Auteur/autrice : fred

  • « Si quelqu’un entre en passant par moi, il pourra trouver un pâturage. » (Jn 10,9)

    Je pousse telle âme vers la douleur de mes douleurs, telle autre vers la joie de mes joies, telle vers l’imitation de ma pauvreté et de mon abjection, telle vers l’imitation de mon zèle pour les âmes ; je suis le Pasteur et dans le champ de mon amour il pousse des herbages infinis. Je nourris chaque âme de l’herbe que je vois qu’il lui faut…

    Ainsi vous, ne cherchez pas tant à exciter dans votre âme ou dans celle des autres tel sentiment qui vous paraît très parfait, qui l’est réellement, et qui est en effet très réel, de l’amour, tâchez plutôt d’être fidèle et de rendre les âmes des autres fidèles aux sentiments que moi-même je fais naître en vous et en eux ; ne choisissez pas les herbes qui croissent dans le champ de mon amour, ni pour vous ni pour les autres, mais appliquez-vous plutôt à bien manger, vous et eux, à bien digérer celles que je choisis moi-même soit pour vous, soit pour eux, et à en profiter pour faire les uns et les autres non pas telle chose qui vous plaît à vous, mais ce qui me plaît à moi, le bien particulier que je veux voir faire à vous et à eux et en vue duquel je vous présente telles ou telles herbes : c’est à moi à faire des âmes ce que je juge bon, moi qui les ai faites, qui seul les connais, qui seul sais à quoi je les destine…

    Votre travail ne consiste pas du tout à les destiner à telle ou telle chose, mais à voir à tout moment de quelle herbe je les nourris.

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916)

     

     

  • « Je suis le bon pasteur, le vrai berger. » (Jn 10,11)

    Le Seigneur a admiré Abel, le premier pasteur, a accueilli volontiers son sacrifice et a préféré le donateur au don qu’il lui faisait (Gn 4,4). L’Écriture vante aussi Jacob, berger des troupeaux de Laban, notant les peines qu’il a pris pour ses brebis : « J’ai été dévoré par la chaleur pendant le jour et par le froid durant la nuit » (Gn 31,40), et Dieu a récompensé cet homme de son labeur. Moïse a été berger lui aussi, sur les montagnes de Madian, aimant mieux être maltraité avec le peuple de Dieu que de connaître la jouissance [dans le palais de Pharaon]. Admirant ce choix, Dieu s’est montré à lui en récompense (Ex 3,2). Et après la vision, Moïse n’abandonne pas son office de pasteur, mais de son bâton commande aux éléments (Ex 14,16) et fait paître le peuple d’Israël. David lui aussi était pasteur mais son bâton de berger a été changé en sceptre royal et il a reçu la couronne. Ne t’étonne pas si tous ces bons bergers sont proches de Dieu. Le Seigneur lui-même ne rougit pas d’être appelé pasteur (Ps 22; 79). Dieu ne rougit pas de paître les hommes, pas plus qu’il ne rougit de les avoir créés.

    Mais regardons maintenant notre berger, le Christ ; voyons son amour pour les hommes et sa douceur pour les conduire au pâturage. Il se réjouit des brebis qui l’entourent comme il cherche celles qui s’égarent. Monts ni forêts ne lui font pas obstacle ; il court dans la vallée de l’ombre (Ps 22,4) pour parvenir jusqu’à l’endroit où se trouve la brebis perdue. (…) On le voit au séjour des morts (1P 3,19) ; il donne l’ordre d’en sortir ; c’est ainsi qu’il cherche l’amour de ses brebis. Celui qui aime le Christ, c’est celui qui sait entendre sa voix.

