Auteur/autrice : fred

  • Livre d’Isaïe 11,1-10.

    The Jesse Tree

    En ce jour-là, un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines.
    Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur
    – qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Il ne jugera pas sur l’apparence ; il ne se prononcera pas sur des rumeurs.
    Il jugera les petits avec justice ; avec droiture, il se prononcera en faveur des humbles du pays. Du bâton de sa parole, il frappera le pays ; du souffle de ses lèvres, il fera mourir le méchant.
    La justice est la ceinture de ses hanches ; la fidélité est la ceinture de ses reins.
    Le loup habitera avec l’agneau, le léopard se couchera près du chevreau, le veau et le lionceau seront nourris ensemble, un petit garçon les conduira.
    La vache et l’ourse auront même pâture, leurs petits auront même gîte. Le lion, comme le bœuf, mangera du fourrage.
    Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra ; sur le trou de la vipère, l’enfant étendra la main.
    Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte ; car la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer.
    Ce jour-là, la racine de Jessé, père de David, sera dressée comme un étendard pour les peuples, les nations la chercheront, et la gloire sera sa demeure.

     

     

     

  • « Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place… au festin du Royaume des cieux. »

    , (44)

    Nombreux sont les témoignages de l’Écriture montrant que les nations païennes n’ont pas reçu moins de grâces que le peuple juif. Si les juifs…participent à la bénédiction d’Abraham, l’ami de Dieu, parce qu’ils sont ses descendants, rappelons que Dieu s’était engagé à donner aux païens une bénédiction semblable non seulement à celle d’Abraham, mais encore à celles d’Isaac et de Jacob. Il a prédit explicitement, en effet, que toutes les nations seront bénies pareillement et il invite tous les peuples à une seule et même joie avec ces bienheureux amis de Dieu : « Nations, réjouissez-vous avec son peuple » (Dt 32,43) et encore : « Les princes des peuples se sont rassemblés avec le Dieu d’Abraham » (Ps 46,10).

    Si Israël se glorifie du Royaume de Dieu, en disant qu’il est son héritage, les oracles divins lui montrent que Dieu régnera aussi sur les autres peuples : « Allez dire aux nations : Le Seigneur est roi » (Ps 95,10) et encore : « Dieu règne sur les païens » (Ps 46,9). Si les juifs ont été choisis pour être les prêtres de Dieu et pour lui rendre un culte…, la parole de Dieu a promis de communiquer aux nations le même ministère : « Rendez au Seigneur, famille des peuples, rendez au Seigneur la gloire et l’honneur. Présentez des offrandes, entrez dans ses parvis » (Ps 95,7-8)…

    Et si jadis, dans un premier temps, « le lot du Seigneur fut Jacob, son peuple, et sa part d’héritage Israël » (Dt 32,9 LXX), dans un deuxième temps, l’Écriture affirme que tous les peuples seront donnés en héritage au Seigneur, selon la parole du Père : « Demande-moi, et je te donnerai en héritage les nations » (Ps 2,8). La prophétie annonce encore qu’il « dominera » non seulement en Judée, mais « de la mer à la mer et jusqu’aux extrémités de la terre ; tous les pays le serviront et en lui seront bénies toutes les tribus de la terre » (Ps 71,8-11). C’est ainsi que le Dieu de l’univers « a fait connaître son salut devant toutes les nations » (Ps 97,2).

    Eusèbe de Césarée (v. 265-340), évêque, théologien, historien
    Démonstration évangélique, II, 3, 35 (trad. Sr Isabelle de la Source, Lire la Bible, t. 6, p. 197 ; cf SC 228)

     

     

     

  • Premier dimanche de l’Avent

    Le temps de l’Avent (du latin adventus, « venue, avènement ») s’ouvre le 4e dimanche précédant Noël.

    L’Avent dans la Bible 

    Pendant les messes de l’Avent, les lectures rappellent d’abord la longue attente par les Hébreux du Sauveur annoncé par Dieu : « Un rameau sortira de la souche de Jessé (père de David), un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. Il ne jugera pas d’après les apparences, il ne tranchera pas d’après ce qu’il entend dire. Il jugera les petits avec justice, il tranchera avec droiture en faveur des pauvres du pays…» (Is 11, 1-4).

    Les lectures de l’Avent rappellent également comment fut conçu et attendu l’enfant Jésus : l’ange Gabriel apparaît à Marie et lui annonce qu’elle va « concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus (…) L’esprit Sain viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1, 26-38)

    Jean-Baptiste, fils d’Elizabeth et cousin de Jésus, appelait ses prochains à la conversion et annonçait la venue imminente du Fils de Dieu en ces termes : « Moi, je vous baptise dans l’eau, pour vous amener à la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu » (Mc 1,1.8 et Jn 1,19.28)

    De même, le temps de l’Avent appelle à la conversion intérieure. Les célébrations rappellent, en permanence et avec force, que les fidèles doivent être mobilisés spirituellement pour que la foi soit un ferment constant de renouvellement personnel et social autant que de confiance dans l’avenir.

