Étiquette : St Jean Chrysostome

  • Le sel de l’humilité

    Si vous voulez être grand, n’en tirez pas orgueil comme le pharisien de la parabole (Lc 18,9s), et alors vous serez vraiment grand. Croyez que vous êtes sans mérite, et alors vous en aurez. Le publicain, lui, s’est reconnu pécheur et ainsi il est devenu juste ; combien plus le juste qui se reconnaît pécheur verra-t-il sa justice et ses mérites s’agrandir ! Car l’humilité fait du pécheur un juste, puisqu’il reconnaît la vérité de sa vie ; et dans l’âme des justes l’humilité véritable agit encore plus puissamment.

    Ne perdez donc pas par la vaine gloire le fruit que vous aurez gagné par vos travaux, le salaire de vos peines, la récompense des labeurs de votre vie. Dieu connaît mieux que vous-même le bien que vous faites. Un simple verre d’eau fraîche sera récompensé. Dieu agrée la plus petite aumône, ou si vous ne pouvez rien donner, même un soupir de compassion. Il accueille tout, se souviendra de tout pour vous le rendre au centuple.

    Cessons donc de compter nos mérites et de les étaler au grand jour. Si nous chantons nos mérites, nous ne serons pas loués par Dieu. Gémissons plutôt sur notre misère, et Dieu nous élèvera aux yeux des autres. Il ne veut pas que le fruit de nos labeurs se perde. Dans son amour ardent il veut couronner nos plus petites actions ; il cherche toutes les occasions pour nous délivrer de la géhenne.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur Saint Matthieu, n° 3

     

     

  • Le vrai pain venu du ciel

    Les juifs disent : « Nos pères ont mangé la manne dans le désert ». Le Sauveur aurait pu leur répondre : « Je viens de faire un plus grand miracle que celui de Moïse : moi, je n’ai eu besoin ni de bâton, ni de prière (cf Ex 9,23; 17,9s) ; j’ai tout fait par moi-même, par ma propre autorité. Vous rappelez le prodige de la manne ; moi, ne vous ai-je pas donné du pain en abondance ? » Mais ce n’était pas le temps alors de parler de cette manière. Jésus ne pensait qu’à une chose : les attirer à lui pour qu’ils lui demandent une nourriture spirituelle… : « Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel ; c’est mon Père qui donne le vrai pain du ciel »…

    Ce pain que le Père donne, Jésus Christ l’appelle le pain véritable. Non que le miracle de la manne ait été faux ; mais la manne était une préfiguration d’un pain supérieur et plus merveilleux… : « Le pain de Dieu, c’est le pain qui est descendu du ciel et qui donne la vie au monde » — au monde entier et non seulement aux juifs. Ce pain n’est pas seulement une nourriture mais une vie, une vie différente de celle-ci, une vie complètement autre : ce pain donne la vraie vie… Jésus est lui-même ce pain parce qu’il est le Verbe, la Parole de Dieu, de même qu’ici, en nos églises, il devient le pain du ciel par la descente du Saint Esprit.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Jean, n°45

     

     

     

     

     

  • Le vrai pain venu du ciel

    Les juifs disent : « Nos pères ont mangé la manne dans le désert ». Le Sauveur aurait pu leur répondre : « Je viens de faire un plus grand miracle que celui de Moïse : moi, je n’ai eu besoin ni de bâton, ni de prière (cf Ex 9,23; 17,9s) ; j’ai tout fait par moi-même, par ma propre autorité. Vous rappelez le prodige de la manne ; moi, ne vous ai-je pas donné du pain en abondance ? » Mais ce n’était pas le temps alors de parler de cette manière. Jésus ne pensait qu’à une chose : les attirer à lui pour qu’ils lui demandent une nourriture spirituelle… : « Moïse ne vous a pas donné le pain du ciel ; c’est mon Père qui donne le vrai pain du ciel »…

    Ce pain que le Père donne, Jésus Christ l’appelle le pain véritable. Non que le miracle de la manne ait été faux ; mais la manne était une préfiguration d’un pain supérieur et plus merveilleux… : « Le pain de Dieu, c’est le pain qui est descendu du ciel et qui donne la vie au monde » — au monde entier et non seulement aux juifs. Ce pain n’est pas seulement une nourriture mais une vie, une vie différente de celle-ci, une vie complètement autre : ce pain donne la vraie vie… Jésus est lui-même ce pain parce qu’il est le Verbe, la Parole de Dieu, de même qu’ici, en nos églises, il devient le pain du ciel par la descente du Saint Esprit.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Jean, n°45

     

     

  • Le Prince de ce monde est jeté dehors.

