Auteur/autrice : fred

  • Saint Barnabé, apôtre, mémoire

    Vous pouvez, vous aussi, si vous le voulez, mériter ce beau nom de messager de Dieu. En effet, si chacun de vous, selon ses possibilités, dans la mesure où il en a reçu l’inspiration du ciel, détourne son prochain du mal, s’il prend soin de l’amener au bien, s’il rappelle à l’égaré le Royaume ou le châtiment qui l’attendent dans l’éternité, il est évidemment un messager des saintes paroles de Jésus. Et que personne ne vienne dire : Je suis incapable d’instruire les autres, de les exhorter. Faites du moins votre possible, pour qu’un jour on ne vous demande pas compte du talent reçu et malheureusement conservé. Car celui qui a préféré cacher son talent plutôt que de le faire valoir n’avait pas reçu plus d’un talent, lui non plus (Mt 25,14s)…

    Entraînez les autres avec vous ; qu’ils soient vos compagnons sur la route qui mène à Dieu. Quand, en allant sur la place ou aux bains publics, vous rencontrez quelque désœuvré, invitez-le donc à vous accompagner. Car vos actions quotidiennes elles-mêmes servent à vous unir aux autres. Vous alliez à Dieu ? Essayez de ne pas y arriver seuls. Que celui qui, dans son cœur, a déjà entendu l’appel de l’amour divin en tire pour son prochain une parole d’encouragement.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

  • Que brille la lumière de votre charité !

    « Que votre lumière brille devant les hommes pour que, voyant vos bonnes œuvres, ils en rendent gloire à votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5,16). Qui ne reconnaîtrait la présence de Dieu là où apparaît une authentique vertu ? Car celle-ci, en vérité, n’existe pas sans Dieu, et elle ne peut obtenir ce qui appartient à Dieu sans être fortifiée par l’Esprit créateur.

    Le Seigneur a dit à ses disciples : « Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15,5) ; ce qui veut dire que l’homme qui fait le bien tient de Dieu la réalisation de son œuvre et le commencement de son vouloir. C’est pourquoi l’Apôtre exhorte inlassablement les croyants par ces mots : « Travaillez à votre salut avec crainte et tremblement ; car c’est Dieu qui produit en vous la volonté et l’action » (Ph 2,12-13). Voilà de quoi inspirer aux chrétiens la crainte que, dans l’exaltation de leurs bonnes œuvres mêmes, ils se retrouvent privés du secours de la grâce et abandonnés à leur faiblesse naturelle. (…)

    Ceux à qui il est dit : « Le Royaume de Dieu est au-dedans de vous » (Lc 17,21), ne font rien que par l’Esprit de celui dont la volonté les conduit. Sachant donc, mes frères, que « Dieu est charité » (1 Jn 4,16), lui « qui opère tout en tous » (1 Co 12,6), recherchez la charité afin que les cœurs de tous les croyants s’unissent dans un même sentiment de pur amour.

    Saint Léon le Grand (?-v. 461)

  • Bienheureuse Vierge Marie, Mère de l’Église

    Oh ! je voudrais chanter, Marie, pourquoi je t’aime
    Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon cœur
    Et pourquoi la pensée de ta grandeur suprême
    Ne saurait à mon âme inspirer de frayeur.
    Si je te contemplais dans ta sublime gloire
    Et surpassant l’éclat de tous les bienheureux
    Que je suis ton enfant je ne pourrais le croire
    Ô Marie, devant toi, je baisserais les yeux !…

    Il faut pour qu’un enfant puisse chérir sa mère
    Qu’elle pleure avec lui, partage ses douleurs
    Ô ma Mère chérie, sur la rive étrangère
    Pour m’attirer à toi, que tu versas de pleurs !….
    En méditant ta vie dans le saint Evangile
    J’ose te regarder et m’approcher de toi
    Me croire ton enfant ne m’est pas difficile
    Car je te vois mortelle et souffrant comme moi… (…)

    Ô Vierge Immaculée, des mères la plus tendre
    En écoutant Jésus, tu ne t’attristes pas
    Mais tu te réjouis qu’Il nous fasse comprendre
    Que notre âme devient sa famille ici-bas
    Oui tu te réjouis qu’Il nous donne sa vie,
    Les trésors infinis de sa divinité !…
    Comment ne pas t’aimer, ô ma Mère chérie
    En voyant tant d’amour et tant d’humilité ?

