Auteur/autrice : fred

  • « Une fois sortis, les pharisiens et les partisans d’Hérode se réunirent contre Jésus pour voir comment le faire périr. »

    Tu n’as pas vu Dieu ; tu n’as pas reconnu le Seigneur ; tu n’as pas su, ô Israël, que c’est lui, le Premier-né de Dieu, celui qui a été engendré avant l’étoile du matin (Ps 109,3), celui qui fit surgir la lumière, qui fit briller le jour en le séparant des ténèbres, qui fixa une première borne, qui suspendit la terre, qui dessécha l’abîme, qui déploya le firmament (…), qui créa les anges dans le ciel, qui y fixa les trônes, qui modela pour lui l’homme sur la terre. C’était lui qui te choisit, qui te guida d’Adam à Noé, de Noé à Abraham, d’Abraham à Isaac et Jacob et aux douze Patriarches. C’était lui qui te conduisit en Égypte, et qui te protégea et qui t’y nourrit avec sollicitude. C’était lui qui t’éclaira par une colonne de feu et qui te recouvrit d’une nuée, qui a fendu la Mer Rouge et qui te fit traverser (…). C’était lui qui te donna la manne du ciel, qui t’abreuva du rocher, qui te donna la Loi (…) et la terre promise, qui t’envoya les prophètes, et qui suscita tes rois. C’est lui qui vint à toi, qui soigna les tiens qui souffraient, et qui ressuscita tes morts. (…) C’est lui que tu mis à mort, c’est lui que tu marchandas à prix d’argent. (…)

    Combien as-tu estimé les bienfaits qui t’ont été accordés ? (…) Estime donc la main desséchée qu’il a restituée au corps ! Estime donc les aveugles de naissance qu’il rendit à la lumière par une parole ! Estime donc les morts qu’il releva de leur tombeau après trois ou quatre jours ! Sans prix sont les dons qu’il t’a faits. Et toi (…), tu lui as rendu le mal pour le bien et l’affliction pour la joie et la mort pour la vie.

    Méliton de Sardes (?-v. 195)

     

     

  • « Tu te souviendras du jour du sabbat pour le sanctifier. » (Ex 20,8)

    La vie du corps, quelque précieuse et désirable qu’elle soit, n’est pas le but dernier de notre existence. Elle est une voie et un moyen pour arriver, par la connaissance du vrai et l’amour du bien, à la perfection de la vie de l’âme. C’est l’âme qui porte gravée en elle-même l’image et la ressemblance de Dieu (Gn 1,26). C’est en elle que réside cette souveraineté dont l’homme fut investi quand il reçut l’ordre de s’assujettir la nature inférieure et de mettre à son service les terres et les mers (Gn 1,28). (…) À ce point de vue, tous les hommes sont égaux ; point de différences entre riches et pauvres, maîtres et serviteurs, princes et sujets : « Ils n’ont tous qu’un même Seigneur » (Rm 10,12).

    Il n’est permis à personne de violer impunément cette dignité de l’homme que Dieu lui-même traite avec un grand respect, ni d’entraver la marche de l’homme vers cette perfection qui correspond à la vie éternelle et céleste. (…)

    C’est de là que découle la nécessité du repos et de la cessation du travail aux jours du Seigneur. Le repos, d’ailleurs, ne doit pas être entendu comme une plus large part faite à une stérile oisiveté, ou encore moins (…) comme un chômage fauteur des vices et dissipateur des salaires, mais bien comme un repos sanctifié par la religion. (…) Tel est surtout le caractère et la raison de ce repos du septième jour dont Dieu avait fait même déjà dans l’Ancien Testament un des principaux articles de la Loi : « Souviens-toi de sanctifier le jour du sabbat » (Ex 20,8), et dont il avait lui-même donné l’exemple par ce mystérieux repos pris aussitôt après qu’il eût créé l’homme : « Il se reposa le septième jour de tout le travail qu’il avait fait » (Gn 2,2).

    Léon XIII

     

     

  • « L’Époux est avec eux. »

    « Ce fut sous l’ombre du pommier (cf Ct 8,5)
    Que tu devins ma fiancée ;
    Alors je te donnai ma main,
    Et tu fus ainsi réparée
    Au lieu même où ta mère avait été violentée. »

    Dans le haut état du mariage spirituel [décrit par ce poème], c’est avec grande facilité et très fréquemment que l’Époux découvre à l’âme ses secrets merveilleux et lui fait part de ses œuvres. En effet, l’amour véritable et sincère ne sait rien tenir secret. L’Époux communique tout spécialement à l’épouse les doux mystères de son incarnation, la manière dont s’est accomplie la rédemption de l’homme, l’une des plus sublimes parmi les œuvres de Dieu et par là même des plus savoureuses à l’âme. C’est ce que fait l’Époux dans cette strophe, où l’on peut voir avec quel tendre amour il découvre intérieurement à l’âme ces grands mystères.