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    Les miracles du Christ étaient ordonnés à manifester sa divinité ; or celle-ci devait rester cachée aux démons, sinon le mystère de la Passion en aurait été empêché : « S’ils avaient connu le Seigneur de gloire, ils ne l’auraient pas crucifié » (1Co 2,8). Il semble donc que le Christ ne devait pas faire de miracle sur les démons… Pourtant, le prophète Zacharie avait prédit ces prodiges, en s’écriant : « J’ôterai du pays l’esprit impur » (Za 13,2). En effet, les miracles du Christ étaient des preuves en faveur de la foi qu’il enseignait. Or, par la puissance de sa divinité ne devait-il pas abolir dans les hommes qui allaient croire en lui le pouvoir des démons, selon le mot de saint Jean : « Maintenant, le Prince de ce monde est jeté dehors » ? (Jn 12,31)

    Il convenait donc qu’entre autres miracles le Christ délivre des démons les hommes qui en étaient possédés… Par ailleurs, écrit saint Augustin, « le Christ s’est fait connaître aux démons pour autant qu’il l’a voulu ; et il l’a voulu pour autant qu’il l’a fallu…, par certains effets matériels de sa puissance ». À voir ses miracles, le démon en est venu à croire par conjecture que le Christ était Fils de Dieu : « Les démons savaient qu’il était le Christ », dit saint Luc (4,41). S’ils confessaient qu’il était le Fils de Dieu, « c’était par voie de conjecture plutôt que par voie de certitude », remarque saint Bède. Quant aux miracles que le Christ a accomplis en expulsant les démons, il ne les a pas faits pour leur utilité, mais pour celle des hommes, afin qu’ils rendent gloire à Dieu. C’est pourquoi il empêchait les démons de parler de ce qui touche à sa louange. Saint Jean Chrysostome observe : « Il ne convenait pas que les démons s’arrogent la gloire du rôle des apôtres, ni qu’une langue de mensonge prêche le mystère du Christ ».

    Saint Thomas d’Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église
    Somme théologique (trad. rev. Tournay)

     

     

     

  • « Voyant leur foi… »

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    Ce paralytique avait foi en Jésus Christ. Ce qui le prouve c’est la manière dont on l’a présenté au Christ. On l’a descendu par le toit de la maison… Vous savez que les malades sont dans un abaissement si grand et de si mauvaise humeur, que souvent les bons offices qu’on leur rend les chagrinent sur leur lit… Mais ce paralytique est content d’être tiré de sa chambre et livré en spectacle au public, en traversant sur son grabat les places et les rues…

    Ce paralytique ne souffre pas d’amour-propre. La foule entoure la maison où est le Sauveur, tous les passages sont fermés, l’entrée encombrée. Peu importe ! On l’introduira par le toit, il en est content : l’amour est tellement habile, la charité tellement ingénieuse ! « Celui qui cherche trouve ; à celui qui frappe, on ouvre la porte. » (Mt 7,8) Ce malade ne dira pas à ses amis qui le portent : « Qu’allez-vous faire ? Pourquoi tant de trouble ? Pourquoi cet empressement ? Attendons que la maison soit libre et que tout le monde soit parti. Alors nous pourrons nous présenter à Jésus laissé presque seul… » Non, le paralytique ne pense rien de semblable ; c’est une gloire pour lui que d’avoir un grand nombre de témoins de sa guérison.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies détachées, Sur le paralytique

     

     

    En union de prière, à la demande de Marie Mère des hommes, tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h00.
    En union de prière, à la demande de Marie Mère des hommes, tous les vendredis soir, de 21h30 à 22h00.

