Auteur/autrice : fred

  • « En toutes choses, il a connu l’épreuve comme nous, et il n’a pas péché. » (He 4, 15)

    1378866653_1143_1200x667x0

    « Écoute, ô Dieu, ma plainte, sois attentif à ma prière… Des confins de la terre je crie vers toi ; mon cœur est dans l’angoisse » (Ps 60,2-3). Des confins de la terre, c’est-à-dire de partout… Ce n’est donc pas une seule personne qui parle ainsi ; et pourtant si, c’est une seule personne, car il n’y a qu’un seul Christ dont nous sommes les membres (Ep 5,23)… Celui qui crie des confins de la terre est dans l’angoisse, mais il n’est pas abandonné. Car c’est nous, c’est-à-dire son corps, que le Seigneur a voulu préfigurer en son propre corps…

    Il nous a symbolisés en sa personne quand il a voulu être tenté par Satan. On lit dans l’Évangile que notre Seigneur, le Christ Jésus, a été tenté au désert par le diable. Dans le Christ, c’est toi qui étais tenté, car le Christ avait pris de toi sa chair pour te donner son salut, de toi il prenait sa mort pour te donner sa vie, de toi il subissait ses outrages pour te donner son honneur. C’est donc de toi qu’il prenait aussi les tentations, pour te donner sa victoire. Si nous sommes tentés en lui, en lui aussi nous triomphons du diable.

    Tu remarques bien que le Christ a été tenté, et tu ne remarques pas qu’il a remporté la victoire ? Reconnais-toi comme tenté en lui, reconnais-toi comme vainqueur en lui. Il aurait pu empêcher le diable de s’approcher de lui ; mais s’il n’avait pas été tenté, comment t’aurait-il enseigné la manière de vaincre dans la tentation ? C’est pourquoi ce n’est pas étonnant si, harcelé de tentations, il crie des confins de la terre selon ce psaume. Mais pourquoi n’est-il pas vaincu ? Le psaume continue : « Tu m’as établi sur le roc »… Souvenons-nous de l’Évangile : « Sur ce roc je bâtirai mon Église » (Mt 16,18). C’est donc l’Église, qu’il a voulue bâtir sur le roc, qui crie des confins de la terre. Mais qui est devenu rocher pour que l’Église puisse être bâtie sur le roc ? Écoutons saint Paul nous le dire : « Le rocher c’était le Christ » (1Co 10,4). C’est donc sur lui que nous sommes bâtis. Et voilà pourquoi ce roc sur lequel nous sommes bâtis a été le premier à être battu par les vents, les torrents et les pluies lorsque le Christ a été tenté par le diable (Mt 7,25). Voilà la fondation inébranlable sur laquelle il a voulu t’établir.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Les Discours sur les Psaumes, Ps 60 ; CCL 39, 766 (trad. Brésard, 2000 ans C, p. 88 ; cf bréviaire, 1er dimanche de Carême)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Le samedi après les Cendres

    MosesAndTheBrassSerpent-765x1024

    Le temps du Carême rappelle les quarante ans qu’Israël a passés dans le désert quand il était en marche vers la Terre Promise. Pendant cette période, le peuple a appris ce que signifiait vivre sous la tente, sans domicile fixe, dans une absence totale de sécurité. Bien des fois, il a été tenté de retourner en Égypte : là, au moins, il était sûr d’avoir à manger, même si c’était une nourriture d’esclaves. Dans la précarité du désert, c’est Dieu lui-même qui a fourni l’eau et la nourriture à son peuple et qui l’a protégé de tous les dangers. Ainsi l’expérience de dépendre totalement de Dieu s’est transformée pour les Hébreux en marche pour se libérer de l’esclavage et de l’idolâtrie des biens matériels.

    Le temps du Carême aide les croyants à revivre, dans un effort de purification personnelle, ce même itinéraire spirituel en prenant conscience de la pauvreté et de la précarité de l’existence, et en redécouvrant l’intervention providentielle du Seigneur, qui invite à ouvrir les yeux sur les besoins de nos frères les plus nécessiteux. De cette façon, le Carême devient aussi le temps de la solidarité avec les individus et les peuples des nombreuses parties du monde qui se trouvent en situation précaire…

    C’est de l’amour de Dieu que le chrétien apprend à secourir celui qui est dans le besoin…; il existe en effet une dimension plus élevée, indiquée par l’exemple du Christ lui-même : « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête » (Mt 8,20). Il voulait exprimer ainsi sa disponibilité totale envers son Père du ciel, dont il voulait accomplir la volonté sans se laisser entraver par la possession de biens terrestres… Le Christ nous précède sur cette route. Sa présence est une force et un encouragement : il nous rend libres et nous fait devenir des témoins de son amour.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Message pour le Carême 1997 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)

     

     

     

  • Le vendredi après les Cendres

    ob_e4969f_b763356c5c0f2cbf7e31cd801ee7a6c4

    Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l’homme qui a faim s’il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde. Ce que nous avons perdu par le mépris, nous devons le conquérir par le jeûne ; immolons nos vies par le jeûne, parce qu’il n’est rien que nous puissions offrir à Dieu de plus important, comme le prouve le prophète lorsqu’il dit : « Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ; le cœur qui est broyé et abaissé, Dieu ne le méprise pas » (Ps 50,19). Offre donc à Dieu ta vie, offre l’oblation du jeûne pour qu’il y ait là une offrande pure, un sacrifice saint, une victime vivante qui insiste en ta faveur.

