Étiquette : eucharistie

  • « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang la vraie boisson. »

    Jésus

    « Prenez, mangez : ceci est mon corps… Prenez, buvez : ceci est mon sang » (Mt 26,26s). Quand le Christ lui-même a déclaré, au sujet du pain : « Ceci est mon corps », qui osera encore hésiter ? Et quand lui-même affirme catégoriquement : « Ceci est mon sang », qui pourra en douter ?… C’est donc avec une pleine certitude que nous participons au corps et au sang du Christ. Car, sous l’aspect du pain, c’est le corps qui t’est donné ; sous l’aspect du vin, c’est le sang qui t’est donné, afin qu’en participant au corps et au sang du Christ tu deviennes un seul corps et un seul sang avec le Christ… De cette façon, selon saint Pierre, nous devenons « participants de la nature divine » (2P 1,4).

    Autrefois le Christ, parlant avec des juifs, disait : « Si vous ne mangez pas ma chair, et ne buvez pas mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous. » Mais eux, comme ils ne comprenaient pas ses paroles spirituellement, s’en allèrent scandalisés… Il y avait aussi, dans l’ancienne Alliance, les pains de l’offrande ; mais il n’y a plus de raison d’offrir ces pains de l’ancienne Alliance. Dans l’Alliance nouvelle, il y a un « pain venu du ciel » et une « coupe du salut » (Jn 6,41; Ps 115,4). Car, comme le pain est bon pour le corps, le Verbe s’accorde bien avec l’âme.

    Le saint David, lui aussi, t’explique la puissance de l’eucharistie quand il dit : « Devant moi tu as préparé une table, face à mes adversaires » (Ps 22,5)… De quoi veut-il parler sinon de la table mystérieuse et mystique que Dieu nous a préparée contre l’ennemi, les démons ?… « Et ta coupe m’enivre comme la meilleure » (v. 5 LXX). Ici il parle de la coupe que Jésus a prise dans ses mains lorsqu’il a rendu grâce et a dit : « Ceci est mon sang, le sang versé pour la multitude en rémission des péchés » (Mt 26,28)… David chantait aussi à ce sujet : « Le pain fortifie le cœur de l’homme, et l’huile donne la joie à son visage » (Ps 103,15). Fortifie ton cœur en prenant ce pain comme une nourriture spirituelle, et rends joyeux le visage de ton âme.

    Catéchèses de l’Église de Jérusalem aux nouveaux baptisés (4e siècle)
    N° 4 ; SC 126 (trad. composite)

     

     

     

  • « Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »

    30-je-suis-le-pain-de-vieLe Christ est « pain de la vie » pour ceux qui croient en lui : croire en Christ c’est manger le pain de vie, c’est posséder en soi le Christ, c’est posséder la vie éternelle…

    « Je suis le pain de la vie, dit-il ; vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts » (Jn 6,48s). Par là il faut comprendre la mort spirituelle. Pourquoi sont-ils morts ? Parce qu’ils croyaient ce qu’ils voyaient ; ils ne comprenaient pas ce qu’ils ne voyaient pas… Moïse a mangé la manne, Aaron l’a mangée et bien d’autres aussi qui ont plu à Dieu et qui ne sont pas morts. Pourquoi ne sont-ils pas morts ? Parce qu’ils ont compris spirituellement, ils ont eu faim spirituellement, ils ont goûté spirituellement la manne pour être rassasiés spirituellement. « Voici le pain qui descend du ciel : celui qui en mange ne mourra pas » (v. 50).

    Ce pain, c’est-à-dire le Christ lui-même qui parlait ainsi…, a été préfiguré par la manne, mais il peut plus que la manne. Car par elle-même la manne ne pouvait pas empêcher de mourir spirituellement… Mais les justes ont vu dans la manne le Christ, ils ont cru en sa venue, et le Christ, dont la manne était le symbole, donne à tous ceux qui croient en lui de ne pas mourir spirituellement. C’est pourquoi il dit : « C’est ici le pain descendu du ciel ; celui qui en mange ne mourra pas. » Ici sur la terre, ici maintenant, devant vos yeux, vos yeux de chair, ici se trouve « le pain descendu du ciel ». « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » (v. 51). Le « pain de la vie » de tout à l’heure est appelé maintenant « pain vivant ». Pain vivant, parce qu’il possède en lui-même la vie qui demeure et parce qu’il peut délivrer de la mort spirituelle et donner la vie. D’abord il a dit : « Celui qui en mange ne mourra pas » ; maintenant il parle en clair de la vie qu’il donne : « Celui qui mange ce pain vivra éternellement » (v. 58).

