ont atteint, dans les vocations consacrées et laïques les plus diverses, une sainteté véritable et largement diffusée, même si elle était cachée. L’Église ne doute pas que ce trésor de sainteté soit précisément le secret de son passé et l’espérance de son avenir…

    C’est pourquoi, complétant ce que j’ai fait quand j’ai déclaré co-patrons de l’Europe, aux côtés de saint Benoît, deux saints du premier millénaire, les frères Cyrille et Méthode, pionniers de l’évangélisation de l’Orient, j’ai pensé compléter le cortège des patrons célestes par trois figures également emblématiques de moments cruciaux du deuxième millénaire qui touche à sa fin : sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix. Trois grandes saintes, trois femmes qui, à des époques différentes –- deux au cœur du Moyen Âge et une en notre siècle –- se sont signalées par l’amour actif de l’Église du Christ et le témoignage rendu à sa croix.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Motu proprio « Spes aedificandi » 01/10/1999 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Femme, pourquoi pleures-tu ? »

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    Marie devient témoin de la compassion de Dieu ; oui, cette Marie…dont un pharisien voulait briser l’élan de tendresse. « Si cet homme était prophète, s’écriait-il, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu’elle est : une pécheresse » (Lc 7,39). Mais ses larmes ont effacé les souillures de son corps et de son cœur ; elle s’est jetée dans les pas de son Sauveur, délaissant les chemins du mal. Elle était assise aux pieds de Jésus et l’écoutait (Lc 10,39). Vivant, elle le serrait en ses bras ; mort, elle le cherchait. Et elle a trouvé vivant celui qu’elle cherchait mort. Elle a trouvé en lui tant de grâce que c’est elle qui a porté la nouvelle aux apôtres, aux messagers de Dieu !

    Que devons-nous voir là, mes frères, sinon l’infinie tendresse de notre Créateur, qui pour ranimer notre conscience, dispose partout des exemples de pécheurs repentis. Je jette les yeux sur Pierre, je regarde le larron, j’examine Zachée, je considère Marie, et je ne vois rien d’autre en eux que des appels à l’espérance et au repentir. Votre foi est-elle effleurée par le doute ? Songez à Pierre qui pleure amèrement sur sa lâcheté. Etes-vous enflammé de colère contre votre prochain ? Pensez au larron : en pleine agonie, il se repent et gagne les récompenses éternelles. L’avarice vous dessèche-t-elle le cœur ? Avez-vous dépouillé autrui ? Voyez Zachée qui rend au quadruple le bien qu’il avait pris à un homme. En proie à quelque passion, avez-vous perdu la pureté de la chair ? Regardez Marie, qui purifie l’amour de la chair au feu de l’amour divin.

    Oui, le Dieu tout-puissant nous offre partout des exemples et des signes de sa compassion. Prenons donc en horreur nos péchés, même les plus anciens. Le Dieu tout-puissant oublie volontiers que nous avons commis le mal, et il est prêt à regarder notre repentir comme l’innocence même. Nous qui, après les eaux du salut, étions restés souillés, renaissons de nos larmes… Notre Rédempteur consolera vos larmes d’un jour dans sa joie éternelle.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
    Homélie 25 ; PL 76, 1188 (trad. coll. Icthus, vol.10, p.302)

     

     

  • Livre de Jérémie 2,1-3.7-8.12-13.

     

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    dea10a parole du Seigneur me fut adressée :
    Va proclamer aux oreilles de Jérusalem : « Ainsi parle le Seigneur : Je me souviens de la tendresse de tes jeunes années, ton amour de jeune mariée, lorsque tu me suivais au désert, dans une terre inculte.
    Israël était consacré au Seigneur, première gerbe de sa récolte ; celui qui en mangeait était coupable : il lui arrivait malheur, – oracle du Seigneur.
    Je vous ai fait entrer dans une terre plantureuse pour vous nourrir de tous ses fruits. Mais à peine entrés, vous avez profané ma terre, changé mon héritage en abomination.
    Les prêtres n’ont pas dit : “Où est-il, le Seigneur ?” Les dépositaires de la Loi ne m’ont pas connu, les pasteurs se sont révoltés contre moi ; les prophètes ont prophétisé au nom du dieu Baal, ils ont suivi des dieux qui ne servent à rien.
    Cieux, soyez-en consternés, horrifiés, épouvantés ! – oracle du Seigneur.
    Oui, mon peuple a commis un double méfait : ils m’ont abandonné, moi, la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau ! »