    Il lui expose donc comment c’était par le moyen de l’arbre de la croix qu’elle est devenue son épouse, comment sur ce bois il l’a couverte de sa protection miséricordieuse en voulant mourir pour elle, et l’a traitée avec magnificence puisque, pour la réparer et la racheter, il s’est servi de l’instrument même qui avait ruiné la nature humaine, à savoir l’arbre du Paradis qui avait perdu Ève, notre première mère (Gn 3,6-7). Il dit donc : « Ce fut sous l’ombre du pommier », c’est-à-dire sous la protection de l’arbre de la croix. C’est sur cet arbre que le Fils de Dieu a racheté la nature humaine et s’est uni à elle, et par suite à chaque âme. C’est par les mérites de sa Passion qu’il lui communique sa grâce et ses dons.

    Saint Jean de la Croix (1542-1591)

     

     

  • « Voici l’Agneau de Dieu ! »

    « Jean voit Jésus venir vers lui et il dit : ‘Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde’ » (Jn 1,29). Ce n’est plus le temps de dire : « Préparez le chemin du Seigneur » (Mt 3,3), puisque celui dont la venue a été préparée se laisse voir : il s’offre désormais aux regards. La nature de l’événement demande un autre discours : il faut faire connaître celui qui est là, expliquer pourquoi il est descendu du ciel et venu jusqu’à nous. C’est pourquoi Jean déclare : « Voici l’Agneau de Dieu ».

    Le prophète Isaïe nous l’a annoncé en disant qu’il est « mené à l’abattoir comme une brebis, comme un agneau muet devant ceux qui le tondent » (Is 53,7). La Loi de Moïse l’a préfiguré, mais (…) elle ne procurait qu’un salut incomplet et sa miséricorde ne s’étendait pas à tous les hommes. Or, aujourd’hui, l’Agneau véritable, représenté jadis par des symboles, la victime sans reproche, est menée à l’abattoir.

    C’est pour bannir le péché du monde, renverser l’Exterminateur de la terre, détruire la mort en mourant pour tous, briser la malédiction qui nous frappait et mettre fin à cette parole : « Tu es poussière et à la poussière tu retourneras » (Gn 3,19). Devenu ainsi le second Adam, d’origine céleste et non terrestre (1Co 15,47), il est la source de tout bien pour l’humanité (…), la voie qui mène au Royaume des cieux. Car un seul Agneau est mort pour tous, recouvrant pour Dieu le Père tout le troupeau de ceux qui habitent la terre. « Un seul est mort pour tous », afin de les soumettre tous à Dieu ; « un seul est mort pour tous » afin de les gagner tous, afin que tous désormais « n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux » (2Co 5,14-15).

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

     

     

  • Le doux et suave médecin des âmes

    Ô Père très doux, quand la race humaine était là gisante et blessée par le péché d’Adam, vous lui avez envoyé le médecin, votre cher Fils, le Verbe d’amour. Et quand j’étais abattue moi-même, languissante dans la négligence et une épaisse ignorance, vous le très doux et très suave médecin, le Dieu éternel, vous m’avez donné une suave et douce et amère médecine, pour me guérir et me tirer de mon infirmité.

    Elle était suave, parce que c’est, avec votre charité, avec votre suavité que vous vous êtes manifesté à moi, vous la douceur au-dessus de toute douceur. Vous avez éclairé l’œil de mon intelligence par la lumière de la très sainte foi, et dans cette lumière, suivant qu’il vous plut de me le découvrir, j’ai connu l’excellence et la grâce que vous avez conférées à la race humaine en vous donnant à elle tout entier, vrai Dieu et vrai homme, dans le corps mystique de la sainte Église. (…) Ô amour ineffable ! Vous m’avez donné, en me dévoilant ces choses, une médecine douce et amère, pour me guérir de mon infirmité, pour m’arracher à mon ignorance et à ma tiédeur, pour ranimer mon zèle et provoquer un ardent désir de recourir à vous !

    En me montrant ainsi votre Bonté et les outrages que vous recevez de tous les hommes, mais spécialement de vos ministres, vous avez voulu me faire verser, sur moi-même, pauvre pécheresse, et sur ces morts qui vivent si misérablement, un torrent de larmes, qui jailliront de la connaissance de votre infinie Bonté. Je ne veux donc pas, ô Père éternel, foyer d’amour ineffable et d’ardente charité, je ne veux pas cesser un instant, de faire des vœux pour votre honneur et le salut des âmes !