    Baudouin de Ford (?-v. 1190), abbé cistercien, puis évêque
    Le Sacrement de l’autel II, 3 ; SC 93 (trad. SC p. 261 rev.)

     

     

  • « À l’instant même ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. »

    emmaus3

    Après avoir reconnu le Seigneur, les deux disciples d’Emmaüs « se levèrent à l’instant même » pour communiquer ce qu’ils avaient vu et entendu. Lorsqu’on a fait une véritable expérience du Ressuscité, se nourrissant de son corps et de son sang, on ne peut garder pour soi seul la joie éprouvée. La rencontre avec le Christ, approfondie en permanence dans l’intimité eucharistique, suscite dans l’Église et chez tout chrétien l’urgence du témoignage et de l’évangélisation. Je l’ai souligné précisément, me référant aux paroles de Paul : « Chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez à cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1Co 11,26). L’apôtre met en étroite relation le banquet et l’annonce : entrer en communion avec le Christ dans le mémorial de la Pâque signifie en même temps faire l’expérience de la nécessité de se faire missionnaires de l’événement actualisé dans ce rite. L’envoi à la fin de chaque messe constitue une consigne qui pousse le chrétien à s’engager pour la diffusion de l’Évangile et pour l’animation chrétienne de la société.

    Pour une telle mission, l’eucharistie ne procure pas seulement la force intérieure, mais aussi — en un sens — le projet. Elle est en effet une manière d’être qui, de Jésus, passe chez le chrétien et, par le témoignage de ce dernier, vise à se répandre dans la société et dans la culture. Pour que cela se réalise, il est nécessaire que chaque fidèle assimile, dans la méditation personnelle et communautaire, les valeurs que l’eucharistie exprime… C’est-à-dire rendre grâce… : [l’eucharistie] nous engage à un « merci » permanent…pour ce que nous avons et pour ce que nous sommes…; la voie de la solidarité… : le chrétien qui participe à l’eucharistie apprend par elle à se faire artisan de communion, de paix, de solidarité, dans toutes les circonstances de la vie…; le service des plus petits…, un engagement effectif dans l’édification d’une société plus équitable et plus fraternelle… : en s’agenouillant pour laver les pieds de ses disciples (Jn 13,1), Jésus explique sans équivoque le sens de l’eucharistie.

    Bienheureux Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Lettre apostolique « Mane nobiscum Domine » §24-28 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Rompant les pains, il les donna aux disciples, qui les donnèrent aux foules. » (Mt 14,19)

    painsL’Église « en sortie » est une Église aux portes ouvertes…; l’Église est appelée à être toujours la maison ouverte du Père… Tous peuvent participer de quelque manière à la vie ecclésiale, tous peuvent faire partie de la communauté, et même les portes des sacrements ne devraient pas se fermer pour n’importe quelle raison. Ceci vaut surtout pour ce sacrement qui est « la porte », le baptême. L’eucharistie, même si elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n’est pas un prix destiné aux parfaits, mais un remède généreux et un aliment pour les faibles… L’Église n’est pas une douane, elle est la maison paternelle où il y a de la place pour chacun avec sa vie difficile.

    Si l’Église entière assume ce dynamisme missionnaire, elle doit parvenir à tous, sans exception. Mais qui devrait-elle privilégier ? Quand quelqu’un lit l’Évangile, il trouve une orientation très claire : pas tant « les amis et voisins riches, » mais surtout « les pauvres et les infirmes », ceux qui sont souvent méprisés et oubliés, « ceux qui n’ont pas de quoi te le rendre » (Lc 14,12s). Aucun doute ni aucune explication qui affaibliraient ce message si clair ne doivent subsister ; aujourd’hui et toujours, « les pauvres sont les destinataires privilégiés de l’Évangile » (Benoît XVI)… Il faut affirmer sans détour qu’il existe un lien inséparable entre notre foi et les pauvres. Ne les laissons jamais seuls.

