Étiquette : pasteur

  • Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis

    « Je suis le bon pasteur. Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » Pilate a vu ce pasteur ; les juifs l’ont vu, conduit à la croix pour son troupeau, comme le chœur des prophètes l’avait annoncé clairement bien avant la Passion : « Comme un agneau, il est conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs » (Is 53,7). Il ne refuse pas la mort, il ne fuit pas le jugement, il ne repousse pas ceux qui le crucifient.

    Il n’a pas subi la Passion : il l’a voulue pour ses brebis. « J’ai le pouvoir de déposer ma vie, dit-il, et le pouvoir de la reprendre. » Il détruit la souffrance par la souffrance de sa Passion, la mort par sa mort. Par son tombeau, il ouvre les tombeaux. Il ébranle le séjour des morts, il en fait sauter les verrous. Les tombeaux sont scellés et la prison fermée tant que le Berger ne descend dans la mort pour y annoncer la libération à celles de ses brebis qui sont endormies (cf 1P 3,19). On le voit au séjour des morts : il donne l’ordre d’en sortir, on le voit renouveler même là l’appel à la vie. « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis » : c’est ainsi qu’il cherche l’amour de ses brebis. Celui qui aime le Christ, c’est celui qui sait entendre sa voix.

    Basile de Séleucie (?-v. 468), évêque
    Homélie 26, sur le Bon Pasteur ; PG 85, 299 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 220 rev.)

     

     

     

  • Pasteur à la suite du seul Pasteur

    stdas0308-2-a3f42

    Le vrai pasteur est celui qui, par sa bonté, son zèle et sa prière, est capable de chercher et de remettre dans le bon chemin les brebis raisonnables qui se sont perdues. Le pilote est celui qui a obtenu, par la grâce de Dieu et par ses propres labeurs, une force spirituelle qui le rend capable d’arracher le vaisseau non seulement aux flots déchaînés, mais à l’abîme lui-même. Le médecin est celui qui a acquis la santé du corps et de l’âme et qui n’a besoin pour eux d’aucun remède.

    Un bon pilote sauve son vaisseau ; et un bon pasteur vivifie et guérit ses brebis malades. Quand les brebis sont au pâturage, que le pasteur ne cesse pas de se servir de la flûte de la parole, surtout quand le troupeau s’apprête à dormir. Car le loup ne craint rien tant que la flûte pastorale. Autant les brebis auront suivi fidèlement le pasteur et auront fait des progrès, autant celui-ci répondra pour elles devant le Maître de maison.

    C’est la charité qui fait connaître le vrai pasteur, puisque par charité le grand pasteur a voulu être crucifié.

    Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650), moine au Mont Sinaï
    L’Échelle sainte (trad. Bellefontaine 1993, coll. Spiritualité orientale n°24, p. 314-319, rev.)

     

     

     

     

  • « Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. »

    MGR123.indd

    Le service du bon pasteur, c’est la charité. C’est pourquoi Jésus dit qu’il « donne sa vie pour ses brebis ». Car il faut savoir ce qui le distingue : le bon pasteur veille à l’intérêt de son troupeau, le mauvais cherche son propre intérêt. C’est bien ce que dit le prophète : « Malheur aux pasteurs d’Israël qui ne cherchent que leur propre pâture. N’est-ce pas leur troupeau qu’ils doivent paître ? » (Ez 34,2). Celui qui ne fait qu’utiliser le troupeau pour son propre intérêt n’est pas un bon pasteur… Un bon berger, au sens naturel, supporte beaucoup pour le troupeau sur lequel il veille, comme en témoigne Jacob : « J’étais dévoré le jour par la chaleur, et la nuit par le froid » (Gn 31,40)…

    Mais le salut du troupeau spirituel importe plus que la vie même du pasteur ; c’est pourquoi, lorsque le troupeau est en danger, son pasteur doit supporter de perdre la vie de son corps pour le salut du troupeau. Le Seigneur a dit : « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis », sa vie corporelle par l’exercice charitable de l’autorité… Le Christ nous a montré l’exemple : « Il a donné sa vie pour nous. Nous devons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères » (1Jn 3,16).

