Auteur/autrice : fred

  • La veuve de Sarepta

    La veuve sans ressources est sortie ramasser deux morceaux de bois pour se faire cuire du pain, et c’est alors qu’Élie l’a rencontrée. Cette femme était le symbole de l’Église ; parce qu’une croix est formée de deux morceaux de bois, celle qui allait mourir cherchait de quoi vivre éternellement. Il y a donc là un mystère caché… Élie lui dit : « Va, nourris-moi d’abord de ta pauvreté, et tes richesses ne s’épuiseront pas. » Quelle heureuse pauvreté ! Si la veuve a reçu ici-bas un tel salaire, quelle récompense n’est-elle pas en droit d’espérer dans l’autre vie !

    J’insiste sur cette pensée : ne comptons pas recueillir le fruit de nos semailles dans ce temps où nous semons. Ici-bas, nous semons dans la peine ce qui sera la moisson des bonnes œuvres, mais c’est plus tard que nous en récolterons le fruit dans la joie, selon ce qui est écrit : « On s’en va, on s’en va en pleurant, jetant la semence. On s’en vient, on s’en vient en chantant, rapportant les gerbes » (Ps 125,6). Le geste d’Élie envers cette femme était en effet un symbole et pas sa récompense. Car si cette veuve avait été récompensée ici-bas pour avoir nourri l’homme de Dieu, voici de bien pauvres semailles, voici une bien maigre moisson ! Elle n’a reçu qu’un bien temporel : de la farine qui ne s’est pas épuisée, de l’huile qui n’a pas diminué jusqu’au jour où le Seigneur a arrosé la terre de sa pluie. Ce signe qui lui a été concédé par Dieu pour peu de jours, était donc le symbole de la vie future où notre récompense ne saurait diminuer. Notre farine, ce sera Dieu ! Comme la farine de cette femme ne s’est pas épuisée durant ces jours, Dieu ne nous manquera pas durant toute l’éternité… Sème en confiance et ta moisson viendra sûrement ; elle viendra plus tard, mais quand elle viendra, tu moissonneras sans fin.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

  • « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »

    Nous sommes encore les ouvriers de Dieu et nous bâtissons le temple de Dieu. La dédicace de ce temple a déjà eu lieu dans sa Tête, puisque le Seigneur est ressuscité des morts, après avoir triomphé de la mort ; ayant détruit en lui ce qui était mortel, il est monté au ciel. (…) Et maintenant, nous construisons ce temple par la foi, pour que se fasse aussi sa dédicace lors de la résurrection finale. C’est pourquoi (…) il y a un psaume intitulé : « lorsqu’on rebâtissait le Temple, après la captivité » (95,1 Vulg). Rappelez-vous la captivité où nous étions jadis, alors que le diable tenait le monde entier en son pouvoir, comme un troupeau d’infidèles. C’est en raison de cette captivité que le Rédempteur est venu. Il a versé son sang pour notre rançon ; par son sang répandu, il a supprimé le billet de la dette qui nous maintenait captifs (Col 2,14). (…) Vendus auparavant au péché, nous avons ensuite été libérés par la grâce.

    Après cette captivité, on construit maintenant le temple, et pour l’édifier, on annonce la Bonne Nouvelle. C’est pourquoi ce psaume commence ainsi : « Chantez au Seigneur un chant nouveau. » Et pour que tu ne penses pas que l’on bâtit ce temple dans un petit coin, comme le construisent les hérétiques qui se séparent de l’Église, fais attention à ce qui suit : « Chantez au Seigneur toute la terre .» (…)

    « Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur toute la terre. » Chantez et bâtissez ! Chantez et « bénissez le nom du Seigneur » (v.2). Annoncez le jour né du jour du salut, le jour né du jour du Christ. Qui est, en effet, le salut de Dieu sinon son Christ ? Pour ce salut, nous prions dans le psaume : « Montre-nous, Seigneur, ta miséricorde, et donne-nous ton salut. » Les anciens justes désiraient ce salut, eux dont le Seigneur disait à ses disciples : « Beaucoup ont voulu voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu » (Lc 10,24). (…) « Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur. » Voyez l’ardeur des bâtisseurs ! « Chantez au Seigneur et bénissez son nom. » Annoncez la Bonne Nouvelle ! Quelle bonne nouvelle ? Le jour est né du jour (…) ; la Lumière est née de la Lumière, le Fils né du Père, le salut de Dieu ! Voilà comment se construit le temple après la captivité.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

