Auteur/autrice : fred

  • « Jésus posa son regard sur lui et dit : ‘Tu t’appelleras Képha’ (ce qui veut dire : Pierre) »

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    « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras désormais Céphas, c’est-à-dire Pierre »… Voilà le nom que le Christ donne à Simon. Quant à Jacques et son frère, il les appellera « Fils du tonnerre » (Mc 3,17). Pourquoi ces changements de nom ? Pour montrer que lui, Jésus, est le même que celui qui avait établi l’ancienne alliance, qui avait déjà changé le nom d’Abram en Abraham, celui de Saraï en Sara, et celui de Jacob en Israël (Gn 17,5s ;32,29). Il avait aussi donné leur nom à plusieurs personnes au moment de leur naissance : Isaac, Samson, les enfants d’Isaïe et d’Osée…

    Aujourd’hui, nous avons un nom bien supérieur à tous les autres ; c’est le nom de « chrétien » ; le nom qui fait de nous enfants de Dieu, amis de Dieu, un même corps avec lui. Y a-t-il un autre nom qui pourrait plus nous rendre ardents dans les vertus, nous remplir de zèle, nous pousser à faire le bien ? Gardons-nous bien de faire quoi que ce soit d’indigne de ce nom si grand et si beau, lié au nom de Jésus Christ lui-même. Ceux qui portent le nom d’un grand chef militaire ou d’un personnage illustre se considèrent honorés et font tout pour en rester dignes. Combien plus, nous qui tirons notre nom non d’un général ou d’un prince de cette terre, ni même d’un ange, mais du roi des anges, combien plus devons-nous être prêts à tout perdre, même notre vie, pour l’honneur de ce saint nom ?

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Jean, n°19

     

     

     

  • « Voici l’Agneau de Dieu ! »

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    Dans l’Apocalypse, l’apôtre Jean voit « un Agneau ; il se tenait debout et il était comme immolé » (Ap 5,6)… Au bord du Jourdain, Jean le Baptiste avait désigné Jésus comme « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». L’apôtre Jean avait alors compris cette parole, et il comprenait maintenant cette image. Celui qui marchait autrefois sur les bords du Jourdain et qui s’était maintenant montré à lui « en vêtement blanc, avec des yeux de flamme » et avec l’épée du juge, lui « le Premier et le Dernier » (Ap 1,13-17), il avait accompli en vérité tout ce qu’esquissaient en symbole les rites de l’ancienne Alliance.

    Lorsque au jour le plus saint et le plus solennel de l’année le grand prêtre pénétrait dans le Saint des Saints, le lieu terriblement saint de la Présence divine, il avait pris auparavant deux boucs : l’un pour le charger des péchés du peuple afin qu’il les emporte au désert, l’autre pour asperger de son sang la tente et l’arche d’alliance (Lv 16). C’était le sacrifice pour le péché offert pour le peuple… Ensuite il sacrifiait un holocauste pour lui et pour tout le peuple et faisait brûler entièrement les restes de la victime d’expiation… C’était un jour solennel et saint que ce jour de la Réconciliation…

    Mais qu’est-ce qui avait donc réalisé la réconciliation ? Ce n’était pas le sang des animaux immolés ni le grand prêtre de la descendance d’Aaron, comme saint Paul l’a dit dans sa lettre aux Hébreux (ch. 8-9). C’était l’ultime sacrifice de réconciliation, celui qui était préfiguré dans tous les sacrifices prescrits par la Loi, et c’était « le grand prêtre selon l’ordre de Melchisédech » (Ps 110,4)… Il était aussi le véritable Agneau pascal à cause duquel l’ange exterminateur passait son chemin devant les maisons des Hébreux alors qu’il frappait les Égyptiens (Ex 12,23). Le Seigneur lui-même l’avait donné à entendre à ses disciples quand il a mangé l’agneau pascal avec eux pour la dernière fois et s’est donné ensuite lui-même à eux en nourriture.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Les Noces de l’Agneau, 14/9/1940 (trad. Source cachée, Cerf 1999, p. 259)

     

     

     

  • Première lettre de saint Jean 2,22-28.