    Basile de Séleucie (?-v. 468)

     

     

     

  • Le sacrement du Corps et du Sang du Christ nous rassemble en lui et nous envoie vers le monde

    La liturgie est le sommet auquel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu. Car les labeurs apostoliques visent à ce que tous, devenus enfants de Dieu par la foi et le baptême, se rassemblent, louent Dieu au milieu de l’Église, participent au sacrifice et mangent la Cène du Seigneur. En retour, la liturgie elle-même pousse les fidèles rassasiés des « mystères de la Pâque » à n’avoir plus « qu’un seul cœur dans la piété » (cf Ac 4,32) ; elle prie pour « qu’ils gardent dans leur vie ce qu’ils ont saisi par la foi » ; et le renouvellement dans l’Eucharistie de l’alliance du Seigneur avec les hommes attire et enflamme les fidèles à la charité pressante du Christ.

    C’est donc de la liturgie, et principalement de l’Eucharistie, comme d’une source, que la grâce découle en nous et qu’on obtient avec le maximum d’efficacité cette sanctification des hommes dans le Christ et cette glorification de Dieu, que recherchent, comme leur fin, toutes les autres œuvres de l’Église.

    Concile Vatican II

     

     

     

  • Dieu se donne : folie d’amour !

    Trinité éternelle, Trinité éternelle ! Ô feu ! ô abîme de charité ! Fou de ta créature ! Vérité éternelle, feu éternel ! ô éternelle sagesse ! La sagesse fut-elle seule à venir en ce monde ? Non ! Car la sagesse n’a pas été séparé de la puissance, ni celle-là de la clémence : ô sagesse, tu n’es donc pas venue isolée, mais escortée par la Divinité tout entière. Trinité éternelle ! Fou d’amour ! Quel profit retires-tu de notre rédemption ? Aucun : car tu n’as nul besoin de nous, toi, notre Dieu. Le profit échut donc à l’homme seul. Ô charité sans prix !

    Tu nous as donné une première fois ta divinité et toute ton humanité. Tu t’es ensuite légué tout entier en nourriture : et tu préviens nos défaillances en nous fortifiant au cours de notre pèlerinage ici-bas. Homme, que t’a donc légué ton Dieu ? Tout lui-même : sa divinité et son humanité entière voilées sous les blanches apparences de ce pain. Ô feu d’amour ! ne te suffisait-il donc pas, après nous avoir créés à ton image et ressemblance, de nous avoir refaits surnaturellement dans le Sang de ton Fils, sans qu’il fallût encore nous donner ta divine essence en nourriture ? Ta charité l’a voulu ainsi, fou d’amour que tu es ! Non seulement tu as donné ton Verbe dans la rédemption et dans l’Eucharistie, mais aimant à la folie ta créature tu lui as donné ton essence tout entière.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

  • Sois comme ton Maître, céleste !

    Tel est le premier homme, terrestre, tels aussi tous ceux qui naissent de lui, terrestres ; mais tel est le Christ, notre Maître céleste, célestes aussi sont tous ceux qui ont cru en lui, sont renés d’en haut et ont également été baptisés dans l’Esprit très saint (cf. 1 Co 15,48 ; Jn 3,3 ; Ac 1,5). Tel l’Esprit qui les fait naître, véritablement Dieu, tels sont ceux qui naissent de lui, dieux par adoption de Dieu et tous fils du Très Haut, comme dit la bouche divine. (…)

    Ne sois plus hésitant : si tu es chrétien, tel est le Christ, céleste, tel aussi tu dois être ; mais si tu ne l’es pas, comment t’appeler chrétien ? Si, en effet, comme le Maître est céleste, ainsi, d’après lui, sont aussi ceux qui ont cru en lui, à savoir célestes, alors tous ceux qui ont les pensées du monde, tous ceux qui vivent selon la chair n’appartiennent pas au Dieu Verbe qui est venu d’en haut, mais à celui qui a été façonné de terre, oui, à l’homme terrestre.

