Auteur/autrice : fred

  • « Heureux ce serviteur… » (Lc 12,43)

    Hâtez-vous d’autant que le temps presse (cf. 1 Co 7,29). Semez les vertus dans vos cœurs, afin de récolter un fruit de justice (cf. Ph 1,11). Que nul ne se laisse abattre, de peur de s’entendre dire par l’auteur des Proverbes : « Observe, paresseux, la fourmi et l’abeille industrieuse » (Pr 6,6).

    Que nul ne soit trompeur, ni déloyal, en se conduisant d’une façon et en parlant d’une autre, de peur d’être repoussé, selon les paroles du saint psalmiste David : « Le Seigneur exterminera toute lèvre trompeuse, toute langue orgueilleuse » (Ps 11,4). Que nul ne soit oisif, relâché et dissolu d’âme et de corps, de peur que ne lui soit infligé de la part du divin Paul ce blâme : « Quant au paresseux qu’il ne mange pas non plus » (2 Th 3,10). Que nul ne soit orgueilleux, de peur d’être visé par ces paroles du divin Jacques : « Le Seigneur résiste aux orgueilleux, mais il donne la grâce aux humbles » (Jc 4,6 ; 1 P 5,5).

    Mais tous, marchons bien réveillés dans le Seigneur, accomplissons ses commandements, apportons à ce qui est en quelque sorte le trésor (cf. Mc 41-44) commun de notre vie la contribution qui est en notre pouvoir (…). Que personne absolument n’apparaisse aux regards du Dieu vivant les mains vides (cf. Mc 12,41-44) ! Car il accepte non seulement l’offrande des lourds emplois, mais encore celle des plus petits (…) , comme il a accepté les deux sous de la veuve ; Dieu, en effet, mesure les intentions et c’est sur elles qu’il juge les actions.

    Puisque donc, mes enfants, nous avons un Dieu bon et plein de miséricorde et qui désire plus que nous notre salut, marchons sur son droit chemin et nous trouverons le repos pour nos âmes (cf. Mt 11,29 ; Jr 6,16).

    Saint Théodore le Studite (759-826)

  • Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix

    Toute âme humaine est en elle-même un temple de Dieu : voilà ce qui nous ouvre une perspective vaste et toute nouvelle. La vie de prière de Jésus est la clé pour comprendre la prière de l’Église. Le Christ a participé au service divin de son peuple, accompli [au Temple] de manière publique et suivant les prescriptions de la Loi… Il a établi la plus étroite relation entre cette liturgie et l’offrande de sa propre personne, et il lui a ainsi donné son sens plénier et véritable, celui d’un hommage d’action de grâce de la création envers son Créateur. Par là même, il a mené la liturgie de l’ancienne Alliance à s’accomplir en celle de la nouvelle Alliance.

    Mais Jésus n’a pas seulement pris part au service divin public prescrit par la Loi. Les évangiles font des références plus nombreuses encore à sa prière solitaire dans le silence de la nuit, sur les sommets sauvages des montagnes, dans les endroits déserts (Mt 14,23; Mc 1,35). Quarante jours et quarante nuits de prière ont précédé la vie publique de Jésus (Mt 4,1s). Il s’est retiré dans la solitude de la montagne pour prier avant de choisir ses douze apôtres (Lc 6,12) et de les envoyer en mission. À l’heure du mont des Oliviers, il s’est préparé à aller jusqu’au Golgotha. Le cri qu’il a poussé vers le Père en cette heure la plus pénible de sa vie nous est dévoilé en quelques brèves paroles. Là ses paroles…sont comme un éclair qui illumine pour nous un instant la vie la plus intime de l’âme de Jésus, le mystère insondable de son être d’homme-Dieu et de son dialogue avec le Père.

    Ce dialogue a certainement duré toute sa vie, sans jamais s’interrompre. Le Christ priait intérieurement non seulement lorsqu’il se retirait à l’écart de la foule mais aussi lorsqu’il demeurait parmi les hommes.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)

  • Si nous avions le bonheur de connaître la valeur de notre âme !

