Auteur/autrice : fred

  • Fête de sainte Brigitte de Suède, copatronne de l’Europe

    La conversion opérée par l’Évangile a donné comme fruit la sainteté de beaucoup d’hommes et de femmes de notre temps. Non seulement de ceux qui ont été proclamés officiellement comme tels par l’Église, mais aussi de ceux qui, avec simplicité et dans la vie quotidienne, ont donné le témoignage de leur fidélité au Christ. Comment ne pas penser aux innombrables fils et filles de l’Église qui, tout au long de l’histoire du continent européen, ont vécu une généreuse et authentique sainteté dans le secret de la vie familiale, professionnelle et sociale ?

    Tous ensemble, tels des « pierres vivantes » adhérant au Christ, la « pierre angulaire » (1P 2,5-6; Ep 2,20), ils ont construit l’Europe comme édifice spirituel et moral, en laissant à la postérité l’héritage le plus précieux. Le Seigneur Jésus l’avait promis : « Celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père » (Jn 14,12). Les saints sont la preuve vivante de l’accomplissement de cette promesse et ils encouragent à croire que cela est possible, même dans les heures les plus difficiles de l’histoire.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

     

     

  • Bulletin juillet 2019

    bulletin juillet 2019

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  • Fête de sainte Marie-Madeleine, disciple du Seigneur

    Celui qui aime vraiment n’a presque point de plaisir sinon en la chose aimée. Ainsi « toutes choses semblaient ordures » et boue au glorieux saint Paul, en comparaison de son Sauveur (Ph 3,8). Et l’Épouse [du Cantique des cantiques] n’est toute que pour son bien-aimé : « Mon cher ami est tout à moi, et moi je suis tout à lui. (…) Avez-vous vu celui que mon âme aime ? » (2,16; 3,3). (…)

    La glorieuse amante Magdeleine rencontra les anges au sépulcre, qui lui parlèrent sans doute angéliquement, c’est-à-dire bien suavement, voulant apaiser le tourment dans lequel elle était. Mais au contraire, tout éplorée, elle ne sut prendre aucune complaisance ni en leur douce parole, ni en la splendeur de leurs habits, ni en la grâce toute céleste de leur maintien, ni en la beauté tout aimable de leurs visages. Mais, toute couverte de larmes, elle disait : « Ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où ils me l’ont mis. » Et se retournant, elle voit son doux Sauveur, mais en forme de jardinier, dont son cœur ne peut se contenter. Car toute pleine de la mort de son Maître, elle ne veut point de fleurs, ni par conséquent de jardinier. Elle a dans son cœur la croix, les clous, les épines ; elle cherche son Crucifié. « Mon cher maître jardinier, dit-elle, si vous aviez peut-être planté mon bien-aimé Seigneur trépassé, comme un lys froissé et fané, entre vos fleurs, dites-le moi vite, et je l’emporterai. »

    Mais dès qu’il l’appelle par son nom, toute fondue en plaisir, elle dit : « Dieu, mon Maître ! » (…) Pour mieux magnifier ce souverain Bien-aimé, l’âme va « toujours cherchant sa face » (Ps 104,4), c’est-à-dire, avec une attention toujours plus soigneuse et ardente, elle cherche à remarquer toutes les particularités des beautés et perfections qui sont en lui, faisant un progrès continuel en cette douce recherche des motifs qui puissent perpétuellement la presser de se plaire de plus en plus en l’incompréhensible Beauté qu’elle aime.

    Saint François de Sales (1567-1622)

     

     

  • L’unique nécessaire

    Il faut prendre conscience que Dieu est au plus intime de nous et aller à tout avec Lui ; alors on n’est jamais banal, même en faisant les actions les plus ordinaires, car on ne vit pas en ces choses, on les dépasse ! Une âme surnaturelle ne traite jamais avec les causes secondes mais avec Dieu seulement. Oh ! comme sa vie est simplifiée, comme elle se rapproche de la vie des esprits bienheureux, comme elle est affranchie d’elle-même et de toutes choses ! Tout pour elle se réduit à l’unité, cet « unique nécessaire » dont le Maître parlait à Madeleine. Alors elle est vraiment grande, vraiment libre, parce qu’elle a « enclos sa volonté en celle de Dieu ».

    Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

     

     

     

  • « Il ne protestera pas, il ne criera pas. »

    Écoute le prophète annoncer notre Seigneur. Il le compare à l’agneau, à la brebis, les plus innocents des animaux : « Il a été conduit à l’abattoir comme un agneau, il se taisait comme une brebis devant le tondeur » (Is 53,7). (…) Notre Seigneur n’a pas été comparé à un lion quand il a été conduit à la mort. (…) Comme un agneau, une brebis, il gardait le silence quand il a été conduit à la Passion et à la mort : « Il se taisait comme une brebis devant le tondeur. Il n’a pas ouvert la bouche » dans son humiliation.

    Confirmant la parole de la prophétie par sa conduite, il a gardé le silence quand ils l’ont emmené, il s’est tu quand ils l’ont jugé, il ne s’est pas plaint quand ils l’ont flagellé, il n’a pas discuté quand ils l’ont condamné, il ne s’est pas irrité quand ils l’ont ligoté. Il n’a pas murmuré quand ils lui ont frappé les joues, il n’a pas crié quand il a été dépouillé de ses vêtements, comme une brebis de sa toison. Il ne les a pas maudits quand ils lui ont donné le fiel et le vinaigre ; il ne s’est pas irrité contre eux quand ils l’ont cloué sur le bois.

    Philoxène de Mabboug

     

     

  • Entrer dans le repos de Dieu

    « Dieu vit tout ce qu’il avait fait : c’était très bon. (…) Et il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite » (Gn 1,31-2,2). Nous voyons que les œuvres de Dieu sont bonnes, et nous verrons son repos après nos œuvres si elles sont bonnes. C’est en signe de ce repos qu’il a prescrit au peuple des Hébreux l’observance du sabbat. Mais ils le pratiquaient d’une manière si matérielle qu’ils incriminaient notre Seigneur quand ils le voyaient opérer notre salut ce jour-là. Cela leur a valu cette réponse parfaitement juste : « Mon Père, jusqu’à maintenant, est toujours à l’œuvre, et moi aussi je suis à l’œuvre » (Jn 5,17), non seulement en gouvernant toute la création avec lui, mais encore en opérant notre salut.

    Mais quand la grâce a été révélée, les fidèles ont été relevés de l’observance du sabbat qui consistait dans le repos d’un jour. Maintenant, par la grâce, le chrétien observe un sabbat perpétuel, si tout ce qu’il fait de bon il le fait dans l’espoir du repos à venir et s’il ne se glorifie pas de ses bonnes œuvres comme si elles étaient son propre bien et pas quelque chose qu’il a reçu. En agissant ainsi et en recevant et regardant le sacrement du baptême comme un sabbat, c’est-à-dire comme le repos du Seigneur dans son tombeau (Rm 6,4), il se repose de ses œuvres anciennes, marche dans les sentiers d’une vie nouvelle, et reconnaît que Dieu agit en lui, Dieu qui tout à la fois agit en lui en tant qu’il gouverne ses créatures comme il faut, et se repose, en tant qu’il a en lui la tranquillité éternelle.

    Dieu ne s’est pas fatigué en créant, ni reposé en cessant de créer ; mais par le langage de la Sainte Écriture, il a voulu nous inspirer le désir de son repos. (…) Il a voulu sanctifier ce jour (…) comme si, même pour lui qui ne se fatigue pas au travail, le repos avait plus de prix que l’action. C’est bien ce que nous enseigne l’Évangile quand le Sauveur nous dit que Marie, quand elle s’est assise et tenue en repos à ses pieds pour écouter sa parole, a choisi une part meilleure que celle de Marthe, même si celle-ci s’affairait de bonnes œuvres en vue du service (Lc 10,39s).

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

     

  • « Prenez sur vous mon joug et vous trouverez le repos pour votre âme. » (Mt 11,29)

    Par nature seul Dieu est bon. Mais l’homme aussi devient bon par le soin qu’il prend de sa conduite, sur la voie du vrai bien, en se transformant en ce qu’il n’est pas, quand l’âme, par le souci du bien, s’unit à Dieu autant que le veulent ses facultés qu’elle met en œuvre. (…)