    Mais pour que ces dons soient agréés, il faut que vienne ensuite la miséricorde. Le jeûne ne porte pas de fruit s’il n’est pas arrosé par la miséricorde ; le jeûne devient moins aride par la miséricorde ; ce que la pluie est pour la terre, la miséricorde l’est pour le jeûne. Celui qui jeûne peut bien cultiver son cœur, purifier sa chair, arracher les vices, semer les vertus : s’il n’y verse pas les flots de la miséricorde, il ne recueille pas de fruit.

    Toi qui jeûnes, ton champ jeûne aussi s’il est privé de miséricorde ; toi qui jeûnes, ce que tu répands par ta miséricorde rejaillira dans ta grange. Pour ne pas gaspiller par ton avarice, recueille par tes largesses. En donnant au pauvre, tu donnes à toi-même ; car ce que tu n’abandonnes pas à autrui, tu ne l’auras pas.

    Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église
    Homélie sur la prière, le jeûne et l’aumône ; PL 52, 320 (trad. bréviaire, 3e mercredi de Carême)

     

     

     

  • Le jeudi après les Cendres

    croix10

    Le Seigneur Dieu a livré son propre Fils à la mort sur la croix, à cause de son ardent amour pour la création… Non pas qu’il n’aurait pas pu nous racheter d’une autre façon, mais il a voulu manifester ainsi son amour débordant, comme un enseignement pour nous. Et par la mort de son Fils unique, il nous a rapprochés de lui. Oui, s’il avait possédé quelque chose de plus précieux, il nous l’aurait donné, afin que nous lui appartenions pleinement.

    À cause de son grand amour pour nous, il n’appartenait pas à son bon plaisir de faire violence à notre liberté, bien qu’il aurait été capable de le faire, mais il a préféré que nous nous rapprochions de lui par amour de ce que nous pouvions comprendre.

    À cause de son amour pour nous et par obéissance à son Père, le Christ a accepté joyeusement les insultes et la détresse… De la même façon, lorsque les saints deviennent parfaits, ils atteignent cette même perfection et ainsi, en déversant abondamment leur amour et leur compassion sur tous les hommes, ils ressemblent à Dieu.

    Isaac le Syrien (7e siècle), moine près de Mossoul
    Discours ascétiques, 1ère série, 71/74 (trad. Alfeyev, Bellefontaine 2001, p.62)

     

     

     

  • Le mercredi des Cendres

    6a0168e86c1e74970c01b8d0d82328970c

    Le Seigneur a dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9,13). Il n’est donc permis à aucun chrétien de haïr qui que ce soit, car personne n’est sauvé autrement que grâce au pardon des péchés… Que le peuple de Dieu soit donc saint, et qu’il soit bon : saint pour se détourner de ce qui est défendu, bon pour accomplir ce qui est commandé. C’est une grande chose, certes, d’avoir une foi droite et une doctrine sainte ; il est très louable de réprimer la gloutonnerie, d’avoir une douceur et une chasteté irréprochable, mais toutes ces vertus ne sont rien sans la charité…

    Mes bien-aimés, tous les temps conviennent pour réaliser ce bien de la charité, mais le carême nous y invite plus spécialement. Ceux qui désirent accueillir la Pâque du Seigneur avec la sainteté de l’esprit et du corps doivent s’efforcer avant tout d’acquérir ce don qui contient l’essentiel des vertus et qui « couvre la multitude des péchés » (1P 4,8). C’est pourquoi, au moment de célébrer le mystère qui surpasse tous les autres, celui par lequel le sang de Jésus Christ a effacé nos fautes, préparons en premier lieu les sacrifices de la miséricorde. Ce que la bonté de Dieu nous a accordé, accordons-le à ceux qui ont péché contre nous. Que les injustices soient jetées dans l’oubli, que les fautes n’entraînent pas le châtiment, et que tous ceux qui nous ont offensés ne craignent plus d’être payés de retour…

