Auteur/autrice : fred

  • L’humilité du cœur

    L’humilité du cœur

    Très souvent le juste abattu par quelques adversités se voit contraint de faire état de ses œuvres, tel le bienheureux Job, qui après une vie juste était accablé de fléaux ; mais quand l’homme injuste entend la parole du juste, il voit en elle orgueil plutôt que sincérité. C’est, en effet, avec son propre cœur qu’il apprécie la parole du juste et il ne pense pas que la parole du sage puisse être dite avec humilité. Si, en effet, c’est faute grave de s’arroger ce qu’on n’est pas, très souvent aussi il n’y a point de faute à dire avec humilité la vertu que l’on a. Aussi arrive-t-il souvent que juste et injuste aient les mêmes paroles : mais leurs cœurs sont toujours loin de se ressembler, et selon qu’elles viennent de l’injuste ou du juste, les mêmes paroles offensent ou apaisent le Seigneur.

    Ainsi le Pharisien entré dans le Temple disait : « Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. » Mais le Publicain sortit du Temple justifié, et non lui. Le roi Ézéchias aussi, gravement atteint par la maladie et parvenu au terme de sa vie, disait dans la componction de sa prière : « Je t’en supplie, Seigneur, rappelle-toi, je te le demande, comment j’ai marché dans la vérité avec un cœur parfait. » (Is 38,3) À cette déclaration de perfection le Seigneur n’oppose pourtant ni dédain ni refus : il exauce aussitôt sa prière. Voilà le Pharisien, qui s’est déclaré juste dans ses œuvres, et Ézéchias, qui a affirmé être juste jusque dans sa pensée : une même attitude, et l’un a offensé le Seigneur, l’autre l’a apaisé. Pourquoi donc en est-il ainsi ?

    C’est que Dieu tout-puissant pèse les paroles de chacun de nous d’après nos pensées et son oreille n’entend aucun superbe dans les paroles qui viennent de l’humilité du cœur. Aussi, quand il exposait ses bonnes œuvres, le bienheureux Job ne fut-il aucunement enflé d’orgueil contre Dieu, parce qu’il disait avec humilité ce qu’il avait fait en vérité.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

  • Demander au Père l’Amour

    Demander au Père l’Amour

    « Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom » (Jn 16,23). Le Père est Dieu ; nous sommes ses enfants et lui disons chaque jour : “Notre Père, qui est aux cieux…” Nous, les enfants, nous devons donc demander quelque chose au Père et ce quelque chose est l’amour. En effet, tout ce qui existe n’est rien en dehors de l’amour de Dieu.

    Aimer Dieu est donc ce quelque chose que nous devons demander. Aimons donc Dieu comme le petit de la cigogne aime son père. On dit que le petit de la cigogne aime tellement son père que, lorsqu’il vieillit, il le réconforte et le nourrit. De la même manière, nous devons réconforter notre Père en ce monde qui vieillit ; le réconforter dans ses membres faibles et malades ; le nourrir dans les pauvres et les indigents. Ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, a dit Jésus, c’est à moi que vous l’aurez fait (cf. Mt 25,40). Si nous demandons l’amour, le Père qui est amour, nous donnera ce qu’il est lui-même : l’Amour.

    Saint Antoine de Padoue (v. 1195-1231)

  • « Celui qui ne rassemble pas avec moi, disperse. »

    « Celui qui ne rassemble pas avec moi, disperse. »

     Ceux qui sont amis de Dieu et qui l’aiment, qui le possèdent en eux comme le trésor inviolable de tout bien, accueillent les injures et les humiliations avec une joie et un bonheur inexprimables (Mt 5,10-12). Ils redoublent d’amour et d’un amour sincère pour ceux qui…leur font subir tout cela, comme des bienfaiteurs…       

    Celui qui n’a connu aucune chute, le Seigneur Jésus notre Dieu, a été frappé, pour que les pécheurs qui l’imitent non seulement reçoivent le pardon mais deviennent participants de sa divinité par leur obéissance. Celui qui n’accepte pas les affronts dans l’humilité de son cœur, celui qui a honte d’imiter les souffrances du Maître, le Christ aussi aura honte de lui, en présence des anges (Lc 9,26)…       

    Il a été giflé, couvert de crachats, crucifié… : frémissez, hommes, et tremblez, et supportez vous aussi avec joie les injures que Dieu a subies pour notre salut. Dieu reçoit une gifle du dernier des serviteurs (Jn 18,22) pour te donner un exemple de victoire ; et toi tu n’acceptes pas le même traitement de la part d’un de tes semblables ? Si tu as honte de devenir imitateur de Dieu, comment régneras-tu avec lui ? Si, en l’attendant, tu n’es pas patient dans les vexations, comment seras-tu glorifié avec lui dans le Royaume des cieux ?

