Catégorie : Prière des âmes

  • L’humanité T’appelle sans fin, Dieu de miséricorde !

    Sois adoré, notre Dieu miséricordieux,
    Notre Créateur et Seigneur tout-puissant,
    Nous Te rendons gloire avec la plus profonde humilité,
    Nous plongeant dans l’océan de Ta Divinité.

    L’homme n’a pas résisté à l’heure de l’épreuve,
    À l’incitation du mal il devint infidèle envers Toi,
    Il a perdu la grâce et les dons, il ne lui est resté que la misère,
    Larmes, souffrances, douleur, amertume – jusqu’à ce qu’il repose dans la tombe.

    Mais, Toi, ô Dieu miséricordieux, Tu n’as pas laissé périr l’humanité,
    Et Tu lui as donné la promesse d’un Rédempteur.
    Tu ne nous permets pas de désespérer, si grandes que soient nos colères,
    Tu envoies tes prophètes à Israël.

    Cependant, nuit et jour, l’humanité T’appelle,
    De son abîme de misère, de péchés et de toutes douleurs.
    Entends ses gémissements et ses pleurs, Toi qui règnes dans le ciel,
    Dieu de grande miséricorde, Dieu de pitié.

    L’homme s’est rendu coupable, mais il n’est pas capable de demander pardon,
    Car un gouffre infini s’est ouvert entre Dieu et l’homme,
    Par la voix de sa misère il crie : envoie-nous Ta pitié,
    Mais Yahvé se tait… et les siècles passent l’un après l’autre.

    De toute l’humanité s’accroît la nostalgie,
    De Celui qui Lui était promis.
    Viens Agneau de Dieu, effacer nos colères,
    Viens éclairer nos ténèbres, comme un rayon de lumière.

    L’humanité T’appelle sans fin, Seigneur des Seigneurs,
    Elle appelle Ton insondable miséricorde et Ta pitié.
    Ô grand Yahvé, permets-nous d’obtenir le pardon.
    Souviens-Toi de Ta bonté et pardonne nos colères.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

  • « Les souffrances du Messie et la gloire qui suivrait sa Passion » (1P 1,11)

    À l’approche de sa mort, le Sauveur s’écriait : « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils » (Jn 17,1). Or, sa gloire, c’est la croix. Comment donc pourrait-il avoir cherché à éviter ce qu’il avait demandé à un autre moment ? Que sa gloire soit la croix, l’Évangile nous l’enseigne en disant : « L’Esprit Saint n’avait pas encore été donné, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jn 7,39). Voici le sens de cette parole : la grâce n’avait pas encore été donnée, parce que le Christ n’était pas encore monté sur la croix pour réconcilier Dieu et les hommes. En effet, c’est la croix qui a réconcilié les hommes avec Dieu, qui a fait de la terre un ciel, qui a réuni les hommes aux anges. Elle a renversé la citadelle de la mort, détruit la puissance du démon, délivré la terre de l’erreur, posé les fondements de l’Église. La croix, c’est la volonté du Père, la gloire du Fils, la jubilation de l’Esprit Saint. Elle est l’orgueil de saint Paul : « Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil » (Ga 6,14).

    Saint Jean Chrysostome (v. 345-407)

  • Vous avez appelés les pauvres à vous entourer, mon Dieu !

    Que vous êtes divinement bon, mon Dieu ! Si vous aviez appelé d’abord les riches, les pauvres n’auraient pas osé s’approcher de vous, ils se seraient crus obligés de rester à l’écart à cause de leur pauvreté, ils vous auraient regardé de loin, laissant les riches vous entourer. (…) Que vous êtes bon ! Comme vous avez pris le bon moyen pour appeler d’un seul coup autour de vous tous vos enfants, sans aucune exception ! Et quel baume vous avez mis jusqu’à la fin des siècles au cœur des pauvres, des petits, des dédaignés du monde, en leur montrant dès votre naissance qu’ils sont vos privilégiés, vos favoris, les premiers appelés : les toujours appelés autour de vous qui avez voulu être un des leurs et être dès votre berceau et toute votre vie entouré par eux.

    Dieu n’a pas attaché le salut à la science, à l’intelligence, à la richesse, à une longue expérience, à des dons rares et que tous n’ont pas reçus, non. Il l’a attaché à ce qui entre dans les mains de tous, d’absolument tous, des jeunes et des vieux, des humains de tout âge et de toute classe, de toute intelligence et de toute fortune. Il l’a attaché à ce que tous peuvent lui donner, moyennant un peu de bonne volonté : un peu de bonne volonté, c’est tout ce qu’il faut pour gagner ce ciel que Jésus attache à l’humilité, au fait de se faire petit, de prendre la dernière place, d’obéir, qu’il attache ailleurs à la pauvreté d’esprit, à la pureté de cœur, à l’amour de la justice, à l’esprit de paix. Espérons, puisque par la miséricorde de Dieu le salut est si près de nous, entre nos mains, et qu’il nous suffit d’un peu de bonne volonté pour l’obtenir.