  • Les sentiments du Fils prodigue

    Qu’est-ce que la componction ? C’est une disposition de l’âme qui fait que celle-ci demeure dans un état de contrition habituelle. (…)

    Voyez l’enfant prodigue à son retour au foyer paternel. Nous le figurons-nous, après la rentrée, prenant des airs insouciants et des allures dégagées, comme s’il avait été toujours fidèle ? Oh, non ! Vous me direz : « Son père ne lui a-t-il pas tout pardonné ? » Certainement, il a reçu son fils les bras ouverts; il ne lui a pas dit : « Vous êtes misérable », non, il l’a serré sur son cœur. Et le retour de ce fils procure même au père une telle joie que celui-ci prépare pour le repenti un grand festin. Tout est oublié, tout est pardonné. Cette conduite du père du prodigue est l’image de la miséricorde de notre Père céleste.

    Mais lui, l’enfant pardonné, conserve les sentiments et l’attitude qu’il avait quand il s’est jeté repentant aux pieds de son père : « Père, j’ai péché contre vous, je ne suis plus digne d’être appelé votre fils ; traitez-moi comme le dernier de vos serviteurs ». Soyons certains que, pendant toutes les réjouissances par lesquelles on célébrait son retour, ce sont là les dispositions qui dominaient dans son âme. Et si plus tard la contrition y a diminué d’intensité, jamais ce sentiment ne s’en est effacé tout à fait, même après que l’enfant eut repris pour toujours au foyer paternel sa place de jadis. Que de fois il a dû dire à son père : « Vous m’avez tout pardonné, je le sais, mais mon cœur ne se lassera pas de répéter avec gratitude, combien il a de regret de vous avoir offensé, combien il veut racheter par une plus grande fidélité les heures perdues et l’oubli qu’il a fait de vous ».

    Tel doit être le sentiment d’une âme qui a offensé Dieu (…). La componction du cœur rend l’âme ferme dans l’horreur du mal et l’amour de Dieu.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

  • Union de prières

    Dix-septième jour de Carême
    En union de prière, tous les soirs à 18h35 pour les Stes âmes du Purgatoire, tous les jours pour les neuvaines d’Ardouane, le chapelet et tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h00, à la demande de Marie Mère des hommes, aux intentions de ce monde, du Pape, à l’ouverture de la Maison de Marie, aux victimes du fanatisme et pour tous ceux partis trop tôt du covid-19 ou malades.

     

     

     

  • La vigne de notre âme

    Mon très cher Père et Frère dans le Christ le doux Jésus, moi, Catherine, l’esclave des serviteurs de Dieu, je vous écris dans son précieux Sang, avec le désir de vous voir un bon ouvrier dans la vigne de votre âme, afin que vous rapportiez beaucoup de fruit au temps de la récolte, c’est-à-dire au moment de la mort, où toute faute est punie et toute vertu récompensée.

    Vous savez que la vérité éternelle nous a créés à son image et ressemblance ; Dieu a fait de nous son temple, où il veut habiter par sa grâce, pourvu que l’ouvrier de cette vigne veuille bien la cultiver car si elle n’est pas cultivée, si elle est couverte de ronces et d’épines, il ne pourra pas y habiter. Voyons, très cher Père, quel ouvrier y a placé le Maître. Il y a mis le libre arbitre, auquel est confié tout pouvoir. Personne ne peut ouvrir ou fermer la porte de la volonté, si le libre arbitre ne le veut pas. La lumière de l’intelligence lui est donnée pour connaître les amis et les ennemis qui veulent entrer et passer par la porte ; et à cette porte est placé le chien de la conscience, qui aboie quand il entend venir, s’il est levé et ne dort pas. Cette lumière fait voir et discerner le fruit à l’ouvrier ; il ôte la terre, pour que le fruit soit pur, et il le met dans sa mémoire comme dans un grenier, où s’entasse le souvenir des bienfaits de Dieu. Au milieu de la vigne est placé le vase de son cœur plein du précieux Sang, pour arroser les plantes afin qu’elles ne se dessèchent pas.

    C’est ainsi qu’est créée et disposée cette vigne, qui est aussi, nous l’avons dit, le temple où Dieu doit habiter par sa grâce.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

  • Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent !

    Comme le riche qui aimait la vie des plaisirs,
    J’ai aimé les plaisirs éphémères,
    Avec ce corps animal qui est le mien,
    Dans les plaisirs de cet insensé. (…)

    Et de tant de si grands bienfaits
    Que tu m’as donnés gratuitement,
    Je ne t’ai pas rendu la dîme
    Prise sur tes propres dons.