    Ainsi dois-tu penser, ainsi juger, ainsi croire, et chercher à devenir tel, céleste, selon la parole de celui qui est venu des cieux et a donné la vie au monde (cf. Jn 6,33) : c’est lui aussi le pain qui descend de là-haut, tel que ceux qui le mangent ne sauraient jamais plus voir la mort (cf. Jn 6,50s), car étant célestes, ils seront assurément pour toujours dépouillés de la corruption et revêtus de l’incorruptibilité, débarrassés de la mort et étroitement unis à la vie, puisqu’ils deviennent immortels, incorruptibles, et pour cela sont appelés célestes.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

     

     

  • « Moi, je suis le pain de la vie. » (Jn 6,35)

    Ô Hostie sainte, pour moi, Tu es enfermée dans un ciboire d’or,
    pour que dans le grand désert de l’exil,
    je puisse passer pure, immaculée, intacte,
    par la puissance de Ton amour.

    Ô Hostie sainte, habite en mon âme,
    Toi, le plus pur Amour de mon cœur,
    et que Ta clarté dissipe les ténèbres –
    Tu ne refuses pas Tes grâces au cœur humble.

    Ô Hostie sainte – enchantement du ciel,
    bien que Tu caches Ta beauté,
    et que Tu Te présentes à moi dans une miette de pain,
    la foi puissante déchire ce voile.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • Fête de St Philippe et St Jacques (le mineur), apôtres

    « Je suis le chemin. » Pourquoi ? Parce que « personne ne va au Père sans passer par moi ». « Je suis la vérité. » Comment cela ? Parce que personne ne connaît le Père, sinon par moi : « personne ne connaît le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler » (Mt 11,27)… « Je suis la vie », parce que personne n’a la vie, sinon par moi. « Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »

    Jésus nous dit : « Vous voulez venir au Père ? Vous voulez le connaître ? Connaissez-moi d’abord, moi que vous voyez, et ainsi vous connaîtrez ensuite celui que vous ne voyez pas encore. Déjà vous l’avez vu, mais non en lui-même ; vous l’avez vu en moi. Vous l’avez vu, mais en esprit et par la foi. C’est lui qui parle en moi, car je ne parle pas de moi-même. Quand vous m’écoutez, vous le voyez ; car, lorsqu’il s’agit des réalités spirituelles, il n’y a pas de différence entre voir et entendre : celui qui entend, voit ce qu’il entend. Ainsi, vous voyez le Père lorsque vous l’écoutez parler en moi. Et dès maintenant vous le connaissez, parce qu’il demeure en vous, et qu’il est en vous ».

    « Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit ». Philippe désirait voir le Père non seulement en esprit, par les yeux de la foi, mais encore avec ses yeux de chair. Moïse, lui aussi, avait dit : « Si j’ai trouvé grâce à tes yeux, montre-moi ta face pour que je te connaisse ». Et le Seigneur avait répondu : « Personne ne peut me voir sans mourir » (Ex 33,18-20). Ici Jésus dit à Philippe : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et vous ne me connaissez pas ! Philippe, celui qui m’a vu a vu le Père ». Philippe parlait de la vision des sens ; le Christ l’appelle à la vision intérieure, il l’invite à saisir avec les yeux de l’âme. « Il y a si longtemps que je suis avec vous ; il y a si longtemps que je vis avec vous ; il y a si longtemps que je vous révèle ma divinité et ma puissance par mes paroles, par les signes et les miracles, et tu ne me connais pas ? Philippe, celui qui me voit, non pas avec ses yeux de chair, comme tu le crois, mais avec les yeux de son cœur, comme je te le dis, celui-là voit le Père. »

    Saint Bruno de Segni (v. 1045-1123)

     

     

  • « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

    La fondation sur laquelle nous nous appuyons, c’est la foi. Sans la foi, inutile d’espérer apporter quelque réconfort spirituel. (…) Quel soutien la Sainte Écriture pourrait-elle procurer à quelqu’un qui ne croirait pas qu’elle est la Parole de Dieu et que sa Parole est vraie ? On doit y trouver bien peu de profit si on ne croit pas que c’est la Parole de Dieu ou si, admettant même qu’elle l’est, on croit qu’elle peut contenir des erreurs ! Suivant que la foi est plus ou moins forte, les paroles de réconfort de la Sainte Écriture feront plus ou moins de bien.