     

     

     

     

  • « Sur la bonne terre, ils ont donné du fruit. »

    "Le semeur" (gouache sur papier) de Sr Marie-Boniface, Bénédictines de Vanves
    « Le semeur » (gouache sur papier) de Sr Marie-Boniface, Bénédictines de Vanves

    « Voici que le semeur est sorti pour semer. » D’où est-il sorti, celui qui est présent partout, qui remplit l’univers entier ? Comment est-il sorti ? Non pas matériellement, mais par une disposition de sa providence à notre égard : il s’est rapproché de nous en revêtant notre chair. Puisque nous ne pouvions pas aller jusqu’à lui, nos péchés nous en interdisant l’accès, c’est lui qui vient jusqu’à nous. Et pourquoi est-il sorti ? Pour détruire la terre où foisonnaient les épines ? Pour en punir les cultivateurs ? Pas du tout. Il vient cultiver cette terre, s’en occuper et y semer la parole de sainteté. Car la semence dont il parle est, en effet, sa doctrine ; le champ, l’âme de l’homme ; le semeur, lui-même…

    On aurait raison de faire des reproches à un cultivateur qui semait si largement… Mais quand il s’agit des choses de l’âme, la pierre peut être changée en une terre fertile, le chemin peut n’être pas foulé par tous les passants et devenir un champ fécond, les épines peuvent être arrachées et permettre aux grains de pousser en toute tranquillité. Si ce n’était pas possible, il n’aurait pas répandu son grain. Et si la transformation n’a pas lieu, ce n’est pas la faute du semeur, mais de ceux qui n’ont pas voulu se laisser changer. Le semeur a fait son travail. Si son grain a été gaspillé, l’auteur d’un si grand bienfait n’en est pas responsable.

    Remarque bien qu’il y a plusieurs façons de perdre la semence… Autre chose est de laisser la semence de la parole de Dieu se dessécher sans tribulation et sans tracasserie, autre chose de la voir périr sous le choc des tentations… Pour qu’il ne nous arrive rien de semblable, gravons la parole dans notre mémoire, avec ardeur et profondément. Le diable aura beau arracher autour de nous, nous aurons assez de force pour qu’il n’arrache rien en nous.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur Mt, 44 (trad. Véricel, L’Evangile commenté p. 138s)

     

     

  • « Celui qui fait la volonté de mon Père…, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. »

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    « Mes pensées ne sont pas vos pensées dit le Seigneur » (cf Is 55,8). Le mérite ne consiste pas à faire ni à donner beaucoup, mais plutôt à recevoir, à aimer beaucoup. Il est dit que c’est bien plus doux de donner que de recevoir (Ac 20,35), et c’est vrai, mais alors, quand Jésus veut prendre pour lui la douceur de donner, ce ne serait pas gracieux de refuser. Laissons-le prendre et donner tout ce qu’il voudra ; la perfection consiste à faire sa volonté, et l’âme qui se livre entièrement à lui est appelée par Jésus lui-même « sa mère, sa sœur » et toute sa famille. Et ailleurs: « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (c’est-à-dire il fera ma volonté) « et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure » (Jn 14,23). Oh, comme c’est facile de plaire à Jésus, de ravir son cœur ; il n’y a qu’à l’aimer sans se regarder soi-même, sans trop examiner ses défauts…

