Auteur/autrice : fred

  • La volonté de Dieu est vie

    Le premier degré de la contemplation, mes bien-aimés, c’est que sans cesse nous considérions ce que veut le Seigneur, ce qui lui plaît, ce qui lui est agréable. En beaucoup de choses nous l’offensons tous, notre manque de simplicité heurte la droiture de sa volonté, et cela nous empêche de nous unir, de nous attacher à lui. Humilions-nous donc sous la main puissante du Dieu très haut et hâtons-nous d’exposer toute notre misère devant les yeux de sa miséricorde en disant : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi et je serai sauvé » (Jr 17,14), et encore : « Prends pitié de moi, Seigneur, guéris mon âme, car j’ai péché contre toi » (Ps 40,5).

    Lorsque l’œil du cœur est purifié par ce genre de pensées, nous ne vivons plus le cœur plein d’amertume mais dans les délices qui se trouvent en l’Esprit de Dieu. Déjà nous ne considérons plus quelle est la volonté de Dieu sur nous, mais quelle est cette volonté en elle-même. Or Dieu veut la vie, et rien absolument n’est plus utile et plus avantageux que de s’accorder à sa volonté. Et c’est pourquoi l’empressement que nous mettons à vouloir conserver notre vie, mettons-le aussi, dans la mesure du possible, à ne point dévier du chemin y mène.

    Saint Bernard (1091-1153)

  • « Par quelle autorité fais-tu cela ? »

    Il est bien au Père, ce Fils qui lui ressemble. Il vient de lui, ce Fils qu’on peut lui comparer, car il lui est semblable. Il est son égal, ce Fils qui accomplit les mêmes œuvres que lui (Jn 5,19)… Oui, le Fils accomplit les œuvres du Père ; c’est pourquoi il nous demande de croire qu’il est le Fils de Dieu. Il ne s’arroge pas là un titre qui ne lui serait pas dû ; ce n’est pas sur ses propres œuvres qu’il appuie sa revendication. Non ! Il rend témoignage que ce ne sont pas ses propres œuvres, mais celles de son Père. Et il atteste ainsi que l’éclat de ses actions lui vient de sa naissance divine. Mais comment les hommes auraient-ils pu reconnaître en lui le Fils de Dieu, dans le mystère de ce corps qu’il avait assumé, dans cet homme né de Marie ? C’est pour faire pénétrer en leur cœur la foi en lui que le Seigneur accomplissait toutes ces œuvres : « Si j’accomplis les œuvres de mon Père, alors, même si vous ne voulez pas croire en moi, croyez au moins mes œuvres » (Jn 10,38)…

    Si l’humilité de son corps semble un obstacle pour croire en sa parole, il nous demande de croire au moins en ses œuvres. En effet, pourquoi le mystère de sa naissance humaine nous empêcherait-il de percevoir sa naissance divine ? … « Si vous ne voulez pas croire en moi, croyez en mes œuvres, pour savoir et reconnaître que le Père est en moi, et moi dans le Père »…

    Telle est la nature qu’il possède par naissance ; tel est le mystère d’une foi qui nous assurera le salut   : ne pas diviser ceux qui sont un, ne pas priver le Fils de sa nature, et proclamer la vérité du Dieu Vivant né du Dieu Vivant… « Comme le Père qui m’a envoyé est vivant, de même, moi, je vis par le Père » (Jn 6,57)… « Comme le Père a la vie en lui-même, de même il a donné au Fils d’avoir aussi en lui-même la vie » (Jn 5,26).

    Saint Hilaire (v. 315-367)

  • « Les aveugles voient…, les morts ressuscitent, la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »

     « Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Dirons-nous que c’est là l’œuvre d’une humanité pareille à la nôtre que de pouvoir baptiser dans l’Esprit Saint et le feu ? Comment cela pourrait-il être ? Et pourtant, parlant d’un homme qui ne s’est pas encore présenté, Jean déclare que celui-ci baptise « dans le feu et l’Esprit Saint ». Non pas, comme le ferait un serviteur quelconque, en insufflant aux baptisés un Esprit qui n’est pas le sien, mais comme quelqu’un qui est Dieu par nature, qui donne avec une puissance souveraine ce qui vient de lui et lui appartient en propre. C’est grâce à cela que l’empreinte divine s’imprime en nous.

    En effet, en Christ Jésus, nous sommes transformés comme à l’image divine ; non que notre corps soit modelé de nouveau, mais nous recevons le Saint Esprit, entrant en possession du Christ lui-même, au point de pouvoir crier désormais dans notre joie : « Mon âme exulte dans le Seigneur, car il m’a revêtu de salut et d’allégresse » (1S 2,1). L’apôtre Paul dit en effet : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27).

