Auteur/autrice : fred

  • « Rebecca venait puiser de l’eau au puits. »

    Juin 2014: Jésus et la Samaritaine. Vitrail du XIXè. Oeuvre de l’atelier LORIN. Egl. Saint Aignan. Chartres (28) France.
    June 2014: Jesus and the Samaritan woman. Stained glass in St Aignan ch. Chartres (28) France.

    « Rebecca venait puiser de l’eau au puits », nous dit l’Écriture (Gn 24,16). Chaque jour Rebecca venait aux puits, chaque jour elle puisait de l’eau. Et parce que chaque jour elle passait du temps près des puits, le serviteur d’Abraham a pu la trouver et la donner en mariage à Isaac. Peut-être penses-tu qu’il s’agit là d’un conte ou d’une belle histoire rapportée par l’Esprit Saint dans l’Écriture ? Non, il s’agit en vérité d’un enseignement spirituel, d’une instruction qui s’adresse à ton âme pour lui apprendre à venir chaque jour aux puits des Écritures, vers les eaux de l’Esprit Saint, à y puiser sans se lasser pour en remporter un vase bien rempli. C’est ainsi qu’agissait sainte Rebecca ; si elle avait fait autrement, elle n’aurait pas pu épouser le grand patriarche Isaac. (…)

    Or tout ce que contient l’Écriture est symbolique : toi aussi, le Christ veut t’épouser. C’est à toi qu’il s’adresse par la promesse des prophètes, quand il dit : « Je ferai de toi mon épouse pour toujours ; je ferai de toi mon épouse dans la fidélité et la tendresse, et tu connaîtras le Seigneur » (Os 2,21s). Voulant donc te fiancer à lui, le Christ t’envoie un serviteur — la parole inspirée. Tu ne peux pas épouser le Christ sans l’avoir reçue. (…) Seuls ceux qui savent tirer l’eau en abondance des profondeurs des puits (…), qui ont une âme qui fait tout avec patience, qui est entièrement disponible, qui s’applique à aller au plus profond pour puiser les eaux de la connaissance, seule cette âme peut connaître les noces avec le Christ.

    Origène (v. 185-253)

     

     

     

  • « Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs. »

    Dieu unique en la Sainte Trinité, je désire t’aimer plus que personne ne t’a jamais aimé, et malgré ma misère et ma petitesse, j’ai ancré ma confiance à une grande profondeur dans l’abîme de ta miséricorde — mon Dieu et mon Créateur.

    Malgré ma grande misère, je n’ai peur de rien, mais je garde l’espoir de chanter éternellement mon chant de louange. Que nulle âme ne doute, même si elle est la plus misérable ; tant qu’elle est en vie, elle peut devenir une grande sainte, car grande est la puissance de la grâce divine. C’est à nous à ne pas résister à l’action divine.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

  • « La foule rendit gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes. »

    Citation MMDH juin 2000

    Le paralysé, incurable, était étendu sur son lit. Après avoir épuisé l’art des médecins, il est venu, porté par les siens, vers le seul vrai médecin, le médecin qui vient du ciel. Mais quand il a été placé devant celui qui pouvait le guérir, c’est sa foi qui a attiré le regard du Seigneur. Pour bien montrer que cette foi détruisait le péché, Jésus a déclaré aussitôt : « Tes péchés sont pardonnés. » On me dira peut-être : « Cet homme voulait être guéri de sa maladie, pourquoi le Christ lui annonce-t-il la rémission de ses péchés ? » C’était pour que tu apprennes que Dieu voit le cœur de l’homme dans le silence et sans bruit, qu’il contemple les chemins de tous les vivants. L’Écriture dit en effet : « Les yeux du Seigneur observent les chemins de l’homme, ils surveillent tous ses sentiers » (Pr 5,21)…

    Pourtant quand le Christ disait : « Tes péchés sont pardonnés », il laissait le champ libre à l’incrédulité de l’assistance ; le pardon des péchés ne se voit pas avec nos yeux de chair. Alors quand le paralysé se lève et marche, il manifeste avec évidence que le Christ possède la puissance de Dieu…

    Qui possède ce pouvoir ? Lui seul ou nous aussi ? Nous aussi avec lui. Lui, il pardonne les péchés parce qu’il est l’homme-Dieu, le Seigneur de la Loi. Quant à nous, nous avons reçu de lui cette grâce admirable et merveilleuse, car il a voulu donner à l’homme ce pouvoir. Il a dit en effet aux apôtres : « Je vous le dis, en vérité : tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel » (Mt 18,18). Et encore : « Tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis » (Jn 20,23).