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

  • « Lève-toi ! »

    Par les sacrements de l’initiation chrétienne [baptême, confirmation, eucharistie], l’homme reçoit la vie nouvelle du Christ. Or, cette vie, nous la portons « en des vases d’argile » (2Co 4,7). Maintenant, elle est encore « cachée avec le Christ en Dieu » (Col 3,3). Nous sommes encore dans « notre demeure terrestre » (2Co 5,1) soumise à la souffrance, à la maladie et à la mort. Cette vie nouvelle d’enfant de Dieu peut être affaiblie et même perdue par le péché. Le Seigneur Jésus Christ, médecin de nos âmes et de nos corps, Lui qui a remis les péchés au paralytique et lui a rendu la santé du corps, a voulu que son Église continue, dans la force de l’Esprit Saint, son œuvre de guérison et de salut (…). C’est le but des deux sacrements de guérison : le sacrement de Pénitence et l’Onction des malades. (…)

    « Toute l’efficacité de la Pénitence consiste à nous rétablir dans la grâce de Dieu et à nous unir à lui dans une souveraine amitié. » Le but et l’effet de ce sacrement sont donc la ‘réconciliation avec Dieu’. Chez ceux qui reçoivent le sacrement de Pénitence avec un cœur contrit et dans une disposition religieuse, « il est suivi de la paix et de la tranquillité de la conscience, qu’accompagne une forte consolation spirituelle ». En effet, le sacrement de la réconciliation avec Dieu apporte une véritable « résurrection spirituelle », une restitution de la dignité et des biens de la vie des enfants de Dieu dont le plus précieux est l’amitié de Dieu (cf Lc 15,32).

    Ce sacrement nous ‘réconcilie avec l’Église’. Le péché ébrèche ou brise la communion fraternelle. Le sacrement de Pénitence la répare ou la restaure. En ce sens, il ne guérit pas seulement celui qui est rétabli dans la communion ecclésiale, il a aussi un effet vivifiant sur la vie de l’Église qui a souffert du péché d’un de ses membres (cf 1Co 12,26). Rétabli ou affermi dans la communion des saints, le pécheur est fortifié par l’échange des biens spirituels entre tous les membres vivants du Corps du Christ (…) : “Le pénitent pardonné se réconcilie avec lui-même dans la profondeur de son être, où il récupère la propre vérité intérieure ; il se réconcilie avec les frères que de quelque manière il a offensé et blessé ; il se réconcilie avec l’Église ; il se réconcilie avec la création toute entière.”

    Catéchisme de l’Église catholique

     

     

  • Saint François guéri de ses peurs par un lépreux

    Un jour, alors que [le jeune] François montait à cheval près d’Assise, un lépreux vint à sa rencontre. D’habitude il avait une grande horreur des lépreux, c’est pourquoi il se fit violence, descendit de cheval et lui donna une pièce d’argent en lui baisant la main. Ayant reçu du lépreux un baiser de paix, il remonta à cheval et poursuivit son chemin. À partir de ce moment, il commença à se dépasser de plus en plus, jusqu’à parvenir à une parfaite victoire sur soi-même par la grâce de Dieu.

    Quelques jours plus tard, s’étant muni de beaucoup de monnaie, il se dirigea vers l’hospice des lépreux et, les ayant tous réunis, il donna une aumône à chacun, en lui baisant la main. À son retour, il est exact que ce qui auparavant lui paraissait amer — c’est-à-dire, voir ou toucher les lépreux — s’était transformé en douceur. Voir des lépreux, comme il lui arriva de le dire, lui était à ce point pénible que non seulement il refusait de les voir mais même de s’approcher de leur habitation ; s’il lui arrivait parfois de les voir ou de passer près de leur léproserie (…), il détournait le visage et se bouchait le nez. Mais la grâce de Dieu le rendit à ce point familier des lépreux que, comme il l’atteste dans son testament, il séjournait parmi eux et les servait humblement. La visite aux lépreux l’avait transformé.

    Récit de trois compagnons de saint François d’Assise (v. 1244)

     

     

  • Suivre le Christ

    Priant avec dévotion pour une autre personne, Gertrude reçut cet enseignement pour servir de règle à la conduite de sa vie : (…) que toute fidèle à ce que les Écritures ont pu lui révéler du comportement du Christ, elle s’appliquât à imiter son exemple en tout et spécialement en trois choses.

