Auteur/autrice : fred

  • La vigne de Dieu

    Dieu a planté la vigne du genre humain par le modelage d’Adam (Gn 2,7) et l’élection des patriarches. Puis il l’a confiée à des vignerons par le don de la Loi transmise par Moïse. Il l’a entourée d’une clôture, c’est-à-dire a circonscrit la terre qu’ils auraient à cultiver ; il a bâti une tour, c’est-à-dire il a choisi Jérusalem ; il a creusé un pressoir, c’est-à-dire a préparé ceux qui allait recevoir l’Esprit prophétique. Et il leur a envoyé des prophètes avant l’exil de Babylone, puis après l’exil d’autres encore en plus grand nombre, pour réclamer les fruits et pour leur dire… : « Redressez vos voies et vos habitudes de vie » (Jr 7,3) ; « Jugez avec justice, pratiquez la pitié et la miséricorde chacun envers son frère ; n’opprimez pas la veuve et l’orphelin, l’étranger et le pauvre, et que personne d’entre vous ne rumine dans son cœur le souvenir de la méchanceté de son frère » (Za 7,9-10)… ; « Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez la malice de vos cœurs…, apprenez à faire le bien ; recherchez la justice ; sauvez celui qui souffre l’injustice » (Is 1,16-17)…

    Voilà par quelles prédications les prophètes réclamaient le fruit de la justice. Mais comme ces gens demeuraient incrédules, il leur a envoyé finalement son Fils, notre Seigneur Jésus Christ, que ces mauvais vignerons ont tué et jeté hors de la vigne. C’est pourquoi Dieu l’a confié — non plus circonscrite, mais étendue au monde entier — à d’autres vignerons pour qu’ils lui en remettent les fruits en leur temps. La tour de l’élection se dresse partout dans son éclat, car partout resplendit l’Église ; partout aussi est creusé le pressoir car partout sont ceux qui reçoivent l’Esprit de Dieu…

    C’est pourquoi le Seigneur disait à ses disciples, pour faire de nous de bons ouvriers : « Tenez-vous sur vos gardes et veillez en tout temps, de crainte que vos cœurs ne s’alourdissent dans la débauche, l’ivrognerie et les soucis de la vie » (Lc 21,34.36)…; « Restez en tenue de service et gardez vos lampes allumées : soyez semblables à des gens qui attendent leur maître » (Lc 12,35-36).

    Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208)

     

     

     

  • « Les anges emportèrent Lazare. » (Lc 16,22)

    Votre tâche est angélique. Si nous devons endurer quelques peines, si nous devons nous mortifier un peu, patientons encore quelques temps. Déjà voici le but et le terme de notre vie, nous serons emmenés par les saints anges et nous serons dans la joie pour l’éternité, cohéritiers avec tous les saints des biens qui nous ont été promis (cf. He 11,9). (…)

    C’est pourquoi désormais nous acceptons avec patience ce qui nous arrive ; car nous recevrons en échange un bonheur éternel, de même que le malheur échoira à ceux qui font le mal. Que le ciel nous épargne cette souffrance d’entendre : « Tu as reçu tes biens durant ta vie, mais celui-ci est consolé », et « entre nous et vous, un grand abîme a été établi » (Lc 16,25-26). Ne sont-elles pas terribles à entendre et à concevoir ces sentences divines qui séparent le pécheur du juste ? En effet, la distance, l’abîme, la perte et la chute de ceux qui sont dans le péché les éloignent du Seigneur notre Dieu autant que le ciel est éloigné de la terre (cf. Is 55,9). Mais ceux qui, comme vous-mêmes, désirent ardemment être chaque jour ses amis et ses vrais serviteurs entreront avec lui dans les demeurent célestes, dans la Jérusalem d’en haut (cf. Ga 4,26), la grande cité, remplie de merveilles inimaginables, à laquelle s’attachent une gloire sans limite et une puissance éternelle ; là nous nous verrons les uns les autres et nous nous connaîtrons nous-mêmes parfaitement. Et je le crois, si nous accomplissons la volonté de Dieu, nous serons tous ensemble dans une joie éternelle. (…)

    Puissiez-vous aussi vous conduire d’une manière angélique, vous attachant au bras de Dieu qui vous fortifie, aux encouragements de l’Esprit Saint qui vous affermit, aux saints anges, à tous les martyrs et saints bénis de Dieu qui vous viennent en aide.