    De même que la mer, si l’on y verse de l’huile quand elle est agitée, cède naturellement, les vagues se laissant vaincre par l’onction de l’huile, de même notre âme, lorsqu’elle reçoit l’onction de la douceur du Saint-Esprit, s’apaise volontiers. Car elle se laisse vaincre avec joie, comme dit le Saint : « Mais soumets-toi à Dieu, mon âme » (Ps 61(62),6 LXX), par cette impassibilité et cette douceur indicibles qui la couvrent de leur ombre. C’est pourquoi, si nombreuses que soient les provocations auxquelles les démons se livrent contre l’âme, celle-ci reste sans colère et pleine de toute joie. Mais c’est là un état auquel nul ne parvient et dans lequel nul ne demeure s’il n’apaise pas continuellement son âme par la crainte de Dieu. (…)

    De même que la cire, si elle n’a pas été chauffée ou amollie longtemps, ne peut recevoir le sceau qu’on applique sur elle, de même l’homme, s’il n’a pas connu l’épreuve des peines et des faiblesses, ne peut porter en lui le sceau de la vertu de Dieu. C’est pourquoi le Seigneur dit au merveilleux Paul : « Ma grâce te suffit. Car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse » (2Cor 12,9). Et l’Apôtre lui-même se glorifie en disant : « C’est donc de tout cœur que je me glorifierai de mes faiblesses, afin que demeure sur moi la puissance du Christ » (2Cor 12,9).

    Diadoque de Photicé (v. 400-?)

  • « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

    Si vous saviez, le plaisir que Dieu prend à voir qu’une pauvre fille de village, une pauvre [religieuse] Fille de la Charité, s’adresse avec amour à lui, oh, vous iriez avec plus de confiance que je ne vous puis conseiller. Si vous saviez combien de science vous y puiserez, combien d’amour et de douceur vous y trouverez ! Vous y trouverez tout, car c’est la fontaine et la source de toutes les sciences, [de toute connaissance].

    D’où vient que vous voyez des gens sans lettres parler si bien de Dieu, développer les mystères avec plus d’intelligence que ne ferait un docteur ? Un docteur qui n’a que sa doctrine parle de Dieu vraiment en la manière que sa science lui a apprise ; mais une personne d’oraison en parle d’une tout autre manière. Et la différence des deux, vient de ce que l’un en parle par simple science acquise, et l’autre par une science infuse toute pleine d’amour, de sorte que le docteur, en ce[tte] rencontre, n’est point le plus savant. Et il faut qu’il se taise là où il y a une personne d’oraison, car elle parle de Dieu tout autrement qu’il ne peut le faire.

    Saint Vincent de Paul (1581-1660)

     

     

     

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  • « La conversion proclamée en son nom… à toutes les nations » (Lc 24,47)

    Race entière des hommes, rois et princes, riches et pauvres, moines et gens du monde (…), écoutez-moi maintenant raconter la grandeur de l’amour de Dieu pour les hommes ! J’ai péché contre lui comme aucun autre homme au monde (…). Pourtant, je le sais, il m’a appelé et j’ai répondu aussitôt. (…) Il m’a appelé à la pénitence, et aussitôt j’ai suivi mon Maître. Quand il s’éloignait, je le poursuivais (…) ; ainsi il partait, il venait, il se cachait, il apparaissait, et moi je ne retournais pas en arrière, je ne me décourageais jamais, je n’ai pas abandonné la course (…).

    Quand je ne le voyais pas, je le cherchais. J’étais plein de larmes, j’interrogeais tout le monde, tous ceux qui, un jour, l’avaient vu. Qui est-ce que j’interrogeais ? Pas les sages de ce monde ni les savants, mais les prophètes, les apôtres, les pères — les sages qui possèdent en vérité cette sagesse qu’il est lui-même, lui le Christ, sagesse de Dieu (1Co 1,24). Avec des larmes et une grande peine de cœur je leur demandais de me dire où, un jour, ils l’avaient vu (…). Et, voyant mon désir, voyant que je considérais tout ce qu’il y a dans le monde et le monde lui-même comme rien à mes yeux (…), il s’est fait voir tout entier à moi tout entier. Lui qui est hors du monde et qui porte le monde et tous ceux qui sont dans le monde en les tenant d’une seule main, les choses visibles comme les invisibles (Col 1,16), il est venu à ma rencontre. D’où et comment est-il venu ? Je ne sais pas. (…) La parole est incapable d’exprimer l’inexprimable. Seuls connaissent ces réalités ceux qui les contemplent. C’est pourquoi, ce n’est pas avec des mots mais des actes qu’il faut nous hâter de rechercher, de voir et d’apprendre la richesse des mystères divins, celle que donne le Maître à ceux qui la cherchent.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)