    Est-ce donc en un homme que nous avons été baptisés ? Silence, toi qui n’est qu’un homme ; veux-tu rabattre jusqu’à terre notre espérance ? Nous avons été baptisés en un Dieu fait homme ; il libère des peines et des fautes tous ceux qui croient en lui. « Repentez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ… Vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2,38). Il délie ceux qui s’attachent à lui… ; il fait sourdre en nous sa propre nature… L’Esprit appartient en propre au Fils, qui est devenu un homme semblable à nous. Car il est lui-même la vie de tout ce qui existe.

    Saint Cyrille d’Alexandrie (380-444)

  • « Il marchera devant le Seigneur avec l’esprit et la puissance d’Elie. » (Lc 1,17)

    « Pourquoi donc les scribes, c’est-à-dire les docteurs de la Loi, disent-ils qu’il faut qu’Élie vienne d’abord ? » Le Seigneur leur répond : « Élie est déjà venu, et ils lui ont fait souffrir tout ce qu’ils ont voulu, et si vous voulez le comprendre, c’est Jean le Baptiste. » Ainsi notre Seigneur Jésus Christ dit expressément : « Élie est déjà venu » et qu’il s’agit de Jean Baptiste. Mais quand on interroge Jean, il déclare qu’il n’est pas plus Élie qu’il n’est le Christ (Jn 1,20s)… Pourquoi donc affirme-t-il : « Je ne suis pas Élie » tandis que le Seigneur dit à ses disciples qu’il est Élie ? Notre Seigneur voulait parler symboliquement de son avènement à venir et dire que Jean était venu dans l’esprit d’Élie. Ce que Jean a été pour le premier avènement, Élie le sera pour le second. Il y a deux avènements pour le Juge, il y a aussi deux précurseurs. Le juge est le même dans les deux avènements, mais il y a deux précurseurs… Le juge devait d’abord venir pour être jugé ; il a envoyé devant lui un premier précurseur, et il l’a appelé Élie, parce qu’Élie sera pour le second avènement ce que Jean a été pour le premier.

    Considérez, frères bien-aimés, combien cette explication est fondée sur la vérité. Au moment où Jean a été conçu…le Saint Esprit avait fait cette prédiction qui devait s’accomplir en lui : « Il sera le précurseur du Très-Haut, dans l’esprit et la puissance d’Élie » (Lc 1,17)… Qui pourra comprendre ces choses ? Celui qui aura imité l’humilité du précurseur et connu la majesté du juge. Personne n’a été plus humble que ce saint précurseur. Cette humilité de Jean constitue son plus grand mérite ; il aurait pu tromper les hommes, passer pour le Christ, être regardé comme le Christ, tant était grandes sa grâce et sa vertu, et cependant il déclare ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. —Es-tu Élie ? —Je ne suis pas Élie. »

    Saint Augustin (354-430)

  • « La sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »

    « L’oreille ne sait-elle pas juger des paroles et le palais de la saveur des mets ? » (Jb 12,11 Vg) Il n’échappe sans doute à personne que les cinq sens de notre corps, la vue l’ouïe, le goût, l’odorat et le toucher, en tout ce qu’ils sentent et distinguent tirent du cerveau leur pouvoir de distinguer et de sentir. Et si le sens du cerveau est le juge unique qui préside en nous, c’est cependant grâce aux organes qui leur sont propres qu’il distingue les cinq sens, Dieu opérant cette merveille : l’œil n’entend pas, l’oreille ne voit pas, la bouche ne sent pas, les narines ne goûtent pas et les mains n’ont pas d’odorat. Enfin, si l’ordonnance de ces activité relève uniquement du sens du cerveau, il reste que chacun des sens ne peut exercer que l’activité qu’il a reçue par l’ordonnance même de l’architecte souverain.

    De ces considérations physiologiques et extérieures il faut donc tirer des conclusions intérieures et spirituelles : nous devons dépasser ce qui en nous se manifeste au monde pour aller à ce qui en nous est secret et nous échappe à nous-mêmes. Il faut, en effet, observer que si la sagesse est une par elle-même, elle réside dans les individus à des degrés divers ; elle accorde tel pouvoir à l’un, tel autre à l’autre, et, à la manière du cerveau, elle fait de nos personnes en quelque sorte des sens spécialisés, si bien que, sans jamais être dissemblable à elle-même, par notre entremise cependant elle agit, en des sens variés et des œuvres dissemblables, l’un recevant le don de sagesse, l’autre de science, l’un possédant les diversités des langues, l’autre le charisme des guérisons.