    Avent

    Temps de l’Avent

    Dans le Calendrier liturgique catholique, le temps de l’Avent est constitué de 4 semaines, commençant chacune par un dimanche dont les noms traditionnels correspondent aux premiers mots de l’Antienne d’ouverture :

    • Premier dimanche de l’Avent : Ad Te levavi… (= Vers Toi, Seigneur, j’élève mon âme)
    • Deuxième dimanche de l’Avent : Populus Sion… (= Peuple de Dieu)
    • Troisième dimanche de l’Avent : Gaudete… (= Soyez dans la joie du Seigneur)
    • Quatrième dimanche de l’Avent : Rorate… (=Cieux, faites venir le Juste comme une rosée).

     

     

    L’avenir transforme le présent

    La «déchirure des cieux» que nous célébrerons à Noël avec la naissance de Jésus, c’est dans nos vies aussi qu’elle se manifeste. Notre façon de vivre peut faire signe aux autres, nos actions peuvent engendrer un monde nouveau.

    Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
    « Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment.
    Il en est comme d’un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs , fixé chacun à son travail, et recommandé au portier de veiller. Veillez donc car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin.
    Il peut arriver à l’improviste et vous trouver endormis.
    Ce que je vous dis là, je le dis à tous : VEILLEZ ! »

     

     

     

  • « Que la terre exulte…à la face du Seigneur, car il vient. » (Ps 95,11)

    19-TOB-ps

    « Tous les arbres des forêts bondiront de joie » (Ps 95,12). Il est venu une première fois et les arbres des forêts ont bondi de joie. Il viendra de nouveau « pour juger la terre » (v. 13), et il trouvera bondissant de joie, « car il est venu », ceux qui ont cru à son premier avènement… « Il jugera le monde avec justice, et les peuples selon sa vérité. » Parce que tu es injuste, le juge ne sera pas juste ? Parce que tu es menteur, la vérité ne sera pas véridique ? Mais si tu veux rencontrer un juge miséricordieux, sois miséricordieux avant qu’il vienne. Pardonne, si l’on t’a offensé ; donne les biens que tu possèdes en abondance.

    Et avec quoi donneras-tu, sinon avec ce que tu tiens de lui ? Si tu donnais de ton bien, ce serait de la générosité. Puisque tu donnes ce que tu tiens de lui, c’est de la restitution. « Que possèdes-tu que tu n’aies reçu ? » (1Co 4,7) Voilà les sacrifices qui sont très agréables à Dieu : miséricorde, humilité, reconnaissance, paix, charité. Si c’est cela que nous apportons, nous attendrons avec assurance l’avènement du juge, lui qui « jugera le monde avec justice, et les peuples selon sa vérité ».

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Les Discours sur les psaumes, Ps 95, 14-15 ; CCL 39, 1351

     

     

  • « Sachez que le Royaume de Dieu est proche. »

    figuier

    « Voyez le figuier et tous les arbres : lorsqu’ils font paraître leurs fruits, vous savez que l’été est proche. Ainsi pour vous : quand vous verrez arriver cela, sachez que le Royaume de Dieu est proche. » C’est comme si notre Rédempteur disait clairement : « Si on connaît la proximité de l’été par les fruits des arbres, on peut de même reconnaître par la ruine du monde que le Royaume de Dieu est proche. » Ces paroles nous montrent bien que le fruit du monde, c’est sa ruine ; il ne grandit que pour tomber ; il ne bourgeonne que pour faire périr par des calamités tout ce qui aura bourgeonné en lui. C’est avec raison que le Royaume de Dieu est comparé à l’été, car alors les nuages de notre tristesse passeront, et les jours de la vie brilleront de la clarté du Soleil éternel…

    « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. » Rien, dans la nature des choses matérielles, n’est plus durable que le ciel et la terre, et rien ici-bas ne passe plus vite qu’un mot prononcé… Le Seigneur déclare donc : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas. » C’est comme s’il disait clairement : « Tout ce qui est durable autour de vous n’est pas durable devant l’éternité ; et tout ce qui chez moi semble passer est en fait fixe et ne passe pas, car ma parole qui passe exprime des pensées qui demeurent sans pouvoir changer »…

    Ainsi, mes frères, n’aimez pas ce monde, qui ne pourra pas subsister longtemps, comme vous le voyez. Fixez dans votre esprit ce commandement que l’apôtre Jean nous donne pour nous mettre en garde : « N’ayez pas l’amour du monde, ni de ce qui est dans le monde ; car si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui » (1Jn 2,15).