    Mes frères, si nous avions le bonheur de connaître la valeur de notre âme, avec quel soin ne la conserverions-nous pas ? Hélas ! nous ne le comprendrons jamais assez ! Vouloir, mes frères, vous montrer la grandeur de la valeur d’une âme : ceci est impossible à un mortel ; il n’y a que Dieu seul qui connaisse toutes les beautés, les perfections dont il orne une âme.

    Je vous dirai seulement que tout ce que Dieu a créé : le ciel, la terre et tout ce qu’ils renferment, toutes ces merveilles sont créées en sa faveur. (…) Cette âme a, comme Dieu, le pouvoir de connaître, d’aimer et de se déterminer librement dans toutes ses actions. Voilà, mes frères, le plus bel éloge que nous puissions faire des qualités dont Dieu a embellit notre âme, créée par les trois personnes de la Sainte Trinité et à leur ressemblance. Un esprit, comme Dieu, éternel pour l’avenir, capable de connaître les beautés et toutes les perfections de Dieu autant qu’il est possible à une créature ; une âme, qui est l’objet des complaisances des trois Personnes divines ; une âme, qui peut glorifier Dieu dans toute ses actions ; une âme, dont toute l’occupation sera de chanter les louanges de Dieu pendant des jours sans fin ; une âme, qui sera lumineuse du bonheur de Dieu même ; une âme qui a une telle liberté dans toutes ses actions, qu’elle peut donner son amitié, son amour à qui bon lui semble. (…)

    Disons tout en un mot, mes frères : notre âme est quelque chose de si grand, de si précieux, qu’il n’y a que Dieu seul qui la surpasse.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

  • Le sacrement de la réconciliation : « Tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

    La confession est un acte magnifique, un acte de grand amour. Là seulement nous pouvons nous rendre en tant que pécheurs, porteurs du péché, et de là seulement nous pouvons repartir en tant que pécheurs pardonnés, sans péché.

    La confession n’est jamais que l’humilité entrée en action. Nous l’appelions autrefois pénitence, mais il s’agit vraiment d’un sacrement d’amour, du sacrement du pardon. Quand une brèche s’ouvre entre moi et le Christ, quand mon amour se fissure, n’importe quoi peut venir remplir cette fêlure. La confession est ce moment où je permets au Christ d’ôter de moi tout ce qui divise, tout ce qui détruit. La réalité de mes péchés doit être première. Pour la plupart d’entre nous le danger nous guette d’oublier que nous sommes pécheurs et que nous devons nous rendre en confession comme tels. Nous devons aller vers Dieu pour lui dire combien nous sommes désolés de tout ce que nous avons fait et qui a pu le blesser.

    Le confessionnal n’est pas un lieu de conversations banales ou de bavardages. Un seul sujet y préside — mes péchés, ma contrition, mon pardon, comment vaincre mes tentations, comment pratiquer la vertu, comment grandir dans l’amour de Dieu.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

  • Fête de la Transfiguration du Seigneur

    Notre Seigneur Jésus Christ a emmené Pierre, Jacques et Jean sur la montagne pour leur montrer la gloire de sa divinité et leur faire connaître qu’il était le Rédempteur d’Israël, comme il l’avait montré par les prophètes. Il voulait prévenir aussi qu’ils ne soient pas scandalisés à la vue des souffrances librement consenties qu’il allait souffrir pour nous dans sa nature humaine. Ils le connaissaient en effet comme homme, mais ils ignoraient qu’il soit Dieu ; ils le connaissaient comme fils de Marie, un homme séjournant avec eux dans le monde, mais sur la montagne il leur a fait connaître qu’il était le Fils de Dieu, et Dieu lui-même.

    Ils l’avaient vu manger et boire, travailler et se reposer, s’assoupir et dormir, subir l’effroi jusqu’aux gouttes de sueur, toutes choses qui ne semblaient guère en harmonie avec sa nature divine et paraissaient ne convenir qu’à son humanité. Voilà pourquoi il les a emmenés sur la montagne, afin que le Père l’appelle son Fils et leur montre qu’il était vraiment son Fils et qu’il était Dieu. Il les a emmenés sur la montagne et leur a montré son Règne avant de manifester ses souffrances, sa puissance avant sa mort, sa gloire avant les outrages et son honneur avant l’ignominie. Ainsi, lorsqu’il serait pris et crucifié, ses apôtres sauraient qu’il ne l’avait pas été par faiblesse mais par consentement et de son plein gré, pour le salut du monde.

