Auteur/autrice : fred

  • Commémoration de tous les fidèles défunts

    Pourquoi est-ce que je te pleurerais, mon frère qui m’aimais tant et qui m’a été enlevé… ? Car je n’ai pas perdu mes relations avec toi ; elles ont complètement changé pour moi : jusqu’ici elles étaient inséparables du corps, maintenant elles sont indissociables des sentiments. Tu restes avec moi et tu y resteras toujours… L’apôtre Paul me rappelle et met une sorte de frein à mon chagrin par ces mots… : « Nous ne voulons pas, frères, vous laisser dans l’ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis dans la mort, pour que vous ne soyez pas tristes comme les autres qui n’ont pas d’espérance » (1Th 4,13)…

    Mais tous les pleurs ne sont pas signe de manque de foi ou de faiblesse. La douleur naturelle est une chose, la tristesse de l’incroyance en est une autre… La douleur n’est pas seule à avoir des larmes : la joie a ses larmes, l’affection elle aussi fait venir les pleurs et la parole arrose le sol de larmes, et la prière, selon les mots du prophète, baigne de larmes notre lit (Ps 6,7). Quand on a enseveli les patriarches, leur peuple aussi a beaucoup pleuré sur lui-même. Les larmes sont donc des signes d’affection et non des incitations à la douleur. J’ai pleuré, je l’avoue, mais le Seigneur aussi a pleuré (Jn 11,35) ; lui a pleuré quelqu’un qui n’était pas de sa famille, moi un frère. Lui, en un seul homme, a pleuré tous les hommes ; moi je te pleurerai, mon frère, en tous les hommes.

    C’est avec notre sensibilité que le Christ a pleuré, non avec la sienne, car la divinité n’a pas de larmes… Il a pleuré en cet homme qui était « triste à en mourir » (Mt 26,38) ; il a pleuré en celui qui a été crucifié, qui est mort, qui a été enseveli ; il a pleuré en cet homme… né de la Vierge.

    Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église

     

     

     

  • Solennité de la Toussaint

    Sœur Marie de l’Eucharistie voulait allumer les cierges pour une procession ; elle n’avait pas d’allumette, mais voyant la petite lampe qui brûle devant les reliques, elle s’en approche. Hélas, elle la trouve à demi éteinte ; il ne reste plus qu’une faible lueur sur la mèche carbonisée. Elle réussit cependant à allumer son cierge et, par ce cierge, tous ceux de la communauté se trouvèrent allumés. C’est donc cette petite lampe à demi éteinte qui a produit ces belles flammes qui, à leur tour, peuvent en produire une infinité d’autres et même embraser l’univers. Pourtant ce serait toujours à la petite lampe qu’on devrait la première cause de cet embrasement. Comment, sachant cela, les belles flammes pourraient-elles se glorifier d’avoir fait un incendie pareil, puisqu’elles n’ont été allumées que par correspondance avec la petite étincelle ?…

    Il en est de même pour la communion des saints. Souvent, sans le savoir, les grâces et les lumières que nous recevons sont dues à une âme cachée, parce que le bon Dieu veut que les saints se communiquent les uns aux autres la grâce par la prière, afin qu’au ciel ils s’aiment d’un grand amour, d’un amour bien plus grand encore que celui de la famille, même la famille la plus idéale de la terre. Combien de fois ai-je pensé que je pouvais devoir toutes les grâces que j’ai reçues aux prières d’une âme qui m’aurait demandée au bon Dieu et que je ne connaîtrai qu’au ciel. Oui, une toute petite étincelle pourra faire naître de grandes lumières dans toute l’Église, comme des docteurs et des martyrs qui seront sans doute bien au-dessus d’elle au ciel ; mais comment pourrait-on penser que leur gloire ne deviendra pas la sienne ? Au ciel on ne rencontrera pas de regards indifférents, parce que tous les élus reconnaîtront qu’ils se doivent entre eux les grâces qui leur ont mérité la couronne.

    Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l’Église

     

     

     

     

  • « Alors on viendra de l’Orient et de l’Occident, du nord et du midi prendre place au festin. »

    Dans les derniers temps (1P 1,20), en sa bonté miséricordieuse, Dieu a voulu venir au secours du monde qui périssait. Il a décidé que le salut de toutes les nations se ferait dans le Christ… C’est pour elles qu’Abraham a reçu jadis la promesse d’une descendance innombrable, engendrée non par la chair, mais par la foi. Aussi est-elle comparée à la multitude des étoiles du ciel (Gn 15,5), car de ce père de toutes les nations, on doit attendre une postérité non pas terrestre mais céleste…

    Que donc « la totalité des nations entre » (Rm 11,25), que tous les peuples entrent dans la famille des patriarches. Que les fils de la promesse reçoivent aussi la bénédiction de la race d’Abraham (Rm 9,8)… Que toutes les nations de la terre viennent adorer le Créateur de l’univers. Que Dieu ne soit plus seulement « connu en Judée », mais dans le monde entier et que partout, comme « en Israël, son nom soit grand »(Ps 75,2)…

    Frères, instruits de ces mystères de la grâce divine, dans un esprit de joie, célébrons l’appel des nations. Rendons grâce au Dieu de miséricorde « qui nous a rendus capables d’avoir part, dans la lumière, à l’héritage des saints, en nous arrachant au pouvoir des ténèbres, pour nous introduire dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1,12-13). Comme l’annonce le prophète Isaïe… : « Des nations qui ne te connaissaient pas t’invoqueront ; des peuples qui t’ignoraient accourront vers toi » (55,5). Abraham a vu ce jour et il s’en est réjoui (Jn 8,56), lorsqu’il a connu que ses fils selon la foi seraient bénis dans sa descendance, c’est-à-dire dans le Christ. Dans la foi, il s’est vu « le père d’une multitude de peuples », et « il rendit gloire à Dieu, certain que tout ce que Dieu a promis, il est assez puissant pour l’accomplir » (Rm 4,18-21).

    Saint Léon le Grand (?-v. 461), pape et docteur de l’Église

     

     

     

  • « Si le grain tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jn 12,24)

    « Un homme a pris une graine de moutarde et l’a jetée dans son jardin ; elle pousse et devient un arbre, et les oiseaux du ciel s’abritent dans ses branches. » Cherchons à qui s’applique tout cela… Je pense que la comparaison s’applique plus justement au Christ notre Seigneur qui, en naissant dans l’humilité de la condition humaine, comme une graine, monte finalement au ciel comme un arbre. Il est grain, le Christ broyé dans la Passion ; il devient un arbre dans la résurrection. Oui, il est une graine quand, affamé, il souffre de manquer de nourriture ; il est un arbre quand, avec cinq pains, il rassasie cinq mille personnes (Mt 14,13s). Là il subit le dénuement de sa condition d’homme, ici il répand le rassasiement par la force de sa divinité.

    Je dirais que le Seigneur est grain lorsqu’il est frappé, méprisé, injurié ; il est arbre quand il rend aux aveugles la vue, qu’il ressuscite les morts et remet les péchés. Lui-même reconnaît qu’il est grain : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas… » (Jn 12,24)

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque

     

     

     

  • La liberté de l’homme

    La liberté de l’homme : Dieu a créé l’homme raisonnable en lui conférant la dignité d’une personne douée de l’initiative et de la maîtrise de ses actes. « Dieu a ‘laissé l’homme à son propre conseil’ (Si 15,14) pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à lui, parvenir à la pleine et bienheureuse perfection » ; « L’homme est raisonnable, et par là semblable à Dieu, créé libre et maître de ses actes » (saint Irénée)…

    La liberté de l’homme est finie et faillible. De fait, l’homme a failli. Librement, il a péché. En refusant le projet d’amour de Dieu, il s’est trompé lui-même ; il est devenu esclave du péché. Cette aliénation première en a engendré une multitude d’autres. L’histoire de l’humanité, depuis ses origines, témoigne des malheurs et des oppressions nés du cœur de l’homme, par suite d’un mauvais usage de la liberté… En s’écartant de la loi morale, l’homme porte atteinte à sa propre liberté, il s’enchaîne à lui-même, rompt la fraternité de ses semblables et se rebelle contre la vérité divine.

