Auteur/autrice : fred

  • « Vivre, c’est le Christ. »

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    Nous ne mourrons plus désormais. Même si nous sommes détruits en notre corps, nous vivrons dans le Christ, comme lui-même l’a dit : « Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra » (Jn 11,25). Nous pouvons être certains ; le Seigneur lui-même en témoigne ; qu’Abraham, Isaac, Jacob et tous les saints de Dieu sont en vie. C’est justement de ceux-là que le Seigneur a dit : « Ils sont tous vivants ; car Dieu est le Dieu des vivants et non des morts ». Et l’apôtre Paul dit de lui-même : « Pour moi, vivre c’est le Christ, et mourir m’est un gain ; mon souhait, c’est de m’en aller pour être avec le Christ » (Ph 1,21-23)…

    Voilà bien ce que nous croyons, mes frères, et « si nous mettons nos espoirs en ce siècle-ci, nous sommes les plus malheureux des hommes » (1Co 15,19). La vie de ce monde, pour les animaux domestiques ou sauvages et pour les oiseaux, est ; comme vous pouvez le constater ; plus ou moins longue que la nôtre. Ce qui est propre à l’homme, c’est ce que le Christ lui a donné par son Esprit : c’est-à-dire la vie éternelle, mais à condition que nous renoncions désormais au péché. Car la mort résulte du péché et est évitée par la vertu ; la vie est détruite par le péché et conservée par la vertu. « Le salaire du péché, c’est la mort, tandis que le don de Dieu, c’est la vie éternelle par notre Seigneur Jésus Christ » (Rm 6,23).

    Saint Pacien de Barcelone (?-v. 390), évêque
    Sermon sur le baptême, 6 ; PL 13,1093 (trad. Orval ; cf bréviaire 19e sam. )

     

     

     

  • « Ma maison sera une maison de prière. » (Is 56,7)

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    Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire,
    de t’offrir notre action de grâce, toujours et en tout lieu,
    à toi, Père très bon, Dieu éternel et tout-puissant.

    Dans ta bonté pour ton peuple,
    tu veux habiter cette maison de prière,
    afin que ta grâce toujours offerte
    fasse de nous un temple de l’Esprit (1Co 3,16)
    resplendissant de ta sainteté.
    De jour en jour, tu sanctifies l’Épouse du Christ,
    l’Église dont nos églises d’ici-bas sont l’image,
    jusqu’au jour où elle entrera dans la gloire du ciel,
    heureuse de t’avoir donné tant d’enfants.

    C’est pourquoi, avec les anges et tous les saints,
    nous chantons et proclamons : Saint ! Saint ! Saint !…

    Le Missel romain
    Préface de la fête de la dédicace d’une église

     

     

     

     

     

  • Bulletin n°106 – octobre novembre 2017

     

     

     

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  • « En voyant la ville, Jésus pleura sur elle. »

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    Quand notre Seigneur et Sauveur était proche de Jérusalem, à sa vue, il a pleuré sur elle : « Ah, si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! Mais maintenant encore il demeure caché à tes yeux. Oui, des jours vont fondre sur toi où tes ennemis t’environneront de retranchements »… Quelqu’un dira peut-être : « Le sens de ces paroles est clair ; de fait, elles se sont réalisées au sujet de Jérusalem ; l’armée romaine l’a assiégée et dévastée jusqu’à l’extermination, et le temps viendra où il n’en restera plus pierre sur pierre. »

    Je ne le nie pas, Jérusalem a été détruite à cause de son aveuglement, mais je pose la question : ces pleurs ne concernaient-ils pas notre Jérusalem à nous ? Car nous sommes la Jérusalem sur laquelle Jésus a pleuré, nous qui imaginons avoir un regard si pénétrant. Si, une fois instruit des mystères de la vérité, après avoir reçu la parole de l’Évangile et l’enseignement de l’Église…, l’un de nous pèche, il provoquera lamentations et pleurs, car on ne pleure sur aucun des païens, mais sur celui qui après avoir fait partie de Jérusalem a cessé d’en être.

