Catégorie : Prière des âmes

  • Courons, par nos prières, à la recherche de la brebis perdue

    Notre-Seigneur est venu pour chercher ce qui est perdu… Il laisse quelques brebis qui sont au bercail pour courir après celle qui s’est égarée… Faisons comme Lui, et puisque nos prières sont une force, qu’elles sont certaines d’obtenir ce qu’elles demandent, courons, par nos prières, à la recherche des pécheurs, faisons, par elles, l’œuvre pour laquelle notre Divin Époux est venu sur la terre…

    Si nous ne sommes pas voués à la vie apostolique, combien nous devons prier pour la conversion des pécheurs, puisque la prière est presque le seul moyen puissant, étendu, que nous ayons de leur faire du bien, d’aider notre Époux dans son travail, de sauver ses Enfants, de tirer d’un péril mortel ceux qu’Il aime passionnément, et qu’Il nous a, par son Testament, ordonné d’aimer comme Lui-même les aime !… Et si nous sommes voués à l’apostolat, notre apostolat ne sera fructueux que si nous prions pour ceux que nous voulons convertir, car Notre-Seigneur ne donne qu’à celui qui demande, n’ouvre qu’à celui qui frappe… Pour que Dieu mette de bonnes paroles sur nos lèvres, de bonnes inspirations dans nos cœurs, la bonne volonté dans les âmes de ceux à qui nous nous adressons, il faut la grâce de Dieu, et, pour la recevoir, il faut la demander… Ainsi, quel que soit notre genre de vie, prions beaucoup, beaucoup pour la conversion des pécheurs puisque c’est pour eux surtout que Notre-Seigneur travaille, souffre et prie…

    Prions chaque jour de toute notre âme pour le salut et la sanctification de ces enfants égarés mais bien-aimés de Notre-Seigneur, afin qu’ils ne périssent pas, mais soient heureux ; prions chaque jour pour eux, longuement et de toute notre âme, pour que le Cœur de Notre-Seigneur soit consolé par leur conversion et réjoui par leur salut…

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

     

     

     

  • Sois le compagnon d’armes de mon âme, ô mon Roi !

    Mon âme, princesse royale,
    Lorsque je suis entré dans le monde par elle,
    Contre les conquérants des ténèbres
    Entra en une guerre farouche.

    Au prime abord, elle ne pensa pas en son esprit
    qu’avec dix mille,
    − Elle-même et les sens de son corps, −
    Elle ne pourrait pas mener le combat. (…)

    Et les témoins me louaient
    Comme une personne qui connaîtrait sa capacité
    Pour entrer en lutte contre un faible adversaire
    Et non point contre un Antagoniste qui me surpassait.

    Mais lorsque mon Ange a envoyé,
    Avant que d’entrer en guerre,
    La volonté de mon libre arbitre
    Pour qu’elle fasse la paix selon la loi,

    Je n’ai point cependant prêté l’oreille au conseil
    De ton commandement donné sous forme de parabole ;
    C’est pourquoi, je suis tombé dans le combat,
    Percé de mille traits inguérissables.

    J’ai vu les autres ayant un corps pareil au mien
    Remporter la victoire dans l’arène ;
    Et j’ai cru que moi aussi comme eux
    Je vaincrais dans le combat singulier.

    Mais lorsque les tentations sont survenues,
    Elles ont révélé mes relâchements ;
    Elles m’ont séparé du groupe des vertueux
    Et m’ont laissé dans celui ces scélérats.

    Mais Toi, ô mon Roi céleste,
    Fils unique du Père tout-puissant,
    Sois le compagnon d’armes de mon âme faible
    Dans le combat spirituel.

    Frappe les mille qui sont à ma gauche,
    Eux qui manifestement luttent avec méchanceté,
    Et les dix mille qui sont à ma droite,
    Eux qui prennent aussi les apparences du bien.

    Fortifie-moi contre leur épée
    Avec l’arme de ta vérité ;
    Et garde ma tête, membre sublime,
    Grâce au casque de ton Signe.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

     

     

     

  • Rassemblés des quatre vents au banquet de Dieu

    Au sujet de l’eucharistie, rendez grâce ainsi :

    D’abord pour le calice :

    Nous te rendons grâce, notre Père,
    pour la sainte vigne de David ton serviteur
    que tu nous as révélée par Jésus, ton Enfant.
    Gloire à toi dans les siècles !