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
    Commentaire de l’évangile de Jean, 10,3 (trad. Orval)

     

     

     

  • « Il les appelle chacune par son nom. »

    1800-01-01-bonpasteur

    Quand Jésus se présentait lui-même comme le Bon Pasteur, il se rattachait à une longue tradition biblique, déjà familière à ses disciples et aux autres auditeurs. Le Dieu d’Israël, en effet, s’était toujours manifesté comme le bon Pasteur de son peuple. Il en avait écouté la plainte, l’avait libéré de la terre d’esclavage, il avait guidé dans sa bonté le peuple sauvé par lui dans sa rude marche au désert vers la Terre promise… Siècle après siècle, le Seigneur avait continué à le guider, bien plus, à le porter dans ses bras comme le pasteur porte ses agneaux. Il l’avait aussi conduit depuis la punition de l’exil, l’appelant de nouveau et rassemblant les brebis dispersées pour les acheminer dans la terre de leurs pères.

    C’est pour ces motifs que nos pères dans la foi se tournaient filialement vers Dieu, l’appelant leur Pasteur : « Le Seigneur est mon Berger, je ne manque de rien ; sur des prés d’herbe fraîche il me fait reposer, vers les eaux du repos il me mène, il y refait mon âme ; il me guide par le juste chemin » (Ps 22). Ils savaient que le Seigneur est un Pasteur bon, patient, parfois sévère, mais toujours miséricordieux envers son peuple et aussi envers tous les hommes…

    Lorsque, dans la plénitude des temps, Jésus vint, il trouva son peuple « comme un troupeau sans pasteur » (Mc 6,34) et il en éprouva une peine profonde. En lui s’accomplissaient les prophéties et s’achevait l’attente. Avec les paroles mêmes de la tradition biblique, Jésus s’est présenté comme le Bon Pasteur qui connaît ses brebis, les appelle chacune par son nom, et donne sa vie pour elles. Et ainsi, « il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (Jn 10,16).

    Bienheureux Paul VI, pape de 1963-1978
    Message pour la Journée de prière pour les vocations 1971 (trad. DC, t. 68, p. 405)

     

     

     

     

     

     

     

  • Fête de saint Barthélémy, apôtre

    jesus-brebis-voix

    Jésus a renouvelé aux saints apôtres l’appel adressé à Abraham. Et leur foi ressemblait à celle d’Abraham ; car, de même qu’Abraham a obéi aussitôt qu’il a été appelé (Gn 12), de même les apôtres sont partis à la suite de Jésus aussitôt qu’il les a appelés et qu’ils l’ont entendu… Ce n’est pas un long enseignement qui les a faits disciples, mais le seul fait d’avoir entendu la parole de la foi. Parce que leur foi était vivante, aussitôt qu’elle a entendu la voix vivante, elle a obéi à la vie. Ils ont couru aussitôt à sa suite sans retard ; et on voit par cela qu’ils étaient disciples dans leur cœur avant même d’être appelés.

    Voilà comment agit la foi qui a gardé la simplicité. Ce n’est pas à force d’arguments qu’elle reçoit l’enseignement ; mais, de même qu’un œil sain et pur reçoit le rayon de soleil qui lui est envoyé, sans raisonner ni travailler, et qu’il perçoit la lumière aussitôt qu’il est ouvert… de même ceux qui ont la foi naturelle reconnaissent la voix de Dieu aussitôt qu’ils l’entendent. La lumière de sa parole se lève en eux ; ils se lancent joyeusement au-devant d’elle et la reçoivent, comme l’a dit notre Seigneur dans l’Évangile : « Mes brebis entendent ma voix et elles me suivent » (Jn 10,27).

    Philoxène de Mabboug (?-v. 523), évêque en Syrie
    Homélie n° 4, 76-79 (trad. SC 44, p. 95 rev.)

     

     

     

  • « Le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. » (Jn 10,11)

    0118clefs3

    Ce qui par-dessus tout nous attire la bienveillance d’en haut, c’est la sollicitude envers le prochain. C’est pourquoi le Christ exige cette disposition de Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? Il lui répondit : Oui, Seigneur, tu sais que je t’aime. Et Jésus de lui dire : Pais mes brebis. » Pourquoi, laissant de côté les autres apôtres, Jésus s’adresse-t-il à Pierre à leur sujet ? C’est que Pierre était le premier parmi les apôtres, leur porte-parole, le chef de leur collège, si bien que Paul lui-même est venu un jour le consulter de préférence aux autres (Ga 1,18). Pour bien montrer à Pierre qu’il devait avoir confiance et que son reniement était effacé, Jésus lui donne maintenant la primauté parmi ses frères. Il ne mentionne pas son reniement et ne lui fait pas honte du passé. « Si tu m’aimes, lui dit-il, sois à la tête de tes frères ; et le fervent amour que tu m’as toujours manifesté avec tant de joie, prouve-le maintenant. La vie que tu te disais sur le point de donner pour moi, donne-la pour mes brebis »…