    Chacun doit bien savoir qu’il est lui-même pécheur et, pour recevoir lui-même le pardon, il doit se réjouir d’avoir trouvé quelqu’un à qui pardonner. Ainsi, lorsque nous dirons, selon l’enseignement du Seigneur : « Pardonne-nous nos offenses comme nous avons nous-mêmes pardonné à ceux qui nous ont offensés » (Mt 6,12), nous pouvons être sûrs que nous obtiendrons la miséricorde de Dieu.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église
    10e homélie pour le carême, 10,2-4 (trad. bréviaire, 3e dimanche du Carême ; SC 49 rev)

     

     

     

  • Lumière Divine

    moudi-700x352-6

    Je ne peux pas voir ta lumière : elle est trop éclatante pour ma vue. Et pourtant, tout ce que je vois, c’est grâce à ta lumière que je le distingue, comme notre œil fragile voit, grâce au soleil, tout ce qu’il aperçoit, sans pouvoir cependant regarder le soleil lui-même.

    Mon intelligence demeure impuissante devant ta lumière ; elle est trop éclatante. L’œil de mon âme est incapable de la recevoir, et il ne supporte même pas de rester longtemps fixé sur elle. Mon regard est blessé par son éclat, dépassé par son étendue ; il se perd dans son immensité et reste confondu devant sa profondeur.

    Ô lumière souveraine et inaccessible ! Vérité totale et bienheureuse ! Que tu es donc loin de moi, et pourtant je suis si près de toi ! Tu échappes presque entièrement à ma vue, tandis que je suis, moi, tout entier sous ton regard. En tout lieu rayonne la plénitude de ta présence, et je ne te vois pas. C’est en toi que j’agis et que j’ai l’existence, pourtant je ne peux pas atteindre jusqu’à toi. Tu es en moi, tu es tout alentour de moi, et pourtant je ne peux pas te saisir du regard.

    Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l’Église
    Proslogion, ch.16

     

     

     

  • Comme un enfant

    blog_1450448419

    Dieu est partout, dans tout, et sans lui nous ne pouvons pas exister. Pas un seul instant, je n’ai douté de son existence mais je sais que certains sont dans le doute. Si vous ne croyez pas en Dieu, vous pouvez déjà aider les autres par des actes inspirés par l’amour, et le fruit de ces œuvres sera les grâces supplémentaires qui descendront dans votre âme. Vous commencerez alors à vous épanouir lentement et vous aspirerez à la joie d’aimer Dieu.

    Il y a tant de religions ! Chacun suit Dieu à sa manière. Moi, je suis la voie du Christ : Jésus est mon Dieu, Jésus est mon Époux, Jésus est mon seul Amour, Jésus est mon Tout en tout, Jésus est tout pour moi.

    C’est la raison pour laquelle je n’ai jamais peur. Je fais mon travail avec Jésus, je le fais pour lui en le lui dédiant ; c’est pourquoi les résultats sont les siens, pas les miens. Si vous avez besoin d’un guide, vous n’avez qu’à tourner les yeux vers Jésus. Vous devez vous en remettre à lui et compter entièrement sur lui. Quand vous faites cela, le doute se dissipe et l’assurance vous envahit. Mais Jésus a dit : « Si vous ne devenez pas semblables à un enfant, vous ne pouvez pas venir à moi » (Mt 18,3).

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    A Simple Path (trad. Un Chemin tout simple, Plon Mame 1995, p.65 rev.)

     

     

     

  • « Si tu le veux, tu peux. »

    Sainte Therese d'Avila (1515-1582) religieuse et reformatrice monastique ici contemplant le Sacre Coeur de Jesus, alors que son propre coeur est transperce d'une fleche, chromolithographie, vers 1897 --
    Sainte Therese d’Avila (1515-1582) religieuse et reformatrice monastique ici contemplant le Sacre Coeur de Jesus, alors que son propre coeur est transperce d’une fleche, chromolithographie, vers 1897 —

     

    Mon tendre maître, tu es bien l’ami véritable ! Étant tout-puissant, ce que tu veux, tu le peux. Et jamais tu ne manques de vouloir, envers ceux qui t’aiment. Que tout ce qui est ici-bas te loue, Seigneur ! Comment faire retentir ma voix dans tout l’univers, pour annoncer combien tu es fidèle à tes amis ? Toutes les créatures peuvent nous manquer : toi qui en es le maître, tu ne nous manques jamais.