    Puis pour le pain rompu :

    Nous te rendons grâce, notre Père,
    pour la vie et la connaissance
    que tu nous as révélées par Jésus, ton Enfant.
    Gloire à toi dans les siècles !
    De même que ce pain que nous rompons,
    autrefois disséminé sur les collines,
    a été recueilli pour n’en faire plus qu’un,
    que ton Église soit rassemblée ainsi
    des extrémités de la terre dans ton Royaume.
    Car à toi sont la gloire et la puissance dans les siècles !

    Après vous être rassasiés, rendez grâce ainsi :

    Nous te rendons grâce, Père saint,
    pour ton saint nom
    que tu as fait habiter en nos cœurs,
    pour la connaissance, la foi et l’immortalité
    que tu nous a révélées par Jésus, ton Enfant.
    Gloire à toi dans les siècles !

    C’est toi, Maître tout-puissant, qui as créé l’univers,
    à la louange de ton nom ;
    tu as donné en jouissance
    nourriture et breuvage à tous les hommes.
    Mais à nous, tu as fait la grâce
    d’une nourriture spirituelle
    et d’un breuvage pour la vie éternelle,
    par Jésus, ton Enfant.

    Par-dessus tout, nous te rendons grâce
    de ce que tu es puissant.
    Gloire à toi dans les siècles !
    Souviens-toi, Seigneur, de ton Église,
    pour la délivrer du mal,
    pour la rendre parfaite dans ton amour.
    Rassemble-la des quatre vents, cette Église sanctifiée,
    dans ton Royaume que tu lui as préparé.
    Car à toi sont la puissance et la gloire dans les siècles !

    « Que le Seigneur vienne » (Ap 22,20) et que ce monde passe.
    Hosanna à la maison de David !
    Celui qui est saint, qu’il s’approche ;
    celui qui ne l’est pas, qu’il fasse pénitence.
    « Marana tha ! » (1Co 16,22). Amen.

    La Didachè (entre 60-120)

     

     

     

  • Que je sache t’attendre au milieu de la nuit !

    Celui que les armées célestes glorifient, devant qui tremblent les Chérubins et les Séraphins. vous tous célébrez-le, tout souffle et toute créature, bénissez-le et exaltez-le dans tous les siècles.

    Allume la lampe de mon âme, fais briller le flambeau de mon esprit, Sauveur, afin qu’avec mes compagnons de service je sois là à t’attendre au milieu de la nuit, les reins étroitement ceins.

    Radieux vraiment et bienheureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, a trouvés veillant et persévérant dans la crainte au milieu de la nuit : aussi, je t’en supplie, juge-moi digne moi aussi d’être des leurs.

    Ô ma lumière redoutable, ma Lumière incompréhensible, Fils Unique Engendré qui as resplendi hors du Père, accorde-moi un flambeau de ta lumière, accorde-moi ta miséricorde divine, que je ne gémisse pas moi aussi avec les vierges folles. Gloire au Père et au Fils et au Saint Esprit.

    Mère de Dieu, comme un enfant nouveau-né tu as mis au monde, pour nous, l’Ancien des jours, qui nous montre sur terre les chemins nouveaux et renouvelle notre nature vieillie, ô Toute Bénie, Inépousée.

    Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)

     

     

     

  • Je n’ai rien, que je reçoive ce que je te demande !

    Avant l’arrivée de l’ami
    Qui réclamera mon âme,
    Lui qui est céleste parmi les êtres célestes,
    Et qui me conduira au ciel,

    Lui qui est ton ami, bon par nature,
    Que j’ai haï par amour du mauvais,
    Au seuil de lumière de ton aurore,
    J’arrive avec une âme ténébreuse.

    Donne-moi au lieu des trois pains
    La confession de ta Trinité des Personnes,
    Et ton Corps céleste,
    Grâce auquel nous avons connu les trois Hypostases.

    En effet, parmi les bonnes actions
    Je n’ai rien à mettre devant l’ami du bien,
    Mais seulement la foi en ta grâce
    Et l’ultime viatique de vie.

    Contre moi, suppliant importun,
    Ne prétexte pas que les portes sont fermées,
    Et que les enfants sont au lit,
    Que les âmes innocentes se reposent.

