Auteur/autrice : fred

  • « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

    La tradition des chrétiens n’a pas une origine terrestre ; ce qu’ils conservent avec tant de soin n’est pas l’invention d’un mortel… En vérité le Tout-Puissant lui-même, le Créateur de toutes choses, l’Invisible, Dieu lui-même a établi chez les hommes la vérité en envoyant du haut des cieux sa Parole, le Verbe saint et insondable, et l’a affermi dans leurs cœurs.

    Il n’a pas envoyé aux hommes, comme certains pourraient l’imaginer, quelque subordonné, ange ou un des esprits chargés des affaires terrestres ou à qui est confié le gouvernement du ciel (cf Ep 1,21), mais bien « le bâtisseur et l’architecte » de l’univers (He 11,10). C’est par lui que Dieu a créé les cieux, par lui qu’il a enfermé la mer dans ses limites ; c’est lui dont tous les éléments cosmiques observent fidèlement les lois mystérieuses ; lui de qui le soleil a reçu la règle qu’il doit observer dans sa course journalière ; lui à qui obéit la lune, brillant pendant la nuit ; lui à qui obéissent les astres qui accompagnent la lune dans son cours. C’est de lui que toutes choses ont reçu disposition, limites et hiérarchies : les cieux et tout ce qui est dans les cieux ; la terre et tout ce qui est sur la terre ; la mer et tout ce qui est dans la mer, le feu, l’air, l’abîme, le monde d’en haut, celui d’en bas, les régions intermédiaires : c’est lui que Dieu a envoyé aux hommes.

    Et non pas, comme une intelligence humaine pourrait le penser, pour la tyrannie, la terreur et l’épouvante – pas du tout ! Mais en toute bonté et douceur, il l’a envoyé comme un roi envoie son fils (cf Mt 21,37), comme le dieu qu’il était. Il l’a envoyé comme il convenait pour les hommes : pour les sauver par la persuasion, non par la violence. Il n’y a pas de violence en Dieu.

    La Lettre à Diognète (v. 200)

  • « Viens, suis-moi ! »

    Plus tu te sépareras des choses de la terre, plus tu te rapprocheras de celles du ciel et plus tu trouveras de richesses en Dieu.

    Celui qui saura mourir à tout, trouvera vie en tout.

    Sépare-toi du mal, fais le bien, recherche la paix (Ps 33,15).

    Celui qui se plaint ou qui murmure n’est point parfait ni même bon chrétien.

    Celui-là est humble qui se cache en son propre néant et sait s’abandonner à Dieu.

    Celui-là est doux qui sait supporter le prochain et se supporter soi-même.

    Si tu veux être parfait, vends ta volonté et donne-la aux pauvres d’esprit, puis tourne-toi vers le Christ, pour obtenir de lui la douceur et l’humilité, et suis-le jusqu’au Calvaire et au sépulcre.

    Saint Jean de la Croix (1542-1591)

  • Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité

    « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. (…) Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » Les trois métaphores auxquelles recourt Jésus sont très claires : Pierre sera le fondement, le roc, sur lequel s’appuiera l’édifice de l’Église ; il aura les clefs du Royaume des cieux pour ouvrir ou fermer à celui qui lui semblera juste ; enfin, il pourra lier ou délier, en ce sens qu’il pourra établir ou interdire ce qu’il pensera être nécessaire à la vie de l’Église, qui est et reste l’Église du Christ. (…)

    On rencontre également, après la résurrection, cette prééminence que Jésus a voulu conférer à Pierre (Mc 16,7 ;Jn 20,2.4-6). (…) Pierre sera, parmi les apôtres, le premier témoin d’une apparition du Ressuscité (Lc 24,34 ;1Co 15,5). Son rôle, qui est souligné avec décision (Jn 20,3-10), marque la continuité entre la prééminence qu’il a eue dans le groupe apostolique et la prééminence qu’il continuera à avoir dans la communauté née avec les événements de Pâques. (…) Plusieurs des textes clef qui se rapportent à Pierre peuvent être ramenés au contexte de la dernière Cène, au cours de laquelle le Christ confère à Pierre le ministère de confirmer ses frères (Lc 22,31s)…

