Auteur/autrice : fred

  • Tout ce que nous faisons au prochain, nous le faisons à Jésus !

    « J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger » (Mt 25,35) Notre Seigneur nous donne ici le vrai motif de l’aumône, le plus puissant de tous, il y en a d’autres.

    Il faut donner pour obéir à l’ordre tant répété de Dieu ; il faut obéir pour L’imiter, Lui qui donne si libéralement, pour imiter Jésus qui a tant donné ; il faut donner parce que l’amour de Dieu nous oblige à reporter l’amour que nous avons pour Lui sur les hommes, ses enfants bien-aimés ; il faut donner par bonté, uniquement pour pratiquer, cultiver cette vertu qu’il faut aimer pour elle-même puisqu’elle est un des attributs de Dieu, une des beautés divines, une des perfections de Dieu, Dieu même par conséquent ; mais le motif de donner le plus entraînant de tous, celui qui, bien que n’importe lequel des autres suffise largement, nous enflamma par-dessus tout, c’est que tout ce que nous faisons au prochain nous le faisons à Jésus même : il y a là de quoi changer, réformer toute notre vie, diriger toutes nos actions, nos paroles, nos pensées…

    Tout ce que nous faisons au prochain, nous le faisons à Jésus…

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

     

     

     

  • Conseils pour ne pas succomber à la tentation

    Nous lisons dans l’histoire qu’un saint prêtre rencontra un jour un chrétien, qui était dans une appréhension continuelle de succomber à la tentation. « Pourquoi craignez-vous ? lui dit le prêtre. Hélas ! mon père, lui dit-il, je crains d’être tenté, de succomber et de périr. Ah s’écrie-t-il en pleurant, n’ai-je pas lieu de trembler, si tant de millions d’anges ont succombé dans le ciel, si Adam et Ève ont été vaincu dans le paradis terrestre. (…)

    Mais, mon ami, lui dit le saint prêtre, ne savez-vous pas que le démon est comme un gros chien à l’attache, il aboie et fait grand bruit ; mais il ne mord que celui qui s’approche de trop près. Ayez confiance en Dieu, fuyez les occasions du péché, et vous ne succomberez pas. Si Ève n’avait pas écouté le démon, si elle avait pris la fuite dès qu’il lui parla de transgresser les commandements de Dieu, elle n’aurait pas succombé. Lorsque vous serez tenté, rejetez de suite les tentations, et, si vous pouvez, faites dévotement le signe de la croix, pensez aux tourments qu’endurent les réprouvés pour n’avoir pas su résister à la tentation ; levez les yeux vers le ciel, et vous verrez la récompense de celui qui combat ; appelez votre bon ange à votre secours, jetez-vous promptement entre les bras de la Mère de Dieu, en réclamant sa protection ; vous êtes sûr d’être victorieux de vos ennemis, et vous les verrez bientôt couvert de confusion.

    Si vous succombez, mes frères, cela ne vient donc que de ce que nous ne voulons pas prendre les moyens que le bon Dieu nous offre pour combattre. Il faut surtout être bien convaincus que, de nous-mêmes, nous ne pouvons que nous perdre ; mais qu’avec une grande confiance en Dieu, nous pouvons tout.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

     

     

     

  • Le samedi après les Cendres

    Dieu de grande miséricorde, Toi qui as daigné nous envoyer Ton Fils unique, comme la plus grande preuve de l’amour et de la miséricorde insondable, Tu ne repousses pas les pécheurs, mais de Ton insondable miséricorde, à eux aussi, Tu as ouvert le trésor dans lequel ils peuvent puiser en abondance, non seulement la justification, mais toute la sainteté que l’âme peut atteindre.

    Père de grande miséricorde, je désire que tous les cœurs se tournent avec confiance vers Ton infinie miséricorde. Personne ne se justifiera devant Toi si Ton incommensurable miséricorde ne l’accompagne. Lorsque Tu nous dévoileras le mystère de Ta miséricorde, l’éternité sera trop peu pour T’en remercier comme il convient.