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
    Homélies sur les évangiles, n° 1 (trad. Le Barroux rev.)

     

     

     

     

     

     

    En union de prière, tous les vendredis soir, à la demande Marie Mètre des hommes, de 21h30 à 22h00.
    En union de prière, tous les vendredis soir, à la demande Marie Mètre des hommes, de 21h30 à 22h00.

     

     

     

  • Fête de saint André, apôtre

    saint-Andre

    La première caractéristique qui frappe chez André, le frère de Simon Pierre, c’est son nom ; il n’est pas hébraïque, comme on aurait pu s’y attendre, mais grec, signe non négligeable d’une certaine ouverture culturelle de sa famille… À Jérusalem, peu avant la Passion, des Grecs étaient venus dans la ville sainte…pour adorer le Dieu d’Israël en la fête de la Pâque. André et Philippe, les deux apôtres aux noms grecs, servent d’interprètes et de médiateurs auprès de Jésus à ce petit groupe… Jésus dit aux deux disciples, et par leur intermédiaire au monde grec : « L’heure est venue pour le Fils de l’homme d’être glorifié. Amen, amen, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul, mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jn 12,23-24). Que signifient ces paroles dans ce contexte ? Jésus veut dire : oui, la rencontre entre moi-même et les Grecs aura lieu, mais non pas comme un entretien simple et bref entre moi et d’autres personnes, poussées surtout par la curiosité. Avec ma mort, comparable à la chute en terre d’un grain de blé, viendra l’heure de ma glorification. De ma mort sur la croix viendra la grande fécondité. Le grain de blé mort, symbole de moi-même crucifié, deviendra dans la résurrection pain de vie pour le monde ; il sera lumière pour les peuples et les cultures… En d’autres mots, Jésus prophétise l’Église des Grecs, l’Église des païens, l’Église du monde comme fruit de sa pâque.

    Des traditions très anciennes voient en André… l’apôtre des Grecs dans les années qui ont suivi la Pentecôte ; elles nous font goûter que, dans le reste de sa vie, il a été annonciateur et interprète de Jésus pour le monde grec. Pierre, son frère, de Jérusalem en passant par Antioche, est parvenu à Rome pour y exercer sa mission universelle ; André a été au contraire l’apôtre du monde grec. Ils apparaissent ainsi, dans la vie et dans la mort, comme de vrais frères — une fraternité qui s’exprime symboliquement dans le rapport spécial entre les Sièges de Rome et de Constantinople, Églises vraiment sœurs.

    Benoît XVI, pape de 2005 à 2013
    Audience générale du 14/06/06 (trad. DC 2362, p. 663 © Libreria Editrice Vaticana)

     

     

  • « Pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie. »

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    « Contre moi se sont levés de faux témoins qui soufflent la violence » (Ps 26,12)… Le psalmiste se débat entre les mains de ceux qui le poursuivent et le tourmentent ; il perd le souffle, il peine, mais il tient bon ; il garde assurance car Dieu le soutient, Dieu l’aide, Dieu le conduit, Dieu le guide. À la fois transporté de joie par ce qu’il a pu admirer et chanter, et accablé de gémissements par ce qu’il a dû souffrir, à la fin il respire et s’écrie : « Je le crois, je verrai la bonté du Seigneur sur la terre des vivants » (v.13). Oh, qu’elle est douce la bonté du Seigneur, immortelle, incomparable, éternelle, immuable ! Et quand te verrai-je, ô bonté du Seigneur ? « Je le crois, je te verrai », mais non sur la terre des mortels, « sur la terre des vivants ». Le Seigneur me fera sortir de la terre des mortels, lui qui a daigné pour moi accepter cette terre des mortels et mourir entre les mains des mortels…

    Écoutons, nous aussi, la voix du Seigneur qui d’en haut nous exhorte, nous console ; écoutons la voix de celui que nous avons pour père et pour mère (cf v. 10). Car il a entendu nos gémissements, il a vu nos soupirs, il a sondé les désirs de notre cœur, « la seule chose que nous demandons » (v. 4). Grâce à l’intercession du Christ, il a accueilli favorablement notre unique prière, notre unique demande. Et tandis que nous achevons notre pèlerinage en ce monde, même si la route est longue, il ne refusera pas ce qu’il a promis. Il nous dit : « Espère dans le Seigneur ». Il est tout-puissant celui qui a promis, il est véridique, il est fidèle. « Espère dans le Seigneur, agis avec courage » (v.14). Ne te laisse donc pas troubler.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    2ème Discours sur le psaume 26

     

     

  • « On se dressera nation contre nation. »

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    Vu les multiples dangers et menaces contre l’existence de l’humanité, les chrétiens luttent de toute la force de leur espérance en union avec tous les hommes de bonne volonté pour un avenir plus sûr, digne d’être vécu. De plus, ce qui nous anime ce n’est pas seulement une espérance purement terrestre, mais aussi et surtout cette espérance qui provient de la foi, dont le fondement et le but sont en définitive Dieu lui-même : Dieu qui, dans le Christ Jésus, a dit son oui définitif à l’homme. Avec sa croix et sa résurrection, le Christ a vaincu toute souffrance et toute calamité du monde, devenant ainsi pour nous tous le signe de l’espérance.