    Et ne dis pas que c’est impossible,
    Ce qui signifierait que Tu ne veux pas.
    Car, si tu le veux absolument,
    C’est une chose accomplie pour le bien.

    Mais fais que je T’ennuie suivant la parabole
    Afin que je reçoive ce que je demande,
    Non à cause de l’amour que j’ai perdu,
    Mais à cause du cri de mes ennemis.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

     

    *hypostase : L’Église utilise le terme personne ou hypostase pour désigner le Père, le Fils et le Saint-Esprit dans leur distinction réelle entre eux (cf. CEC § 252).

     

  • Fête des Sts Anges Gardiens

    Dieu, qui en Toi-même es bonheur et qui n’a nul besoin des créatures pour ce bonheur, car Tu es en Toi-même la plénitude de l’amour, cependant dans Ton infinie miséricorde Tu appelles à l’existence les créatures et Tu leur donnes part à Ton bonheur éternel et à Ta vie divine intérieure, un Seul Dieu en Trois Personnes.

    Dans Ton insondable miséricorde, Tu as créé les esprits angéliques et Tu les as admis dans Ton amour, dans Ta divine intimité. Tu les as rendus capables de l’amour éternel ; quoique Tu les aies comblés, Seigneur, si généreusement de l’éclat de la beauté et de l’amour, Ta plénitude n’en pas été diminuée pour autant, ô Dieu, et leur beauté et leur amour ne T’ont en rien complété, car Tu es tout en Toi-même. Et si Tu leur as donné part à Ton bonheur et Tu leur permets d’exister et de T’aimer, c’est uniquement l’abîme de Ta miséricorde. C’est Ta bonté insondable, pour laquelle sans fin ils Te glorifient, se prosternant aux pieds de Ta majesté, ils chantent leurs hymnes éternels : Saint, Saint, Saint…

    Sois glorifié, Un dans la Trinité, Dieu miséricordieux,
    Insondable, incommensurable, inconcevable.
    L’esprit des anges se noyant en Toi, ne peut Te comprendre,
    Ainsi, sans fin chantent-il : Saint…

    Sois glorifié, notre miséricordieux Créateur et Seigneur,
    Tout-Puissant, mais plein de pitié, inconcevable.
    T’aimer est la tâche de notre existence,
    Chantant notre hymne éternel : Saint…

    Sois béni, Dieu miséricordieux, Amour éternel,
    Tu es au-dessus des cieux, des zéphirs et des firmaments,
    Ainsi Te loue la foule des purs esprits
    De son hymne éternel : trois fois Saint.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • Je veux éternellement répondre à Ton amour !

    Mon Jésus, affermis les forces de mon âme, pour que l’ennemi ne gagne rien. Sans Toi, je ne suis que faiblesse, sans Ta grâce, que suis-je sinon un abîme de misère. La misère est ma propriété.

    Ô Plaie de la Miséricorde, Cœur de Jésus, cache-moi dans Ta profondeur comme une goutte de Ton propre sang et ne m’en laisse pas sortir pour l’éternité. Enferme-moi dans Tes profondeurs et enseigne-moi Toi-même comment T’aimer. Amour éternel, façonne Toi-même mon âme pour qu’elle soit capable d’un amour réciproque pour Toi. Ô Amour vivant, rends-moi capable de T’aimer toujours. Je veux éternellement répondre à Ton amour par la réciprocité. Ô Christ, un seul de Tes regards m’est plus cher que des milliers de mondes, que le ciel entier.

    Tu peux, Seigneur, rendre mon âme telle qu’elle puisse te comprendre dans toute Ta plénitude, tel que Tu es. Je sais et je crois que Tu peux tout ; puisque Tu as daigné Te donner à moi si généreusement, je sais que Tu peux être plus généreux encore ; fais-moi entrer dans Ton intimité aussi loin que peut l’être la nature humaine…

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

     

     

     

  • Fête de la Croix Glorieuse

    Ô bois trois fois bienheureux sur lequel fut étendu le Christ, Roi et Seigneur, bois par lequel a succombé celui qui, ayant par le bois trompé Adam, a été pris au piège du Dieu cloué sur toi dans sa chair qui à nos âmes accorde la paix !

    Le bois trois fois bienheureux où a été fixé en sa chair le Rédempteur, le Seigneur, et par lequel a péri celui qui au moyen du bois avait trompé Adam en le faisant désobéir, c’est ce bois qui l’a ressuscité et qui, pour nos âmes, est devenu source d’incorruptibilité.