    Saint Charles de Foucauld (1858-1916)

  • La tendresse de Dieu pour les petits

    Mes filles, Dieu prend un grand plaisir à voir le service que vous rendez aux petits enfants, comme il en prend à leurs petits gazouillements, voire même à leurs petits cris et à leurs plaintes. Chacun de ces cris touche le cœur de Dieu de confusion. Et vous, mes chères sœurs, quand, à leur cri, vous les soulagez, leur rendant les services dont ils ont besoin, pour l’amour de Dieu et pour honorer l’enfance de Notre-Seigneur, ne faites-vous pas plaisir à Dieu ? Et Dieu n’est-il pas honoré du cri et des plaintes de ces petits enfants ? Courage donc, mes filles ! Aimez bien le service de ces petits enfants, par la bouche desquels Dieu reçoit une louange parfaite. Ce n’est pas moi qui le dis, mes sœurs ; c’est le prophète : « En la bouche des petits enfants suçant le lait, votre louange est parfaite. » Ô mes filles, cela est donc vrai, puisque la Sainte Écriture l’affirme.

    Voyez combien vous êtes heureuses de rendre service à ces petites créatures, qui donnent à Dieu une louange parfaite et dans lesquelles la bonté de Dieu prend si grand plaisir, plaisir en quelque sorte pareil à celui des mères, qui n’ont point plus grande consolation que de voir les petites actions de leurs petits enfants. Elles admirent tout et aiment tout. Ainsi Dieu, qui est leur père, prend de grands plaisirs à toutes leurs petites actions.

    Saint Vincent de Paul (1581-1660)

  • « Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. »

    À la recherche de ta perle
    Je ne me suis point mis comme le marchand ;
    Et je n’ai point, en échange de l’Inéchangeable,
    Donné l’amour de l’éphémère.

    Je n’ai point vendu, selon le commandement,
    La concupiscence du terrestre,
    Afin d’acquérir ce qui est d’un haut prix :
    L’étoile du matin, née de la Rosée.

    Ô Toi qui es né de la Vierge à la manière de la perle,
    Dieu et homme, les deux ne formant qu’un,
    Fais que de ton amour divin
    Je sois le mendiant au cœur blessé !

    Ouvre ma chambre nuptiale, moi qui soupire ;
    Entre dans l’appartement avec l’affection du cœur ;
    Rends-moi de nouveau ta demeure
    Et embrasse-moi de ta droite.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Ne craignez pas… Soyez sans crainte. »

    Je te rends grâces, Seigneur,
    parce que je t’aime.
    Très-Haut, ne m’abandonne pas,
    car tu es mon espoir.
    Gracieusement j’ai reçu ta grâce,
    c’est elle qui me fait vivre.

    Mes persécuteurs viendront,
    et ils ne me verront plus.
    Un nuage d’obscurité tombera sur leurs yeux,
    et un air de ténèbres les obscurcira.
    Ils n’auront plus de lumière pour voir,
    ils ne pourront plus me saisir.

    Ils ont médité un plan,
    et il s’est anéanti pour eux.
    Ils ont conçu des projets méchants
    et les voilà dépouillés.

    Dans le Seigneur est mon espoir,
    je n’ai point de crainte.
    Le Seigneur est mon salut,
    je n’ai point de crainte.
    Il est comme une couronne sur ma tête,
    je ne chancellerai pas.

    Quand même tout l’univers chancellerait,
    je resterai debout.
    Si tout ce qui est visible périt,
    moi je ne mourrai pas.
    Car le Seigneur est avec moi,
    je suis avec lui.
    Alléluia !

    Odes de Salomon (texte chrétien hébraïque du début du 2e siècle)

  • « Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers. »

    Père saint, source intarissable de l’existence et de l’amour,
    qui montres dans l’homme vivant la splendeur de ta gloire,
    et qui déposes dans son cœur la semence de ton appel,
    fais que personne, par notre négligence, n’ignore ou ne perde ce don,
    mais que tous puissent marcher avec grande générosité
    vers la réalisation de ton Amour.

    Seigneur Jésus, qui durant ton pèlerinage sur les routes de la Palestine,
    as choisi et appelé les apôtres
    et leur as confié la tâche de prêcher l’Évangile,
    de paître les fidèles, de célébrer le culte divin,
    fais que, aujourd’hui aussi, ton Église ne manque pas
    de prêtres saints qui portent à tous
    les fruits de ta mort et de ta résurrection.

    Esprit Saint, toi qui sanctifies l’Église
    avec l’effusion constante de tes dons,
    mets dans le cœur des appelé(e)s à la vie consacrée
    une passion intime et forte pour le Règne,
    afin qu’avec un « oui » généreux et inconditionné
    ils mettent leur existence au service de l’Évangile.