    L’espérance est une vertu divine ; elle est foncièrement un don que vous obtiendrez déjà… à force de prier Dieu avec les autres et pour les autres… Nous, les chrétiens, nous avons également le devoir de manifester publiquement notre espérance et de la donner en partage à autrui. Par nos paroles et actions, riches d’espérance, nous aiderons les autres à vaincre la peur de vivre, la résignation et l’indifférence, et à avoir confiance en Dieu et dans les hommes. Comme disciples du Christ…, vous offrirez à l’homme d’aujourd’hui, environné de mille menaces et plein de confusion, la parole et l’espérance qui rendent libres.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Message aux catholiques d’Autriche, juin 1982 (trad. DC 1835, 15/8/82 , p. 753)  – Copyright © Libreria Editrice Vaticana

     

     

     

  • « Elle a pris sur son indigence. »

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    Voici cinq chemins de la conversion : d’abord la condamnation de nos péchés, puis le pardon accordé aux offenses du prochain ; le troisième consiste dans la prière ; le quatrième dans l’aumône ; le cinquième dans l’humilité. Ne reste donc pas inactif, mais chaque jour emprunte tous ces chemins ; ce sont des chemins faciles et tu ne peux pas prétexter ta misère.

    Car, même si tu vis dans la plus grande pauvreté, tu peux abandonner ta colère, pratiquer l’humilité, prier assidûment et condamner tes péchés ; ta pauvreté ne s’y oppose nullement. Alors que sur ce chemin de la conversion il s’agit de donner ses richesses, même la pauvreté ne nous empêche pas d’accomplir le commandement. Nous le voyons chez la veuve qui donnait ses deux piécettes.

    Voilà donc comment soigner nos blessures ; appliquons ces remèdes. Revenus à la vraie santé, nous nous approcherons hardiment de la table sainte et avec beaucoup de gloire nous irons à la rencontre du roi de gloire, le Christ. Obtenons les biens éternels par la grâce, la miséricorde et la bonté de Jésus Christ notre Seigneur.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Sermon sur le diable tentateur (trad. bréviaire)

     

     

  • Solennité du Christ, Roi de l’Univers

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    Tous les hommes sont appelés à former en Jésus Christ le nouveau peuple de Dieu. En conséquence, ce peuple doit, sans cesser d’être un et unique, s’étendre au monde entier et à tous les siècles afin que s’accomplisse le dessein de Dieu…, qui a voulu rassembler en un seul corps ses enfants dispersés (Jn 11,52). À cette fin, Dieu a envoyé son Fils qu’il a constitué héritier de toutes choses (He 1,2) pour être Maître, Roi et Prêtre de l’univers, chef du peuple nouveau et universel des fils de Dieu. À cette fin aussi, Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils, qui est Seigneur et qui donne la vie (Credo) et qui est, pour toute l’Église et pour chacun des croyants, principe de rassemblement et d’unité dans « l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain et les prières » (Ac 2,42).

    En toutes les nations de la terre subsiste l’unique Peuple de Dieu, puisque c’est de toutes les nations qu’il tire ses membres, citoyens d’un royaume dont le caractère n’est pas terrestre mais bien céleste. Car tous les fidèles dispersés à travers le monde sont en communion les uns avec les autres dans l’Esprit Saint… Mais comme « le Royaume du Christ n’est pas de ce monde » (Jn 18,36), l’Église, peuple de Dieu, en introduisant ce royaume, n’enlève rien au bien temporel des peuples, quels qu’ils soient. Au contraire, elle favorise et assume, dans la mesure où ces choses sont bonnes, les talents, les richesses, les coutumes des peuples, et en les assumant, les purifie, les renforce et les élève.

    L’Église sait en effet qu’il lui faut resserrer ses rangs autour de ce Roi, car c’est à lui que les nations ont été données en héritage (Ps 2,8), c’est vers son royaume qu’afflueront richesses et présents (Ps 71,10 ; Is 60,4 ; Ap 21,24). Ce caractère d’universalité qui distingue le peuple de Dieu est un don du Seigneur lui-même qui porte l’Église catholique à s’employer sans arrêt à rassembler toute l’humanité et la totalité de ses biens sous le Christ Chef, en l’unité de son Esprit.

    Concile Vatican II
    Constitution sur l’Église « Lumen gentium », § 13