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  • Soyez docile aux divines opérations

    Soyez docile aux divines opérations

    Vos lamentations et vos peurs ne viennent pas de Dieu et ce n’est pas Dieu qui en est l’auteur. C’est Satan qui vous met au cœur ces peurs, et Dieu le permet pour votre perfectionnement. Mais Dieu veut que vous vous moquiez de tout et que vous subissiez ces épreuves dans la paix. Plus vous vous lamentez, plus vous essayez de rejeter ces épreuves, et plus ces épreuves dureront. Il faut que vous vous résigniez et que vous laissiez faire même quand il ne vous est pas donné de laisser faire. Jésus est très content de vous ; donc, de quoi avoir peur ? (…)

    Vous vous lamentez parce que les mêmes épreuves reviennent toujours. Et alors ! père, de quoi avez-vous peur ? De l’artisan divin, qui veut de cette façon perfectionner son chef-d’œuvre ? Voudriez-vous sortir des mains d’un si magnifique artisan à l’état de pure et simple esquisse ? Vous, qui êtes un amateur d’œuvres parfaites !

    Jésus vous fait savoir que les diverses peines spirituelles que vous agitent tant sont voulues directement par lui pour vous éprouver et non pour vous châtier, pour vous purifier davantage et vous rendre, autant que faire se peut, conforme à lui, qui est le prototype de toute âme qui a choisi la meilleure part du service divin. Il attend de vous, en signe de reconnaissance, une plus grande docilité à ces divines opérations.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)

  • « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. »

    « C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. »

    Dans l’épreuve, l’homme qui ne veut et ne désire sincèrement que Dieu doit se réfugier en lui et attendre en toute patience que le calme soit revenu… Qui sait où et comment il plaira à Dieu de revenir et de le combler de ses dons ? Quant à toi, tiens-toi patiemment à l’abri de la volonté divine ; cela vaut cent fois mieux que les élans d’une vertu brillante… Car les dons de Dieu ne sont pas Dieu lui-même, et on ne doit jouir que de lui, et non de ses dons. Mais notre nature est si avide, si repliée sur elle-même, qu’elle s’insinue partout, s’emparant de ce qui n’est pas à elle, souillant ainsi les dons de Dieu, et empêchant le noble travail de Dieu…

    Toi donc, plonge-toi dans le Christ, dans sa pauvreté et sa pureté, dans son obéissance, son amour et toutes ses vertus. C’est en lui que sont donnés à l’homme les dons de l’Esprit Saint, la foi, l’espérance et la charité, la vérité, la joie et la paix intérieures, dans le Saint Esprit. En lui encore se trouve l’abandon et la douce patience, où l’on reçoit toute chose de Dieu d’un cœur égal.

    Tout ce que Dieu permet et décrète, prospérité et adversité, joie ou douleur, tout doit concourir au bien de l’homme (Rm 8,28). La plus petite chose qui arrive à l’homme est vue éternellement de Dieu, elle préexiste en lui, elle arrive comme il l’a voulu, et non pas autrement. Soyons donc en paix ! Cette paix en toute chose, on ne l’apprend que dans le vrai détachement et la vie intérieure… Telle est la part de l’homme noble lorsqu’il est solidement fixé dans le repos de l’âme en Dieu, dans le désir de Dieu seul, qui éclaire toute chose ; tout cela est purifié en passant par le Christ.

    Jean Tauler (v. 1300-1361)

  • « L’Esprit Saint vous enseignera tout. »

    « L’Esprit Saint vous enseignera tout. »

    La vie de contemplation est la vie du ciel… Grâce à l’amour d’union avec Dieu en effet, l’homme passe au-delà de son être de créature, pour découvrir et savourer l’opulence et les délices que Dieu est lui-même et qu’il laisse couler sans cesse au plus caché de l’esprit humain, là où celui-ci est semblable à la noblesse de Dieu. Lorsque l’homme recueilli et contemplatif a ainsi rejoint son image éternelle, et lorsque, dans cette limpidité, grâce au Fils, il a trouvé sa place dans le sein du Père, il est éclairé par la vérité divine…

    Car il faut savoir que le Père céleste, abîme vivant, est tourné, par des œuvres, avec tout ce qui vit en lui, vers son Fils, comme vers son éternelle Sagesse (Pr 8,22s) ; et cette même Sagesse, avec tout ce qui vit en elle, se réfléchit, par des œuvres, dans le Père, c’est-à-dire dans l’abîme dont elle est sortie. De cette rencontre jaillit la troisième Personne, celle qui se tient entre le Père et le Fils, c’est-à-dire le Saint-Esprit, leur commun amour, qui est un avec les deux dans la même nature. Cet amour embrasse et traverse avec jouissance le Père, le Fils et tout ce qui vit en eux, et cela avec une telle opulence et une telle joie que toutes les créatures en sont réduites à un silence éternel. Car la merveille insaisissable, cachée en cet amour, dépassera éternellement la compréhension de toute créature.