    Des pleurs sont versés sur notre Jérusalem parce qu’en raison de ses péchés « les ennemis vont l’entourer », c’est-à-dire les forces adverses, les esprits mauvais. Ils dresseront autour d’elle un retranchement ; ils l’assiègeront, et « ils n’en laisseront pas pierre sur pierre »… Voilà donc la Jérusalem sur laquelle des pleurs sont versés.

    Origène (v. 185-253), prêtre et théologien
    Homélie 38 sur Luc, PG 13, 1896-1898 (trad. Thèmes et figures, DDB 1984, p146)

     

     

  • Un commerce bien précieux

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    Le Verbe du Père, le Fils unique de Dieu, le Soleil de justice (Ml 3,20), est le grand négociant nous a apporté le prix de notre rédemption. C’est un commerce bien précieux, qu’on n’estimera jamais assez, que celui où un Roi, le fils du Roi suprême, est devenu le change, où l’or a payé le plomb, le juste est donné pour le pécheur. Miséricorde vraiment gratuite, amour parfaitement désintéressé, bonté surprenante…, commerce tout à fait disproportionné où le Fils de Dieu est livré pour le serviteur, le Créateur est mis à mort pour celui qu’il a créé, le Seigneur est condamné pour son esclave.

    Ô Christ, ce sont là tes œuvres, toi qui es descendu de la clarté du ciel dans nos ténèbres d’enfer pour illuminer notre prison obscure. Tu es descendu de la droite de la majesté divine dans notre misère humaine, pour racheter le genre humain ; tu es descendu de la gloire du Père dans la mort de la croix, pour triompher de la mort et de son auteur. Tu es le seul, et il n’y en a pas d’autre que toi qui ait été attiré par sa propre bonté à nous racheter…

    Que tous les négociants de Téman (Ba 3,23) se retirent de ce lieu… : ce n’est point eux que [tu as] choisis, mais Israël [ton] bien-aimé, toi qui caches ces mystères aux sages et aux prudents, et les révèles à tes petits et humbles serviteurs (Lc 10,21)… Seigneur, volontiers j’embrasse ce commerce, car c’est là mon affaire ! Je me rappellerai tout ce que tu as fait, toi qui veux que je m’en entretienne… Je ferai donc profiter ce talent que tu m’as remis jusqu’à ton retour, et j’irai avec grande joie au-devant de toi. Dieu veuille que j’entende alors ces douces paroles : « Courage, bon serviteur ! Entre dans la joie de ton Maître » (Mt 25,21).

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
    Sermons divers, n°42 « Les Cinq Négoces » (trad. rev. Tournay)

     

     

     

  • Présentation de la Vierge Marie – Mémoire

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    Les parents qui aiment Dieu lui ont, de tout temps, consacré leurs enfants, avant et après leur naissance. Parmi les Juifs, existait de plus l’usage de consacrer quelques fois à Dieu les enfants en bas âge ; on les amenait au Temple, où avait lieu la cérémonie de la consécration, puis ils habitaient dans les dépendances du Temple et servaient les prêtres et les lévites dans leurs fonctions. Nous avons des exemples de cette consécration spéciale dans la personne de Samuel et de quelques autres saints personnages. Il y avait aussi des appartements pour les femmes dévouées au service divin.

     

    L’évangile ne nous apprend rien de l’enfance de Marie ; son titre de Mère de Dieu efface tout le reste. Mais la tradition est plus explicite ; elle nous apprend que la Sainte Vierge, dans son enfance, fut solennellement offerte à Dieu dans son temple. Cette présentation est le sujet de la fête qu’on célèbre aujourd’hui. Où mieux que loin du monde, dans l’enceinte du temple, Marie se fût-elle préparée à sa mission ? Douze années de recueillement, de prière, de contemplation, telle fut la préparation de l’élue de Dieu.

