Auteur/autrice : fred

  • Comment travailles-tu le champ de ton cœur ?

    À celui qui, de bon cœur, accepte volontiers la semence de mes paroles, j’accorde en surabondance les dons de l’Esprit Saint, comme à un bon champ. Mais celui qui parfois la reçoit, parfois la refuse, est comme un champ qui tantôt reverdit et tantôt se dessèche.

    Montre-moi comment tu travailles le champ de ton cœur et comment tu le cultives ! Si ton travail intérieur me plaît, je te donnerai une excellente récolte. C’est selon ton travail que sera ta récolte et ta récompense. Est-ce que je donne du fruit à la terre sans travail ? De même, je ne t’en donnerai pas, ô homme, sans la sueur que je te demande. Car tu as reçu de moi ce qui te permet de travailler ton âme.

    Certains pensent qu’ils peuvent être tout ce qu’ils veulent, refusant d’examiner ce qu’ils sont et ce qu’ils peuvent faire, sans consulter Celui qui les a formés et qui est leur Dieu… ils veulent traiter Dieu comme un domestique qui accomplisse entièrement leur volonté. Dès lors, je ne veux pas accorder mes dons ni ensemencer un champ vide en un homme qui essaie de s’unir à moi avec cet orgueil, en faisant comme si, dans l’aliénation de son ignorance, il ne me connaissait pas…

    Ô homme, pourquoi n’as-tu pas regardé le champ de ton âme pour y enlever les herbes inutiles, les épines et les ronces, en m’invoquant et en t’examinant toi-même, avant de venir à moi comme si tu étais ivre, fou et en t’ignorant toi-même, puisque tu ne peux achever aucune œuvre de lumière sans mon secours ? (…) Sans moi, tu ne peux rien faire…

    Sainte Hildegarde de Bingen (1098-1179)

     

     

     

  • Je puis tout par Jésus qui me fortifie !

    Quel est le moyen de fortifier notre faiblesse? c’est l’amour. (…) Nous n’avons d’autres choses à faire que de placer notre affection, notre désir, notre amour dans un être plus fort que nous, c’est-à-dire en Dieu, où nous trouvons toute force.

    C’est notre Dieu qui nous a aimés sans être aimé. Aussi, dès que l’âme a trouvé et goûté un si doux amour, plus fort que tout ce qui est fort, elle ne peut plus rechercher et désirer autre chose que lui. Hors de lui, elle ne demande et ne veut rien ; elle est forte parce qu’elle est appuyée et fixée sur une chose ferme et inébranlable. Elle ne change jamais, quoi qu’il arrive, et elle suit toujours les traces et les mouvements de Celui qu’elle aime. Comme elle n’a qu’un cœur et qu’une volonté avec lui, elle voit parfaitement que le Christ a aimé la peine et l’humiliation, tout Fils de Dieu qu’il était ; il a été, parmi les hommes, un Agneau humble, doux et méprisé.

    Aussi ses serviteurs se réjouissent de suivre cette voie, ils fuient et détestent tout ce qui lui est contraire. Ils sont devenus une même chose avec lui, et ils aiment ce que Dieu aime, et détestent ce que Dieu déteste. Ils reçoivent une force si grande, que rien ne peut leur nuire. Ils sont comme de vrais chevaliers qui voient les plus grandes tempêtes sans s’en inquiéter. Ils ne craignent rien, parce qu’ils ne se confient pas en eux-mêmes ; ils ont mis toute leur espérance, toute leur foi en Dieu, qu’ils aiment, parce qu’ils voient qu’il est fort, qu’il veut et peut les secourir. Ils disent alors avec une grande humilité, comme saint Paul : « Je puis tout par Jésus crucifié qui est en moi et me fortifie » (cf. Ph 4,13)

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

     

     

     

  • « Celui qui persévéra jusqu’à la fin, sera sauvé. » (Mt 10,22)