     

     

  • « Jésus posa son regard sur lui et dit : ‘Tu t’appelleras Képha’ (ce qui veut dire : Pierre) »

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    « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras désormais Céphas, c’est-à-dire Pierre »… Voilà le nom que le Christ donne à Simon. Quant à Jacques et son frère, il les appellera « Fils du tonnerre » (Mc 3,17). Pourquoi ces changements de nom ? Pour montrer que lui, Jésus, est le même que celui qui avait établi l’ancienne alliance, qui avait déjà changé le nom d’Abram en Abraham, celui de Saraï en Sara, et celui de Jacob en Israël (Gn 17,5s ;32,29). Il avait aussi donné leur nom à plusieurs personnes au moment de leur naissance : Isaac, Samson, les enfants d’Isaïe et d’Osée…

    Aujourd’hui, nous avons un nom bien supérieur à tous les autres ; c’est le nom de « chrétien » ; le nom qui fait de nous enfants de Dieu, amis de Dieu, un même corps avec lui. Y a-t-il un autre nom qui pourrait plus nous rendre ardents dans les vertus, nous remplir de zèle, nous pousser à faire le bien ? Gardons-nous bien de faire quoi que ce soit d’indigne de ce nom si grand et si beau, lié au nom de Jésus Christ lui-même. Ceux qui portent le nom d’un grand chef militaire ou d’un personnage illustre se considèrent honorés et font tout pour en rester dignes. Combien plus, nous qui tirons notre nom non d’un général ou d’un prince de cette terre, ni même d’un ange, mais du roi des anges, combien plus devons-nous être prêts à tout perdre, même notre vie, pour l’honneur de ce saint nom ?

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Jean, n°19

     

     

     

  • « Elle a pris sur son indigence. »

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    Voici cinq chemins de la conversion : d’abord la condamnation de nos péchés, puis le pardon accordé aux offenses du prochain ; le troisième consiste dans la prière ; le quatrième dans l’aumône ; le cinquième dans l’humilité. Ne reste donc pas inactif, mais chaque jour emprunte tous ces chemins ; ce sont des chemins faciles et tu ne peux pas prétexter ta misère.

    Car, même si tu vis dans la plus grande pauvreté, tu peux abandonner ta colère, pratiquer l’humilité, prier assidûment et condamner tes péchés ; ta pauvreté ne s’y oppose nullement. Alors que sur ce chemin de la conversion il s’agit de donner ses richesses, même la pauvreté ne nous empêche pas d’accomplir le commandement. Nous le voyons chez la veuve qui donnait ses deux piécettes.

    Voilà donc comment soigner nos blessures ; appliquons ces remèdes. Revenus à la vraie santé, nous nous approcherons hardiment de la table sainte et avec beaucoup de gloire nous irons à la rencontre du roi de gloire, le Christ. Obtenons les biens éternels par la grâce, la miséricorde et la bonté de Jésus Christ notre Seigneur.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Sermon sur le diable tentateur (trad. bréviaire)

     

     

  • « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ! »

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    Regardons ces aveugles de Jéricho dans l’évangile de Matthieu : ils valent mieux que beaucoup de ceux qui y voient clair. Ils n’avaient personne pour les guider, ils ne pouvaient voir Jésus s’approcher ; et pourtant ils s’efforçaient d’arriver jusqu’à lui. Ils se mirent à crier à haute voix ; on cherchait à les faire taire : ils criaient plus fort. Ainsi en est-il de l’âme énergique ; ceux qui veulent l’arrêter redoublent son élan.