    Sortons, sortons pour offrir à tous la vie de Jésus Christ… Si quelque chose doit saintement nous préoccuper et inquiéter notre conscience, c’est que tant de nos frères vivent sans la force, la lumière et la consolation de l’amitié de Jésus Christ, sans une communauté de foi qui les accueille, sans un horizon de sens et de vie… Dehors, il y a une multitude affamée, et Jésus qui nous répète sans arrêt : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mt 14,16; Mc 6, 37; Lc 9,13).

    Pape François
    Exhortation apostolique « Evangelii Gaudium / La Joie de l’Évangile » §46-49 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Reste avec nous ! »

    Emmaus - Arcabas

    Frères, quand est-ce que le Seigneur s’est fait reconnaître ? Quand il a rompu pain. Nous en sommes donc assurés nous-mêmes : quand nous rompons le pain, nous reconnaissons le Seigneur. S’il n’a voulu être reconnu qu’à cet instant, c’est pour nous, nous qui ne devions pas le voir dans la chair, et qui pourtant devions manger sa chair. Toi donc qui crois en lui, qui que tu sois, toi qui ne portes pas en vain le nom de chrétien, toi qui n’entres pas par hasard dans l’église, toi qui écoutes la parole de Dieu dans la crainte et l’espérance, le pain rompu sera pour toi une consolation. L’absence du Seigneur n’est pas une vraie absence. Aie confiance, garde la foi, et il est avec toi, même si tu ne le vois pas.

    Quand le Seigneur les a abordés, les disciples n’avaient pas la foi. Ils ne croyaient pas en sa résurrection ; ils n’espéraient même pas qu’il puisse ressusciter. Ils avaient perdu la foi ; ils avaient perdu l’espérance. C’étaient des morts qui marchaient avec un vivant ; ils marchaient, morts, avec la vie. La vie marchait avec eux, mais en leur cœur, la vie n’était pas encore renouvelée.

    Et toi, désires-tu la vie ? Imite les disciples, et tu reconnaîtras le Seigneur. Ils ont offert l’hospitalité ; le Seigneur semblait résolu à poursuivre sa route, mais ils l’ont retenu… Toi aussi, retiens l’étranger si tu veux reconnaître ton Sauveur… Apprends où chercher le Seigneur, où le posséder, où le reconnaître : en partageant le pain avec lui.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermon 235 ; PL 38, 1117 (trad. coll. Icthus, t. 10, p. 225)

     

     

     

     

  • « Va trouver mes frères ! »

    ChristMarieMadeleine.03

    L’obscurité régnait au-dehors, il ne faisait pas encore jour, mais ce caveau était plein de la lumière de la résurrection. Marie a vu cette lumière par la grâce de Dieu : son amour pour le Christ a été rendu plus vif, et elle a eu la force de voir des anges… Ils lui ont dit alors : « Femme, pourquoi pleures-tu ? C’est le ciel que tu vois dans ce caveau ou plutôt un temple céleste à la place d’un tombeau creusé pour être une prison… Pourquoi pleures-tu ? »…

    Au-dehors, le jour est encore indécis, et le Seigneur ne fait pas paraître cet éclat divin qui l’aurait fait reconnaître au cœur même de la souffrance. Marie ne le reconnaît donc pas… Quand il a parlé et qu’il s’est fait reconnaître…, même alors, tout en le voyant vivant, elle n’a pas eu l’idée de sa grandeur divine mais s’est adressée à lui comme à un simple homme de Dieu… Dans l’élan de son cœur, elle veut alors se jeter à ses genoux, et toucher ses pieds. Mais il lui dit : « Ne me touche pas…, car le corps dont je suis maintenant revêtu est plus léger et plus mobile que le feu ; il peut monter au ciel et même auprès de mon Père, au plus haut des cieux. Je ne suis pas encore monté vers mon Père, parce que je ne me suis pas encore montré à mes disciples. Va les trouver ; ce sont mes frères, car nous sommes tous enfants d’un seul Père » (cf Ga 3,26)…