    Que tu laisses souffrir peu de temps ceux qui t’aiment ! Ô mon maître, quelle délicatesse, quelle attention, quelle tendresse tu montres envers eux ! Oui, heureux celui qui n’a jamais rien aimé hors de toi ! Il est vrai, tu traites tes amis avec rigueur, mais c’est, je crois, pour mieux faire éclater dans l’excès de la souffrance, l’excès plus grand encore de ton amour. Mon Dieu, que n’ai-je de l’intelligence, du talent, que n’ai-je un langage nouveau, pour parler de tes œuvres telles que mon âme les conçoit ! Tout me fait défaut, mon Seigneur. Mais pourvu que tu ne m’abandonnes pas, moi je ne t’abandonnerai jamais…

    Je sais par expérience avec quels avantages tu fais sortir de l’épreuve ceux qui ne mettent qu’en toi leur confiance. Tandis que j’étais dans [une] affliction amère…, ces seules paroles que j’ai entendues… ont suffi pour dissiper ma peine et me mettre dans une tranquillité parfaite : « Ne crains rien, ma fille ; c’est moi, je ne t’abandonnerai pas. Ne crains rien »… Et voici qu’à ces seules paroles, le calme se fait en moi, je me trouve forte, courageuse, rassurée ; je sens renaître la paix et la lumière. En un instant mon âme est transformée.

    Sainte Thérèse d’Avila (1515-1582), carmélite, docteur de l’Église
    Vie écrite par elle-même, ch. 25 (trad. OC, Cerf 1995, p. 189 rev.)

     

     

  • « Si je les renvoie chez eux à jeun, ils vont défaillir en route. »

    jesus_pains

    Seigneur Jésus, je sais bien que tu ne veux pas laisser à jeun ces gens ici avec moi, mais les nourrir des aliments que tu distribues ; ainsi, fortifiés par ta nourriture, ils n’auront pas à redouter de défaillir de faim. Je sais bien que nous aussi tu ne veux pas nous renvoyer à jeun… Tu l’as dit : tu ne veux pas qu’ils défaillent en chemin, c’est-à-dire qu’ils défaillent dans le parcours de cette vie, avant de parvenir au terme de la route, avant de parvenir au Père et de comprendre que tu viens du Père…

    Le Seigneur a donc pitié, pour que nul ne défaille en chemin… Comme il fait pleuvoir sur les justes autant que sur les injustes (Mt 5,45), il nourrit aussi bien les justes que les injustes. N’est-ce pas grâce à la force de la nourriture que le saint prophète Élie, défaillant en chemin, a pu marcher quarante jours ? (1R 19,8) Cette nourriture, c’est un ange qui la lui a donnée ; mais vous, c’est le Christ lui-même qui vous nourrit. Si vous conservez la nourriture ainsi reçue, vous marcherez non pas quarante jours et quarante nuits…, mais pendant quarante ans, depuis votre sortie des confins de l’Égypte jusqu’à votre arrivée dans la terre d’abondance, dans la terre où coulent le lait et le miel (Ex 3,8)…

    Le Christ partage donc les vivres, et il veut, sans aucun doute, donner à tous. Il ne refuse à personne, car il fournit tous. Cependant, quand il rompt les pains et qu’il les donne aux disciples, si vous ne tendez pas les mains pour recevoir votre nourriture, vous défaillirez en chemin… Ce pain que rompt Jésus, c’est le mystère de la parole de Dieu : lorsqu’elle est distribuée, elle augmente. À partir de quelques paroles seulement, Jésus a fourni à tous les peuples un aliment surabondant. Il nous a donné ses discours comme des pains, et tandis que nous les goûtons, ils se multiplient encore dans notre bouche… Alors que les foules mangent, les morceaux augmentent encore, en se multipliant, si bien que les restes, à la fin, sont encore plus abondants que les quelques pains partagés.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église
    Commentaire sur l’évangile de Luc, VI, 73-88 (trad. SC 45, p. 254s rev.)

     

     

  • « Je chanterai pour mon Dieu tant que je vivrai ! »

    Je louerai l Éternel tant que je vivrai, Je célébrerai mon Dieu tant que j existerai.
    Je louerai l Éternel tant que je vivrai, Je célébrerai mon Dieu tant que j existerai.

    « Je chanterai le Seigneur tant que je vis » (Ps 103,33). Que chantera le psalmiste ? Tout ce que Dieu est, il le chantera. Chantons la gloire du Seigneur durant toute notre vie. Notre vie actuelle n’est qu’une espérance ; notre vie à venir sera l’éternité. La vie de cette vie mortelle est l’espérance de la vie immortelle : « Je chanterai le Seigneur pendant toute ma vie ; je jouerai pour Dieu tant que je suis. » Et parce que je vivrai en lui sans fin, tant que je vivrai, je chanterai à mon Dieu.

    Lorsque nous aurons commencé à chanter au Seigneur dans la cité du ciel, ne nous imaginons pas que nous devons y faire autre chose ; toute notre vie sera alors de chanter à la gloire de Dieu. Si, ici-bas, l’objet de nos louanges nous cause de l’ennui, nos chants de louange peuvent nous en causer aussi. Mais, si nous l’aimons éternellement, éternellement aussi nous le louerons : « Je chanterai pour mon Dieu tant que je vivrai ! »

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Les Discours sur les psaumes, 4e sur le psaume 103, §17