    Vierge très Sainte, toi qui sans hésiter
    t’es offerte toi-même au Tout-Puissant
    pour la réalisation de son dessein de salut,
    suscite la confiance dans le cœur des jeunes
    afin qu’il y ait toujours des pasteurs zélés,
    qui guident le peuple chrétien sur la voie de la vie,
    et des âmes consacrées capables de témoigner
    par la chasteté, la pauvreté et l’obéissance,
    de la présence libératrice de ton Fils ressuscité.
    Amen.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005)

  • En ta volonté, toute ma sainteté !

    Ô volonté de Dieu tout-puissant,
    Tu es mon délice, tu es ma joie,
    Peu importe ce que me tend la main de mon Seigneur,
    Je l’accepterai avec allégresse, soumission et amour.

    Ta sainte volonté – voilà mon repos,
    En elle est toute ma sainteté,
    Et tout mon salut éternel,
    Car accomplir la volonté de Dieu est la plus grande gloire.

    La volonté de Dieu – ce sont Ses divers souhaits,
    Mon âme les accomplit sans réserve,
    Car tels sont Ses divins désirs
    Au moment où Dieu accorde Ses confidences.

    Fais de moi ce qu’il Te plaît – Seigneur,
    Je ne Te fais aucun obstacle, aucune réserve,
    Car Tu es tout mon délice et l’amour de mon âme,
    Et c’est devant Toi, réciproquement, que je déverse le flot de mes confidences.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

  • La rosée de l’oraison

    Si vous me demandez ce qui vous peut maintenir, mes chères sœurs, chacune en particulier, je vous dirai que c’est l’oraison, car c’est la manne journalière qui descend du ciel. Car voyez-vous, mes chères sœurs, comme les jardiniers prennent leur temps deux fois le jour pour arroser les plantes de leur jardin, qui, sans ce secours, mourraient durant les grandes chaleurs, et qui, au contraire, grâce à cette humidité, tirent leur nourriture de la terre, car une certaine humeur, née de cet arrosement, monte par la racine, s’écoule le long de la tige, donne la vie aux branches et aux feuilles, et la saveur aux fruits ; ainsi, mes chères sœurs, nous sommes comme ces pauvres jardins dans lesquels la sécheresse fait mourir toutes les plantes, si le soin et l’industrie des jardiniers n’y pourvoient ; et pour cela vous avez le saint usage de l’oraison, qui, comme une douce rosée, va tous les matins humectant votre âme par la grâce de Dieu qu’elle attire sur vous.

    Êtes-vous fatiguées des rencontres et des peines, vous avez encore, le soir, ce salutaire rafraîchissement, qui va donnant vigueur à toutes vos actions. Oh ! que la Fille de la Charité fera de fruit en peu de temps, si elle est soigneuse de se rafraîchir par cet arrosement sacré ! Vous la verrez croître tous les jours de vertu en vertu, comme ce jardinier qui tous les jours voit ses plantes grandir, et en peu de temps elle avancera comme la belle aurore qui se lève le matin et va toujours croissant jusqu’au midi. Ainsi, mes filles, ira-t-elle jusqu’à ce qu’elle ait atteint le soleil de justice, qui est la lumière du monde, et se soit abîmée en lui, comme l’aurore se va perdre dans le soleil.

    Saint Vincent de Paul (1581-1660)

  • « Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, les leur distribua. »

    Seigneur, lavés et purifiés au plus profond de nous-mêmes, vivifiés par ton Esprit Saint, comblés par ton eucharistie, fais que nous ayons part à la grâce qui a été la part des saints apôtres et des disciples qui ont reçu le sacrement de ta main. Développe en nous la sollicitude et l’empressement à te suivre, comme tes membres (1Co 12,27), pour que nous soyons dignes de recevoir de toi le sens et l’expérience de ton aliment spirituel. Développe en nous le zèle de Pierre pour détruire toute volonté qui serait contraire à la tienne, ce zèle que Pierre a conçu à la Cène… Développe en nous la paix intérieure, la résolution et la joie qui ont été goûtées par saint Jean, incliné sur ta poitrine (Jn 13,25) ; que nous puissions puiser ainsi ta sagesse, que nous apprenions le goût de ta douceur, de ta bonté. Développe en nous la foi dans sa rectitude, développe l’espérance ferme et une charité parfaite. Par l’intercession de tous les saints apôtres et de tous tes disciples bienheureux, fais-nous recevoir de ta main le sacrement, fais-nous éviter sans cesse la trahison de Judas et inspire à notre esprit ce que ton Esprit a inspiré aux saints qui sont maintenant dans le ciel, réalisant en eux la perfection de la béatitude. Réalise tout cela, toi qui vis et règnes avec le Père dans l’unité d’un même Esprit, dès avant tout commencement et bien au-delà des siècles. Amen.

    Saint Albert le Grand (v. 1200-1280)