    Oh ! comme il est doux d’avoir au fond de l’âme ce que l’ Église nous ordonne de croire. Lorsque mon âme est plongée dans l’amour, alors je résous clairement et instantanément les questions les plus embrouillées – l’amour seul est capable de franchir les précipices et les cimes de montagnes. L’amour, encore une fois l’amour.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • Le vendredi après les Cendres

    « Réjouissez-vous, cieux, et que la terre exulte » (Is 49,13) à cause de ceux [les catéchumènes] qui vont être aspergés de l’hysope et purifiés par l’hysope mystique par la puissance de celui qui, lors de sa Passion, fut abreuvé au moyen de l’hysope et du roseau. Que les puissances célestes soient heureuses et que les âmes qui vont s’unir à l’Époux mystique se préparent. Car voici la voix de celui qui crie dans le désert : « Préparez la route du Seigneur » (Is 40,3) (…)

    « Prends courage, Jérusalem, le Seigneur va t’enlever toutes tes iniquités » (So 3,14.15). « Le Seigneur va laver la souillure de tes fils et de tes filles, par un esprit de jugement et par un esprit de combustion. Il vous aspergera d’eau pure et vous serez purifiés de toutes vos fautes (cf. Ez 36,25). Les anges chanteront autour de vous ces paroles : « Quelle est celle-ci qui se lève, éclatante de blancheur, appuyée sur son frère d’adoption ? » (cf. Ct 8,5). L’âme jadis esclave a inscrit le Maître pour son frère adoptif, et lui, ratifiant ce choix sincère : « Te voilà belle, ma toute proche, te voilà belle ; tes dents sont comme des troupeaux de brebis tondues » (Ct 4,1.2) s’exclamera-t-il à la suite de l’aveu jailli de la bonne conscience – et il continuera : « Toutes ont deux jumeaux » (Ibid.), car double est la grâce, j’entends la grâce en tant qu’elle est réalisée par l’eau et par l’Esprit, ou qu’elle est annoncée au long de l’Ancien et du Nouveau Testaments.

    Puissiez-vous tous, au terme de votre jeûne, instruits de nos enseignements, chargés des fruits de vos bonnes œuvres, compagnons sans reproche de l’Époux spirituel, obtenir la rémission de vos péchés, par le Dieu à qui appartient la gloire, qu’il partage avec le Fils et le Saint-Esprit, dans les siècles. Amen.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • Le jeudi après les Cendres

    « L’arbre garde l’espérance ; on le coupe, il verdira à nouveau et ses rameaux pulluleront. » (Jb 14,7-10 Vg). (…) Dans l’Écriture sainte, le bois symbolise tantôt la croix, tantôt l’homme, juste ou même injuste, et tantôt la sagesse incarnée de Dieu.

    C’est, en effet, la croix que désigne le bois quand il est dit : « Mettons du bois dans son pain. » (Jr 11,19 Vg) Car mettre du bois dans son pain, c’est attacher le bois de la croix au corps du Seigneur. Le mort arbre évoque aussi l’homme, juste ou injuste, quand le Seigneur dit par la bouche du Prophète : « C’est moi, le Seigneur, qui ai humilié l’arbre élevé et relevé l’arbre humilié », car ces paroles sont conformes à celle de la Vérité : « Quiconque s’élève sera humilié et quiconque s’humilie sera élevé. » (Lc 14,11) (…) Et l’arbre figure encore la sagesse de Dieu incarnée, dont l’Écriture dit : « Elle est un arbre de vie pour ceux qui l’ont saisie » (Pr 3,18) et elle le dit elle-même : « Si l’on traite ainsi le bois vert, qu’adviendra-t-il du bois sec ? » (Lc 23,31) (…)