     

    Voici, d’après saint Jérôme, comment se divisait la journée de Marie au temple : depuis l’aurore jusqu’à 9 heures du matin, elle priait ; de 9 heures à 3 heures elle s’appliquait au travail des mains ; ensuite elle se remettait à la prière, jusqu’au moment où arrivait sa nourriture. Marie, au jour de sa présentation, nous apparaît comme le porte-étendard de la virginité chrétienne. Après elles, viendront des légions innombrables de vierges consacrées au Seigneur, dans le monde ou à l’ombre des autels ; Marie sera leur éternel modèle, leur patronne dévouée, leur guide sûr dans les voies de la perfection.

     

     

     

     

     

    Lectures propres à cette mémoire 

    Livre de Zacharie 2, 14-17

    Chante et réjouis-toi, fille de Sion ; voici que je viens,
    j’habiterai au milieu de toi, déclare le Seigneur.
    En ce jour-là, des nations nombreuses s’attacheront au Seigneur, elles seront pour moi un peuple,
    et j’habiterai au milieu de toi. Tu sauras que le Seigneur de l’univers m’a envoyé vers toi.
    Le Seigneur prendra possession de Juda, son domaine sur la terre sainte ;
    il choisira de nouveau Jérusalem.
    Que toute créature fasse silence devant le Seigneur, car il se réveille et sort de sa Demeure sainte.

    Psaume 44, 11-12a.14-17.

    Écoute, ma fille, regarde et tends l’oreille ;
    oublie ton peuple et la maison de ton père :
    le roi sera séduit par ta beauté.

    Fille de roi, elle est là, dans sa gloire,
    vêtue d’étoffes d’or ;
    on la conduit, toute parée, vers le roi.

    Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ;
    on les conduit parmi les chants de fête :
    elles entrent au palais du roi.

    A la place de tes pères se lèveront tes fils ;
    sur toute la terre
    tu feras d’eux des princes.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2, 15-19

    Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux :
    « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, et que le Seigneur nous a fait connaître. »
    Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph,
    avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
    Après l’avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
    Et tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers.
    Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.

    ©Evangelizo.org

  • « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »

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    Regardons ces aveugles de Jéricho dans l’évangile de Matthieu : ils valent mieux que beaucoup de ceux qui y voient clair. Ils n’avaient personne pour les guider, ils ne pouvaient voir Jésus s’approcher ; et pourtant ils s’efforçaient d’arriver jusqu’à lui. Ils se mirent à crier à haute voix ; on cherchait à les faire taire : ils criaient plus fort. Ainsi en est-il de l’âme énergique ; ceux qui veulent l’arrêter redoublent son élan.

    Le Christ permet qu’on cherche à les faire taire, pour que leur ferveur se montre mieux et pour t’apprendre qu’ils étaient bien dignes d’être guéris. C’est pourquoi il ne leur demande pas s’ils ont la foi, comme il le faisait souvent : leurs cris et leurs efforts pour s’approcher de lui suffisaient pour montrer leur foi. Apprends par là, mon cher ami, que, malgré notre bassesse et notre misère, si nous allons à Dieu de tout cœur, nous pourrons obtenir par nous-mêmes ce que nous demandons. En tout cas, regarde ces deux aveugles ; ils n’avaient qu’un disciple pour les protéger, beaucoup leur imposaient silence ; et pourtant ils ont réussi à triompher des empêchements et à parvenir jusqu’à Jésus. L’évangéliste ne signale en eux aucune qualité exceptionnelle de vie : leur ferveur a tout remplacé.

    Imitons-les, nous aussi. Même si Dieu ne nous accorde pas tout de suite ce que nous demandons, même si bien des gens cherchent à nous détourner de la prière, ne cessons pas de l’implorer. Car c’est ainsi que nous attirerons le mieux les faveurs de Dieu.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°66,1 (trad. Véricel, Les Pères commentent, p. 277)

     

     

     

     

  • La parabole des talents

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    L’un des serviteurs dit : « Seigneur, tu m’as confié cinq talents » ; un autre en indique deux. Ils reconnaissent qu’ils ont reçu de lui le moyen de bien faire ; ils lui témoignent une grande reconnaissance et lui rendent leurs comptes. Que leur répond le maître ? « C’est bien, serviteur bon et fidèle (car le propre de la bonté, c’est de voir le prochain) ; tu as été fidèle en peu de chose, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton Seigneur. » Jésus désigne ainsi une béatitude complète.