    L’église où nous sommes est le symbole de ce caveau. Elle en est même mieux que le symbole : elle est pour ainsi dire un autre Saint Sépulcre. Là se trouve l’endroit où l’on dépose le corps du Maître…; là se trouve la table sacrée. Celui donc qui court de tout son cœur vers ce divin tombeau, véritable demeure de Dieu…, y apprendra les paroles des livres inspirés qui l’instruiront à la manière des anges sur la divinité et l’humanité du Verbe, la Parole de Dieu incarné. Et il verra ainsi, sans erreur possible, le Seigneur lui-même… Car celui qui regarde avec foi la table mystique et le pain de vie déposé sur elle, y voit dans sa réalité le Verbe de Dieu qui s’est fait chair pour nous et a établi sa demeure parmi nous (Jn 1,14). Et s’il se montre digne de le recevoir, non seulement il le voit mais il participe à son être ; il le reçoit en lui pour qu’il y demeure.

    Saint Grégoire Palamas (1296-1359), moine, évêque et théologien
    Homélie 20, sur les huit évangiles du matin selon saint Jean ; PG 151, 265 (trad. Année en fêtes, Migne 2000, p. 369 rev.)

     

     

     

  • « Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis. »

    communion-image

    Mes chères sœurs, sachez-le, en vérité, si je trouvais un homme qui ait réellement les sentiments du publicain, qui se tienne vraiment pour pécheur, pourvu que dans ce sentiment d’humilité il ait le désir d’être bon…, je lui donnerais en bonne conscience tous les deux jours le corps de notre Seigneur… Si l’homme veut continuer à se garder des chutes et des fautes graves, il est grandement nécessaire qu’il soit nourri de cette nourriture noble et forte… C’est pourquoi vous ne devez pas facilement vous abstenir de la communion parce que vous vous savez pécheurs. Au contraire, vous devez d’autant plus vous hâter d’aller à la table sainte, car c’est de là que viennent, c’est là que sont déposées et cachées toute force, toute sainteté, toute aide et toute consolation.

    Mais vous ne jugerez pas non plus ceux qui ne le font pas… Vous ne devez porter aucun jugement, afin de ne pas devenir semblable au pharisien qui se glorifiait en lui-même et condamnait celui qui se tenait derrière lui. Gardez-vous de cela comme de la perte de vos âmes…; gardez-vous de ce péché dangereux du blâme…

    Quand l’homme arrive au sommet de toute perfection, rien ne lui a jamais été si nécessaire que de se plonger dans les plus basses profondeurs et d’aller jusqu’aux racines de l’humilité. Car de même que la hauteur d’un arbre vient de la profondeur des racines, ainsi l’élévation de cette vie vient de la profondeur de l’humilité. Voilà pourquoi le publicain, qui avait reconnu les dernières profondeurs de sa bassesse au point de ne plus oser lever ses yeux vers le ciel, a été élevé sur la hauteur, car « il retourna dans sa maison ayant été rendu juste ».

    Jean Tauler (v. 1300-1361), dominicain à Strasbourg
    Sermon 48, pour le 11e dimanche après la Trinité (trad. Cerf 1991, p. 390)

     

     

     

     

  • « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour qu’une telle foule mange à sa faim ? »

    les-cinq-pains-et-les-deux-poissons1

    D’où vient la multiplication des pains ? La réponse se trouve dans l’invitation de Jésus aux disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Lc 9,13) — « donner », partager. Qu’est-ce que les disciples partagent ? Le peu qu’ils ont : cinq pains et deux poissons (ibid.). Mais ce sont précisément ces pains et ces poissons qui, dans les mains du Seigneur, rassasient toute la foule. Et ce sont précisément les disciples, égarés devant l’incapacité de leurs moyens, de la pauvreté de ce qu’ils peuvent mettre à disposition, qui font asseoir les gens et qui — confiants dans la parole de Jésus — distribuent les pains et les poissons qui nourrissent la foule. Ceci nous dit que dans l’Église, mais aussi dans la société, un mot-clé dont nous ne devons pas avoir peur est « solidarité », c’est-à-dire savoir mettre à la disposition de Dieu ce que nous avons, nos humbles capacités ; car c’est seulement dans le partage, dans le don, que notre vie sera féconde, qu’elle portera du fruit. Solidarité : un mot mal vu par l’esprit du monde !