    Les directeurs font avancer dans la perfection en faisant faire un grand nombre d’actes de vertu et ils ont raison, mais mon directeur qui est Jésus ne m’apprend pas à compter mes actes ; il m’enseigne à faire tout par amour, à ne lui rien refuser, à être contente quand il me donne une occasion de lui prouver que je l’aime, mais cela se fait dans la paix, dans l’abandon ; c’est Jésus qui fait tout et moi je ne fais rien.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église
    Lettre 142 (OC, Cerf DDB 1996, p. 463)

     

     

     

  • Le signe de Jonas

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    Vous avez été conduits par la main à la piscine baptismale, comme le Christ de la croix à son tombeau qui est là devant vous [dans cette église du Saint Sépulcre]. Après avoir confessé votre foi au Père, au Fils et au Saint Esprit, vous avez été immergés trois fois dans l’eau et vous en avez émergé : c’était le symbole des trois jours du Christ au tombeau. De même que notre Sauveur a passé trois jours et trois nuits au cœur de la terre, de même vous aussi en sortant de l’eau après votre immersion, vous avez imité le Christ… Quand vous avez été immergés vous étiez dans la nuit, vous ne voyiez plus rien ; mais en sortant de l’eau vous vous trouviez comme en plein jour. Dans un même mouvement, vous mouriez et vous naissiez ; cette eau qui sauve a été à la fois votre tombe et votre mère…

    Étrange paradoxe ! Nous ne sommes pas vraiment morts, nous n’avons pas été vraiment ensevelis, nous n’avons pas été vraiment crucifiés et ressuscités ; mais si notre imitation n’est qu’une image, le salut, lui, est une réalité. Le Christ a été réellement crucifié, réellement enseveli et véritablement il est ressuscité, et toute cette grâce nous est donnée afin que, participant à ses souffrances en les imitant, nous gagnions en réalité le salut. Quel immense amour des hommes ! Le Christ a reçu les clous sur ses mains pures, et il a souffert ; et à moi, sans souffrance et sans peine, il accorde par cette participation la grâce du salut…

    Nous le savons bien : si le baptême nous purifie de nos péchés et nous donne l’Esprit Saint, il est aussi la réplique de la Passion du Christ. C’est pourquoi Paul proclame : « Ne le savez-vous pas : nous tous, qui avons été baptisés en Jésus Christ, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême »… Tout ce que le Christ a enduré, c’est pour nous et pour notre salut, en réalité et non en apparence… Et nous, nous devenons participants à ses souffrances. C’est pourquoi Paul continue à proclamer : « Si nous sommes devenus un même être avec le Christ, par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne » (Rm 6,3-5).

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l’Église
    Catéchèse n° 20 / 2e mystagogique (trad. SC 126, p.111s rev.)

     

  • Marthe et Marie

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    Qui mieux que ceux qui ont la charge d’une communauté méritent qu’on leur applique ces paroles : « Marthe, Marthe, tu te soucies de bien des choses » ? Qui s’inquiète de beaucoup de choses sinon celui à qui il incombe de s’occuper aussi bien de Marie la contemplative que de son frère Lazare et d’autres encore ? Vous reconnaissez Marthe inquiète et accablée de mille soucis : c’est l’apôtre qui a « le souci de toutes les Eglises » (2Co 11,28), qui veille à ce que les pasteurs prennent soin de leurs ouailles. « Nul n’est faible que je ne le sois avec lui, dit-il, et nul n’est scandalisé sans que je sois brûlé aussi » (v. 29). Que Marthe reçoive donc le Seigneur dans sa maison, puisque c’est à elle qu’est confié la direction du ménage… Que ceux qui partagent ses tâches reçoivent aussi le Seigneur, chacun selon son ministère particulier ; qu’ils accueillent le Christ et qu’ils le servent, qu’ils l’assistent dans ses membres, les malades, les pauvres, les voyageurs et les pèlerins.