    Mais Pierre est troublé à la pensée qu’il pourrait avoir l’impression d’aimer tout en n’aimant pas réellement. Autant, se dit-il, j’étais sûr de moi et affirmatif dans le passé, autant je suis confondu maintenant. Jésus l’interroge trois fois, et trois fois il lui donne le même ordre. Il lui montre ainsi quel prix il attache au soin de ses brebis, puisqu’il en fait la plus grande preuve d’amour envers lui.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Jean, n°88 ; PG 59, 477 (trad. Orval)

     

     

     

  • « Je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu’ils l’aient en abondance. »

    le Bon Pasteur

    Malades, nous avons besoin du Sauveur ; égarés, de celui qui nous conduira ; assoiffés, de la source d’eau vive ; morts, nous avons besoin de la vie ; brebis, du berger ; enfants, de l’éducateur ; et toute l’humanité a besoin de Jésus…

    Si vous le voulez, nous pouvons comprendre la suprême sagesse du très saint pasteur et éducateur, qui est le Tout-Puissant et le Verbe du Père, lorsqu’il se sert d’une allégorie et se dit le pasteur des brebis ; mais il est aussi l’éducateur des tout-petits. C’est ainsi qu’il s’adresse longuement aux anciens, par l’intermédiaire d’Ezéchiel, et qu’il leur donne l’exemple de sa sollicitude : « Je soignerai celui qui est boiteux, et je guérirai celui qui est accablé ; je ramènerai celui qui s’est égaré, et je les ferai paître sur ma montagne sainte » (Ez 34,16). Oui, maître, conduis-nous vers les gras pâturages de ta justice. Oui, toi notre éducateur, sois notre pasteur jusqu’à ta montagne sainte, jusqu’à l’Eglise qui s’élève au-dessus des nuages, qui touche aux cieux. « Et je serai leur pasteur, dit-il, et je serai près d’eux » (Ez 34,12). Il veut sauver ma chair en la revêtant de la tunique d’incorruptibilité… « Ils m’appelleront, dit-il, et je dirai : Me voici » (Is 58,9)…

    Tel est notre éducateur ; il est bon avec justice. « Je ne suis pas venu pour être servi, dit-il, mais pour servir » (Mt 20,28). C’est pourquoi, dans l’Évangile, on nous le montre fatigué (Jn 4,5), lui qui se fatigue pour nous, et qui promet de « donner sa vie en rançon pour la multitude » (Mt 20,28). Il affirme que seul le bon pasteur agit ainsi. Quel donateur magnifique, qui donne pour nous ce qu’il a de plus grand : sa vie ! Quel bienfaiteur, l’ami des hommes, qui a voulu être leur frère plutôt que leur Seigneur ! Et il a poussé la bonté jusqu’à mourir pour nous.

    Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215), théologien
    Le Pédagogue, 9,83s ; (trad. SC 70, p. 258 ; cf Delhougne, p.63)

  • « Je leur donne la vie éternelle. »

    26nov.8

    Voici que celui qui est bon, non par un don reçu, mais par nature, dit : « Je suis le bon Pasteur ». Et il poursuit, pour que nous imitions le modèle qu’il nous a donné de sa bonté : « Le bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis » (Jn 10,11). Lui, il a réalisé ce qu’il a enseigné ; il a montré ce qu’il a ordonné. Bon Pasteur, il a donné sa vie pour ses brebis, pour changer son corps et son sang en notre sacrement, et rassasier de l’aliment de sa chair les brebis qu’il avait rachetées. La route à suivre est montrée : c’est le mépris qu’il a fait de la mort. Voici placé devant nous le modèle sur lequel nous avons à nous conformer. D’abord nous dépenser extérieurement avec tendresse pour ses brebis ; mais ensuite, si c’est nécessaire, leur offrir même notre mort.