    Tu nous aimes, Marie, comme Jésus nous aime
    Et tu consens pour nous à t’éloigner de Lui.
    Aimer c’est tout donner et se donner soi-même
    Tu voulus le prouver en restant notre appui.
    Le Sauveur connaissait ton immense tendresse
    Il savait les secrets de ton cœur maternel,
    Refuge des pécheurs, c’est à toi qu’Il nous laisse
    Quand Il quitte la Croix pour nous attendre au Ciel. (…)

    La maison de Saint Jean devient ton seul asile
    Le fils de Zébédée doit remplacer Jésus…
    C’est le dernier détail que donne l’Evangile
    De la Reine des Cieux il ne me parle plus.
    Mais son profond silence, ô ma Mère chérie
    Ne révèle-t-il pas que Le Verbe Eternel
    Veut Lui-même chanter les secrets de ta vie
    Pour charmer tes enfants, tous les Elus du Ciel ?

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897)

  • Ô Seigneur, envoie ton Esprit !

    Le Seigneur dit dans l’évangile de ce jour : « Le Paraclet, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jn 14,26). Le Père a envoyé le Paraclet au nom du Fils, pour la gloire du Fils, pour manifester la gloire du Fils.

    « Lui, dit-il, vous enseignera », pour que vous sachiez ; il « vous rappellera » (Jn 14,26), vous exhortera pour que vous vouliez. La grâce de l’Esprit donne le savoir et le vouloir. C’est pourquoi, nous chantons dans la messe de ce jour : « Viens, Esprit Saint, pénètre le cœur de tes fidèles ! », pour qu’ils aient la science, « qu’ils soient brûlés au feu de ton amour ! », pour qu’ils aient la volonté de traduire en pratique ce qu’ils savent. De même que l’on chante : « Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ! » Nous trouvons cette pensée dans cette Lamentation de Jérémie : « D’en haut il envoie un feu qu’il a fait descendre dans mes os pour m’instruire » (cf. Lm 1,13). Le Père d’en haut, du Fils, envoie aujourd’hui un feu, l’Esprit Saint, dans mes os, dans les apôtres, commente l’Église, et par eux il m’instruit pour que je sache et je veuille. (…)

    L’Esprit Saint donne le savoir et le vouloir : présentons-lui le pouvoir qui est dans nos possibilités et nous deviendrons le temple du Saint-Esprit. Prions le Fils de l’envoyer sur nous, lui qui est béni dans les siècles, Amen ! (…) Prions-le avec ferveur ; demandons-lui de nous envoyer le Paraclet qui nous le fera connaître et aimer afin de mériter de parvenir jusqu’à Lui.

    Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

  • Jésus aime celui qui le suit…

    L’amour de Jésus pour son fidèle disciple est indiqué dans les paroles : « Se retournant, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait, celui-là même qui, durant le repas, s’était penché sur sa poitrine » (Jn 21,20).

    Celui qui suit vraiment le Seigneur désire que tous le suivent ; c’est pourquoi, il se retourne vers son prochain par des attentions, la prière et l’annonce de la parole. Le retournement de Pierre signifie tout cela. Nous trouvons la même pensée dans l’Apocalypse : « L’époux et l’épouse – le Christ et l’Église – disent : “Viens !” Que celui qui entend dise : “Viens !” » (Ap 22,17). Le Christ par l’inspiration intérieure, et l’Eglise par la prédication disent à l’homme : “Viens !” Et celui qui entend ces paroles dit à son prochain : “Viens !”, c’est-à-dire “Suis Jésus !”. Pierre se retournant vit donc marchant à sa suite le disciple que Jésus aimait. Jésus aime celui qui le suit.

