Auteur/autrice : fred
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« Moi non plus, je ne te condamne pas. »

Un psaume dit : « Instruisez-vous, juges de la terre » (Ps 2,10). Ceux qui jugent la terre sont les rois, les gouverneurs, les princes, les juges proprement dits. (…) Qu’ils s’instruisent, car il s’agit de la terre qui juge la terre, mais elle doit craindre celui qui est au ciel. Ils jugent leur égal : un homme juge un homme, un mortel un mortel, un pécheur un pécheur. Si notre Seigneur faisait retentir au milieu de ces juges cette sentence divine : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre », est-ce que tous ceux qui jugent la terre ne seraient pas saisis de tremblement ?
Aux pharisiens qui, pour le tenter, lui avaient amené une femme surprise en adultère (…) Jésus a dit : « Vous voulez lapider cette femme comme la Loi le prescrit. Eh bien, que celui d’entre vous qui est sans péché lui jette la première pierre ». Pendant qu’ils le questionnaient, il écrivait sur la terre, pour « instruire la terre » ; mais quand il leur a donné cette réponse, il a levé les yeux, « il a regardé la terre et elle a tremblé » (Ps 103,32). Les pharisiens, confus et tremblants, s’en vont l’un après l’autre. (…)
La pécheresse reste seule avec le Sauveur : la malade avec le médecin, la grande misère avec la grande miséricorde. Regardant cette femme, Jésus lui dit : « Personne ne t’a condamnée ? — Personne, Seigneur » (…) Mais elle reste devant un juge qui est sans péché. « Personne ne t’a condamnée ? — Personne, Seigneur, et si toi-même tu ne me condamnes pas, je suis en sûreté ». Silencieusement, le Seigneur répond à cette inquiétude : « Moi non plus, je ne te condamne pas. (…) La voix de leur conscience a empêché tes accusateurs de te punir ; la miséricorde m’incite à venir à ton secours ». Méditez ces vérités, et « instruisez-vous, juges de la terre ».
Saint Augustin (354-430)
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« Quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12,32)

Le Christ Jésus disait un jour : « Une fois que je serai élevé de terre, sur la croix, ma puissance sera telle que je pourrai élever jusqu’à moi ceux qui auront foi en moi » (cf. Jn 12,32).
« Ceux qui regardaient le serpent d’airain, au désert, étaient guéris ; ainsi ceux qui me regardent avec foi et amour seront, malgré leurs fautes, leurs blessures et leur indignité, attirés à moi et je les élèverai jusqu’au ciel. Moi, qui suis Dieu, j’ai consenti par amour pour vous à être suspendu à la croix comme un maudit. En retour de cette humiliation, j’ai le pouvoir d’élever avec moi jusqu’aux splendeurs des cieux d’où je suis descendu, ceux qui croient en moi. Je viens du ciel, et j’y remonterai, mais en y menant avec moi ceux qui espèrent en ma grâce. Cette grâce est si puissante qu’elle peut vous unir à moi, et vous unir si indissolublement que personne ne puisse arracher de mes mains ceux que mon Père m’a donnés et que j’ai, par pure miséricorde, rachetés de mon précieux sang (cf. Jn 10,29) ».
Quelle perspective pleine de consolation pour l’âme humble, que celle de partager un jour, grâce aux mérites de Jésus, son exaltation ! S. Paul nous parle en termes sublimes de cette suprême exaltation de Notre-Seigneur, contrepartie de ses abaissements (cf. Ph 2,7-9). C’est parce que Jésus s’est humilié qu’il est exalté ; parce qu’il s’est abaissé jusqu’à souffrir l’ignominie des maudits attachés à un gibet, Dieu a exalté son nom jusqu’au plus haut des cieux. Désormais, il n’y aura pas, hormis le sien, d’autre nom dans lequel les hommes puissent être sauvés ; unique est ce nom ; sublime est la gloire, souveraine est la puissance dont jouit l’Homme-Dieu assis à la droite du Père dans les splendeurs éternelles. (…) Et ce triomphe incomparable est le fruit d’une incommensurable humilité.
Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)
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Nous n’abandonnerons pas l’amour.

Nous vivons dans un monde où l’amour lui-même est condamné : on l’appelle faiblesse, chose à dépasser. Certains disent : « L’amour n’a pas d’importance, il faut plutôt développer ses forces ; que chacun devienne aussi fort qu’il le peut ; et que le faible périsse ! » Ils disent encore que la religion chrétienne avec ses sermons sur l’amour, c’est du passé. (…) C’est ainsi : ils viennent à vous avec ces doctrines, et ils trouvent même des gens qui les adoptent volontiers. L’amour est inconnu : « l’Amour n’est pas aimé » disait en son temps saint François d’Assise ; et quelques siècles plus tard à Florence, sainte Marie-Madeleine de Pazzi sonnait les cloches du monastère de son Carmel pour que le monde sache combien l’Amour est beau ! Moi aussi, je voudrais sonner les cloches pour dire au monde comme il est beau d’aimer !
Le néo-paganisme [du nazisme] peut répudier l’amour, l’histoire nous enseigne que, malgré tout, nous serons vainqueurs de ce néo-paganisme par l’amour. Nous n’abandonnerons pas l’amour. L’amour nous regagnera les cœurs de ces païens. La nature est plus forte que la philosophie. Qu’une philosophie condamne et rejette l’amour et l’appelle faiblesse, le témoignage vivant d’amour renouvellera toujours sa puissance pour conquérir et captiver les cœurs des hommes.
Bienheureux Titus Brandsma
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Solennité de saint Joseph, époux de la Vierge Marie, patron de l’Église universelle