    Cette vertu de la foi, aucun homme ne peut l’acquérir par lui-même, ni non plus la donner à un autre. (…) La foi est un don gratuit de Dieu, et comme le dit saint Jacques : « Tout bien, toute perfection nous vient d’en haut, du Père des lumières. » (Jc 1,17) C’est pourquoi nous qui, à beaucoup de signes, sentons que notre foi est faible, prions-le pour qu’il la fortifie.

    Saint Thomas More (1478-1535)

     

     

  • « M’aimes-tu ? »

    « Aimes-tu ? (…) M’aimes-tu ? (…) » Pour toujours, jusqu’à la fin de sa vie, Pierre devait avancer sur le chemin accompagné de cette triple question : « M’aimes-tu ? » Et il mesurait toutes ses activités à la réponse qu’il avait alors donnée. Quand il a été convoqué devant le Sanhédrin. Quand il a été mis en prison à Jérusalem, prison dont il ne devait pas sortir… et dont pourtant il est sorti. Et (…) à Antioche, puis plus loin encore, d’Antioche à Rome. Et lorsqu’à Rome il avait persévéré jusqu’à la fin de ses jours, il a connu la force des paroles selon lesquelles un Autre le conduisait là où il ne voulait pas…. Et il savait aussi que, grâce à la force de ces paroles, l’Église « était assidue à l’enseignement des apôtres et à l’union fraternelle, à la fraction du pain et aux prières » et que « le Seigneur ajoutait chaque jour à la communauté ceux qui seraient sauvés » (Ac 2,42.48). (…)

    Pierre ne peut jamais se détacher de cette question : « M’aimes-tu ? » Il la porte avec lui où qu’il aille. Il la porte à travers les siècles, à travers les générations. Au milieu de nouveaux peuples et de nouvelles nations. Au milieu de langues et de races toujours nouvelles. Il la porte lui seul, et pourtant il n’est plus seul. D’autres la portent avec lui (…). Il y a eu et il y a bien des hommes et des femmes qui ont su et qui savent encore aujourd’hui que toute leur vie a valeur et sens seulement et exclusivement dans la mesure où elle est une réponse à cette même question : « Aimes-tu ? M’aimes-tu ? » Ils ont donné et ils donnent leur réponse de manière totale et parfaite — une réponse héroïque — ou alors de manière commune, ordinaire. Mais en tout cas ils savent que leur vie, que la vie humaine en général, a valeur et sens dans la mesure où elle est la réponse à cette question : « Aimes-tu ? » C’est seulement grâce à cette question que la vie vaut la peine d’être vécue.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

     

     

     

  • Prière dite « de Pierre et des autres apôtres »

    Tu es saint, Seigneur, Dieu tout-puissant,
    Père de notre Seigneur Jésus Christ,
    le paradis du bonheur, le sceptre royal,
    l’amour somptueux, l’espérance assurée. (…)

    Tu es saint, Seigneur Dieu,
    tu es « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs.
    Seul tu possèdes l’immortalité.
    Tu habites une lumière inaccessible
    que nul n’a jamais vue » (1Tm 6,15-16).
    Tu te promènes sur les ailes des vents (Ps 103,3) ;
    tu as créé le ciel, la terre et la mer
    et tout ce qu’ils renferment (Ac 4,24).

    Tu fais des vents tes messagers
    et du feu brûlant ton serviteur (Ps 103,4) ;
    tu as façonné l’homme à ton image et ressemblance (Gn 1,26),
    tu as mesuré le ciel avec l’empan
    et la terre tout entière avec le doigt de ta main (Is 40,12).
    Oui, tes œuvres sont très belles, en ta présence.