    Le Christ permet qu’on cherche à les faire taire, pour que leur ferveur se montre mieux et pour t’apprendre qu’ils étaient bien dignes d’être guéris. C’est pourquoi il ne leur demande pas s’ils ont la foi, comme il le faisait souvent : leurs cris et leurs efforts pour s’approcher de lui suffisaient pour montrer leur foi. Apprends par là, mon cher ami, que, malgré notre bassesse et notre misère, si nous allons à Dieu de tout cœur, nous pourrons obtenir par nous-mêmes ce que nous demandons. En tout cas, regarde ces deux aveugles ; ils n’avaient qu’un disciple pour les protéger, beaucoup leur imposaient silence ; et pourtant ils ont réussi à triompher des empêchements et à parvenir jusqu’à Jésus. L’évangéliste ne signale en eux aucune qualité exceptionnelle de vie : leur ferveur a tout remplacé.

    Imitons-les, nous aussi. Même si Dieu ne nous accorde pas tout de suite ce que nous demandons, même si bien des gens cherchent à nous détourner de la prière, ne cessons pas de l’implorer. Car c’est ainsi que nous attirerons le mieux les faveurs de Dieu.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°66,1 (trad. Véricel, Les Pères commentent, p. 277)

     

     

     

     

  • La parabole des talents

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    L’un des serviteurs dit : « Seigneur, tu m’as confié cinq talents » ; un autre en indique deux. Ils reconnaissent qu’ils ont reçu de lui le moyen de bien faire ; ils lui témoignent une grande reconnaissance et lui rendent leurs comptes. Que leur répond le maître ? « C’est bien, serviteur bon et fidèle (car le propre de la bonté, c’est de voir le prochain) ; tu as été fidèle en peu de chose, je t’établirai sur beaucoup ; entre dans la joie de ton Seigneur. » Jésus désigne ainsi une béatitude complète.

    Quant à celui qui n’avait reçu qu’un talent, il est allé l’enfouir. « Ce propre-à-rien de serviteur, jetez-le dehors, dans les ténèbres ; là seront les pleurs et les grincements de dents. » Tu le vois, ce n’est pas seulement le voleur, l’homme qui cherche toujours à s’enrichir, celui qui fait le mal qui est puni à la fin ; c’est aussi celui qui ne fait pas le bien… Que sont ces talents, en effet ? C’est la puissance de chacun, l’autorité dont on jouit, la fortune que l’on possède, l’enseignement que l’on peut donner et tout autre chose de même genre. Que personne ne vienne donc dire : je n’ai qu’un talent, je ne peux rien faire. Car tu peux, même avec un seul talent, agir de manière louable.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélies sur l’évangile de Matthieu, n°78, 2-3

     

     

     

  • « Tenez-vous prêts ! »

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    « C’est à l’heure que vous ne pensez pas que le Fils de l’homme viendra. » Jésus leur dit cela pour que les disciples restent éveillés, qu’ils soient toujours prêts. S’il leur dit qu’il viendra quand ils ne s’y attendront pas, c’est qu’il veut les pousser à pratiquer la vertu avec zèle et sans relâche. C’est comme s’il leur disait : « Si les gens savaient quand ils vont mourir, ils seraient parfaitement prêts pour ce jour »… Mais le moment de la fin de notre vie est un secret qui échappe à chaque homme…

    Voilà pourquoi le Seigneur exige deux qualités de son serviteur : qu’il soit fidèle, pour qu’il ne s’attribue à lui-même rien de ce qui appartient à son maître, et qu’il soit avisé, pour administrer convenablement tout ce qu’on lui a confié. Il nous faut donc ces deux qualités pour être prêts à l’arrivée du Maître… Car voici ce qui arrive du fait que nous ne connaissons pas le jour de notre rencontre avec lui : on se dit : « Mon maître tarde à venir ». Le serviteur fidèle et avisé n’a pas de pensée semblable. Malheureux, sous prétexte que ton Maître tarde, tu t’imagines qu’il ne va pas venir du tout ? Son arrivée est certaine. Pourquoi ne restes-tu donc pas sur tes gardes ? Non, le Seigneur n’est pas lent à venir ; ce retard n’est que dans l’imagination du mauvais serviteur.

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407), prêtre à Antioche puis évêque de Constantinople, docteur de l’Église
    Homélie 77 sur St Matthieu (trad. cf Véricel, Les Pères commentent, p. 252)