De ses propres yeux, Joseph, l’époux de Marie, a vu l’accomplissement des prophéties. Choisi pour le mariage le plus glorieux, il a reçu la révélation par la bouche des anges qui chantaient : « Gloire au Seigneur ! car il a donné la paix à la terre » (Lc 2,14).
Annonce, Joseph, à David, l’ancêtre de l’Homme-Dieu, les merveilles que tes yeux ont contemplées : tu as vu l’enfant reposant sur le sein de la Vierge, tu l’as adoré avec les mages, tu as rendu gloire à Dieu avec les bergers, selon la parole de l’ange. Prie le Christ notre Dieu, afin que nos âmes soient sauvées.
Toi, Joseph, tu as reçu dans tes bras le Dieu immense devant qui tremblent les puissances célestes, lorsqu’il est né de la Vierge, et tu en as été consacré. C’est pourquoi nous te rendons honneur.
Ton âme a été obéissante aux ordres de Dieu. Rempli d’une pureté sans égale, tu as mérité de recevoir pour épouse celle qui est pure et immaculée entre les femmes ; tu as été le gardien de cette Vierge lorsqu’elle a mérité de devenir le tabernacle du Créateur…
Celui qui d’une parole a façonné le ciel, la terre et la mer a été appelé « le fils du charpentier » (Mt 13,55), c’est-à-dire de toi, admirable Joseph ! Tu as été nommé le père de celui qui est sans commencement et qui t’a glorifié comme l’intendant d’un mystère qui surpasse toute compréhension… Gardien sacré de la Vierge bénie, tu as chanté avec elle ce cantique : « Que toute créature bénisse le Seigneur et l’exalte dans les siècles éternels ! Amen » (Dn 3,57).
Liturgie byzantine
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« Si vous croyiez en Moïse, vous croiriez aussi en moi car c’est de moi qu’il a parlé. »

Moïse a énoncé les mystères, mais sans les expliquer. Il avait en effet la parole difficile et ne parvenait pas à s’exprimer clairement (Ex 4,10). Cette difficulté de parole lui a été conservée à dessein pour que tous ses discours demeurent inexpliqués. Lorsque notre Seigneur est venu, il a délié la langue de Moïse, et aujourd’hui toutes ses paroles sont devenues distinctes, car sa langue ne bégaye plus et ses discours sont transparents comme le jour.
Jusqu’à notre Seigneur, la parole était engourdie, elle restait sans explication, et tout ce qui avait été dit à son sujet demeurait obscur. Le mystère caché se retranchait à la fois derrière le bégaiement et derrière le voile (Ex 34,33; 2Co 3,14), aussi longtemps que n’était pas arrivée l’heure de sa proclamation au grand jour.
Moïse avait demandé à voir le Père (Ex 33,18) ; il pressentait, en effet, que le Fils viendrait en ce monde à découvert. C’est alors que le Père lui a montré le revers de son visage ; il voulait lui enseigner par là que son Fils se manifesterait sous les apparences humaines. L’Éternel fit à son sujet une distinction entre la face et l’envers, pour que Moïse reconnaisse que la terre contemplerait son Fils sous la forme d’un homme. (…) C’est vers lui que Moïse a regardé, et c’est de lui qu’est venu l’éclat dont resplendissait la peau de son visage (Ex 34,29). L’éclat du Fils reposait sur l’ensemble de la prophétie (…) ; lorsque Moïse parlait, c’était lui qui parlait par sa bouche, car il est la Parole qui inspirait toutes les paroles de la prophétie. Sans lui, il n’est pour les prophètes ni parole ni révélation possible, car il est la source première de la prophétie. (…) Mais quand le Crucifié, l’Époux, est venu la prophétie a dévoilé son visage et élevé la voix au milieu de l’assemblée. Le Fils de la Vierge a soulevé le voile de sur les Hébreux ; tout est devenu manifeste, clair et facile à interpréter.
Saint Jacques de Saroug (v. 449-521)
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Vivre l’obéissance du Fils