    « L’arbre garde l’espérance ; si on le coupe, il verdira à nouveau » (Jb 14,7 Vg). Lorsque dans sa passion le juste est frappé de mort pour la vérité, il recouvre la vie dans la verte fraîcheur de la vie éternelle. Et celui qui en ce monde trouvait sa force dans la foi, trouve sa force là-haut dans la vision béatifique. « Et ses rameaux pulluleront », parce que très souvent devant la passion du juste les fidèles se multiplient dans un élan d’amour pour la patrie céleste et ils connaissent la verte fraîcheur de la vie spirituelle dans leur joie de l’avoir vu œuvrer en ce monde avec une telle force d’âme pour la gloire de Dieu.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

     

     

     

  • Bulletin n°137

    bulletin 137 P

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  • Ferme ta porte et prie pour que tes fautes te soient remises

    Évite soigneusement une vaine méfiance à l’égard de la conversion. Tu peux savoir ce que peut la conversion ? Tu peux savoir la puissance de l’arme de salut et apprendre ce que peut la confession ? (…)

    Ezéchias, par sa conversion, fit rapporter une décision divine déjà prise. Il était malade. Isaïe lui dit : « Mets ordre à tes affaires, car tu vas mourir et non pas vivre » (« 2R 20,1 ; Is 38,1). (…) Ézéchias ne se déroba point à la pénitence. La parole de l’Écriture lui revint à la mémoire : « Quand tu te détourneras du mal pour pleurer, alors tu seras sauvé » (Is 30,15), il se détourna vers la muraille et, de son lit, tendit sa pensée vers le ciel (l’épaisseur des murs, en effet, ne retarde pas les prières qui montent d’un cœur pieux) : « Seigneur », dit-il, « souviens-toi de moi » (Is 38,3). Il suffit en effet, pour que je guérisse, que tu te souviennes de moi. (…) Et l’homme à qui la sentence du prophète avait ôté tout espoir de survivre, se vit attribuer un supplément de quinze années, tandis que le soleil, en témoignage, marchait à reculons. Ainsi donc, le soleil recula en faveur d’Ézéchias, et, en faveur du Christ, le soleil s’éclipsa : il ne recula pas, il s’éclipsa, montrant ainsi la différence entre les deux, Ézéchias et Jésus. Le premier eut le pouvoir d’annuler une sentence de Dieu, et Jésus n’accorderait pas le pardon des fautes ?

    Détourne-toi et pleure sur toi-même, ferme ta porte et prie pour que tes fautes te soient remises, afin que Dieu détourne de toi les flammes brûlantes : car la confession a la force d’éteindre le feu même, comme elle peut apprivoiser les lions. (…) Vous aussi donc, de grand cœur confessez vos fautes au Seigneur, pour obtenir d’une part le pardon de vos péchés passés, recevoir par ailleurs le don céleste, et finalement hériter, avec tous les saints, du royaume des cieux, dans le Christ Jésus à qui appartient la gloire dans les siècles des siècles. Amen.

    Saint Cyrille de Jérusalem (313-350)

     

     

     

  • L’arbre de notre âme enraciné dans la vallée de l’humilité

    Vous devez être comme un arbre profondément enraciné dans la vallée de l’humilité véritable, afin que le vent de l’orgueil ne puisse pas renverser votre âme, qui est un arbre d’amour ; car Dieu l’a créée par amour ; elle vient de l’amour et ne peut vivre que d’amour, du saint amour de Dieu. (…)

    Comment donc transplanter cet arbre dans la vallée et la terre de l’humilité ? Le voici. C’est par une vraie connaissance de nous-mêmes, par la haine et le mépris de la sensualité ; nous ne pourrons pas être humbles autrement. Mais alors nous serons entre deux grandes montagnes, entre la vertu de force et la vertu de patience, qui reçoivent les assauts de tous les vents contraires ; et même, plus les vents sont contraires, plus l’âme se fortifie et montre sa force par l’épreuve de sa patience.