    Saint Théodore le Studite (759-826)

     

     

     

     

  • Servir et plaire à Dieu

    C’est notre rôle et c’est pour nous une obligation de faire de vous, dans la mesure de nos forces, l’objet de tout notre souci, de tout notre zèle, de tout notre soin, par la parole et par l’action, par des avertissements, des encouragements, par des admonestations, des incitations, (…) afin que de cette façon nous puissions vous mettre au rythme de la volonté divine et vous orienter vers le but qui nous est proposé : plaire à Dieu. (…)

    Il a versé son sang spontanément, lui qui est immortel ; il a été ligoté par la main des soldats, lui qui a créé l’armée des anges ; et il a été traîné en justice, lui qui doit juger les vivants et les morts (cf. Ac 10,42 ; 2 Tm 4,1) ; la Vérité a été exposée à de faux témoignages, a été calomniée, frappée, couverte de crachats, suspendue au bois de la croix; le Seigneur de gloire (cf. 1 Co 2,8) a enduré tous les outrages et toutes les souffrances sans avoir lui-même besoin de ces épreuves. Comment cela aurait-il pu se faire, lui qui, même en tant qu’homme, était sans péché, qui au contraire nous arrachait à la tyrannie du péché par lequel la mort était entrée dans le monde et s’était emparée trompeusement de notre premier père ?

    Si donc nous subissons quelqu’une de ces épreuves, il n’y a rien là de surprenant, car telle est notre condition (…). Il nous faut donc aussi être outragés et tentés, être affligés par le retranchement de nos volontés. Selon la définition de nos pères, c’est là une effusion de sang ; car c’est cela être moine ; et nous devons acheter ainsi le Royaume des cieux en passant notre vie dans l’imitation du Seigneur. (…) Appliquez-vous avec zèle à vos services, dans la pensée que par eux, loin d’être les esclaves des hommes, vous servez Dieu

    Saint Théodore le Studite (759-826)

     

     

     

     

  • « Qui s’abaissera sera élevé. »

    ND-de-France

    Je ne crois pas qu’il existe quelqu’un qui ait besoin du secours et de la grâce de Dieu autant que moi. Parfois je me sens si désarmée, si faible. C’est pour cela, je crois, que Dieu se sert de moi. Puisque je ne peux pas compter sur mes propres forces, je me tourne vers lui vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et si la journée comptait encore plus d’heures, j’aurais besoin de son aide et de sa grâce toutes ces heures durant. Tous nous devons nous accrocher à Dieu par la prière. Mon secret est très simple : je prie. Par la prière, je deviens une dans l’amour avec le Christ. J’ai compris que le prier, c’est l’aimer…

    Les gens ont faim de la Parole de Dieu qui apportera la paix, qui apportera l’unité, qui apportera la joie. Mais on ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. C’est pour cela qu’il faut approfondir notre vie de prière. Sois sincère dans tes prières. La sincérité, c’est l’humilité, et on n’acquiert l’humilité qu’en acceptant les humiliations. Tout ce qui a été dit sur l’humilité ne suffira pas à te l’enseigner. Tout ce que tu as lu sur l’humilité ne suffira pas à te l’enseigner. On n’apprend l’humilité qu’en acceptant les humiliations, et tu rencontreras l’humiliation tout au long de ta vie. La plus grande des humiliations est de savoir qu’on n’est rien ; voilà ce qu’on apprend lorsqu’on se retrouve face à Dieu dans la prière.

    Souvent un regard profond et fervent sur le Christ constitue la meilleure des prières : je le regarde et il me regarde. Dans le face-à-face avec Dieu, on ne peut que savoir qu’on n’est rien et qu’on n’a rien.

    Bienheureuse Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs Missionnaires de la Charité
    No Greater Love, p. 3s

     

     

     

  • La triple miséricorde

    « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6,36). De même que la miséricorde du Père céleste à ton égard est triple, ta miséricorde envers ton prochain doit elle aussi être triple.

    La miséricorde du Père est bonne, large et précieuse. « La miséricorde est bonne au temps de l’épreuve, dit Sirac, comme les nuages de pluie au temps de la sécheresse » (Si 35,26). Au temps de l’épreuve, lorsque l’esprit s’attriste à cause des péchés, Dieu infuse la pluie de la grâce qui est rafraîchissement pour l’âme et remet les péchés. Elle est large car au cours du temps elle s’étend dans les bonnes œuvres. Elle est précieuse dans les joies de la vie éternelle. « Je vais célébrer les grâces du Seigneur, les louanges du Seigneur, dit Isaïe, pour tout ce qu’il a accompli pour nous, pour sa grande bonté envers la maison d’Israël, pour tout ce qu’il a accompli dans sa miséricorde » (Is 63,7).