Ô obéissance, qui accomplis la traversée sans peine, et arrive sans péril au port du salut ! Tu te conformes au Verbe, mon Fils unique ; tu prends passage sur la barque de la très sainte Croix, prête à tout souffrir plutôt que de t’écarter de l’obéissance du Verbe et d’enfreindre sa doctrine. De la très sainte Croix, tu as fait une table, où tu te nourris des âmes, inébranlable dans l’amour du prochain.
Toute pénétrée d’humilité, tu n’as point de convoitise du bien d’autrui, en dehors de ma volonté. Tu es toute droite, sans aucun détour ; tu fais le cœur loyal, sans feinte aucune, à l’amour généreux, exempt de tout calcul. Tu es une aurore qui annonce la lumière du divin amour ! Tu es un soleil qui échauffe, parce que sans cesse tu es embrasée de la charité ! C’est toi qui fais germer la terre, car par toi tous les organes du corps, toutes les facultés de l’âme produisent des fruits de vie, pour elle-même et pour le prochain. Tu es toute charmante, parce que jamais la colère ne trouble ton visage ; il conserve inaltérable la sérénité de la force, et la grâce que répand l’aimable patience.
Comme ta longue persévérance te fais grande ! Si grande, que tu vas de la terre au ciel, puisque c’est par toi et par toi seule qu’on le peut ouvrir. Tu es une perle cachée, méconnue, piétinée par le monde, et tu es la première à te mépriser toi-même et à te mettre sous les pieds de tous. Si haute pourtant est ta puissance que nul ne te peut commander : tu es affranchie de la mortelle servitude de la sensualité, qui ravalait ta dignité. En tuant cet ennemi par la haine et le mépris de la volonté propre, tu as reconquis ta liberté.
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)
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« Vous ne pourrez donc pas croire à moins d’avoir vu des signes et des prodiges ? »

« Si vous ne voyez pas des signes et des prodiges, vous ne croirez pas ! » Le fonctionnaire royal semble ne pas croire que Jésus a la puissance de ressusciter les morts : « Descends, avant que mon fils ne meure ! » Il semble croire que Jésus ignore la gravité de la maladie de son enfant. C’est pourquoi Jésus lui fait ce reproche, pour lui montrer que les miracles se font surtout pour gagner et guérir les âmes. Ainsi Jésus guérit le père qui est malade d’esprit non moins que le fils qui est malade de corps, pour nous apprendre qu’il faut s’attacher à lui non à cause des miracles, mais pour son enseignement que les miracles confirment. Car il opère les miracles non pour les croyants, mais pour les incroyants. (…)
De retour chez lui, « il crut, avec tous les gens de sa maison ». Des gens qui n’ont ni vu ni entendu Jésus (…) croient en lui. Quel enseignement en retirer ? Il faut croire en lui sans exiger des miracles ; il ne faut pas exiger de Dieu des preuves de sa puissance. De nos jours combien de gens montrent un plus grand amour de Dieu lorsque leurs enfants ou leur femme ont reçu quelque soulagement dans leur maladie. Même si nos vœux ne sont pas exaucés, il faut persévérer tout autant dans l’action de grâce et la louange. Restons attachés à Dieu dans l’adversité autant que dans la prospérité.
Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)
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« Il faut que le Fils de l’homme soit élevé afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle. »

Lorsque le peuple a péché dans le désert (Nb 21,5s), Moïse, qui était prophète, a ordonné aux Israélites de dresser un serpent sur une croix, c’est-à-dire de mettre à mort le péché. (…) C’était un serpent qu’il fallait regarder, puisque c’était par des serpents que les fils d’Israël avaient été frappés pour leur châtiment. Et pourquoi par des serpents ? Parce qu’ils avaient renouvelé la conduite de nos premiers parents. Adam et Ève avaient péché tous deux en mangeant du fruit de l’arbre ; les Israélites avaient murmuré pour une question de nourriture. Proférer des paroles de plainte parce qu’on manque de légumes, c’est le comble du murmure. Voilà ce qu’atteste le psaume : « Ils parlèrent contre Dieu dans les lieux arides » (Ps 77,17). Or, dans le paradis aussi, le serpent a été à l’origine du murmure. (…)
Les fils d’Israël devaient ainsi apprendre que le même serpent qui avait tramé la mort d’Adam, leur avait procuré la mort à eux aussi. Moïse l’a suspendu donc au bois, afin qu’en le voyant, ils soient amenés, par la similitude, à se souvenir de l’arbre. Ceux, en effet, qui tournaient leurs yeux vers lui étaient sauvés, non certes grâce au serpent, mais à cause de leur conversion. Ils regardaient le serpent et ils se rappelaient leur péché. Parce qu’ils étaient mordus, ils se repentaient et, une fois de plus, ils étaient sauvés. Leur conversion transformait le désert en demeure de Dieu ; le peuple pécheur devenait par la pénitence une assemblée ecclésiale et, bien mieux, malgré lui, il adorait la croix.
Sermon attribué à saint Éphrem (v. 306-373)