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    Bien-aimés, le menteur n’est-il pas celui qui refuse que Jésus soit le Christ ? Celui-là est l’anti-Christ : il refuse à la fois le Père et le Fils ;
    quiconque refuse le Fils n’a pas non plus le Père ; celui qui reconnaît le Fils a aussi le Père.
    Quant à vous, que demeure en vous ce que vous avez entendu depuis le commencement. Si ce que vous avez entendu depuis le commencement demeure en vous, vous aussi, vous demeurerez dans le Fils et dans le Père.
    Et telle est la promesse que lui-même nous a faite : la vie éternelle.
    Je vous ai écrit cela à propos de ceux qui vous égarent.
    Quant à vous, l’onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n’avez pas besoin d’enseignement. Cette onction vous enseigne toutes choses, elle qui est vérité et non pas mensonge ; et, selon ce qu’elle vous a enseigné, vous demeurez en lui.
    Et maintenant, petits enfants, demeurez en lui ; ainsi, quand il se manifestera, nous aurons de l’assurance, et non pas la honte d’être loin de lui à son avènement.

     

     

    Voeux 2018

     

     

     

  • Solennité de Sainte Marie, Mère de Dieu

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    En prenant dans ses bras pour la première fois son petit enfant, l’Emmanuel, Marie a discerné en lui une lumière incomparablement plus belle que le soleil, elle a ressenti un feu qu’aucune eau n’aurait pu éteindre. Elle a reçu, voilée par ce petit corps qui venait de naître d’elle, l’éclatante lumière qui illumine toute chose, et elle a mérité de porter dans ses bras le Verbe de Dieu qui porte tout ce qui existe (He 1,3). Comment ne serait-elle pas envahie par la connaissance de Dieu, comme par les eaux débordantes de la mer (Is 11,9), et ravie hors d’elle-même, emportée dans les hauteurs, dans une admirable contemplation ? Comment ne s’étonnerait-elle pas de se voir devenue mère, elle qui est vierge, et, toute joyeuse, de se voir devenue Mère de Dieu ? Elle comprend qu’en elle sont accomplis les promesses faites aux patriarches et les oracles des prophètes, les désirs de ses pères anciens qui l’attendaient de tous leurs vœux.

    Elle voit que le Fils de Dieu lui est remis ; elle se réjouit de se voir confier le salut du monde. Elle entend le Seigneur Dieu lui dire au fond du cœur : « Je t’ai choisie parmi tout ce que j’ai créé ; je t’ai bénie entre toutes les femmes (Lc 1,42) ; je t’ai remis mon Fils entre les mains ; je t’ai confié mon Unique. N’aie pas peur d’allaiter celui que tu as enfanté, ni d’élever Celui que tu as mis au monde. Sache qu’Il n’est pas seulement ton Dieu, mais encore ton Fils. Il est mon Fils et il est ton Fils, mon Fils par la divinité, ton Fils par l’humanité qu’Il a assumée en toi. » Avec quelle affection et avec quel zèle, avec quelle humilité et quel respect, avec quel amour et quel dévouement Marie a répondu à cet appel ! Les hommes ne peuvent le savoir, mais Dieu le sait, Lui qui scrute les reins et les cœurs (Ps 7,10)… Heureuse celle à qui il a été donné d’élever Celui qui protège et nourrit tout, de porter Celui qui porte l’univers.

    Saint Amédée de Lausanne (1108-1159), moine cistercien, puis évêque
    4ème Homélie mariale (trad. Pain de Cîteaux rev. ; cf SC 72, p. 129s)

     

     

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    Bonne et sainte année 2018

     

     

     

  • Fête de la Sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph

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    Frères, quand nous nous sommes rendus en esprit à Bethléem le jour de Noël, là où le Verbe divin s’est fait chair, nous avions sous les yeux de notre foi le mystère insondable du Dieu incarné pour nous les hommes et pour notre salut. Mais ce mystère revêt en même temps la forme, à nous bien connue, de la famille, de la famille humaine. En effet dès cette nuit où la Vierge Marie, épouse de Joseph, a mis au monde Jésus, s’est révélée cette famille que l’Église vénère aujourd’hui avec dévotion.

    Partant de cette sainte famille de Bethléem et de Nazareth dont le Christ, le Fils même du Dieu vivant, est devenu le fils, l’Église pense aujourd’hui à chaque famille du monde ; elle s’adresse à chacune et prie pour chacune. Cette fête est la Journée de la Famille. Comme la famille de Nazareth a été le lieu privilégié de l’amour, le milieu particulier où a régné le respect mutuel des personnes les unes pour les autres et pour leur vocation, comme elle a été également la première école où le message chrétien a été vécu intensément, ainsi la famille chrétienne est et doit être une communauté d’amour et de vie, ses deux valeurs fondamentales.