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

  • « Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir. »

    « Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir. »

    Dieu, notre Créateur et notre Rédempteur, s’est choisi Israël comme son peuple et lui a révélé sa Loi, préparant ainsi la venue du Christ… La Loi ancienne est le premier état de la loi révélée. Ses prescriptions morales sont résumées dans les dix commandements, qui posent les fondements de la vocation de l’homme, façonné à l’image de Dieu ; ils interdisent ce qui est contraire à l’amour de Dieu et du prochain, et prescrivent ce qui lui est essentiel. Le décalogue est une lumière offerte à la conscience de tout homme pour lui manifester l’appel et les voies de Dieu, et le protéger contre le mal : « Dieu a écrit sur les tables de la Loi ce que les hommes ne lisaient pas dans leurs cœurs » (S. Augustin).

    Selon la tradition chrétienne, la Loi sainte, spirituelle et bonne (Rm 7,12s) est encore imparfaite. Comme un pédagogue (Ga 3,24) elle montre ce qu’il faut faire, mais ne donne pas de soi la force, la grâce de l’Esprit pour l’accomplir. À cause du péché qu’elle ne peut enlever, elle reste une loi de servitude… Elle est une préparation à l’Évangile.

    La Loi nouvelle ou Loi évangélique est la perfection ici-bas de la loi divine, naturelle et révélée. Elle est l’œuvre du Christ et s’exprime particulièrement dans le Sermon sur la Montagne. Elle est aussi l’œuvre de l’Esprit Saint et, par lui, elle devient la loi intérieure de la charité : « Je conclurai avec la maison d’Israël une alliance nouvelle… Je mettrai mes lois dans leur pensée, je les graverai dans leur cœur, et je serai leur Dieu et ils seront mon peuple » (He 8,8-10).

    La Loi nouvelle est la grâce du Saint-Esprit donnée aux fidèles par la foi au Christ… Elle « accomplit », affine, dépasse et mène à sa perfection la Loi ancienne. Dans les Béatitudes (Mt 5,3s), elle accomplit les promesses divines en les élevant et les ordonnant au « Royaume des cieux ». Elle s’adresse à ceux qui sont disposés à accueillir avec foi cette espérance nouvelle : les pauvres, les humbles, les affligés, les cœurs purs, les persécutés à cause du Christ, traçant ainsi les voies surprenantes du Royaume.

    Catéchisme de l’Église catholique

  • « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » (Lc 11,4)

    « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. » (Lc 11,4)

    Chaque soir, avant de vous endormir, vous devez faire votre examen de conscience (car vous ne savez pas si vous serez encore de ce monde le lendemain !). Quel que soit le mal que vous avez fait, vous devez vous engager à réparer si c’est possible. Si, par exemple, vous avez volé quelque chose, essayez de le rendre. Si vous avez froissé quelqu’un, essayez de vous en excuser sans délai. S’il est impossible de réparer, exprimez à Dieu vos regrets ou vos remords. C’est très important, car nous devons être capables de contrition pour être rendus capables d’amour. Vous pourriez dire, par exemple : « Seigneur, je suis navré de t’avoir offensé et je te promets de faire de mon mieux pour ne plus recommencer ». Alors, tout à coup, quelle impression de bien-être, de délivrance, que de sentir son cœur purifié ! Souvenez-vous que Dieu est miséricorde. Il est notre Père prévenant, prêt à tout pardonner et à tout oublier, à la condition que nous essayions d’en faire autant envers ceux qui nous ont fait du tort.

    Examinez donc le fond de votre cœur pour voir s’il n’y demeure pas enfouie quelque rancune envers votre prochain. Comment, en effet, pourrions-nous demander à Dieu de nous pardonner, alors que nous ne voulons pas pardonner aux autres ? Souvenez-vous que si vous vous repentez vraiment avec un cœur généreux, vos fautes seront oubliées aux yeux de Dieu. Il vous pardonnera toujours si votre repentir est sincère. Priez donc pour pardonner à ceux qui vous ont offensé, pour aimer ceux que vous n’aimez pas, et sachez ensuite pardonner comme Dieu vous a pardonné.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

  • « Il y avait beaucoup de veuves en Israël. »

    « Il y avait beaucoup de veuves en Israël. »

      Seigneur, mon âme misérable est nue, glacée et transie ; elle désire être réchauffée par la chaleur de ton amour… Dans l’immensité de mon désert, dans l’étendue de la vanité de mon cœur, je ne ramasse pas quelques branches comme la veuve de Sarepta, mais seulement ces brindilles, afin de me préparer de quoi manger, avec la poignée de farine et le vase d’huile, et puis en entrant dans la tente de ma demeure, je mourrai (1R 17,10s). Ou plutôt, je ne mourrai pas si vite ; non, Seigneur, « je ne mourrai pas, mais je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur » (Ps 117,17).       