    Un auteur syriaque anonyme du 6e siècle

  • « Confiance ! N’ayez plus peur ! » (Mt 14,27)

    [Notre-Seigneur :] « Mes enfants, quoi qu’il vous arrive, souvenez-vous que Je suis toujours avec vous… souvenez-vous que, visible ou invisible, paraissant agir ou paraissant dormir et vous oublier, Je veille toujours, Je suis partout, et Je suis tout-puissant. N’ayez jamais nulle crainte, nulle inquiétude : Je suis là, Je veille, Je vous aime – vous ne doutez plus, J’espère, de Mon amour ! –, Je suis tout-puissant… Que vous faut-il de plus ?…

    Tout ce qui vous arrive vous arrive par ma permission ou Ma volonté, par la permission ou la volonté de Mon amour, pour que vous en tiriez un grand bien, grand bien que Je vous aide Moi-même à en tirer par Ma grâce… Ne craignez donc rien, puisque rien ne peut vous arriver sans Ma permission… ne vous affligez de rien, du moins d’une douleur qui dépasse ces mouvements de sensibilité instinctifs, prompts et passagers, qui sont des effets de la nature et des sens ; mais conformez votre volonté à la Mienne…

    Souvenez-vous de ces tempêtes que J’ai apaisées d’un mot, leur faisant succéder un si grand calme… Souvenez-vous de la façon dont J’ai soutenu Pierre marchant sur les eaux… Je suis toujours aussi près de chaque homme que Je l’étais alors de vous, et aussi disposé à l’aider, à le secourir en tout ce qui sera pour le bien de son âme. (…) Oh ! en cette vie, la tempête est continuelle, et votre barque est toujours près de sombrer… Mais Moi, Je suis là, et avec Moi elle est insubmersible : défiez-vous de tout, et surtout de vous, mais ayez en Moi une confiance complète, qui bannisse l’inquiétude… »

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • « Il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. »

    Simplicité de notre vie contemplative : elle nous fait voir le visage de Dieu en chaque chose, en chaque être, partout et toujours ! Et sa main, présente en chaque événement nous fait tout accomplir — la méditation et l’étude, le travail et l’échange, manger et dormir — en Jésus, avec Jésus, pour Jésus et à l’égard de Jésus sous le regard aimant du Père, alors que nous restons toujours disposés à le recevoir sous quelque forme qu’il revête.

    Je suis subjuguée par le fait que, avant de commenter la Parole de Dieu, avant d’annoncer aux foules les Béatitudes, Jésus, prenant celles-ci en compassion, les a guéries et nourries. Et après seulement, il a commencé à leur livrer son enseignement.

    Aime Jésus généreusement, aime-le avec confiance, sans regarder derrière toi, et sans appréhension. Donne-toi entièrement à Jésus. Il te prendra comme instrument pour accomplir des merveilles à la condition que tu sois infiniment plus conscient de son amour que de ta faiblesse. Crois en lui, remets-toi entre ses mains dans un élan de confiance aveugle et absolue, car il est Jésus. Crois que Jésus, et Jésus seul, est la vie ; sache que la sainteté n’est rien d’autre que ce même Jésus vivant intimement en toi ; alors il sera libre du geste de sa main sur toi.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

  • Considère l’égalité originelle de la famille humaine !

    Les hommes, lorsqu’ils amassent or, argent, vêtements somptueux autant qu’inutiles, diamants et autres choses semblables qui donnent lieu à la guerre, à la discorde et à la tyrannie, sont pris d’une folle arrogance, ferment leur cœur aux malheurs de leurs frères et ne consentent même pas à leur laisser de leur superflu pour leur donner de quoi vivre. Stupide aberration !

    Ils ne se rendent absolument pas compte que la pauvreté et richesse, condition libre – comme nous disons – et condition servile, ainsi que les autres catégories semblables arrivèrent tard chez les hommes et déferlèrent come des épidémies en même temps que le péché dont elles étaient les conséquences. « Mais au commencement il n’en fut pas ainsi » (Mt 19,8). Au commencement, le Créateur laissa l’homme libre et maître de lui-même, tenu à un seul commandement et riche des délices du paradis. Dieu voulait cela pour tout le genre humain, issu du premier homme. Liberté et richesse dépendaient de l’observation d’un seul commandement. Sa violation entraînait la véritable pauvreté et la servitude.