    Mais tout ce qui était sous mon toit
    Amassé de la terre, des airs et de la mer,
    Tes bienfaits innombrables,
    Je croyais que c’était ma propriété.

    De tout cela je n’ai rien donné au pauvre
    Et pour ses besoins je n’ai rien mis de côté :
    Ni nourriture pour la personne affamée,
    Ni couverture pour le corps nu,
    Ni hospice pour l’indigent,
    Ni demeure pour l’hôte étranger,
    Ni visite au malade,
    Ni non plus de soin pour les prisonniers (cf Mt 25,31s).

    Je ne me suis pas attristé pour le chagrin
    De l’homme triste à cause de ce qui l’accable ;
    Et je n’ai pas partagé non plus la joie de l’homme joyeux,
    Mais j’ai brûlé de jalousie contre lui.

    Tous ceux-là sont d’autres Lazare (…)
    Ils gisent dehors à ma porte (…)
    Quant à moi, sourd à leur appel,
    Je ne leur ai pas donné les miettes de ma table. (…)

    Les chiens de ta Loi au-dehors
    Les consolaient au moins avec leur langue ;
    Et moi qui entendais ton commandement
    Avec ma langue j’ai blessé celui qui te ressemble (Mt 25,45). (…)

    Mais donne-moi dès ici-bas le repentir,
    Pour que je fasse pénitence pour mes péchés (…)
    Afin que ces larmes éteignent
    La fournaise ardente avec ses flammes brûlantes. (…)

    Et au lieu de la conduite d’un homme sans miséricorde,
    Établis au plus profond de moi la pitié miséricordieuse,
    Pour que, en faisant miséricorde au pauvre,
    Je puisse obtenir ta miséricorde.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

     

     

  • « Voici que nous montons à Jérusalem. »

    Ô Jérusalem, cité de Dieu, nous t’acclamons « Vision de paix ».
    Tu as été construite dans les cieux de pierres vivantes.
    Couronnée d’anges et de saints, tu es la Bien-Aimée du Roi.

    Descendue toute neuve du Ciel, tu es parée pour ton Époux.
    Avance comme l’Épousée ; viens étreindre ton Seigneur.
    Et l’on verra sur tes remparts étinceler l’or de ta joie.

    Que s’ouvrent tes portes à deux vantaux ; que resplendisse ta beauté.
    Que par la grâce soit sauvé tout homme qui y pénètre.
    Que soit accueilli celui qui souffre au nom du Christ et perd courage.

    C’est le Christ le maître et l’artisan ; c’est lui qui taille et qui polit.
    Il ajuste chaque pierre, la choisit en chaque lieu,
    Il la place pour demeurer ce Temple saint où il habite.

    Liturgie latine

    (Références bibliques : 1P 2,5 ; Ap 21,2.18 ; Co 3,16)

     

  • « Vous n’avez qu’un seul maître et vous êtes tous frères. » (Mt 23,8)

    « Vous n’avez tous qu’un Père qui est Dieu : vous êtes tous des frères. » Vous nous le dites nettement, mon Seigneur Jésus : tous les hommes forment une grande famille ; tous sont frères, Dieu est le Père commun : tous doivent avoir les uns pour les autres les pensées, les paroles, les actes qu’un bon père veut que ses enfants aient entre eux.

    L’amour que le meilleur des pères veut voir régner entre ses enfants, voilà l’amour que nous devons à tous les hommes, à chacun des hommes, sans exception. Et notre modèle, Jésus, nous en donne l’exemple : c’est Dieu qui vient sur la terre nous montrer sous la forme humaine comment il veut que chaque homme aime les autres hommes. Que fait Jésus ? Il vit trente-quatre ans et il donne son sang au milieu des plus affreux tourments pour la sanctification et le salut de tous les hommes, non seulement de tous en général mais de chacun en particulier, en sorte qu’il n’est aucun homme dont on ne doive dire : cet homme, Jésus est mort pour le sauver et le sanctifier. Après le précepte de l’amour fraternel, voici l’exemple comme l’a donné Jésus. Comme le dit S. Paul, « c’est votre frère, que le Christ a racheté à si grand prix ! » (cf. 1 Co 6, 20)

    Tout homme est notre vrai frère en Dieu, et tout homme a été tant aimé et estimé si haut par Jésus qu’il est mort pour lui. Tout homme doit nous apparaître comme un frère, et un frère couvert comme d’un manteau du Sang de Jésus.

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916)