    Ta miséricorde envers ton prochain doit avoir, elle aussi, ces trois qualités : s’il a péché contre toi, pardonne-lui ; s’il s’est égaré du chemin de la vérité, instruis-le ; s’il a soif, restaure-le. « Par la foi et la miséricorde, les péchés sont purifiés », dit Salomon (cf. Pr 15,27 LXX). « Celui qui ramène le pécheur de son égarement sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés », rappelle Jacques (Jc 5,20). « Heureux, dit le psaume, celui qui pense au pauvre et au faible » (Ps 40,2).

    Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

     

     

     

  • « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… : écoutez-le ! »

    Les apôtres, qui devaient être affermis dans leur foi, ont reçu dans le prodige de la Transfiguration un enseignement propre à les amener à la connaissance de toutes choses. En effet, Moïse et Élie, c’est-à-dire la Loi et les prophètes, sont apparus en conversation avec le Seigneur… Comme le dit saint Jean : « La Loi a été communiquée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ » (1,17).

    L’apôtre Pierre était pour ainsi dire ravi en extase par le désir des biens éternels ; rempli de joie par une telle vision, il souhaitait habiter avec Jésus en un lieu où sa gloire ainsi manifestée le comblait de joie. Il dit donc : « Seigneur, il est heureux que nous soyons ici ; si tu le veux, je vais faire ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. » Mais le Seigneur n’a pas répondu à cette proposition, voulant montrer non certes que ce désir était mauvais, mais qu’il était déplacé. Car le monde ne pouvait être sauvé que par la mort du Christ, et l’exemple du Seigneur invitait la foi des croyants à comprendre que, sans qu’il nous soit permis de douter du bonheur promis, nous devions pourtant, au milieu des tentations de cette vie, demander la patience plutôt que la gloire, car le bonheur du Royaume ne peut pas précéder le temps de la souffrance.

    C’est pourquoi, comme il parlait encore une nuée lumineuse les a enveloppés, et voici que de la nuée une voix a proclamé : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour ; écoutez-le »… « Celui-ci est mon Fils, par qui tout a été fait et sans qui rien n’a été fait (Jn 1,3). Tout ce que je fais, il le fait pareillement ; tout ce que j’opère, il l’opère avec moi inséparablement, sans différence (Jn 5,17-19)… Celui-ci est mon Fils, qui n’a pas retenu jalousement cette égalité qu’il avait avec moi, n’a pas revendiqué son droit, mais tout en demeurant dans ma gloire divine, s’est abaissé jusqu’à la condition de serviteur (Ph 2,6s), pour mettre en œuvre notre dessein commun de la restauration du genre humain. Écoutez sans hésitation donc celui-ci, qui a toute ma faveur, dont l’enseignement me manifeste, dont l’humilité me glorifie, car il est la Vérité et la Vie (Jn 14,6). Il est ma puissance et ma sagesse (1Co 1,24). Écoutez-le, lui qui rachète le monde par son sang…, lui qui ouvre le chemin du ciel par le supplice de sa croix. »

    Saint Léon le Grand

     

     

     

     

  • Les amis du Christ persévèrent jusqu’à la fin dans leur amour.

    Veille sur toi-même. Prends garde que le mal qui te sépare de ton frère ne se trouve, non dans ton frère, mais en toi. Hâte-toi de te réconcilier avec lui (cf. Mt 5,24), afin de ne pas déchoir du commandement de l’amour. Ne méprise pas le commandement de l’amour. C’est par lui que tu seras fils de Dieu. Mais si tu le transgresses, tu te retrouveras fils de la géhenne. (…)

    As-tu connu l’épreuve du fait de ton frère, et la tristesse t’a-t-elle mené à la haine ? Ne te laisse pas vaincre par la haine, mais vaincs la haine par l’amour. Voici comment tu vaincras : en priant sincèrement Dieu pour lui, en faisant droit à sa défense, ou même en l’assistant pour le justifier, en considérant que tu es toi-même responsable de ton épreuve, et en la supportant avec patience jusqu’à ce que le nuage soit passé. (…) Ne consens pas à perdre l’amour spirituel, car nulle autre voie de salut n’a été laissée aux hommes. (…) Une âme raisonnable qui nourrit de la haine contre un homme ne peut être en paix avec Dieu qui a donné les commandements. « Car, dit-il, si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs fautes, le Père céleste non plus ne pardonnera pas vos fautes » (Mt 6,14-15). Si cet homme ne veut pas être en paix avec toi, du moins garde-toi de la haine, en priant sincèrement pour lui et en ne disant à personne du mal de lui. (…)