    Cette contextualisation du primat de Pierre à la dernière Cène, au moment où est instituée l’Eucharistie, Pâque du Seigneur, indique en plus le sens ultime de ce primat : Pierre, pour tous les temps doit être le gardien de la communion avec le Christ. Il doit conduire à la communion avec le Christ. Il doit se préoccuper que le filet ne se rompe pas (Jn 21,11) et que la communion universelle puisse ainsi perdurer. C’est seulement ensemble que nous pouvons être avec le Christ, qui est le Seigneur de tous. La responsabilité de Pierre est de garantir ainsi la communion avec le Christ par la charité du Christ en conduisant à la réalisation de cette charité dans la vie de chaque jour. Prions pour que la primauté de Pierre, confiée à de pauvres personnes humaines, puisse toujours être exercée en ce sens originel voulu par le Seigneur, et pour qu’elle puisse ainsi être toujours plus reconnue en son sens véritable par les frères qui ne sont pas encore en pleine communion avec nous.

    Benoît XVI

  • Les vertus du cœur de la Vierge

    Durant la messe où Gertrude devait communier, elle vit la glorieuse Mère du Seigneur merveilleusement ornée de l’éclat de toutes les vertus. Se jetant humblement à ses pieds, l’âme se mit à la prier de daigner la préparer à recevoir le corps et le sang très saints de son Fils. La bienheureuse Vierge lui mit alors sur la poitrine un collier de toute beauté qui avait comme sept pointes, et sur chacune une sorte de pierrerie extrêmement précieuse.

    Cela symbolisait les principales vertus par lesquelles la Vierge avait plu au Seigneur. La première des pierreries figurait sa pureté attrayante ; la seconde, son humilité féconde ; la troisième, ses fervents désirs ; la quatrième, sa lumineuse connaissance ; la cinquième, son amour inextinguible ; la sixième, sa joie souveraine ; la septième, sa paix inaltérable. Or, lorsque l’âme se présenta aux regards de Dieu, ornée de ce collier, le Seigneur fut tellement charmé et captivé par la beauté de ces vertus, que, comme ravi d’amour, il s’inclina vers elle avec la toute-puissance de sa divinité, l’attira – ô merveille ! – tout entière à lui et, la pressant tendrement sur son Cœur, lui prodigua ses affectueuses caresses.

    (…)L’Esprit Saint, tel une brise infiniment légère, semblait venir du Cœur du Seigneur, et, de son souffle plein de suavité, faire avec douceur le tour des sept pierreries du collier porté par l’âme. Elles lui servaient comme d’instrument de musique pour chanter cette antienne à la louange de la Trinité suprême.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

  • Sacré-Cœur de Jésus, solennité

    Comme c’est bon, n’est-ce pas, de s’abandonner au Cœur de Jésus, de se laisser faire par Lui, de bien penser que tout ce qui arrive, excepté le péché, arrive par Sa volonté, que même le péché est « permis » par Lui, et que de tout, absolument de tout, même des fautes, on peut et on doit tirer le plus grand bien… ! Comme c’est doux de nous sentir dans de telles mains, et appuyé sur un tel Cœur ! Avons-nous en Jésus un Père, un Frère, un Époux assez tendre, assez sage, assez puissant ! Que nous sommes heureux, nous, pauvres petites créatures ! Que le Bon Dieu est bon pour nous !

    Misericordias Domini in aeternum cantabo : on voudrait ne dire que ces mots-là pendant toute la vie comme on ne dira qu’eux, comme on ne vivra que d’eux pendant l’éternité… Fondons-nous en reconnaissance, en joie, en bénédictions, en regardant les bontés de Dieu pour tous les hommes, Son amour inouï pour chacun de nous ; contemplons-Le et disons-nous que nous sommes un de ces petits êtres qu’Il a tant aimés, pour lesquels Il a vécu et Il est mort : Il a donné tout Son sang pour chacun de nous ! Quel amour ! Quel bonheur d’être ainsi aimé ! et d’être aimé par qui ? par l’Être infiniment parfait, par la beauté infinie et souveraine… Qui sommes-nous, pour être tant chéris, et chéris par Dieu ?…

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • En ta volonté, toute ma sainteté !