    « Celui qui persévéra jusqu’à la fin, sera sauvé » (Mt 10,22) Celui, nous dit le Sauveur du monde, qui combattra et qui persévèrera jusqu’à la fin de ses jours, sans avoir été vaincu, ou qui, étant tombé, s’est relevé et persévère, sera couronné, c’est-à-dire sauvé : paroles, mes frères, qui devraient nous faire trembler et nous glacer d’effroi, si nous considérons d’un côté les dangers auxquels nous sommes exposés, et de l’autre, notre faiblesse et le nombre des ennemis qui nous environnent. (…)

    Mais, me direz-vous, qu’est-ce que c’est que persévérer ? Mon ami, voici ! C’est être prêt à tout sacrifier : ses biens, sa volonté, sa liberté et sa vie même, plutôt que de déplaire à Dieu. Mais me direz-vous encore, qu’est-ce que c’est que de ne pas persévérer ? Voici ! C’est de retomber dans les péchés que nous avons déjà confessés, de suivre les mauvaises compagnies qui nous ont porté au péché qui est le plus grand de tous les malheurs, puisque nous y avons perdu notre Dieu. (…) Hélas ! Mes frères, si tous les saints ont tremblé toute leur vie, par crainte de ne pas persévérer, que sera-ce donc de nous qui, sans vertu, presque sans confiance en Dieu, de nous-mêmes chargés de péchés, ne sommes nullement attentifs à prendre garde de ne pas nous laisser enfiler dans les pièges que le démon nous tend ; nous qui marchons comme des aveugles au milieu des plus grands dangers, qui dormons tranquillement parmi une foule d’ennemis, les plus acharnés à notre perte !

    Mais me direz-vous, que faut-il donc faire pour ne pas succomber ? Mon ami, Voici : il faut fuir les occasions qui nous ont fait tomber les autres fois ; avoir sans cesse recours à la prière, et enfin, fréquenter souvent et dignement les sacrements ; si vous le faites, si vous suivez ce chemin, vous êtes sûr de persévérer ; mais si vous ne prenez ces précautions, vous aurez beau faire et prendre toutes vos mesures, vous ne laisserez pas d’être perdu.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859)

     

     

     

  • « Que votre paix vienne sur elle. »

    L’Esprit Saint nous donne cet avertissement : « Où est l’homme qui désire la vie, épris du jour où voir le bonheur ? Garde ta langue du mal, tes lèvres des paroles trompeuses. Évite le mal, fais le bien, recherche la paix et poursuis-la » (Ps 33,13-15). Le fils de la paix doit chercher la paix et la poursuivre ; celui qui connaît et aime le lien de la charité doit garder sa langue du mal et de la discorde. Parmi ses commandements divins et ses enseignements de salut, le Seigneur, à la veille de sa Passion, a ajouté ceci : « Je vous laisse la paix ; c’est ma paix que je vous donne » (Jn 14,27). Tel est l’héritage qu’il nous a légué : tous les dons, toutes les récompenses qu’il nous a promis, il les a liés au maintien de la paix. Si nous sommes les héritiers du Christ, demeurons donc dans la paix du Christ ; si nous sommes les enfants de Dieu, nous devons être pacifiques : « Heureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9). Il faut que les enfants de Dieu soient pacifiques, doux de cœur, simples en paroles, en parfait accord par l’affection, unis fidèlement par les liens de l’unanimité.

    Cette unanimité a existé jadis sous les apôtres (Ac 4,32). De même, le nouveau peuple des croyants garde les commandements du Seigneur et maintient la charité. La preuve est dans l’Écriture qui dit : « La multitude des croyants avait un seul cœur et une seule âme » (Ac 4,32). Et encore : « Tous, d’un seul cœur, participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes, dont Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères » (1,14). D’où l’efficacité de leurs prières ; d’où leur confiance qu’ils obtiendraient tout ce qu’ils demandaient à la miséricorde du Seigneur.

    Saint Cyprien (v. 200-258)

     

     

     

  • « Sur votre route, proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. »

    Lorsque l’Esprit prophétique annonce l’avenir, voici comment il parle : « Une loi sortira de Sion et une parole, le Verbe du Seigneur, de Jérusalem ; il jugera parmi les nations et il convaincra une grande multitude. Les nations feront de leurs épées des fers de charrues, et de leurs lances des faucilles ; ils n’apprendront plus à faire la guerre » (Is 2,3-4).