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444), évêque et docteur de l’Église
    Commentaire de l’évangile de Luc, 5 ; PG 72, 565

     

     

     

  • Saint Pierre et saint Paul, Apôtres, solennité

    À cette époque, le roi Hérode Agrippa se saisit de certains membres de l’Église pour les mettre à mal.
    Il supprima Jacques, frère de Jean, en le faisant décapiter.
    Voyant que cette mesure plaisait aux Juifs, il décida aussi d’arrêter Pierre. C’était les jours des Pains sans levain.
    Il le fit appréhender, emprisonner, et placer sous la garde de quatre escouades de quatre soldats ; il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque.
    Tandis que Pierre était ainsi détenu dans la prison, l’Église priait Dieu pour lui avec insistance.
    Hérode allait le faire comparaître. Or, Pierre dormait, cette nuit-là, entre deux soldats ; il était attaché avec deux chaînes et des gardes étaient en faction devant la porte de la prison.
    Et voici que survint l’ange du Seigneur, et une lumière brilla dans la cellule. Il réveilla Pierre en le frappant au côté et dit : « Lève-toi vite. » Les chaînes lui tombèrent des mains.
    Alors l’ange lui dit : « Mets ta ceinture et chausse tes sandales. » Ce que fit Pierre. L’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi. »
    Pierre sortit derrière lui, mais il ne savait pas que tout ce qui arrivait grâce à l’ange était bien réel ; il pensait qu’il avait une vision.
    Passant devant un premier poste de garde, puis devant un second, ils arrivèrent au portail de fer donnant sur la ville. Celui-ci s’ouvrit tout seul devant eux. Une fois dehors, ils s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta.
    Alors, se reprenant, Pierre dit : « Vraiment, je me rends compte maintenant que le Seigneur a envoyé son ange, et qu’il m’a arraché aux mains d’Hérode et à tout ce qu’attendait le peuple juif. »

    Livre des Actes des Apôtres 12,1-11.

     

     

     

  • « Il se fit un grand calme. »

    Le sommeil du Christ est le signe d’un mystère. Les occupants de la barque représentent les âmes qui traversent la vie de ce monde sur le bois de la croix. En outre, la barque est le symbole de l’Église. Oui, vraiment (…) le cœur de chaque fidèle est une barque naviguant sur la mer ; elle ne peut pas sombrer si l’esprit entretient de bonnes pensées.

    On t’a insulté ; c’est le vent qui te fouette. Tu t’es mis en colère ; c’est le flot qui monte. La tentation surgit ; c’est le vent qui souffle. Ton âme est troublée ; ce sont les vagues qui montent. (…) Réveille le Christ, laisse-le te parler. « Qui donc est celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? » Qui est-il ? « À lui la mer, c’est lui qui l’a faite » ; « par lui tout a été fait » (Ps 94,5; Jn 1,3). Imite donc les vents et la mer : obéis au Créateur. La mer se montre docile à la voix du Christ, et toi, tu restes sourd ? La mer obéit, le vent s’apaise, et toi, tu continues à souffler ? Que voulons-nous dire par là ? Parler, s’agiter, méditer la vengeance : n’est-ce pas continuer à souffler et ne pas vouloir céder devant la parole du Christ ? Quand ton cœur est troublé, ne te laisse pas submerger par les vagues.

    Si pourtant le vent nous renverse — car nous ne sommes que des hommes — et s’il excite les émotions mauvaises de notre cœur, ne désespérons pas. Réveillons le Christ, afin de poursuivre notre voyage sur une mer paisible.