    Lorsque nous reconnaissons cette merveille et la savourons sans étonnement, c’est que notre esprit se trouve au-delà de lui-même et qu’il est un avec l’Esprit de Dieu, savourant et regardant sans mesure, comme Dieu savoure et regarde sa propre richesse dans l’unité de sa profondeur vivante, selon son mode incréé… Cette délicieuse rencontre, qui a lieu en nous selon le mode de Dieu, est sans cesse renouvelée… Car de même que le Père regarde sans cesse toutes les choses comme nouvelles dans la naissance de son Fils, elles sont aussi aimées d’une façon nouvelle par le Père et par le Fils dans le jaillissement du Saint-Esprit. Voilà la rencontre du Père et du Fils en laquelle nous sommes amoureusement étreints, grâce au Saint-Esprit, dans un amour éternel.

    Bienheureux Jan van Ruusbroec (1293-1381)

  • Comment entrer au sein de la Trinité ?

    Comment entrer au sein de la Trinité ?

    Au cours de sa vie publique Notre-Seigneur révèle et explique progressivement sa médiation : « Je suis la voie, la vérité et la vie » dit-il (Jn 14,6). (…) Fils de Dieu, à la fois engendré éternellement comme Verbe du Père et prononcé dans le temps comme Verbe incarné, Jésus porte en Lui la lumière incréée qui est Dieu et toute la lumière que Dieu a voulu manifester au monde, la vie qui est au sein de la Trinité et la vie que Dieu veut répandre dans les âmes. En Lui sont tous les trésors de la sagesse et de la grâce et c’est de sa plénitude que nous les recevons. (…)

    Notre grâce est filiale ; c’est une note essentielle. Nous avons reçu un esprit filial « qui nous fait crier vers Dieu : Père » (Rm 8,15). Au sein de la Trinité sainte nous sommes fils ou nous ne sommes pas. Or le Père n’a qu’un Fils, c’est son Verbe. Le rythme éternel de la vie au sein de la Trinité sainte est immuable : Dieu le Père, par la connaissance qu’il a de Lui-même, engendre le Verbe qui l’exprime ; le Père et le Fils, par une spiration commune d’amour, produisent le Saint-Esprit. Les siècles, pas plus que l’éternité, ne changeront rien à ce mouvement. Comment pourrons-nous y entrer et y participer ainsi que l’exige notre vocation surnaturelle ? Pas autrement qu’à la faveur d’une adoption et d’une emprise telle, qu’elle crée une certaine unité avec l’une des Personnes divines.

    Le Verbe s’est incarné, a pris une humanité qu’il a entraînée, heureuse captive, au sein de cette gloire que le Verbe avait avant que le monde fût. Par cette humanité sainte du Christ, le Verbe saisit et entraîne tous les hommes qui se laissent saisir par sa grâce. Tout le Christ diffusé et complet est placé, par son unité avec le Verbe, sous la paternité éternellement féconde du Père de lumière et de miséricorde, et avec Lui spire l’amour de l’Esprit Saint qui, Esprit du Père et du Fils, devient par conséquent l’Esprit de l’Église et le nôtre.

    Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus (1894-1967)

  • « Celui qui m’a vu a vu le Père. »

    « Celui qui m’a vu a vu le Père. »

    Les paroles de l’Évangile sont le point de départ de notre réflexion, qui nous montrent en Jésus le Fils et le Révélateur du Père. Son enseignement, son ministère, son style même de vie, tout en Lui nous renvoie au Père (cf. Jn 5, 19.36 ; 8, 28 ; 14, 10 ; 17, 6). Il est le centre de la vie de Jésus, et Jésus est, à son tour, l’unique voie pour accéder au Père. « Nul ne vient du Père que par moi » (Jn 14, 6). Jésus est le point de rencontre des êtres humains avec le Père, qui s’est rendu visible en Lui : « Qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père !” ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ?” » (Jn 14, 9-10).