    Tu as rappelé d’exil, grâce à ta crucifixion, la race d’Adam le premier créé : incorruptible en effet en ton essence, tu t’es volontairement appauvri, toi l’Impassible, à cause de nous, Jésus, et dans la chair assumée tu as supporté les souffrances de la Passion. (…)

    Le manteau royal, tu l’as toi-même trempé dans ton sang, emblème de ton pouvoir sur tous les êtres célestes, terrestres et souterrains, quand tu as été levé haut sur la croix : cette croix que tu portais sur tes épaules, faisant par ta Passion jaillir pour moi la résurrection.

    En vertu de ta nature divine tu es ressuscité d’entre les morts, toi le Puissant, le Fort, et tu as anéanti le règne de la mort : même si, tel un mortel, tu as séjourné dans le tombeau, Ami de l’Homme, tu as retiré de la corruption toute la race humaine.

    Avec foi proclamons bienheureuse, dans nos hymnes, celle qui n’a pas connu d’époux, la très pure Mère de Dieu, elle qui a mis au monde le Maître de tous, celui qui nous délivre de l’antique condamnation et à nos âmes accorde la paix.

    Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)

     

     

     

  • « Jésus s’en alla dans la montagne pour prier Dieu. »

    Toute âme humaine est en elle-même un temple de Dieu : voilà ce qui nous ouvre une perspective vaste et toute nouvelle. La vie de prière de Jésus est la clé pour comprendre la prière de l’Église. Nous voyons que le Christ a participé au service divin, à la liturgie de son peuple ; il a mené la liturgie de l’ancienne alliance à s’accomplir en celle de la nouvelle alliance.

    Mais Jésus n’a pas seulement pris part au service divin public prescrit par la Loi. Les évangiles font des références plus nombreuses encore à sa prière solitaire dans le silence de la nuit, sur les sommets sauvages des montagnes, dans les endroits déserts. Quarante jours et quarante nuits de prière ont précédé la vie publique de Jésus (Mt 4,1-2). Il s’est retiré dans la solitude de la montagne pour prier avant de choisir ses douze apôtres et de les envoyer en mission. À l’heure du mont des Oliviers, il s’est préparé à aller jusqu’au Golgotha. Le cri qu’il a poussé vers le Père en cette heure la plus pénible de sa vie nous est dévoilé en quelques brèves paroles qui brillent comme des étoiles dans nos propres heures au mont des Oliviers. « Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne » (Lc 22,42). Elles sont comme un éclair qui illumine pour nous un instant la vie la plus intime de l’âme de Jésus, le mystère insondable de son être d’homme-Dieu et de son dialogue avec le Père. Ce dialogue a certainement duré toute sa vie, sans jamais s’interrompre.

    Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix [Édith Stein] (1891-1942)

     

     

     

  • Seigneur, c’est toi seul que j’aime

    Désormais, Seigneur, c’est toi seul que j’aime, à toi seul que je m’attache, toi seul que je cherche, toi seul que je suis prêt à servir, parce que c’est toi seul qui commandes avec justice. À tes ordres je désire me soumettre ; commande, je t’en prie, commande ce que tu veux, mais guéris-moi, ouvre mes oreilles, afin que je puisse entendre tes paroles…

    Reçois-moi comme un fugitif, Seigneur, ô Père très bon. J’ai souffert assez longtemps ; assez longtemps j’ai été asservi à tes ennemis et le jouet des mensonges. Reçois-moi comme ton serviteur qui veut s’éloigner de toutes ces choses vaines… Je sens qu’il me faut revenir à toi ; je frappe, ouvre-moi la porte, enseigne-moi comment on parvient jusqu’à toi… C’est vers toi que je veux aller, donne-moi donc les moyens d’arriver jusqu’à toi. Si tu t’éloignes, nous périssons ! Mais tu n’abandonnes personne, parce que tu es le souverain bien ; tous ceux qui te cherchent avec droiture te trouvent. C’est toi qui nous montres comment te chercher avec droiture. Ô mon Père, fais donc que je te cherche, délivre-moi de l’erreur, ne permets pas que, dans ma recherche, je trouve autre chose que toi. Si je ne désire rien d’autre que toi, fais que ce soit toi seul que je trouve, ô mon Père.

    Saint Augustin (354-430)