    Ces paroles se sont réalisées de façon convaincante. Douze hommes sont partis de Jérusalem pour parcourir le monde. C’était des hommes simples et qui ne savaient pas parler. Mais par la puissance de Dieu, ils ont annoncé à tous les hommes qu’ils étaient envoyés par le Christ pour enseigner à tous la parole de Dieu. Et nous, qui autrefois ne savions que nous entre-tuer, non seulement nous ne combattons plus nos ennemis, mais, pour ne pas mentir ni tromper nos juges, nous confessons le Christ avec joie et nous mourons martyrs. (…)

    Écoutez ce qui a été dit de ceux qui annonceraient sa venue. C’est David le roi prophète qui parle, inspiré par l’Esprit prophétique : « Le jour l’annonce au jour ; la nuit le dit à la nuit. Il n’y a pas de nation de quelque langue que ce soit qui n’entende leur parole. Leur voix s’est répandue sur toute la terre, et leurs paroles jusqu’aux limites de la terre » (Ps 18,2). (…) Dans une autre prophétie, l’Esprit prophétique annonce par le même David : « Chantez un cantique au Seigneur par toute la terre : annoncez chaque jour son salut. (…) Que les nations se réjouissent, car le Seigneur a régné du haut du bois » (Ps 95 LXX). (…)

    David a fait cette prophétie quinze cents ans avant que le Christ fait homme ait été crucifié ; or personne avant lui n’a été crucifié pour le salut des nations, ni personne après lui. Au contraire, à notre époque, Jésus Christ a été crucifié, est mort, est ressuscité, et il est remonté au ciel où il règne, et cette bonne nouvelle, répandue dans le monde entier par les apôtres, est la joie de ceux qui attendent l’immortalité qu’il a promise.

    Saint Justin (v. 100-160)

     

     

     

  • Saint Benoît, patron de l’Europe

    Messager de paix, artisan d’unité, maître de civilisation, et, avant tout, héraut de la religion du Christ et fondateur de la vie monastique en Occident, tels sont les titres qui justifient la renommée de saint Benoît, abbé. Alors que s’écroulait l’Empire romain désormais à son terme, que des régions de l’Europe s’enfonçaient dans les ténèbres et que d’autres ne connaissaient pas encore la civilisation et les valeurs spirituelles, c’était lui qui, par son effort constant et assidu, a fait se lever sur ce continent l’aurore d’une ère nouvelle. C’est principalement lui et ses fils qui, avec la croix, le livre et la charrue, apporteront le progrès chrétien aux populations s’étendant de la Méditerranée à la Scandinavie, de l’Irlande aux plaines de la Pologne.

    Avec la croix, c’est-à-dire avec la loi du Christ, il a affermi et a développé l’organisation de la vie publique et privée. Il convient de rappeler qu’il a enseigné aux hommes la primauté du culte divin avec l’Office divin, c’est-à-dire la prière liturgique et assidue. (…) Avec le livre, ensuite, c’est-à-dire avec la culture : au moment où le patrimoine humaniste allait se perdre, saint Benoît, en donnant renom et autorité à tant de monastères, a sauvé la tradition classique des anciens avec une sollicitude providentielle, en la transmettant intacte à la postérité et en restaurant l’amour du savoir.

    Et enfin avec la charrue, c’est-à-dire avec l’agriculture et d’autres initiatives analogues, il a réussi à transformer des terres désertiques et incultes en champs très fertiles et en jardins gracieux. En unissant la prière au travail matériel, selon son mot célèbre : « Ora et labora » (Prie et travaille), il a ennobli et a élevé le travail de l’homme. C’est pourquoi le pape Pie XII a salué à juste titre dans saint Benoît le « père de l’Europe » (…).