    Je me tiens donc dans ma demeure de solitude…et j’ouvre la bouche vers toi, Seigneur ; je cherche le souffle. Et quelquefois, Seigneur…, tu me mets quelque chose dans la bouche du cœur, mais tu ne me permets pas de savoir ce que c’est. Sans doute, je goûte une saveur si douce, si délicieuse, si réconfortante…que je ne chercherais rien d’autre. Mais tu ne me permets pas de comprendre, ni par la vision, ni par l’intelligence…; je voudrais la retenir, la ruminer, la savourer, mais aussitôt elle passe… Par expérience, j’apprends ce que tu dis de l’Esprit dans l’Évangile : « On ne sait d’où il vient ni où il va…; l’Esprit souffle où il veut » (Jn 3,8). Je découvre en moi qu’il souffle non pas quand je le veux, mais quand lui, il le veut…       

    Vers toi seul je dois lever les yeux, toi « la source de vie », seulement « en ta lumière voir la lumière » (Ps 35,10). Vers toi donc, Seigneur, vers toi mes yeux sont tournés… Mais combien de temps tarderas-tu, combien de temps mon âme s’étendra-t-elle vers toi, misérable, anxieuse, à bout de souffle ? Je t’en prie, « cache-moi dans le secret de ta face, loin des intrigues des hommes ; protège-moi dans ta tente, loin de la guerre des langues » (Ps 30,21).   

    Guillaume de Saint-Thierry (v. 1085-1148)

  • « L’eau que je lui donnerai deviendra source d’eau jaillissante. »

    « L’eau que je lui donnerai deviendra source d’eau jaillissante. »

    « Viens du Liban, mon Épouse, viens du Liban, tu viendras, tu parviendras à partir du commencement de la foi, des cimes de Sanir et de l’Hermon, des repaires des lions, des montagnes des léopards » (cf. Ct 4,8 trad. LXX utilisée par G. de Nysse). Qu’est-ce à dire ? La source de la grâce attire toujours à elle ceux qui sont assoiffés, comme le dit la source dans l’Évangile : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » (Jn 7,37). Il n’a donné ici de limite ni à la soif, ni à l’élan vers Lui, ni à l’apaisement de la soif, mais le mode duratif de son commandement constitue une permanente invitation et à avoir soif et à boire et à nous élancer vers Lui.

    Quant à ceux qui y ont déjà bu et qui ont appris par cette expérience que le Seigneur est doux (cf. 1 P 2,3), le fait d’avoir bu devient comme un appel à une participation plus grande encore. Ainsi à celui qui monte ne cesse jamais d’être adressé un appel qui l’attire toujours à aller plus loin. Souvenons-nous en effet de la façon dont le Verbe a stimulé bien des fois l’Épouse, (…) : « Viens donc, ma bien-aimée, dit-il, et encore : Viens, ma colombe, viens de toi-même dans le creux du rocher ». (Ct 2,13-14).

    Notre texte dit : « tu viendras, tu parviendras à partir du commencement de la foi, des cimes de Sanir et de l’Hermon ». C’est le sacrement de la naissance d’en haut qui est évoqué ici. C’est de là en effet, dit-on, que jaillissent les sources du Jourdain ; au-dessus d’elles se dresse la montagne divisée en deux sommets qui ont pour noms Sanir et Hermon. Or le fleuve qui sort de ces sources est pour nous le commencement de notre transformation en Dieu. C’est pourquoi l’âme entend celui qui l’appelle à lui, lui dire : « Viens de l’encens, du commencement de la foi », du sommet de ces montagnes d’où te sont venues les sources du sacrement.

    Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395)

  • Aimés de seule miséricorde

    Aimés de seule miséricorde

    Comme il est long, Seigneur, d’arriver à comprendre
    que de seul pitié nous pouvons être aimés,
    et que nul estime,
    nulle admiration,
    nulle confiance
    ne peut venir de vous à nous
    sans qu’elle soit passée par vos miséricordes.

    C’est long : mais cela vient.
    Comme un enfant aveugle et sourd,
    entre les genoux de sa mère,
    noyé dans le noir et la solitude,
    ainsi découvrons-nous notre âme
    entre les deux genoux de votre Providence.