    Quant à celui qui n’avait reçu qu’un talent, il est allé l’enfouir. « Ce propre-à-rien de serviteur, jetez-le dehors, dans les ténèbres ; là seront les pleurs et les grincements de dents. » Tu le vois, ce n’est pas seulement le voleur, l’homme qui cherche toujours à s’enrichir, celui qui fait le mal qui est puni à la fin ; c’est aussi celui qui ne fait pas le bien… Que sont ces talents, en effet ? C’est la puissance de chacun, l’autorité dont on jouit, la fortune que l’on possède, l’enseignement que l’on peut donner et tout autre chose de même genre. Que personne ne vienne donc dire : je n’ai qu’un talent, je ne peux rien faire. Car tu peux, même avec un seul talent, agir de manière louable.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°78, 2-3

     

     

     

  • Dieu, seul maître de prière

     

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    La prière est, quant à sa nature, la conversation et l’union de l’homme avec Dieu, et quant à son efficacité, la conservation du monde et sa réconciliation avec Dieu, un pont élevé par dessus les tentations, un rempart contre les tribulations, l’extinction des guerres, la joie future, l’activité qui ne cesse jamais, la source des grâces, le pourvoyeur des charismes, un progrès invisible, l’aliment de l’âme, l’illumination de l’esprit, la hache qui retranche le désespoir, le bannissement de la tristesse, la réduction de la colère, le miroir du progrès, la manifestation de notre mesure, le test de l’état de notre âme, la révélation des choses futures, la sûre annonce de la gloire.

    Aie un grand courage, et tu auras Dieu lui-même pour maître de prière. Il est impossible d’apprendre à voir au moyen de paroles, parce que voir est un effet de la nature. Il est tout aussi impossible d’apprendre la beauté de la prière par l’enseignement d’autrui. La prière ne s’apprend que dans la prière et elle a Dieu pour maître, lui qui enseigne à l’homme la science…, qui accorde le don de la prière à celui qui prie, et qui bénit les années des justes.

    Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650), moine au Mont Sinaï
    L’Échelle sainte (trad. Bellefontaine 1993, coll. Spiritualité orientale n°24, pp. 290.299-300 rev.)

     

     

  • « Qui perdra sa vie la sauvegardera. »

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    Ô jour éternel, jour tant désiré,
    Je te guette avec nostalgie et impatience,
    Et très bientôt l’amour déchirera les voiles,
    Et tu deviendras mon salut.

    Jour merveilleux, moment incomparable,
    Où pour la première fois je verrai mon Dieu,
    L’époux de mon âme et le Seigneur des Seigneurs,
    Je sens que l’épouvante n’étreindra point mon âme.

    Jour très solennel, jour de clarté,
    Où l’âme connaîtra son Dieu dans sa puissance,
    Et tout entière sombrera dans son amour,
    Et connaîtra que les misères de l’exil sont passées.

    Jour bienheureux, jour béni
    Où pour toi mon cœur flambera d’un feu éternel :
    Car je te pressens déjà même si ce n’est qu’à travers des voiles,
    Toi Jésus, dans la vie et la mort, tu m’es ravissement et enchantement.

    Jour que j’espère toute ma vie durant :
    Et je t’attends avec impatience, Seigneur,
    Car toi tu es le seul que je désire,
    Toi, l’Unique en mon cœur ; le reste ne m’est rien.

    Jour de délice, d’infinies douceurs :
    Mon époux, Dieu de grande majesté,
    Tu sais que rien ne saurait contenter le cœur d’une vierge,
    Sur ton doux Cœur j’appuie mon front.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938), religieuse
    Petit journal, § 1230 (trad. Parole et dialogue 2002, p. 102)