    En ce jour, je vous invite tous à méditer et à vivre consciemment ce que Dieu, l’Église, l’humanité entière attendent aujourd’hui de la famille. Je vous invite à vous unir à ma prière pour toutes les familles : « Dieu, ‘de qui vient toute paternité au ciel et sur la terre’ (Ep 3,15), toi Père, qui es Amour et Vie, fais que sur cette terre, par ton Fils Jésus Christ, né d’une femme, et par l’Esprit Saint, source de charité divine, chaque famille devienne un vrai sanctuaire de la vie et de l’amour, pour les générations qui se renouvellent sans cesse. Que ta grâce oriente les pensées et les actions des époux vers le plus grand bien de leurs familles ; que l’amour, affermi par la grâce du sacrement, soit plus fort que toutes les faiblesses et les crises. Et que l’Église puisse accomplir sa mission avec fruit dans et par la famille ».

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Homélie du 28/12/1980 (trad. rev. Tournay)

     

     

     

  • Anne voit enfin Dieu dans son Temple

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    Ce Dieu que le monde ne peut étreindre, comment l’homme au regard si limité peut-il le cerner ? L’amour ne se soucie pas de savoir si une chose est sûre, convenable ou possible. L’amour… ignore la mesure. Il ne se console pas sous prétexte que c’est impossible ; la difficulté ne l’arrête pas… L’amour ne peut pas ne pas voir ce qu’il aime… Comment se croire aimé de Dieu sans le contempler ? Ainsi, l’amour qui désire voir Dieu, même s’il n’est pas raisonné, est inspiré par l’intuition du cœur. C’est pourquoi Moïse a osé dire : « Si j’ai trouvé grâce devant toi, montre-moi ta face » (Ex 33,13s), et le psalmiste : « Montre-moi ton visage » (cf 79,4)…

    Dieu donc, connaissant le désir des hommes de le voir, a choisi un moyen pour se rendre visible qui soit un grand bienfait pour les habitants de la terre, sans être pour autant une déchéance vis-à-vis du ciel. La créature que Dieu avait faite sur terre semblable à lui pouvait-elle passer au ciel pour peu honorable ? « Faisons l’homme à notre image et ressemblance » avait-il dit (Gn 1,26)… Si Dieu avait emprunté au ciel la forme d’un ange, il serait demeuré tout autant invisible ; par contre, si sur terre il s’était incarné dans une nature inférieure à celle de l’homme, il aurait fait injure à la divinité et rabaissé l’homme au lieu de l’élever. Que personne donc, frères très chers, ne considère comme une injure portée à Dieu le fait qu’il soit venu aux hommes par un homme, et qu’il ait trouvé chez nous ce moyen d’être vu de nous.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Sermon 147, sur le mystère de l’Incarnation (trad. coll. Icthus, vol. 8, p. 114)

     

     

     

  • Présentation de Jésus au temple, selon Maria Valtorta

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    Je vois partir d’une petite maison très modeste un couple de personnes.

    D’un petit escalier extérieur descend une très jeune mère avec, entre ses bras, un bébé dans un lange blanc. Je reconnais, c’est notre Maman. C’est toujours elle, pâle et blonde, agile et si gentille en toutes ses démarches. Elle est vêtue de blanc, avec un manteau d’azur pâle qui l’enveloppe et un voile blanc. Elle porte son Bébé avec tant de précautions.

    Au pied du petit escalier, Joseph l’attend auprès d’un âne gris. Il est habillé de marron clair. Il regarde Marie et lui sourit.

    Quand Marie arrive près de l’âne, Joseph se passe la bride sur le bras gauche, et prend pour un moment le Bébé qui dort tranquille pour permettre à Marie de mieux s’installer sur la selle. Puis, il lui rend Jésus et ils se mettent en marche.

    Joseph marche à côté de Marie en tenant toujours la monture par la bride et en veillant qu’elle marche droit et sans trébucher. Marie tient Jésus sur son sein et, par crainte que le froid ne puisse Lui nuire, elle étend sur Lui un pli de son manteau.

    Ils parlent très peu, les deux époux, mais ils se sourient souvent. La route se déroule à travers une campagne que la saison a dépouillée. Puis voici des maisons qui se découvrent et des murs qui enserrent une ville.