    Bien que son nom ne soit pas dit, Jean se distingue des autres, non parce que Jésus n’aimait que lui, mais parce qu’il l’aimait plus que les autres. Il aimait tous les autres, mais celui-ci lui était plus familier. (…) C’est lui qui « s’était penché sur sa poitrine durant le repas » (Jn 21,20). Ce fut un grand signe d’amour, le fait que lui seul ait pu se pencher sur la poitrine de Jésus, en qui « sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science » (Col 2,3). (…)

    Ainsi, durant la Cène du ciel, nous serons rassasiés pour l’éternité, nous reposerons avec Jean sur la poitrine de Jésus. Le cœur est dans la poitrine, l’amour dans le cœur. Nous reposerons dans son amour parce que nous l’aimerons de tout notre cœur et de toute notre âme, et que nous trouverons en lui tous les trésors de la sagesse et de la science. (…) À lui soit donc la louange et la gloire pour les siècles éternels. Amen.

    Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

  • Guéris-mes reniements par ton amour !

    Trois fois de suite par la parole de l’amour
    En interrogeant après le repas,
    La triple négation
    De Pierre, Tu l’as guérie.

    En moi, même interrogé mille fois,
    Des parcelles de bien ne paraissent pas ;
    Guéris la plaie de la blessure
    Et mets-y profond l’onguent,

    Afin que je sois transpercé par ton amour
    Et que mon cœur T’embrasse,
    Comme le Sage a chanté
    L’amour de l’épouse envers l’Époux.

    Et veuille me diriger comme lui
    Afin de Te suivre au ciel,
    Bien qu’une chose pareille soit impossible pour moi,
    Mais tout à fait possible pour Toi.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient avec moi. » (Jn 17,24)

    Cette prière se résume en trois points qui constituent la somme du salut et même de la perfection, si bien qu’on ne peut rien y ajouter : à savoir, que les disciples soient gardés du mal, sanctifiés dans la vérité et glorifiés avec lui. « Père, dit-il, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, pour qu’ils contemplent ta gloire » (Jn 17,24).

    Heureux ceux pour qui plaide le juge lui-même : il intercède pour eux et doit être adoré avec autant d’honneur que celui à qui il adresse ses prières. Le Père ne lui refusera pas le souhait de ses lèvres, car il partage avec lui une seule volonté et un seul pouvoir, puisqu’il n’y a qu’un Dieu. Tout ce qu’il demande s’accomplira nécessairement, car sa parole est puissante et sa volonté efficace. Pour tout ce qui existe, « il a dit et ce fut fait, il a commandé et ce fut créé » (Ps 32,9). « Je veux, dit-il, que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi ».

    Quelle certitude pour les croyants ! pourvu, du moins, qu’ils ne rejettent pas la grâce qu’ils ont reçue. Car cette assurance n’est pas offerte aux seuls apôtres, ou à leurs compagnons, mais à tous ceux qui par leur parole croiront à la Parole de Dieu : « Je ne prie pas pour eux seulement, dit-il, mais pour ceux-là aussi qui grâce à leur parole croiront en moi » (Jn 17,20).

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157)

  • « Pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. » (Jn 17,19)

    « Ceux qui s’attachent à des vanités inutilement perdront la miséricorde qui leur est offerte »(cf. Jon 2,9 LXX). Dieu par nature est miséricordieux, et prêt à sauver par clémence ceux qu’Il ne peut sauver par justice. Mais nous, par notre vice, nous gâchons et nous perdons la miséricorde préparée et s’offrant d’elle-même. (…) Bien que soit offensée la Miséricorde, c’est-à-dire Dieu Lui-même, car « Dieu est miséricordieux et bon, patient et plein de pitié » (cf. Ps 144,8 LXX) cependant elle n’abandonne pas ceux qui s’attachent à des vanités , elle ne les maudit pas ; mais elle attend qu’ils reviennent, tandis qu’eux abandonnent délibérément la miséricorde qui est là, devant eux. (…)

    « Mais moi, avec les accents de la louange et de l’action de grâce, je t’offrirai un sacrifice. Les vœux que j’ai faits, je m’en acquitterai envers Toi, Seigneur, en signe de salut. »(cf. Jon 2,10 LXX) (…) Moi, qui ai été dévoré pour le salut d’une multitude, je t’offrirai un sacrifice aux accents de la louange et de l’action de grâce en m’offrant moi-même. Car « le Christ, notre Pâque, a été immolé »(1 Cor 5,7). Pontife véritable et agneau, il s’est offert pour nous. ― Et je te rendrai grâces, dit-il, comme je t’ai rendu grâces en disant : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre »(cf. Mt 11,25) et je m’acquitte des vœux que j’ai formés pour le salut de tous, afin que « tout ce que tu m’as donné ne périsse pas à jamais »(cf. Jn 6,39).