    Par sa croix glorieuse, le Christ a obtenu le salut de tous les hommes. Il les a rachetés du péché qui les détenait en esclavage. « C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés » (Ga 5,1). En lui, nous communions à « la vérité qui nous rend libres » (Jn 8,32). L’Esprit Saint nous a été donné et, comme l’enseigne l’apôtre Paul, « là où est l’Esprit, là est la liberté » (2Co 3,17). Dès maintenant, nous nous glorifions de la « liberté des enfants de Dieu » (Rm 8,21).

    La grâce du Christ ne se pose nullement en concurrente de notre liberté, quand celle-ci correspond au sens de la vérité et du bien que Dieu a placé dans le cœur de l’homme. Au contraire, comme l’expérience chrétienne en témoigne notamment dans la prière, plus nous sommes dociles aux impulsions de la grâce, plus s’accroissent notre liberté intime et notre assurance dans les épreuves, comme devant les pressions et les contraintes du monde extérieur. Par le travail de la grâce, l’Esprit Saint nous éduque à la liberté spirituelle pour faire de nous de libres collaborateurs de son œuvre dans l’Église et dans le monde.

    Catéchisme de l’Église catholique

     

    Bonne semaine … Bon lundi …. Dans la communion de tous les Saints !

     

     

     

  • « Maître, que je voie. »

    En toi, Dieu vivant, mon cœur et ma chair ont tressailli, et mon âme s’est réjouie en toi, mon vrai salut. Quand mes yeux te verront-ils, Dieu des dieux, mon Dieu ? Dieu de mon cœur, quand me réjouiras-tu de la vue de la douceur de ton visage ? Quand combleras-tu le désir de mon âme par la manifestation de ta gloire ?

    Mon Dieu, tu es mon héritage choisi entre tous, ma force et ma gloire ! Quand entrerai-je en ta puissance pour voir ta force et ta gloire ? Quand donc au lieu de l’esprit de tristesse me revêtiras-tu du manteau de la louange, pour qu’unie aux anges, tous mes membres t’offrent un sacrifice d’acclamation ? Dieu de ma vie, quand entrerai-je dans le tabernacle de ta gloire, afin de te chanter en présence de tous les saints, et de proclamer d’âme et de cœur que tes miséricordes pour moi ont été magnifiques ? Quand est-ce que le filet de cette mort se brisera, pour que mon âme puisse te voir sans intermédiaire ?…

    Qui se rassasiera à la vue de ta clarté ? Comment l’œil pourra-t-il suffire à voir et l’oreille à entendre, dans l’admiration de la gloire de ton visage ?

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301), moniale bénédictine

     

    (Références bibliques : Ps 83,3 ; Ps 70,16 ; Lc 1,47 ; Is 61,10 ; Ps 26,6 ; Gn 19,19)

  • Enfin répondre à l’appel de Dieu de se convertir

    Elles me retenaient, mes vieilles idées amies, ces bagatelles de bagatelles, ces vanités de vanités ! À petits coups elles me tiraient par ma robe de chair et murmuraient à mi-voix : « Tu nous congédies ? Fini pour jamais ! À partir du moment qui vient nous ne serons plus avec toi, il ne te sera plus permis de faire ceci, de faire cela. » Oh ! ce qu’elles suggéraient, mon Dieu ! J’hésitais à me débarrasser d’elles, à bondir où j’étais appelé ; l’habitude me disait, tyrannique : « Crois-tu que tu pourras vivre sans elles ? » Mais déjà sa voix était molle, car du côté où je tournais mon visage et où je tremblais de passer, la chaste dignité de la continence m’invitait noblement et gracieusement à venir sans plus balancer, me montrant une foule de bons exemples : « C’est le Seigneur leur Dieu qui m’a donnée à eux. Pourquoi t’appuyer sur toi-même alors que tu ne te tiens pas debout ? Jette-toi en lui, n’aie pas peur. Il ne va pas se dérober pour que tu tombes. Jette-toi sans crainte ; il te recevra et te guérira ».