    Saint Paul VI

     

     

     

  • « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »

    Comme la femme souffrant d’hémorragie je me prosterne devant toi, Seigneur, pour que tu me délivres de la souffrance, ami des hommes, et que tu m’accordes le pardon de mes fautes, afin qu’avec componction de cœur je te crie : « Sauveur, sauve-moi ». (…)

    En se cachant, Sauveur, elle allait à toi, car elle te prenait pour un simple humain ; mais sa guérison lui enseigna que tu étais Dieu et homme tout ensemble. Secrètement elle toucha ta frange, (…), craignant dans son âme (…). Elle se disait en elle-même : « Comment me ferai-je voir de celui qui observe tout, moi qui porte la honte de mes fautes ? Si le Tout-Pur voit le flux de sang, il s’écartera de moi comme impure, et ce sera pour moi plus terrible que ma plaie, s’il se détourne de moi malgré mon cri : Sauveur, sauve-moi.

    « En me voyant, tout le monde me bouscule : ‘Où vas-tu ? Prends conscience de ta honte, femme, sache qui tu es, et de qui tu voudrais t’approcher maintenant ! Toi, l’impure, approcher le Tout-Pur ! Va-t’en te purifier, et quand tu auras essuyé la tache que tu portes, alors tu iras vers lui en criant : Sauveur, sauve-moi.’

    « — Vous cherchez à me causer plus de peine que mon propre mal ? Je sais que lui il est pur, et c’est bien pour cela que j’irai à lui, pour être délivrée de l’opprobre et de l’infamie. Ne m’empêchez donc pas (…) de crier : Sauveur, sauve-moi.

    « La source épanche ses flots pour tous : de quel droit la bouchez-vous ? (…) Vous êtes témoins de ses guérisons. (…) Tous les jours il nous encourage en disant : ‘Venez à moi, vous que les maux accablent ; moi, je pourrai vous soulager’ (Mt 11,28). Il aime faire le don de la santé à tous. Et vous, pourquoi me rudoyez-vous en m’empêchant de lui crier (…) : Sauveur, sauve-moi ? » (…)

    Celui qui sait toutes choses (…) se retourne et dit à ses disciples : « Qui vient de toucher ma frange ? (Mc 5,30) (…) Pourquoi me dis-tu, Pierre, qu’une grande foule me presse ? Ils ne touchent pas ma divinité, mais cette femme, en touchant mon vêtement visible, a saisi ma nature divine, et elle a acquis la santé en me criant : Seigneur, sauve-moi. (…)

    « Prends courage à présent, femme. (…) Sois donc désormais en bonne santé (…) Ceci n’est pas l’ouvrage de ma main, mais l’œuvre de ta foi. Car beaucoup ont touché ma frange, mais sans obtenir la force, parce qu’ils n’apportaient pas de foi. Toi, tu m’as touché avec beaucoup de foi, tu as reçu la santé, c’est pourquoi je t’ai amenée maintenant devant tous, pour que tu dises : Sauveur, sauve-moi. »

    Saint Romanos le Mélode (?-v. 560)

     

     

     

  • « Vous trouverez le repos. »

    Ceux qui se plaignent de la rudesse du joug du Seigneur n’ont peut-être pas rejeté complètement le joug si pesant de la convoitise du monde… Dites-moi, quoi de plus doux, quoi de plus reposant que de n’être plus agité par les mouvements déréglés de la chair…? Quoi d’aussi proche de la tranquillité divine que de n’être plus ému par les affronts qui nous sont faits, de n’être effrayé par nul tourment, nulle persécution, mais de garder un calme identique dans le bonheur et le malheur, de voir d’un même œil ennemi ou ami, de se rendre semblable à Celui « qui fait lever son soleil sur les bons et sur les mauvais, et pleuvoir sur les justes et sur les injustes » ? (Mt 5,45)

    Tout cela se trouve dans la charité, et rien que dans la charité. C’est de même en elle que résident la vraie tranquillité, la vraie douceur, car c’est elle le joug du Seigneur. Si, à l’invitation du Seigneur, nous le portons, nous trouverons le repos pour nos âmes, car « le joug du Seigneur est doux et son fardeau léger ». C’est que « la charité est patiente, elle est serviable, elle ne s’enfle pas, elle n’agit pas de travers, elle n’est pas ambitieuse » (1Co 13,4-5).