    Il ajoute : « Je connais — c’est-à-dire j’aime — mes brebis et mes brebis me connaissent ». C’est comme s’il disait en clair : « Qui m’aime, me suive ! », car celui qui n’aime pas la vérité ne la connaît pas encore. Voyez, frères très chers, si vous êtes vraiment les brebis du bon Pasteur, voyez si vous le connaissez, voyez si vous percevez la lumière de la vérité. Je parle non de la perception de la foi mais de celle de l’amour ; vous percevez non par votre foi, mais par votre comportement. Car le même évangéliste Jean, de qui vient cette parole, affirme encore : « Celui qui dit qu’il connaît Dieu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur » (1Jn 2,4). C’est pourquoi, dans notre texte, le Seigneur ajoute aussitôt : « De même que le Père me connaît et que je connais le Père, et je donne ma vie pour mes brebis », ce qui revient à dire clairement : Le fait que je connais mon Père et que je suis connu de mon Père, consiste en ce que je donne ma vie pour mes brebis. En d’autres termes : Cet amour par lequel je vais jusqu’à mourir pour mes brebis montre combien j’aime le Père.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église
    Homélie 14 sur l’Evangile ; PL 76, 1129-1130 (trad. Brésard, 2000 ans C, p 136)

     

     

     

     

  • À la recherche de la brebis perdue

    brebis

    Je m’éloignais, je m’éloignais de plus en plus de vous, mon Seigneur et ma vie, et aussi ma vie commençait à être une mort, ou plutôt c’était déjà une mort à vos yeux. Et dans cet état de mort vous me conserviez encore… Toute foi avait disparu, mais le respect et l’estime étaient demeurés intacts. Vous me faisiez d’autres grâces, mon Dieu, vous me conserviez le goût de l’étude, des lectures sérieuses, des belles choses, le dégoût du vice et de la laideur. Je faisais le mal, mais je ne l’approuvais ni ne l’aimais… Vous me donniez cette inquiétude vague d’une conscience mauvaise, qui endormie qu’elle est, n’est pas tout à fait morte.

    Je n’ai jamais senti cette tristesse, ce malaise, cette inquiétude qu’alors. Mon Dieu, c’était donc un don de vous ; comme j’étais loin de m’en douter ! Que vous êtes bon ! Et en même temps que vous empêchiez mon âme, par cette invention de votre amour, de se noyer irrémédiablement, vous gardiez mon corps : car si j’étais mort alors, j’aurais été en enfer… Ces dangers en voyage, si grands et si multipliés, dont vous m’avez fait sortir comme par miracle ! Cette santé inaltérable dans les lieux les plus malsains, malgré de si grandes fatigues ! Oh, mon Dieu, comme vous aviez la main sur moi, et comme je la sentais peu ! Comme vous m’avez gardé ! Comme vous me couviez sous vos ailes lorsque je ne croyais même pas à votre existence ! Et pendant que vous me gardiez ainsi, le temps se passait, vous jugiez que le moment approchait de me faire rentrer au bercail.

    Vous avez dénoué malgré moi toutes les liaisons mauvaises qui m’auraient tenu éloigné de vous ; vous avez dénoué même tous les liens bons qui m’auraient empêché d’être un jour tout à vous… Votre seule main a fait en cela le commencement, le milieu et la fin. Que vous êtes bon ! C’était nécessaire pour préparer mon âme à la vérité ; le démon est trop maître d’une âme qui n’est pas chaste pour y laisser entrer la vérité ; vous ne pouviez pas entrer, mon Dieu, dans une âme où le démon des passions immondes régnait en maître. Vous vouliez entrer dans la mienne, ô bon Pasteur, et vous en avez chassé vous-même votre ennemi.

    Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara
    Retraite à Nazareth, nov. 1897 (Seuil, Livre de Vie 1966, p. 17 s)

     

     

     

  • Intentions de prière du Pape pour novembre 2015

    pope_selfie

    Universelle – Une culture de la rencontre
    Pour que nous sachions nous ouvrir à la rencontre personnelle et au dialogue avec tous, même avec ceux qui ont des convictions différentes des nôtres.

    Pour l’évangélisation – Les pasteurs dans l’Eglise

    Pour que les pasteurs de l’Eglise, avec un profond amour pour leurs troupeaux, accompagnent leur chemin et gardent vivante leur espérance.