    Alors les vertus se conservent et se nourrissent par la doctrine et l’édification qu’on donne au prochain. L’âme porte les fleurs odoriférantes de ses saintes pensées en jugeant sainement les choses, en voyant en elle et dans le prochain la volonté de Dieu, qui ne veut que notre bien, et non celle des hommes ; en mortifiant son jugement, en tuant sa volonté, en maintenant et en nourrissant l’arbre de la charité du prochain avec un ardent désir du salut des hommes, et en jouissant de cette nourriture pour l’honneur de Dieu.

    Oh ! qu’il est beau, l’arbre de notre âme ! Lorsqu’il est bien planté, il se pare de l’humilité de l’Agneau sans tache qui nous a donné la vie, et il s’éclaire d’un soleil de grâce et de miséricorde ; et cette miséricorde, tous nos mérites n’auraient pu l’obtenir. Mais, parce que Dieu s’est humilié jusqu’à l’homme en nous donnant le doux et tendre Verbe, parce que le Verbe, le Fils de Dieu, s’est abaissé dans sa patience jusqu’à la mort honteuse de la Croix, nos actions et nos vertus acquièrent des mérites par son humilité et par la vertu de son précieux sang répandu avec tant d’amour.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

  • « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » (Mc 9,24)

    Pour croire, l’action de la grâce sur l’esprit et la volonté est nécessaire. Lisez l’Évangile. Les contemporains de Jésus ont pu le toucher, l’entendre ; leurs sens le saisissaient ; la raison montrait qu’il était un homme éminent, de grande vertu. Mais, pour pénétrer jusqu’au saint des saints de l’être divin et croire qu’il était le vrai Fils de Dieu, il fallait, outre les miracles et les prophéties, un don de la grâce. Jésus l’a proclamé : « Ce n’est ni la chair ni le sang qui te l’ont révélé, mais c’est mon Père » (Mt 16, 17). Et ailleurs, il dit : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire » (Jn 6,44).

    La foi nous vient d’en-haut. L’incroyant doit implorer humblement la grâce de sa venue, et nous, en possession de ce don de Dieu, demander sa croissance : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » (Mc 9,24). Les tentations contre la foi sont toujours possibles, mais elles deviennent un stimulant de notre prière ; par là elles rendent notre foi plus vivace et nous font mieux apprécier son caractère surnaturel et gratuit. (…) Apprenons à utiliser ces hésitations ; adhérons avec plus de conscience et de fermeté au Christ et à son message.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

     

     

     

  • « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. » (Mt 5, 48)

    Dans la mesure où un chrétien professe sa foi et essaie de la vivre, il devient insolite aux croyants comme aux incroyants. (…) L’insolite du chrétien est purement et simplement sa ressemblance avec Jésus-Christ, la ressemblance de Jésus-Christ insérée dans un homme par le baptême, et qui, traversant son cœur, arrive comme à fleur de peau. (…)

    Non seulement il croit en Dieu mais il doit l’aimer comme un fils aime un père tout aimant et tout-puissant, à la façon du Christ. (…)

    Non seulement il aime son prochain comme lui-même, mais il doit l’aimer « comme le Christ nous a aimés », à la façon du Christ. (…)

    Non seulement frère de son propre prochain, mais du prochain universel. (…)

    Non seulement donnant mais partageant, prêtant mais ne réclamant pas ; disponible à ce qu’on lui demande, mais à plus qu’on ne lui demande. (…)

    Non seulement frère de ceux qui l’aiment, mais de ses ennemis ; non seulement supportant les coups, mais ne s’éloignant pas de qui le frappe.

    Non seulement ne rendant pas le mal, mais pardonnant, oubliant ; non seulement oubliant mais rendant le bien pour le mal.

    Non seulement souffrant, mis à mort par certains, mais mourant en souffrant pour eux ; non seulement une fois mais chaque fois. (…)

    Non seulement partageant ce qu’il a à lui ou en lui, mais donnant la seule chose que Dieu lui ait donnée en propre : sa propre vie. (…)

    Non seulement il est heureux parce qu’il vit grâce à Dieu et pour Dieu, mais parce qu’il vivra et fera vivre ses frères avec Dieu pour toujours.

    Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)