    Saint Augustin (354-430)

     

     

     

  • « Le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête. »

    Dieu est lui-même sa richesse, parce qu’il est le bien infini. (…) Ce Dieu si riche s’est fait pauvre en se faisant homme, afin de nous enrichir nous, misérables pécheurs. C’est l’enseignement exprès de l’apôtre Paul : « Jésus s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin de vous faire riche par sa pauvreté » (2Co 8,9). Comment ? Un Dieu (…) en venir au point de se faire pauvre ! Dans quelle intention ? Tâchons de la comprendre.

    Les biens terrestres ne peuvent être que terre et fange ; mais cette fange aveugle tellement les hommes qu’ils n’aperçoivent plus les vrais biens. Avant la venue de Jésus Christ, le monde était plein de ténèbres, parce que plein de péchés : « Toute chair avait perverti sa conduite » (Gn 6,12). C’est-à-dire : tous les hommes avaient obscurci en eux la loi naturelle gravée dans leur esprit par Dieu ; ils vivaient comme des bêtes, uniquement préoccupés de se procurer plaisirs et biens d’ici-bas dans l’insouciance complète des biens éternels. C’est par un effet de la miséricorde divine que le Fils de Dieu est venu lui-même dissiper ces ténèbres profondes : « Sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre de la mort, la lumière a resplendi » (Is 9,1). (…)

    Mais ce divin maître devait nous instruire non seulement par la parole, mais encore et surtout par les exemples de sa vie. « La pauvreté, dit saint Bernard, était absente du ciel ; on ne pouvait la trouver que sur la terre. Malheureusement l’homme n’en connaissait pas le prix, et, partant, ne la cherchait pas. Pour la rendre précieuse à nos yeux et digne de tous nos désirs, qu’est-ce que le Fils de Dieu a fait ? Il est descendu du ciel sur la terre et il l’a choisie pour compagne de toute sa vie. »

    Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787)

     

     

     

     

  • Bulletin n°134

    bulletin 134

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  • « Je te suivrai partout où tu iras. »

    « Au soir, donne-nous la lumière. » Seigneur, nous sommes au soir. Je suis dans la soixante-seizième année de cette vie qui est un grand don du Père céleste. Les trois quarts de mes contemporains sont passés sur l’autre rive. Je dois donc, moi aussi, me tenir préparé pour le grand moment. La pensée de la mort ne me donne pas d’inquiétude. (…) Ma santé est excellente et encore robuste, mais je ne dois pas m’y fier ; je veux me tenir prêt à répondre « présent » à tout appel, même inattendu. La vieillesse — qui est aussi un grand don du Seigneur — doit être pour moi un motif de silencieuse joie intérieure et d’abandon quotidien au Seigneur lui-même, vers qui je me tiens tourné comme un enfant vers les bras que lui ouvre son père.

    Mon humble et maintenant longue vie s’est déroulée comme un écheveau, sous le signe de la simplicité et de la pureté. Il ne me coûte rien de reconnaître et de répéter que je ne suis et ne vaux qu’un beau néant. Le Seigneur m’a fait naître de pauvres gens et a pensé à tout. Moi, je l’ai laissé faire. (…) Il est bien vrai que « la volonté de Dieu est ma paix ». Et mon espérance est tout entière dans la miséricorde de Jésus. (…)

    Je pense que le Seigneur Jésus me réserve, pour ma complète mortification et purification, pour m’admettre à sa joie éternelle, quelque grande peine ou affliction du corps et de l’esprit avant que je ne meure. Eh bien, j’accepte tout et de bon cœur, pourvu que tout serve à sa gloire et au bien de mon âme et de mes chers fils spirituels. Je crains la faiblesse de ma résistance, et je le prie de m’aider, parce que j’ai peu ou pas du tout confiance en moi-même, mais j’ai une confiance totale dans le Seigneur Jésus.

    Il y a deux portes au paradis : l’innocence et la pénitence. Qui peut prétendre, pauvre homme fragile, trouver grande ouverte la première ? Mais la seconde aussi est tout à fait sûre. Jésus est passé par celle-là, avec sa croix sur les épaules, en expiation de nos péchés, et il nous invite à le suivre.