    La manifestation la plus expressive de cette relation de Jésus avec le Père se trouve dans sa condition de ressuscité, sommet de sa mission et fondement de vie nouvelle et éternelle pour ceux qui croient en Lui. Mais l’union entre le Fils et le Père, comme celle entre le Fils et les croyants, passe à travers le mystère de l’« élévation » de Jésus, selon une expression typique de l’Évangile de Jean. Par le terme d’« élévation », l’évangéliste indique aussi bien la crucifixion que la glorification du Christ ; toutes deux se reflètent sur le croyant : « Ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l’homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 14-16).

    Cette « vie éternelle » n’est autre que la participation des croyants à la vie même de Jésus ressuscité et elle consiste à être insérés dans ce courant d’amour qui unit le Père et le Fils, qui sont une seule chose (cf. Jn 10, 30 ; 17, 21-22).

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

  • Jésus, chemin vers la Trinité

    Jésus, chemin vers la Trinité

    « Je suis la voie » (Jn 14,6). Entre toute créature et Dieu, il y a l’infini. Les anges, sans l’élévation surnaturelle, sont à une distance incommensurable de la divinité. Dieu seul, de par sa nature, se voit tel qu’il est ; lui seul a le droit de plonger le regard dans la profondeur de ses perfections. Les hommes ne connaissent Dieu que par ses œuvres : « La nuée et l’ombre l’environnent » (Ps 96,2). Eh bien ! nous sommes appelés à voir Dieu comme il se voit, à l’aimer comme il s’aime et à vivre de la vie divine. Telle est notre destinée surnaturelle.

    Or entre cette élévation et les capacités de notre nature, il y a un abîme infranchissable. Par le Christ, à la fois Dieu et homme, et par la grâce d’adoption, il nous est donné de triompher de cet éloignement. Le Christ est comme le pont jeté sur cette profondeur insondable : par son humanité sainte, il est la voie, grâce à laquelle nous parvenons jusqu’à la Trinité. Jésus ne l’a-t-il pas dit lui-même : « Personne ne vient au Père que par moi » (Jn 14,6). Cette voie ne trompe pas ; celui qui la suit arrivera infailliblement au terme ; « il aura la lumière de vie » (Jn 8,12). Car, comme Verbe, Jésus est un avec le Père, son humanité nous fait donc nécessairement atteindre la divinité.

    Lorsqu’il nous insère dans son corps mystique, en toute vérité, il nous prend à lui, afin que nous puissions demeurer là où il est lui-même », c’est-à-dire, être unis au Verbe et à l’Esprit dans le sein du Père : « Je reviendrai vous prendre auprès de moi, afin que là où je serai, vous soyez aussi » (Jn 14,3). Appuyez-vous donc en tout sur les mérites de notre cher Sauveur.

    Bienheureux Columba Marmion (1858-1923)

  • « Recevoir celui que j’envoie, c’est me recevoir moi-même. »

    « Recevoir celui que j’envoie, c’est me recevoir moi-même. »

    Après l’amour de notre Seigneur, je te recommande celui de l’Église, son Épouse. Elle est en quelque sorte la colombe qui couve et fait naître les petits de l’Époux. Rends toujours grâce à Dieu d’être fille de l’Église, à l’exemple d’un si grand nombre d’âmes qui nous ont précédés dans cette voie bienheureuse.

    Aie beaucoup de compassion pour tous les pasteurs, prédicateurs et guides spirituels ; on en trouve sur toute la surface de la terre. (.).. Prie Dieu pour eux, afin qu’en se sauvant eux-mêmes, ils soient féconds et procurent aux âmes le salut.

    Priez pour les personnes perfides comme pour les ferventes, priez pour le Saint Père, pour toutes les nécessités spirituelles et temporelles de l’Église ; car c’est elle notre mère. Faites aussi une prière spéciale pour tous ceux qui œuvrent au salut des âmes pour la gloire du Père.

    Saint [Padre] Pio de Pietrelcina (1887-1968)

  • Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, docteur de l’Eglise, copatronne de l’Europe

    Fête de sainte Catherine de Sienne, vierge, docteur de l’Eglise, copatronne de l’Europe

    En s’élevant au-dessus d’elle-même, une âme tourmentée d’un très grand désir de l’honneur de Dieu et du salut des âmes, en arrive à s’exercer pendant quelque temps dans la pratique des vertus ordinaires et s’enferme dans la cellule de la connaissance d’elle-même, pour mieux connaître la bonté de Dieu envers elle. Car l’amour suit la connaissance et, en aimant, l’âme cherche à suivre la vérité et à se revêtir de la vérité. Rien ne fait mieux goûter à la créature cette vérité, rien ne lui procure tant de lumière que l’oraison humble, continue, fondée sur la connaissance de soi-même et de Dieu. L’oraison ainsi comprise et pratiquée unit l’âme avec Dieu.