    La première est que le Seigneur passait souvent la nuit en prière ; cette âme devait donc, en toute tribulation et adversité, chercher son secours dans la prière. Deuxièmement, comme le Seigneur parcourait, en prêchant, villes et bourgades, cette personne devait s’appliquer, non seulement dans sa prédication, mais même dans toutes ses actions, ses gestes et toute sa tenue, à édifier le prochain par son bon exemple. Troisièmement, de même que le Christ Seigneur a répandu de multiples bienfaits sur ceux qui étaient dans le besoin, cette personne devait répandre la grâce, par ses propres paroles et ses actions, en étant toujours attentive, au moment d’agir ou de parler, à recommander au Seigneur que cet acte soit uni à toute son œuvre divine parfaite, ordonnée selon sa toute adorable volonté au salut du genre humain, et, une fois l’acte accompli, en l’offrant à nouveau au Fils de Dieu dans la même intention d’union, afin qu’il soit corrigé dans ses imperfections et rendu digne d’être présenté à Dieu le Père, en éternelle louange.

    Sainte Gertrude d’Helfta (1256-1301)

     

     

  • « Silence ! Sors de cet homme. »

    « Jésus menaça le démon en disant : ‘ Tais-toi, et sors de cet homme. ‘ » La Vérité n’a nul besoin du témoignage du Menteur. « Je ne suis pas venu me faire confirmer par ton témoignage mais t’expulser de celui que j’ai créé…; je n’ai pas besoin de la reconnaissance de celui que je voue au déchirement. Tais-toi ! Que ton silence soit ma louange. Je ne veux pas être loué par ta voix, mais tes tourments ; ton châtiment c’est ma louange… Tais-toi, et sors de l’homme ! » C’est comme s’il disait : « Sors de chez moi ; que fais-tu dans ma demeure ? Moi, je désire entrer : alors, tais-toi, et sors de l’homme, cet être doué de raison. Sors de l’homme ! Quitte cette demeure qui a été préparée pour moi ! Le Seigneur veut sa maison, sors de cet homme »…

    Voyez à quel point l’âme de l’homme est précieuse. Cela va à l’encontre de ceux qui pensent que nous, les hommes, et les animaux avons une âme identique et que nous sommes animés d’un même esprit. À un autre moment, le démon est expulsé d’un seul homme et il est envoyé dans deux mille porcs (Mt 8,32) : ce qui est précieux est sauvé, ce qui est vil est perdu. « Sors de l’homme, va-t’en chez les porcs…, va où tu veux, va-t’en aux abîmes. Laisse l’homme, ma propriété privée… Je ne te laisserai pas posséder l’homme, car ce serait un outrage pour moi si tu t’installais en lui à ma place. J’ai assumé un corps humain, j’habite dans l’homme : cette chair que tu possèdes fait partie de ma chair, sors de cet homme ! »

    Saint Jérôme (347-420)

     

     

  • « Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche. »

    « Après l’arrestation de Jean Baptiste, Jésus vint en Galilée… » Selon notre interprétation, Jean représente la Loi et Jésus l’Évangile. En effet, Jean dit : « Celui qui est plus fort que moi vient après moi… » (Mc 1,7), et ailleurs : « Il faut que lui grandisse et que moi, je diminue » (Jn 3,30) : c’est ainsi qu’il compare la Loi à l’Évangile. Et ensuite il dit : « Moi — c’est-à-dire la Loi — je vous baptise dans l’eau, mais lui — c’est-à-dire l’Évangile — vous baptisera dans l’Esprit Saint » (Mc 1,8). Jésus vint donc parce que Jean avait été mis en prison. En effet la Loi est close et enfermée, elle n’a plus sa liberté passée ; mais nous sommes passés de la Loi à l’Évangile…

    « Jésus vint en Galilée, prêchant l’Évangile, la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu »… Quand je lis la Loi, les prophètes et les psaumes, je n’ai jamais entendu parler du Royaume des cieux : seulement dans l’Évangile. Car c’est seulement quand est venu celui dont il est dit « le Royaume de Dieu est au milieu de vous » (Lc 17,21) que le Royaume de Dieu a été ouvert… En effet, avant la venue du Sauveur et la lumière de l’Évangile, avant que le Christ n’ouvre la porte du paradis avec le larron (Lc 23,43), toutes les âmes des saints descendaient au séjour des morts. Jacob lui-même dit : « Pleurant et gémissant, je descendrai au séjour des morts » (Gn 37,35)… Dans la Loi, Abraham est au séjour des morts ; dans l’Évangile, le larron est au paradis. Nous ne dénigrons pas Abraham, nous désirons tous reposer en son sein (Lc 16,23) ; mais nous préférons le Christ à Abraham, l’Évangile à la Loi.

    Nous lisons qu’après la résurrection du Christ, beaucoup de saints sont apparus dans la cité sainte (Mt 27,53). Notre Seigneur et notre Sauveur a prêché sur terre et il a prêché aussi aux enfers ; il est mort, il est descendu aux enfers pour libérer les âmes qui y étaient enchaînées (1P 3,18s).

    Saint Jérôme (347-420)