    Cette dispute dans mon cœur n’était qu’une lutte de moi-même contre moi-même. Quand mon regard avait enfin tiré du fond de mon cœur toutes mes misères, il s’est levé une grosse tempête de larmes. Pour laisser crever l’orage, je me suis levé et suis sorti. Sans trop savoir comment, je me suis étendu sous un figuier, je lâchais complètement mes larmes, elles ont jailli à flots, sacrifice digne de toi, mon Dieu. Et je t’ai dit sans retenue : « Et toi, Seigneur, jusques à quand ? Jusques à quand seras-tu irrité ? Ne garde pas le souvenir de nos vieilles iniquités » (Ps 6,4 ;78,5). Je poussais des cris pitoyables : « Dans combien de temps ? Combien de temps ? Demain, toujours demain. Pourquoi pas tout de suite ? ».

    Et voici que j’entendais une voix venant d’une maison voisine, voix d’enfant ou de jeune fille, qui chantait et répétait : « Prends et lis ! Prends et lis ! » À l’instant, je me suis repris et cherchais à me rappeler si c’était le refrain habituel d’un jeu d’enfant ; rien de tel ne me venait en mémoire. Refoulant mes larmes, je me suis levé dans l’idée que le ciel m’ordonnait d’ouvrir le livre de l’apôtre Paul et de lire le premier passage sur lequel je tomberais. Je suis rentré en hâte et j’ai pris le livre et j’ai lu ce que j’ai vu en premier : « Non, pas de ripailles et de soûleries, pas de coucheries et d’impudicités, pas de disputes et de jalousies, mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ. Ne cherchez plus à contenter la chair dans ses convoitises » (Rm 13,13s). Ce n’était pas la peine d’en lire davantage ; je n’en avais plus besoin. Ces lignes à peine achevées, une lumière de sécurité s’est déversée dans mon cœur et toutes les ténèbres de mon incertitude ont été dissipées.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

     

     

  • « Le temps où nous sommes, pourquoi ne savez-vous pas le juger ? »

    Nous venons d’entendre l’évangile où Jésus critique ceux qui savaient reconnaître l’aspect du ciel, mais n’étaient pas capables de découvrir le temps où il était urgent de croire au Royaume des cieux. C’est aux juifs qu’il disait cela, mais cette parole parvient jusqu’à nous. Or le Seigneur Jésus Christ lui-même a commencé ainsi sa prédication : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche » (Mt 4,17). Jean Baptiste, son précurseur, avait commencé de la même façon : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche » (Mt 3,2). Et maintenant le Seigneur les blâme parce qu’ils ne veulent pas se convertir alors que le Royaume des cieux est proche…

    C’est à Dieu de savoir quand viendra la fin du monde : quoi qu’il en soit, c’est maintenant le temps de la foi… Pour chacun de nous le temps est proche, parce que nous sommes mortels. Nous marchons au milieu des dangers. Si nous étions de verre, nous les redouterions moins. Quoi de plus fragile qu’un récipient de verre ? Pourtant on le conserve et il dure des siècles, car on redoute pour lui une chute, mais non pas la vieillesse ni la fièvre. Nous sommes donc plus fragiles et plus faibles, et cette fragilité nous fait craindre chaque jour tous les accidents qui sont constants dans la vie des hommes. Et s’il n’y a pas d’accidents, il y a le temps qui marche. L’homme évite les heurts ; évite-t-il la dernière heure ? Il évite ce qui vient de l’extérieur ; peut-il chasser ce qui naît au-dedans de lui ? Parfois n’importe quelle maladie le domine subitement. Enfin, l’homme aurait-il été épargné toute sa vie, lorsqu’à la fin la vieillesse est venue, il n’y a plus de délai.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église