    Et votre esprit, alors, nous investit :
    ce doigt de la droite du Père,
    comme une main maternelle,
    révélatrice,
    éducatrice,
    qui rallie à la vie son enfant.

    Par pulsion votre esprit nous guide ;
    par contact il nous annonce ce qui est.
    Son enveloppement muet ensème notre cœur d’un germe de paroles.

    Aux mots que nous disons dans notre solitude et notre noir,
    répond le silence de votre esprit ;
    un silence dont la proximité nous enserre
    et nous enseigne.

    Pour cela, il nous suffit de savoir que nos yeux sont vraiment
    incapables de voir
    et nos oreilles sourdes
    à tout
    ce qui est vous.

    Vénérable Madeleine Delbrêl (1904-1964)

  • Porter du fruit

    Porter du fruit

    Le Seigneur ne cesse de comparer les âmes humaines à des vignes : « Mon bien-aimé avait une vigne sur un coteau, en un lieu fertile » (Is 5,1) ; « J’ai planté une vigne, je l’ai entourée d’une haie » (cf Mt 21,33). Ce sont évidemment les âmes humaines que Jésus appelle sa vigne, elles qu’il a entourées, comme d’une clôture, de la sécurité que donnent ses commandements et de la garde de ses anges, car « l’ange du Seigneur campera autour de ceux qui le craignent » (Ps 33,8). Ensuite il a planté autour de nous une sorte de palissade en établissant dans l’Église, « premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui sont chargés d’enseigner » (1Co 12,28). En outre, par les exemples des saints hommes d’autrefois, il élève nos pensées sans les laisser tomber à terre où elles mériteraient d’être foulées aux pieds. Il veut que les embrassements de la charité, comme les vrilles d’une vigne, nous attachent à notre prochain et nous fassent reposer sur lui. Ainsi gardant constamment notre élan vers le ciel, nous nous élèverons comme des vignes grimpantes, jusqu’aux plus hautes cimes.

    Il nous demande encore de consentir à être sarclés. Or une âme est sarclée quand elle écarte d’elle les soucis du monde qui sont un fardeau pour nos cœurs. Ainsi celui qui écarte de lui-même l’amour de ce monde et l’attachement aux richesses ou qui tient pour détestable et méprisable la passion pour cette misérable gloriole a pour ainsi dire été sarclé, et il respire de nouveau, débarrassé du fardeau inutile des soucis de ce monde.

    Mais, pour rester dans la ligne de la parabole, il ne faut pas que nous produisions seulement du bois, c’est-à-dire vivre avec ostentation, ni rechercher la louange de ceux du dehors. Il nous faut porter du fruit en réservant nos œuvres pour les montrer au vrai vigneron (Jn 15,1).

    Saint Basile (v. 330-379)

  • Ô âmes saintes, faites-moi cadeau d’eau fraîche !

    Supporte ton exil puisque Dieu le veut. Quel grand gain pour toi ! Je vivrai dans cette vie, ô mon Jésus, et l’espérance et le silence seront ma force, tant que durera cette misérable vie. Et vous, en attendant, faites brûler dans mon cœur, ô mon créateur et mon Dieu, cette belle flamme de votre amour… Ô centre unique de tout mon bonheur, ô mon Dieu, combien devrai-je encore attendre ?… Vous voyez, ô Seigneur, que mon mal est sans remède… Quand donc, ô Seigneur, quand donc ? Jusqu’à quand ?…

    Ô âmes saintes qui, libres de tout tourment, êtes déjà heureuses au Ciel dans ce torrent de souveraines douceurs, ô combien je vous envie votre bonheur ! Hélas ! par pitié, puisque vous êtes si près de la fontaine de la vie, puisque vous me voyez mourir de soif en ce bas monde, faites-moi cadeau d’un peu de cette eau très fraîche.

    Ah ! âmes fortunées, je le confesse, j’ai trop mal dépensé ma part, j’ai trop mal gardé une pierre si précieuse. Mais vive Dieu ! À cette faute, je sens cependant qu’il y a un remède. Eh bien, ô âmes bienheureuses, faites-moi le plaisir de m’aider un peu ; moi aussi, comme je n’ai pu trouver ce dont mon âme avait besoin dans le repos et dans la nuit, moi aussi je me lèverai comme l’épouse du Cantique des cantiques, et je chercherai celui qu’aime mon âme : « Je me lèverai donc et je chercherai celui que mon cœur aime » (Ct 3,2), et je le chercherai toujours, je le chercherai en toute chose, et je ne m’arrêterai que lorsque je l’aurai retrouvé sur le seuil de son royaume…

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)