    Les deux époux entrent par une porte, puis commence le parcours sur le pavé très disjoint de la ville. La marche devient beaucoup plus difficile, soit à cause du trafic qui fait arrêter l’âne à tout moment, soit parce que les pierres et les crevasses les interrompent.

    La route n’est pas plane ; elle monte bien que légèrement. Elle est étroite entre les hautes maisons aux entrées aussi étroites et basses et aux rares fenêtres sur la rue.

    En haut, le ciel se montre avec tant de morceaux d’azur de maison à maison ou de terrasse à terrasse. En bas sur la rue, il y a des gens qui crient et croisent, d’autres personnes à pied ou sur un âne, ou conduisant des ânes chargés et d’autres en arrière d’une encombrante caravane de chameaux.

    Accompagnés par le prêtre, Marie et Joseph entrent au temple

    A un certain endroit passe avec beaucoup de bruits de sabots et d’armes une patrouille de légionnaires romains qui disparaissent derrière une arcade qui enjambe une rue très étroite et pierreuse. Joseph tourne à gauche et prend une rue plus large et plus belle. J’aperçois l’enceinte crénelée tout au fond de la rue.

    Marie descend de l’âne près de la porte où se trouve une sorte d’abri pour les ânes. Joseph donne quelque argent à un garçon qui est accouru, pour acheter un peu de foin et il tire un seau d’eau d’un puits rudimentaire situé dans un coin, pour la donner à l’âne. Puis, il rejoint Marie et ils entrent tous deux dans l’enceinte du Temple.

    Ils se dirigent d’abord vers un portique où se trouvent ces gens que Jésus fustigea plus tard vigoureusement : les marchands de tourterelles et d’agneaux et les changeurs. Joseph achète deux blanches colombes. Il ne change pas d’argent. On se rend compte qu’il a déjà ce qu’il faut.

    Joseph et Marie se dirigent vers une porte latérale où on accède par huit marches. Cette porte a un grand hall comme assez vaste et décoré. Là il y a à droite et à gauche deux sortes d’autels. On dirait des bassins peu profonds car l’intérieur est plus bas que le bord extérieur. Je ne sais si c’est Joseph qui a appelé : voilà qu’accourt un prêtre.

    Marie offre les deux pauvres colombes et moi qui comprends leur sort, je détourne mon regard. J’observe les ornements du très lourd portail, du plafond, du hall. Il me semble pourtant voir, du coin de l’œil, que le prêtre asperge Marie avec de l’eau.

    Puis, Marie, qui, en même temps que les colombes avait donné au prêtre une petite poignée de monnaie, entre avec Joseph dans le Temple proprement dit, accompagnée par le prêtre. C’est un endroit très orné. Sculptures à têtes d’anges avec rameaux et ornements courent le long des colonnes, sur les murs et le plafond. Le jour pénètre par de longues et drôles fenêtres, étroites.

    Marie s’introduit jusqu’à un certain endroit, puis s’arrête. À quelques mètres d’elle il y a d’autres marches et au-dessus une autre espèce d’autel au-delà duquel il y a une autre construction. Je m’aperçois que je croyais être dans le Temple et au contraire j’étais au-dedans des bâtiments qui entourent le Temple proprement dit, c’est-à-dire le Saint, et au-delà duquel il semble que personne, en dehors des prêtres, ne puisse entrer.

    Ce que je croyais être le Temple n’est donc qu’un vestibule fermé qui, de trois côtés, entoure le Temple où est renfermé le Tabernacle. Je ne sais si je me suis très bien expliquée, mais je ne suis pas architecte ou ingénieur.

     

     

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  • Fête des saints Innocents, martyrs

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    Non loin d’Étienne, le premier des martyrs, se tiennent les « flores martyrum », les fleurs des martyrs, les tendres bourgeons arrachés avant d’être mûrs pour s’offrir eux-mêmes. Selon une pieuse tradition, la grâce a devancé le développement naturel de ces enfants innocents et leur a donné la compréhension de ce qui leur arrivait afin de les rendre capables d’un don libre d’eux-mêmes et de leur assurer la récompense réservée aux martyrs. Mais même ainsi, ils ne ressemblent guère au confesseur de la foi parvenu à l’âge d’homme qui s’engage avec un courage héroïque pour la cause du Christ. Livrés sans défense, ils ressemblent bien plus aux « agneaux conduits à l’abattoir » (Is 53,7 ; Ac 8,32).