    Dans l’eucharistie, chaque fois, le Seigneur distribue pour nous le pain qui est son Corps : il se fait don. Et nous aussi, nous faisons l’expérience de la solidarité de Dieu avec l’homme, une solidarité qui ne s’épuise jamais, une solidarité qui ne finit pas de nous surprendre : Dieu se fait proche de nous. Dans le sacrifice de la croix, il s’abaisse en entrant dans l’obscurité de la mort pour nous donner sa vie, qui vainc le mal, l’égoïsme, la mort. Lors de la messe, Jésus se donne à nous dans l’eucharistie, partage notre chemin, se fait même nourriture, la vraie nourriture qui soutient notre vie, y compris dans les moments où la route devient difficile, et où les obstacles ralentissent nos pas. Et dans l’eucharistie, le Seigneur nous fait parcourir sa voie, celle du service, du partage, du don. Ce peu que nous avons, ce peu que nous sommes, s’il est partagé, devient richesse, car la puissance de Dieu, qui est celle de l’amour, descend dans notre pauvreté pour la transformer.

    Pape François

     

     

     

     

  • Dans l’Église, le Christ nous appelle à la conversion.

    JP II

    L’Église vit d’une vie authentique lorsqu’elle professe et proclame la miséricorde, attribut le plus admirable du Créateur et du Rédempteur, et lorsqu’elle conduit les hommes aux sources de la miséricorde du Sauveur, dont elle est la dépositaire et la dispensatrice. Dans ce cadre, la méditation constante de la parole de Dieu, et surtout la participation consciente et réfléchie à l’eucharistie et au sacrement de pénitence ou de réconciliation ont une grande signification.

    L’eucharistie nous rapproche toujours de cet « amour plus fort que la mort » (Ct 8,6) : en effet « chaque fois que nous mangeons ce pain et que nous buvons cette coupe », non seulement « nous annonçons la mort » du Rédempteur, mais aussi « nous proclamons sa résurrection, dans l’attente de sa venue dans la gloire » (Missel romain; cf 1Co 11,26). La liturgie eucharistique, célébrée en mémoire de celui qui, dans sa mission messianique, nous a révélé le Père par sa parole et par sa croix atteste l’amour inépuisable en vertu duquel il désire toujours s’unir à nous et ne faire qu’un avec nous, allant à la rencontre de tous les cœurs humains.

    C’est le sacrement de la pénitence ou de la réconciliation qui « aplanit la route » (Lc 3,3; Is 40,3) de chacun, même quand il est accablé par de lourdes fautes. Dans ce sacrement, tout homme peut expérimenter de manière unique la miséricorde, c’est-à-dire l’amour qui est plus fort que le péché.

    Bienheureux Jean-Paul II (1920-2005), pape
    Encyclique « Dives in Misericordia » § 13 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana)

     

     

     

  • « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

    MESSE COULEUR3Notre mère la sainte Église estime qu’il lui appartient de célébrer l’œuvre salvifique de son Époux divin par une commémoration sacrée, à jours fixes, tout au long de l’année. Chaque semaine, au jour qu’elle a appelé « jour du Seigneur », elle fait mémoire de la résurrection du Seigneur, qu’elle célèbre encore une fois par an, en même temps que sa bienheureuse Passion, par la grande solennité de Pâques…

    En célébrant ainsi les mystères de la rédemption, elle ouvre aux fidèles les richesses de la puissance et des mérites de son Seigneur ; de la sorte, les mystères sont en quelque manière rendus présents tout au long du temps, et les fidèles sont mis en contact avec eux et remplis par la grâce du salut…

    En vertu d’une tradition apostolique qui remonte au jour même de la résurrection du Christ, l’Église célèbre le mystère pascal chaque huitième jour, qui est nommé à juste titre « le jour du Seigneur », c’est-à-dire le jour dominical, ou dimanche. Ce jour-là, en effet, les fidèles doivent se rassembler pour entendre la parole de Dieu et participer à l’eucharistie, et faire ainsi mémoire de la Passion, de la résurrection et de la gloire du Seigneur Jésus, en rendant grâce à Dieu qui les « fait renaître pour une vivante espérance par la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts » (1P 1,3). C’est pourquoi le dimanche est le jour de fête primordial qu’il faut proposer avec insistance à la dévotion des fidèles, de sorte qu’il devienne aussi jour de joie et de cessation de travail.

    Concile Vatican II
    Constitution sur la Sainte Liturgie « Sacrosanctum Concilium »,  § 102, 106