    Applique-toi autant que tu le peux à aimer tout homme. Et si tu ne le peux pas encore, au moins ne hais personne. Mais cela non plus tu ne peux pas le faire si tu ne méprises pas les choses du monde. (…) Les amis du Christ aiment vraiment tous les êtres, mais ils ne sont pas aimés de tous. Les amis du Christ persévèrent jusqu’à la fin dans leur amour. Mais les amis du monde persévèrent jusqu’à ce que le monde les porte à se heurter les uns aux autres.

    Saint Maxime le Confesseur

     

     

     

  • Union de prière

     

    En union de prière, tous les soirs à 18h35 pour les Stes âmes du Purgatoire, tous les jours pour les neuvaines d’Ardouane, et tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h00, à la demande de Marie Mère des hommes, aux intentions de ce monde.

     

     

  • « Va d’abord te réconcilier avec ton frère. »

    Écoute ce que dit le Seigneur : « Lorsque tu vas présenter ton offrande sur l’autel, si là tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande ». Mais tu diras : « Vais-je laisser là l’offrande et le sacrifice ? » « Certainement, répond-il, puisque le sacrifice est offert justement pour que tu vives en paix avec ton frère. » Si donc le but du sacrifice est la paix avec ton prochain, et que tu ne sauvegardes pas la paix, il ne sert à rien que tu prennes part au sacrifice, même par ta présence. La première chose que tu aies à faire c’est bien de rétablir la paix, cette paix pour laquelle, je le répète, le sacrifice est offert. De celui-ci, alors, tu tireras un beau profit.

    Car le Fils de l’homme est venu dans le monde pour réconcilier l’humanité avec son Père. Comme Paul le dit : « Maintenant Dieu a réconcilié avec lui toutes choses » (Col 1,22) ; « par la croix, en sa personne, il a tué la haine » (Ep 2,16). C’est pourquoi celui qui est venu faire la paix nous proclame également bienheureux, si nous suivons son exemple, et il nous donne son nom en partage : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9). Donc ce qu’a fait le Christ, le Fils de Dieu, réalise-le aussi autant qu’il est possible à la nature humaine. Fais régner la paix chez les autres comme chez toi. Le Christ ne donne-t-il pas le nom de fils de Dieu à l’ami de la paix ? Voilà pourquoi la seule bonne disposition qu’il requiert de nous à l’heure du sacrifice, c’est que nous soyons réconciliés avec nos frères. Il nous montre par là que de toutes les vertus la charité est la plus grande.

    Saint Jean Chrysostome

     

     

     

  • Prier avec confiance et persévérance

    Priez avec beaucoup de confiance, laquelle est fondée sur la bonté et libéralité infinies de Dieu et sur les promesses de Jésus-Christ. (…)

    Le plus grand désir qu’ait le Père éternel à notre égard, c’est de nous communiquer les eaux salutaires de sa grâce et de sa miséricorde, et il crie : « Venez boire de mes eaux par la prière » ; et quand on ne le prie pas, il se plaint de ce qu’on l’abandonne : « Ils m’ont abandonné, moi qui suis la source d’eau vive » (Jr 2,13). C’est faire plaisir à Jésus-Christ de lui demander ses grâces, et si on ne le fait pas, il s’en plaint amoureusement : « Jusqu’ici vous ne m’avez rien demandé. Ah ! demandez-moi et je vous donnerai, cherchez chez moi et vous me trouverez, frappez à ma porte et je vous l’ouvrirai » (cf. Jn 16,24; Mt 7,7; Lc 11,9) . De plus, pour vous donner encore plus de confiance à le prier, il a engagé sa parole, à savoir que le Père éternel nous accorderait tout ce que nous lui demanderions en son nom.

    Mais à notre confiance joignons la persévérance dans la prière. Il n’y aura que celui qui persévérera à demander, à chercher et à frapper, qui recevra, qui trouvera et qui entrera.

    Saint Louis-Marie Grignion de Montfort