    Ô volonté de Dieu tout-puissant,
    Tu es mon délice, tu es ma joie,
    Peu importe ce que me tend la main de mon Seigneur,
    Je l’accepterai avec allégresse, soumission et amour.

    Ta sainte volonté – voilà mon repos,
    En elle est toute ma sainteté,
    Et tout mon salut éternel,
    Car accomplir la volonté de Dieu est la plus grande gloire.

    La volonté de Dieu – ce sont Ses divers souhaits,
    Mon âme les accomplit sans réserve,
    Car tels sont Ses divins désirs
    Au moment où Dieu accorde Ses confidences.

    Fais de moi ce qu’il Te plaît – Seigneur,
    Je ne Te fais aucun obstacle, aucune réserve,
    Car Tu es tout mon délice et l’amour de mon âme,
    Et c’est devant Toi, réciproquement, que je déverse le flot de mes confidences.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

  • « Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, comme un mauvais arbre n’en peut porter de bons. » (Mt 7,18)

    Jésus-Christ pouvait-il, mes frères, nous donner des preuves plus claires et plus certaines pour nous faire connaître et distinguer les bons chrétiens d’avec les mauvais, qu’en nous disant que nous les connaîtrons, non à leurs paroles, mais à leurs œuvres. « Un bon arbre, nous dit-il, ne peut porter de mauvais fruits, comme un mauvais arbre n’en peut porter de bons. » (Mt 7,18) Oui, mes frères, un chrétien qui n’a qu’une fausse dévotion, une vertu affectée et qui n’est qu’extérieure, malgré toutes les précautions qu’il prendra pour se contrefaire, ne tardera pas de laisser paraître de temps en temps les dérèglements de son cœur, soit dans ses paroles, soit dans ses actions. Non, mes frères, rien de si commun que ces vertus ‟en apparence”, c’est-à-dire cette hypocrisie. (…) Nous verrons au jugement que la plus grande partie des chrétiens n’ont eu qu’une religion de caprice ou d’humeur, c’est-à-dire, de penchants, et que très peu n’ont cherché que Dieu seul dans ce qu’ils ont fait.

    Nous disons d’abord qu’un chrétien qui veut travailler sincèrement à son salut, ne doit pas se contenter de faire de bonnes œuvres ; mais il lui faut encore savoir pour qui il les fait et comment il doit les faire. En second lieux, nous disons qu’il n’est pas assez de paraître vertueux aux yeux du monde, mais qu’il faut encore l’être dans le cœur. Si, maintenant, mes frères, vous me demandez comment nous pourrons connaître qu’une vertu est véritable et qu’elle nous conduira au ciel, mes frères, le voici : écoutez-le bien, gravez-le bien dans votre cœur ; afin que chaque action que vous ferez, vous puissiez connaître si elle sera récompensée pour le ciel. Je dis que pour qu’une action plaise à Dieu, il faut qu’elle ait trois conditions : la première, qu’elle soit intérieure et parfaite ; la deuxième, qu’elle soit humble et sans retour sur soi-même ; la troisième, qu’elle soit constante et persévérante : si dans tout ce que vous faites, vous trouverez ces conditions, vous êtes sûrs de travailler pour le ciel.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • Nativité de saint Jean Baptiste, solennité

    Avant Jean Baptiste, on a vu de grands, de saints prophètes en grand nombre, dignes de Dieu, pleins de son Esprit, qui annonçaient l’avènement du Seigneur et rendaient témoignage à la vérité. Cependant on n’a pas dit d’eux ce qui a été dit de Jean Baptiste : « Parmi les enfants des femmes, il n’y en a pas eu de plus grand que Jean » (Mt 11,1). Pourquoi donc cette grandeur envoyée devant celui qui est la grandeur même ? Pour donner un témoignage de la profonde humilité du Précurseur.