    Tandis qu’ils assument ces activités, que Marie demeure en repos, qu’elle connaisse « combien le Seigneur est doux » (Ps 33,9). Qu’elle ait bien soin de se tenir aux pieds de Jésus, le cœur plein d’amour et l’âme en paix, sans le quitter des yeux, attentive à toutes ses paroles, admirant son beau visage et son langage. « La grâce est répandue sur ses lèvres ; il est plus beau que tous les fils des hommes » (Ps 44,3), plus beau même que les anges dans leur gloire. Connais ta joie et rends grâce, Marie, toi qui as choisi la meilleure part. Heureux les yeux qui voient ce que tu vois, les oreilles qui méritent d’entendre ce que tu entends ! (Mt 13,16) Que tu es heureuse surtout d’entendre battre le cœur de Dieu dans ce silence où il est bon pour l’homme d’attendre son Seigneur !

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
    3ème Sermon pour l’Assomption (trad. Béguin, Seuil 1953, p. 1002 rev.)

     

     

     

  • « Voici mon serviteur… Il ne protestera pas, il ne criera pas. »

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    Dieu ne pouvait pas vivre avec les hommes, à moins de prendre une manière humaine de penser et de réagir. C’est pourquoi il a voilé sous l’humilité l’éclat de sa majesté, que la faiblesse humaine n’aurait pas pu supporter. Tout cela n’était pas digne de lui, mais c’était nécessaire à l’homme, et du coup cela devenait digne de Dieu, car rien n’est aussi digne de Dieu que le salut de l’homme…

    Tout ce que Dieu perd, l’homme le gagne, si bien que tous les abaissements que mon Dieu a soufferts pour être près de nous sont le sacrement du salut des hommes. Dieu agissait avec les hommes, pour que l’homme apprenne à agir sur le plan divin. Dieu traitait d’égal à égal avec l’homme, pour que l’homme puisse agir d’égal à égal avec Dieu. Dieu s’est fait petit pour que l’homme devienne grand.

    Tertullien (v. 155-v. 220), théologien
    Contre Marcion, 2, 27 ; PL II, 316-317

     

     

     

  • « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

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    Seigneur Dieu, toi qui nous as comblés de tout, donne-nous la paix (Is 26,12), la paix du repos, la paix du sabbat, le sabbat qui n’a pas de soir. Car cet ordre si beau des choses que tu as créées et qui sont « très bonnes » (Gn 1,31) passera lorsqu’il aura atteint le terme de sa destinée. Oui, elles ont eu leur matin, elles auront leur soir. Mais le septième jour n’a pas de soir, pas de couchant, puisque tu l’as sanctifié pour qu’il dure toujours. Au terme de tes œuvres « très bonnes », que tu as faites pourtant dans le repos, tu t’es reposé le septième jour ; c’est pour nous dire par ton livre qu’au terme de nos œuvres, qui sont très bonnes parce que c’est toi qui nous les as données (Is 26,12), nous aussi nous nous reposerons en toi au sabbat de la vie éternelle. Alors tu te reposeras en nous tout comme aujourd’hui tu agis en nous ; ainsi ce repos que nous goûterons sera le tien, tout comme les œuvres que nous faisons sont tiennes.

    Toi, Seigneur, tu es à l’œuvre toujours et tu es toujours en repos… Pour nous, vient un moment où nous sommes poussés à agir pour le bien, après que notre cœur l’a conçu de ton Esprit, tandis qu’avant nous étions poussés à faire le mal quand nous t’abandonnions. Toi, Dieu uniquement bon, jamais tu n’as cessé de faire le bien. Quelques-unes de nos œuvres sont bonnes, par ta grâce il est vrai, mais elles ne sont pas éternelles ; après elles, nous espérons nous reposer dans ton ineffable sanctification. Mais toi, Bien qui n’as besoin d’aucun autre bien, tu es toujours en repos, parce que ton repos, c’est toi-même.

    Qui parmi les hommes pourra donner l’intelligence de tout cela à l’homme ? Quel ange la donnera aux anges ? Quel ange à l’homme ? C’est à toi qu’il faut la demander, en toi qu’il faut la rechercher, à ta porte qu’il faut frapper. Et ainsi, oui, ainsi on recevra, ainsi on trouvera, ainsi la porte s’ouvrira (Mt 7,8).

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Les Confessions, Livre 13, ch. 35-38