    Saint Jean XXIII (1881-1963)

     

     

  • Cœur Immaculée de Marie

    Marie nous regarde et nous aime en quelque sorte comme son fils et comme ses propres enfants, qui portent cette glorieuse qualité pour deux raisons. En premier lieu, parce qu’étant mère du Chef, de la tête, elle est par conséquent mère des membres (cf Col 2,19). En second lieu, parce que notre Sauveur, en la croix, nous a donnés à sa mère en qualité d’enfants. Il nous l’a donnée, non seulement en qualité de reine et de souveraine, mais en la qualité la plus avantageuse pour nous qui puisse s’imaginer, c’est à dire en qualité de mère, en disant à chacun de nous ce qu’il dit à son disciple bien-aimé : « Voilà votre mère ». Et il nous donne à elle, non pas seulement en qualité de serviteurs ou d’esclaves, ce qui serait un grand honneur pour nous, mais en qualité d’enfants.

    « Voilà votre fils », lui dit-il, parlant de chacun de nous en la personne de saint Jean, comme s’il lui disait : « Voilà tous mes membres que je vous donne pour être vos enfants ; je les mets en ma place, afin que vous les regardiez comme moi-même, et que vous les aimiez du même amour dont vous m’aimez ; aimez les aussi comme je les aime ». Mère de Jésus, vous nous regardez et nous aimez comme vos enfants, et comme les frères de votre fils Jésus, et du même cœur ; et vous nous aimez et aimerez éternellement du même amour maternel dont vous l’aimez.

    C’est pourquoi, mes frères, dans toutes vos affaires, nécessités, perplexités et afflictions, ayez recours à ce cœur de notre très charitable mère. C’est un cœur qui veille toujours sur nous et sur les plus petites choses qui nous touchent. C’est un cœur si plein de bonté, de douceur, de miséricorde et de libéralité, que jamais aucun de ceux qui l’ont invoqué avec humilité et confiance, ne s’en est retourné sans consolation.

    Saint Jean Eudes (1601-1680)

     

     

     

  • Sacré-Cœur de Jésus, solennité

    Pour mes mains, Seigneur, qui ont fait ce qu’elles ne devaient pas, tes mains ont été transpercées de clous, et tes pieds pour mes pieds. Pour les dérèglements de ma vue, tes yeux se sont endormis dans la mort, et tes oreilles pour ceux de mon ouïe. La lance du soldat a ouvert ton côté, pour que, par ta plaie, s’écoulent toutes les impuretés de mon cœur si longtemps enflammé et rongé de maladie. Pour finir, tu es mort pour que je vive ; tu as été enseveli afin que je ressuscite. Tel est le baiser de ta douceur, donné à ton Épouse ; c’est là l’étreinte de ton amour. (…) Ce baiser, le larron l’a reçu sur la croix après sa confession ; Pierre l’a reçu quand son Seigneur l’a regardé alors qu’il le niait, et il est sorti pour pleurer. Beaucoup de ceux qui t’ont crucifié, convertis à toi après ta Passion, ont fait alliance avec toi en ce baiser (…) ; quand tu as embrassé les publicains et les pécheurs, tu es devenu leur ami et leur convive. (…)

    Seigneur, où emportes-tu ceux que tu embrasses et étreins, sinon jusqu’à ton cœur ? Ton cœur, Jésus, est cette douce manne de ta divinité, que tu gardes à l’intérieur, dans le vase d’or de ton âme qui dépasse toute connaissance. Bienheureux ceux que ton étreinte attire vers elle ! Bienheureux ceux qui, enfouis dans ces profondeurs, ont été cachés par toi dans le secret de ton cœur, ceux que tu portes sur tes épaules, à l’abri des troubles de cette vie. Bienheureux ceux qui n’ont d’autre espoir que dans la chaleur et la protection de tes ailes.

    La force de tes épaules protège ceux que tu caches dans le fond de ton cœur. Là ils peuvent dormir tranquillement. Une douce attente les réjouit entre les murs de l’enclos d’une sainte conscience et de l’attente de la récompense que tu as promise. Leur faiblesse ne les fait pas défaillir, ni aucune inquiétude murmurer.

    Guillaume de Saint-Thierry (v. 1085-1148)

    (Références bibliques : Jn 19,34; Lc 23,42; 22,61; Ac 2,41; Mt 9,10; He 9,4; Ps 30,21; 90,4; Lc 13,34; Ps 67,14)