    Nous voyons ce que, dans sa passion, le Seigneur a promis pour notre salut. Ne rendons pas Jésus menteur et soyons purs et détachés de tout péché, pour qu’il nous offre à Dieu à qui il nous a voués.

    Saint Jérôme (347-420)

  • « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent. » (Jn 17,3)

    Il est dit que dans le ciel « nous serons semblables à Dieu parce que nous le verrons tel qu’il est » (1 Jn 3,2). Aussitôt que l’âme bienheureuse voit Dieu, elle s’identifie avec lui dans l’intelligence par la vérité, et dans la volonté par l’amour. Dans la mesure du possible, l’âme sera, – non pas égale évidemment ‒ mais semblable à Dieu : la vision béatifique opère cette transformation, de rendre unie dans l’unité.

    Or, qu’est-ce qui, durant cette vie, prélude pour nous à la vision des élus ? L’oraison dans la foi. L’âme en contemplant Dieu par la foi dans l’oraison, voit ses perfections et toute vérité ; elle se livre à cette vérité ; et voyant ainsi en Dieu le Bien souverain, le Bien unique, sa volonté s’unit à cette volonté divine, source pour l’âme de toute béatitude : et plus cette adhésion est puissante, plus l’âme est unie à Dieu. C’est pourquoi l’oraison dans la foi est si précieuse pour l’âme. Nous devons désirer arriver à un haut degré dans cette oraison, c’est-à-dire atteindre à cette union pleine d’amour et très simple à Dieu, qui résulte d’une effusion de la très pure lumière divine. (…)

    Dans les conditions ordinaires de sa Providence, Dieu ne se donne à l’âme avec cette plénitude qu’au soir de la vie, quand l’âme a prouvé, par une constante fidélité aux inspirations de la grâce, qu’elle est tout entière à Dieu et qu’en toutes choses elle ne cherche véritablement que lui seul. Nous devons tendre à cet état bienheureux, auquel certainement beaucoup d’âmes religieuses sont appelées. (…) Bienheureux état, dans lequel l’âme, tout à Dieu, prélude à cette éternelle union où elle trouvera la béatitude sans fin !

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

  • Ton âme est une pierre vivante de l’Église

    Il ne faut pas perdre l’élan intérieur de la confiance et de la foi dans un monde qui apostasie. D’une certaine manière, cela doit donner encore plus de valeur à l’élan de foi que chacun de nous peut faire.

    Il n’y a qu’une chose qui dépende de vous : c’est votre attitude intérieure. Si vous tenez votre âme dans la lumière de Dieu, vous êtes une pierre vivante de l’Église. La transformation de l’Église que vous pouvez faire, elle est dans votre cœur. Si chacun de nous est une petite pierre de lumière dans le monde actuel, la cité de Jérusalem se construit déjà à l’intérieur de votre cœur. Du petit milieu immédiat dans lequel vous pouvez avoir une influence, il y a un rayon qui part. Alors vous restez là, non sans souffrance – c’est impossible quand on aime Dieu de ne pas souffrir en voyant l’état actuel du monde –, mais dans la paix, une paix profonde, une paix qui est une adoration, et une réponse faite à Dieu aux négations que lui oppose le monde.

    Vous lui avez dit « oui » dans votre cœur ; ce « oui » vous a peut-être coûté beaucoup d’arrachements, de déchirements; vous avez essayé d’être fidèle, non pas sans misères, mais ce « oui » que vous avez dit, que vous n’avez pas renié, il est très grand. Et les anges dans le ciel, qui voient le monde tel qu’il est, ne voient pas seulement ce que dit la grande presse et les moyens de communication qui s’agenouillent devant le monde ; ils voient quelque chose de plus mystérieux, de plus profond. Il faut garder la paix.

    Cardinal Charles Journet (1891-1975)