Étiquette : patience

  • « Comme des brebis au milieu des loups. »

    patien11

    Salutaire est le précepte de Notre Seigneur et Maître : « Celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. » Il dit encore : « Si vous demeurez dans ma parole, vous serez mes vrais disciples, vous connaîtrez la vérité et la vérité vous délivrera » (Jn 8,31). Il faut supporter et persévérer, frères bien aimés. Ainsi, admis à l’espérance de la vérité et de la liberté, nous pourrons parvenir à cette vérité et à cette liberté, car si nous sommes chrétiens, c’est l’œuvre de la foi et de l’espérance. Mais pour que l’espérance et la foi puissent porter leur fruit, la patience est nécessaire…

    Qu’on ne travaille donc pas dans l’impatience, qu’on ne se laisse pas abattre sur le chemin du Royaume, distrait et vaincu par les tentations. Ne pas jurer, ne pas maudire, ne pas réclamer ce qui nous est enlevé par la force, tendre l’autre joue, pardonner aux frères tous leurs torts, aimer ses ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent : comment arriver à faire tout cela si l’on n’est pas ferme dans la patience et la tolérance ? C’est ce que nous voyons chez Étienne… Il ne demande pas la vengeance, mais le pardon pour ses meurtriers : « Seigneur, ne leur impute pas leur péché ! » (Ac 7,59) Ainsi le premier martyr du Christ…n’était pas seulement le prédicateur de la passion du Seigneur, mais aussi l’imitateur de son extrême douceur. Quand notre cœur est habité par la patience, il ne peut pas y avoir place pour la colère, la discorde et la rivalité. La patience du Christ chasse tout cela pour construire dans ce cœur une demeure pacifique où se plaît à habiter le Dieu de paix.

    Saint Cyprien (v. 200-258), évêque de Carthage et martyr
    Les Bienfaits de la patience, 13.16 ; SC 291 (trad. cf SC, p. 213s)

     

     

     

  • Prendre le temps

     

    crbst_foret_20bandeau_20vertical5Je vais prendre le temps
    de laisser poser mon regard
    sur les choses de tous les jours
    et les voir autrement,
    celles que chaque matin,
    je croise sans les voir.

    Toutes les choses familières
    que je côtoie à longueur de jour,
    de mois, d’année…

    Je vais prendre le temps
    de voir l’étrangeté des arbres,
    ceux de mon jardin, ceux du parc voisin,
    qui le crépuscule venu bruissent de mystère…

    Je vais prendre le temps
    de poser mon regard
    sur les êtres que j’aime
    et de regarder autrement les miens,
    celles et ceux qui me sont les plus proches
    et que parfois je ne vois même plus,
    que je n’entends même plus,
    tant le souci de mes affaires, de mon travail,
    parasitent mon cœur et mon corps…

    Oui, je vais prendre le temps de les découvrir
    de me laisser surprendre
    encore et toujours par ceux que j’aime.

    Oui, je vais prendre le temps de te rencontrer aussi,
    toi mon Dieu,
    au-delà des mots, des formules et des habitudes.

    Oui, je vais aller à ta rencontre comme au désert
    et tu me surprendras, mon Dieu.
    Oui, je vais prendre le temps
    de te rencontrer autrement.

    Saint Augustin

  • « Partir à la recherche de la brebis égarée »

    AdamAprès son péché, Adam éprouve de la honte, il se sent nu, il ressent le poids de ce qu’il a fait, et pourtant Dieu ne l’abandonne pas. Si à ce moment-là, avec le péché, commence l’exil de chez Dieu, il y a déjà la promesse du retour, la possibilité de retourner à Dieu. Dieu demande immédiatement : « Adam, où es-tu ? » (Gn 3,9) ; il le cherche. Jésus est devenu nu pour nous, il a pris sur lui la honte d’Adam, la nudité de son péché pour laver notre péché : « par ses plaies nous avons été guéris » (Is 53,5; 1P 2,24). Rappelez-vous ce que dit saint Paul : « De quoi est-ce que je me vanterai, sinon de ma faiblesse, de ma pauvreté ? » (cf 2Co 11,30s) C’est vraiment dans le fait de ressentir mon péché, dans le fait de regarder mon péché, que je peux voir et rencontrer la miséricorde de Dieu, son amour, et aller à lui pour en recevoir le pardon.

    Dans ma vie personnelle, j’ai vu bien des fois le visage miséricordieux de Dieu, sa patience. J’ai vu aussi en de nombreuses personnes le courage d’entrer dans les plaies de Jésus en lui disant : « Seigneur, me voici, accepte ma pauvreté, cache dans tes plaies mon péché, lave-le avec ton sang » (Ap 1,5). Et j’ai toujours vu que Dieu l’a fait, a accueilli, consolé, lavé, aimé.

    Chers frères et sœurs, laissons-nous envelopper par la miséricorde de Dieu. Comptons sur sa patience qui nous donne toujours du temps. Ayons le courage de retourner dans sa maison, de demeurer dans les blessures de son amour, en nous laissant aimer par lui, de rencontrer sa miséricorde dans les sacrements. Nous éprouverons sa tendresse, si belle ; nous sentirons qu’il nous embrasse et nous serons nous aussi plus capables de miséricorde, de patience, de pardon, d’amour.

    Pape François
    Homélie du 07/04/2013, Prise de possession de la chaire de l’évêque de Rome (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

     

  • « Va te mettre à la dernière place. »

    Frères, gardons-nous de tout orgueil et de toute vaine gloire. Gardons-nous de la sagesse de ce monde et de la prudence égoïste. Car celui qui est esclave de ses tendances égoïstes met beaucoup de volonté et d’application à tenir des discours, mais beaucoup moins à passer aux actes : au lieu de rechercher la religion et la sainteté intérieures de l’esprit, il veut et il désire une religion et une sainteté extérieures bien visibles aux yeux des hommes. C’est d’eux que le Seigneur dit : « Je vous le dis en vérité, ils ont reçu leur récompense » (Mt 6,5). Celui, au contraire, qui est docile à l’esprit du Seigneur veut mortifier et humilier cette chair égoïste… Il s’applique à l’humilité et à la patience, à la pure simplicité et à la paix véritable de l’esprit ; ce qu’il désire toujours et par-dessus tout, c’est la crainte de Dieu, la sagesse de Dieu, et l’amour de Dieu, Père, Fils et Saint Esprit.

    Tous les biens, rendons-les au Seigneur Dieu très-haut et souverain ; reconnaissons que tous les biens lui appartiennent ; rendons-lui grâces pour tout, puisque c’est de lui que procèdent tous les biens. Lui, le Dieu très-haut et souverain, le seul vrai Dieu, qu’il obtienne, qu’on lui rende, qu’il reçoive tous honneurs et respects, toutes louanges et bénédictions, toute reconnaissance et toute gloire : car tout bien est à lui, qui seul est bon.

    Saint François d’Assise (1182-1226), fondateur des Frères mineurs
    Première règle, § 17 (trad. Desbonnets et Vorreux, Documents, p. 71)

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