    C’est ainsi qu’ils sont l’image de la plus extrême pauvreté. Ils ne possèdent nul autre bien que leur vie. Et maintenant elle leur est prise aussi et cela s’accomplit sans qu’ils résistent. Ils entourent la crèche pour nous montrer de quelle nature est la myrrhe que nous devons offrir à l’Enfant divin : celui qui veut lui appartenir totalement doit se livrer à lui dans un total dessaisissement de soi-même et s’abandonner au bon vouloir divin comme ces enfants.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe
    Méditation pour le 6 janvier 1941 (trad. Source cachée, p. 271)

     

     

     

  • Fête de saint Jean, apôtre et évangéliste

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    Le symbole de Jean est l’aigle. Voici pourquoi : les trois autres évangélistes se sont occupés de ce que le Christ a accompli dans la chair et ils sont désignés par des vivants qui marchent sur la terre, à savoir par l’homme, le bœuf et le lion ; Jean, lui, volant comme un aigle au-dessus des nuages de la faiblesse humaine, contemple la lumière de  l’immuable Vérité avec les yeux du cœur, du regard le plus pénétrant et le plus ferme qui soit possible à l’homme. Attentif à la divinité même de Notre Seigneur Jésus-Christ, par laquelle Il est égal au Père ; Jean s’est efforcé principalement, dans son Évangile, de la manifester autant que, homme parmi les hommes, il l’a cru nécessaire. De ce vol de Jean, il est dit au Livre de Job : « L’aigle – c’est-à-dire Jean – s’élèvera-t-il en haut » (Jb 38,27), et encore : « ses yeux perçants voient de loin » (Jb 39,29), car, du regard de l’esprit, il contemple le Verbe même de Dieu dans le sein du Père.

    Le privilège de Jean fut d’être parmi tous les disciples du Seigneur, celui qui fut le plus aimé par le Christ : Jean fut en effet « le disciple que Jésus aimait » (Jn 21,20) comme lui-même l’a dit sans se nommer. Le Christ a donc révélé ses secrets de façon toute spéciale à ce disciple très spécialement aimé. C’est lui qui, voyant plus parfaitement la lumière du Verbe, nous la manifeste en disant : « Il était la lumière, la vraie, qui illumine tout homme venant en ce monde » (Jn 1,9).

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
    Commentaire sur Jean, (Prologue de saint Thomas ; Tome I, 11 p. 67 ; Ed. Les amis des Frères de Saint Jean, rev.)

     

     

     

  • Fête de saint Étienne, premier martyr

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    Nous avons encore en nos bras le fils de la Vierge…, les anges chantent encore la gloire de Dieu et les bergers se réjouissent… Qui détournerait les yeux d’une telle naissance ? Or, tandis que nous restons émerveillés, Étienne, plein de grâce et de vérité, « accomplit signes et prodiges au milieu du peuple » (Ac 6,8). Devrions-nous nous éloigner du roi pour jeter les yeux sur le soldat ?   Le roi lui-même qui nous y invite ; le fils du roi assiste, dans la douleur de son cœur, au combat de son soldat victorieux…

    Étienne, « rempli de grâce et de puissance », revêtu de grâce et protégé par le bouclier de la puissance divine, « accomplissait de grands signes et des prodiges dans le peuple ». « Alors, certains se sont levés » contre ce témoin (Ac 6,8). Mais la voix de l’homme libre se lève ; à partir de leurs livres, il leur présente la parole de vérité. L’Esprit de Dieu s’empare du martyr… ; il regarde le ciel mais ne voit plus le ciel ; « il voit, dit-il, les cieux ouverts, et Jésus se tenant à la droite de la puissance de Dieu » (Ac 7,58)… Le Seigneur se tient debout avec celui qui est debout, il combat avec celui qui lutte, il est lapidé en celui qu’on lapide… Oui, à bon droit il mérite la première place parmi les martyrs, celui qui exprime de façon si admirable la ressemblance avec le Seigneur pendu à la croix. Étienne crie d’une voix forte : « Seigneur, ne leur impute pas cela comme un péché ! » (Ac 7,60 ; Lc 23,34). Grand est son cri, car grand est son amour. Il s’endort dans le Seigneur…et repose entre les bras de Dieu.

    Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167), moine cistercien
    Sermon pour la fête de St Étienne, PL 184, 845-850 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 537 rev)