    En suivant les traces du Christ crucifié, par désir, par affection, par union d’amour, elle devient un autre lui-même. N’est-ce-pas ce que le Christ a voulu nous apprendre quand il nous dit : « À qui m’aimera et gardera ma Parole, je me manifesterai moi-même à lui : il sera une même chose avec moi et moi avec lui » (Jn 14,21). Nous trouvons en maints endroits des paroles semblables. Puisque le Christ est Vérité, elles nous font bien voir que, par l’amour, l’âme devient une même chose avec lui.

    Pour le montrer plus clairement, je me souviens d’avoir appris d’une servante de Dieu que, dans un grand ravissement de l’esprit qu’elle eut dans son oraison, Dieu, déchirant les voiles, lui avait fait contempler l’amour qu’il a pour ses serviteurs. Il lui disait entre autres choses: « Ouvre l’œil de ton intelligence et regarde en moi ; tu y verras la dignité et la beauté de ma créature raisonnable. Outre la beauté que j’ai donné à l’âme en la créant à mon image et ressemblance, contemple ceux qui sont revêtus de la robe nuptiale, c’est-à-dire de la charité, ornée de la multitude des vertus. Ceux-là, ne font qu’un avec moi par l’amour ».

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380)

  • « Mes brebis écoutent ma voix. »

    « Mes brebis écoutent ma voix. »

    Tu jugeras difficile de prier si tu ne sais pas comment faire. Chacun de nous doit s’aider à prier : en premier lieu, en recourant au silence, car nous ne pouvons pas nous mettre en présence de Dieu si nous ne pratiquons pas le silence, intérieur comme extérieur. Faire silence au-dedans de nous n’est pas facile, mais c’est un effort indispensable. Seulement dans le silence nous trouverons une nouvelle puissance et la vraie unité. La puissance de Dieu deviendra la nôtre afin d’accomplir toutes choses comme il se doit ; il en ira de même pour l’unité de nos pensées avec ses pensées, de l’unité de nos prières avec ses prières, de l’unité de nos actions avec ses actions, de notre vie avec sa vie. L’unité est le fruit de la prière, de l’humilité, de l’amour.

    C’est dans le silence du cœur que Dieu parle ; si tu te places face à Dieu dans le silence et la prière, Dieu te parlera. Et tu sauras alors que tu n’es rien. Ce n’est que lorsque tu connais ton néant, ta vacuité, que Dieu peut te remplir de lui-même. Les âmes des grands priants sont des âmes de grand silence.

    Le silence nous fait voir chaque chose autrement. Nous avons besoin du silence pour toucher les âmes des autres. L’essentiel n’est pas ce que nous disons, mais ce que Dieu dit — ce qu’il nous dit, ce qu’il dit à travers nous. Dans un tel silence, il nous écoutera ; dans un tel silence, il parlera à notre âme, et nous entendrons sa voix.

    Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

  • Pasteur à la suite du seul Pasteur

    Pasteur à la suite du seul Pasteur

    Le vrai pasteur est celui qui, par sa bonté, son zèle et sa prière, est capable de chercher et de remettre dans le bon chemin les brebis raisonnables qui se sont perdues. Le pilote est celui qui a obtenu, par la grâce de Dieu et par ses propres labeurs, une force spirituelle qui le rend capable d’arracher le vaisseau non seulement aux flots déchaînés, mais à l’abîme lui-même. Le médecin est celui qui a acquis la santé du corps et de l’âme et qui n’a besoin pour eux d’aucun remède.

    Un bon pilote sauve son vaisseau ; et un bon pasteur vivifie et guérit ses brebis malades. Quand les brebis sont au pâturage, que le pasteur ne cesse pas de se servir de la flûte de la parole, surtout quand le troupeau s’apprête à dormir. Car le loup ne craint rien tant que la flûte pastorale. Autant les brebis auront suivi fidèlement le pasteur et auront fait des progrès, autant celui-ci répondra pour elles devant le Maître de maison.

    C’est la charité qui fait connaître le vrai pasteur, puisque par charité le grand pasteur a voulu être crucifié.

    Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650)