    Les autres vertus sont pour nous comme un véhicule pour un homme fatigué, ou comme la nourriture pour un voyageur, ou une lumière pour des gens perdus dans les ténèbres, ou des armes pour un combattant. Mais la charité –- qui doit se trouver dans toutes les vertus pour qu’elles soient des vertus –- est par elle-même, d’une manière toute spéciale, le repos du fatigué, la demeure du voyageur, la pleine lumière pour celui qui parvient au but et la couronne parfaite de celui qui remporte la victoire.

    Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167)

     

     

     

  • « L’Époux est avec eux. »

    Une personne qui en aime une autre et qui lui fait du bien, l’aime et lui fait du bien selon ses qualités, selon ses propriétés personnelles. Ainsi agit ton Époux résidant en toi en tant que tout-puissant : il t’aime et te fait du bien selon sa toute-puissance.

    Infiniment sage, il t’aime et te fait du bien selon l’étendue de sa sagesse. Infiniment bon, il t’aime et te fait du bien selon l’étendue de sa bonté. Infiniment saint, il t’aime et te fait du bien selon l’étendue de sa sainteté. Infiniment juste, il t’aime et t’accorde ses grâces selon l’étendue de sa justice. Infiniment miséricordieux, clément et compatissant, il te fait éprouver sa clémence et sa compassion. Fort, délicat, sublime en son être, il t’aime d’une manière forte, délicate et sublime. Infiniment pur, il t’aime selon l’étendue de sa pureté. Souverainement vrai, il t’aime selon l’étendue de sa vérité. Infiniment généreux, il t’aime et te comble de grâces selon l’étendue de sa générosité, sans aucun intérêt propre et dans la seule vue de te faire du bien. Souverainement humble, il t’aime avec une souveraine humilité et avec une souveraine estime.

    Il t’élève jusqu’à lui, il se découvre à toi joyeusement et avec un visage plein de grâce dans cette voie des connaissances qu’il te donne. Et tu l’entends te dire : « Je suis à toi et pour toi ; je me réjouis d’être ce que je suis, afin de me donner à toi et d’être à toi à jamais ». Qui pourra exprimer ce que tu éprouves, ô âme bienheureuse, en te voyant aimée à ce point, en te voyant tenue par ton Dieu en une estime pareille ?

    Saint Jean de la Croix (1542-1591)

     

     

     

  • Ô miséricorde, toi qui donnes la vie !

    Ô éternelle miséricorde, tu couvres les fautes de tes créatures. Je ne suis pas étonnée de t’entendre dire à ceux qui sortent du péché mortel pour revenir à toi : « Je ne me souviendrai jamais plus de tes offenses ».

    Ô miséricorde qui procède de ta Divinité, Père éternel, et qui avec ta puissance gouverne le monde entier ! C’est dans ta miséricorde que nous avons été créés et dans ta miséricorde que le sang de ton Fils nous a recréés ; ta miséricorde nous conserve ; ta miséricorde fit lutter ton Fils sur le bois de la croix, la vie luttant contre la mort et la mort contre la vie. Combat où la vie vainquit la mort du péché, mais où la mort du péché arracha la vie corporelle à l’Agneau immaculé. Qui demeura vaincu ? La mort. Quelle en fut la cause ? Ta miséricorde.

    Ta miséricorde donne la vie ; elle distribue la lumière qui fait connaître ta clémence pour toute créature, les justes et les pécheurs. Dans les hauteurs des cieux, ta miséricorde éclate sur les saints ; si je regarde la terre, ta miséricorde y abonde ; même dans les ténèbres de l’enfer la miséricorde luit encore, car tu n’infliges pas aux damnés toute la peine qu’ils ont méritée. Ta miséricorde adoucit la justice. Par miséricorde tu nous as lavés dans le sang ; par miséricorde tu as voulu vivre avec tes créatures. (…)

    Ô miséricorde, le cœur s’enflamme à penser à toi. De quelque côté que je me tourne, je ne trouve que la miséricorde.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)