    Depuis que l’envie et les disputes ont apparu avec la tyrannie rusée du serpent qui nous séduit par le plaisir et qui dresse les plus hardis contre les plus faibles, la famille humaine s’est déchirée en nations étrangères les unes pour les autres. L’avarice a supplanté la générosité naturelle et s’est appuyée sur la loi pour dominer avec force.

    Mais toi, considère l’égalité primitive et non les divisions ultérieures, la loi du Créateur et non celle des puissants. Aide la nature de ton mieux, honore la liberté originelle, respecte ta personne, protège ta race contre le déshonneur, secours-la dans ses maladies, console-la dans sa pauvreté. Ne cherche à te distinguer des autres que par ta bonté. Deviens Dieu pour les malheureux en imitant la miséricorde divine.

    Saint Grégoire de Nazianze (330-390)

  • « Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour qu’il prépare le chemin devant toi. » (Mt 11,10; Ml 3,1)

    « La mémoire du juste est accompagnée d’éloges » (Pr 10,7), mais à toi, le Précurseur, suffit le témoignage du Seigneur. Vraiment, tu t’es montré « le plus grand de tous les prophètes » (Mt 11,9) ; c’est pourquoi tu as été digne de baptiser dans les eaux celui qu’ils avaient annoncé. Et ayant lutté sur la terre pour la vérité, plein de joie, tu as annoncé jusque dans le séjour des morts Dieu manifesté dans la chair, celui qui enlève le péché du monde (1Tm 3,16; Jn 1,29) et qui nous accorde la grâce du salut.

    Par la volonté de Dieu, tu es sorti d’une femme stérile, tu as brisé les liens de la langue de ton père (Lc 1,7.64), tu as montré le Soleil, qui t’a éclairé, toi l’astre du matin. Dans le désert, tu as prêché aux peuples le Créateur, l’agneau qui enlève le péché du monde (Jn 1,29). Dans ton zèle tu as réprimandé le roi et ta tête glorieuse a été décapitée, toi le Précurseur illustre, vraiment digne de nos chants.

    Intercède auprès du Christ notre Dieu, pour qu’il accorde le pardon de leurs péchés à ceux qui fêtent ta mémoire sacrée de tout cœur.

    Liturgie byzantine

  • « N’est-il pas le fils du charpentier ? »

    La communion de vie entre Joseph et Jésus nous amène à considérer le mystère de l’Incarnation sous l’aspect de l’humanité du Christ, instrument efficace de la divinité pour la sanctification des hommes : « En vertu de la divinité, les actions humaines du Christ ont été salutaires pour nous, produisant en nous la grâce tant en raison du mérite que par une certaine efficacité » (S. Thomas d’Aquin).

    Parmi ces actions, les évangélistes privilégient celles qui concernent le mystère pascal, mais ils n’omettent pas de souligner l’importance du contact physique avec Jésus… Le témoignage apostolique n’a pas omis de décrire la naissance de Jésus, la circoncision, la présentation au Temple, la fuite en Égypte et la vie cachée à Nazareth, et cela en raison du mystère de grâce contenu dans de tels gestes, tous salvifiques, parce qu’ils participent de la même source d’amour : la divinité du Christ. Si cet amour, par son humanité, rayonnait sur tous les hommes, les premiers bénéficiaires en étaient bien évidemment ceux que la volonté divine avait placés dans son intimité la plus étroite : Marie, sa mère, et Joseph, son père putatif.

    Puisque l’amour paternel de Joseph ne pouvait pas ne pas influer sur l’amour filial de Jésus et que, réciproquement, l’amour filial de Jésus ne pouvait pas ne pas influer sur l’amour paternel de Joseph, comment arriver à connaître en profondeur cette relation tout à fait singulière ? Les âmes les plus sensibles aux impulsions de l’amour divin voient à juste titre en Joseph un exemple lumineux de vie intérieure.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)