     

     

     

     

  • Jésus, cause de division entre les hommes

    Le Christ annonce maintenant ce qui va suivre sa prédication. Face au christianisme, le monde entier s‘est divisé, les uns se sont dressés contre les autres. Chaque maison eut ses incroyants, ses croyants ; une guerre bonne fut apportée pour rompre une paix mauvaise. Il est écrit dans la Genèse que Dieu procéda à peu près ainsi contre les hommes rebelles qui, venus de l’Orient, élevaient hâtivement une tour pour pénétrer dans les hauteurs du ciel (Cf. Gn 11,1-9): Il mit chez eux la guerre. D’où la prière de David : disperse, Seigneur, les peuples qui veulent la guerre (Cf. Ps 67(68),31).

    L’ordre est nécessaire en toute affection. Aime ton père, aime ta mère, aime tes fils après Dieu. S’il devient inévitable de mettre en balance l’amour de ses parents et de ses enfants avec l’amour de Dieu sans qu’il soit possible de les conserver tous les deux, alors, ne pas préférer les siens est piété envers Dieu.

    Saint Jérôme (347-420), prêtre, traducteur de la Bible, docteur de l’Église

     

     

     

  • « Tenez-vous prêts »

    « Voici que je viens comme un voleur. Heureux celui qui veille et qui garde ses vêtements » dit le Seigneur (Ap 16,15)… Quand le Christ dit que sa venue est proche et pourtant qu’elle viendra subitement, de façon inattendue, il dit que pour nous cette attente paraitra longue… Comment se fait-il que le christianisme sans cesse défaille, et que pourtant il dure ? Dieu seul le sait, lui qui le veut ainsi, c’est un fait ; et il n’y a pas de paradoxe à affirmer que ce temps de l’Église a duré presque deux mille ans, qu’il peut durer encore longtemps, et que cependant il marche vers sa fin, qu’il peut même finir n’importe quel jour. Et le Seigneur veut que nous restions tournés de tout notre être vers l’imminence de son retour ; il s’agit de vivre comme si ce qui peut arriver n’importe quand devait arriver de nos jours. Avant la venue du Christ, le temps se déroulait autrement : le Sauveur devait venir et apporter son achèvement ; la religion avançait vers cet achèvement. Les révélations se succédaient…; le temps était mesuré par la parole des prophètes, qui se succédaient… Le peuple de l’alliance ne devait pas l’attendre tout de suite, mais après le séjour en Canaan et la captivité en Égypte, après l’exode au désert, les juges et les rois, au bout des délais fixés pour l’introduire en ce monde. Ces délais fixés étaient reconnus, et les révélations successives comblaient ce temps d’attente. Mais une fois le Christ venu, comme le Fils en sa propre maison, avec son Évangile parfait, rien ne reste à achever, sinon le rassemblement de ses saints. Aucune doctrine plus parfaite ne peut être dévoilé. La lumière et la vie des hommes est apparue ; le Christ est mort et ressuscité. Plus rien ne reste à faire…; la fin des temps est donc arrivée. Aussi, bien qu’un certain intervalle doive intervenir entre le premier et le dernier avènement du Christ, désormais le temps ne compte plus… Il ne marche plus vers la fin, il la côtoie plutôt sans cesse, toujours aussi près d’elle que s’il tendait vers elle… Le Christ est donc toujours à nos portes, aussi proche aujourd’hui qu’il y a dix-huit siècles, et pas plus proche qu’alors, pas même plus proche que lorsqu’il viendra.

    Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l’Oratoire en Angleterre