    Il était si grand qu’on aurait pu le prendre pour le Christ. Rien de plus facile… puisque sans qu’il le dise, c’est ce que croyaient ceux qui l’entendaient et le voyaient… Mais cet humble ami de l’époux, zélé pour l’honneur de l’époux, ne veut pas prendre la place de l’époux, comme un adultère. Il rend témoignage à son ami, il recommande à l’épouse l’époux véritable, et il a horreur d’être aimé à sa place parce qu’il ne veut être aimé qu’en lui. « L’ami de l’époux se tient debout et l’écoute ; il se réjouit d’une grande joie à sa voix. »

    Le disciple écoute le maître ; il est debout parce qu’il l’écoute, car s’il refuse de l’écouter sa chute est certaine. Ce qui relève à nos yeux la grandeur de Jean, c’est qu’il pouvait être pris pour le Christ et que, cependant, il a préféré rendre témoignage à Jésus Christ, proclamer sa grandeur et s’humilier que de passer pour le Messie et se tromper lui-même en trompant les autres. C’est donc à juste titre que Jésus dit de lui qu’il était plus qu’un prophète… Jean s’est humilié devant la grandeur du Seigneur pour mériter que son humilité soit relevée par cette grandeur… « Je ne suis pas digne, dit-il, de dénouer la courroie de ses sandales. » (Mc 1,7)

    Saint Augustin (354-430)

  • Ne pas juger pour parvenir à l’imitation de Dieu

    Lors que quelqu’un sera parvenu à cet amour du bien et cette imitation de Dieu (…), il revêtira les sentiments de longanimité qui furent ceux du Seigneur, et priera aussi, comme lui, pour ses persécuteurs : « Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu’ils font. » (Lc 23,34)

    C’est, aussi bien, la marque évidente d’une âme non purifiée encore de la lie des vices, que les fautes du prochain ne trouvent chez elle, au lieu du sentiment de la miséricorde et de la compassion, que la censure rigide d’un juge. Comment atteindre à la perfection du cœur, si l’on n’a ce qui consomme, au dire de l’Apôtre, la plénitude de la loi : « Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez la loi du Christ » (Gal 6,2), si l’on ne possède cette vertu de charité qui « ne s’irrite, ni ne s’enfle, ni ne pense le mal, qui souffre tout, supporte tout » (1Co 13,4-7) ? Car « le juste a pitié des bêtes qui sont à lui, mais les entrailles des impies sont sans miséricorde. » (Pr 12,10 LXX)

    Le moine, c’est chose bien certaine, est sujet aux mêmes vices qu’il condamne chez les autres avec une sévérité rigoureuse et inhumaine. En effet, « Le roi sévère tombera dans le malheur » (Pr 13,17 LXX) ; et « Celui qui ferme l’oreille au cri du pauvre, criera lui-même, et il ne se trouvera personne qui l’écoute. » (Pr 21,13 LXX)

    Saint Jean Cassien (v. 360-435)

  • Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

    Lorsque Jésus donna le pain et le vin consacrés à ses disciples, il s’exprima ainsi : « Ceci est mon corps… ceci est mon sang » (Mt 26,26.28). (…)

    Le pain est nécessairement fait de nombreux grains de blé réduits en farine pétrie avec de l’eau ; il est achevé par la cuisson sur le feu. Aussi voit-on en lui avec raison la figure du Corps du Christ. Car nous savons que ce Corps unique est constitué par la multitude du genre humain tout entier et soudé au feu du Saint-Esprit.

    Jésus est né en effet de l’Esprit Saint ; et parce qu’il devait accomplir ainsi toute justice, il est entré dans l’eau du baptême pour la consacrer et il est sorti du Jourdain, rempli de l’Esprit Saint qui était descendu sur lui sous la forme d’une colombe, selon le témoignage de l’Évangile : « Jésus, rempli de l’Esprit Saint, revint des bords du Jourdain » (Lc 4,1).

    Le sang du Christ est un vin pressé au pressoir de la croix, il est tiré des nombreux raisins de la vigne que Jésus a plantée lui-même et il fermente par sa propre vertu dans les amphores que sont les cœurs fidèles de ceux qui le boivent.

    Ce sacrifice de la Pâque du Sauveur, nous tous qui sortons de l’emprise du Pharaon d’Égypte, le diable, recevons-le avec l’avidité religieuse de notre cœur. Ainsi, le plus intime de notre être sera sanctifié par notre Seigneur Jésus Christ lui-même que nous croyons présent dans ses sacrements. Sa force inestimable demeure pour l’éternité.

    Saint Gaudence de Brescia (?-après 406)