    Saint Grégoire le Grand (v. 540-604)

  • « Tous les prophètes, ainsi que la Loi, ont parlé jusqu’à Jean. »

    Comme le propriétaire dans l’évangile de saint Luc fait trois visites au figuier stérile (Lc 13,6), ainsi la sainte Mère Église marque chaque année l’avènement du Seigneur par une période distincte de trois semaines. « Le Fils de l’homme vient en effet chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19,10). Il est venu avant la Loi, car par la raison naturelle il a fait connaître ce que chacun devait faire ou suivre (Rm 1,20). Il est venu sous la Loi car, par les exemples des patriarches et la voix des prophètes, il a confirmé à la descendance d’Abraham les décrets de la Loi. Il est venu une troisième fois après la Loi, par la grâce, pour appeler les païens, afin que « de l’Orient à l’Occident les enfants apprennent à louer le nom du Seigneur » (Ps 112,1-3), ces enfants que jusqu’à la fin du monde il ne cesse d’appeler à la louange de sa gloire…

    En effet, tout ce qui est contenu dans les livres saints annonce par des paroles, révèle par des faits et établit par des exemples l’avènement de Jésus Christ notre Seigneur… Par des préfigurations vraies et manifestes, par le sommeil d’Adam, par le déluge de Noé, par la justification d’Abraham, par la naissance d’Isaac, par la servitude de Jacob, dans ces patriarches c’est lui qui engendre, lave, sanctifie, choisit ou rachète l’Église. En un mot, l’ensemble des prophéties, ce dévoilement progressif du plan secret de Dieu, nous a été donné pour connaître son incarnation à venir… Chaque personnage, chaque époque, chaque fait projette comme dans un miroir l’image de son avènement, de sa prédication, de sa Passion, de sa résurrection et de notre rassemblement dans l’Église… À commencer par Adam, point de départ de notre connaissance du genre humain, nous trouvons annoncé dès l’origine du monde ce qui reçoit dans le Seigneur son achèvement total.

    Saint Hilaire (v. 315-367)

  • « Devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur. »

    La lumière de l’aurore précède le soleil, et l’avant-coureur de toute humilité, c’est la douceur. Écoutons donc la Lumière nous dire dans quel ordre elle les a disposées : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11,29). Aussi, avant de contempler le soleil, nous devons être éclairés par l’aurore ; alors, nous pourrons soutenir la vue du soleil. Car il est impossible, tout à fait impossible, de regarder le soleil avant d’avoir connu cette lumière, comme nous l’enseigne la place respective de chacune des deux vertus, dans la parole du Seigneur.

    La douceur est un état immuable de l’intellect, qui demeure toujours le même aussi bien dans les honneurs que dans les humiliations. La douceur, c’est, quand nous sommes tourmentés par le prochain, de prier pour lui sans être sensibles à ses procédés, et sincèrement. La douceur est un roc qui domine la mer de l’irascibilité, et sur lequel se brisent toutes les vagues qui y déferlent sans jamais l’ébranler. La douceur est le soutien de la patience, la porte, ou plutôt la mère, de la charité, le fondement de la discrétion ; il est écrit en effet : « Le Seigneur enseignera sa voie aux doux » (Ps 24,9 LXX). Elle procure le pardon des péchés, elle donne la confiance dans la prière, elle est la demeure de l’Esprit Saint : « Sur qui jetterai-je les yeux, sinon sur celui qui est doux et paisible ? » (Is 66,2 LXX)

    La douceur est la collaboratrice de l’obéissance, le guide de la communauté fraternelle, le frein du furieux, l’obstacle du colérique, une source de joie, l’imitation du Christ, une qualité propre aux anges, l’entrave des démons, un bouclier contre l’amertume. Dans les cœurs doux, le Seigneur se repose ; mais l’âme agitée est le siège du diable.

    Saint Jean Climaque (v. 575-v. 650)

  • « Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »

    Viens, Seigneur Jésus, cherche ton serviteur ; cherche ta brebis fatiguée ; viens, berger… Pendant que tu t’attardes sur les montagnes, voilà que ta brebis erre : laisse donc les quatre-vingt-dix-neuf autres qui sont tiennes et viens chercher l’unique qui s’est égarée. Viens, sans te faire aider, sans te faire annoncer ; c’est toi maintenant que j’attends. Ne prends pas de fouet, prends ton amour ; viens avec la douceur de ton Esprit. N’hésite pas à laisser sur les montagnes ces quatre-vingt-dix-neuf brebis qui sont tiennes ; sur les sommets où tu les as mises, les loups n’ont pas d’accès… Viens à moi, qui me suis égaré loin des troupeaux d’en haut, car tu m’avais mis là-haut moi aussi, mais les loups de la nuit m’ont fait quitter tes bergeries.

    Cherche-moi, Seigneur, puisque ma prière te cherche. Cherche-moi, trouve-moi, relève-moi, porte-moi ! Celui que tu cherches, tu peux le trouver, celui que tu trouves, daigne le relever, et celui que tu relèves, pose-le sur tes épaules. Ce fardeau de ton amour n’est jamais trop lourd pour toi… Viens donc, Seigneur, car s’il est vrai que j’erre, « je n’ai pas oublié ta parole » (Ps 118,16), et je garde l’espoir du remède. Viens, Seigneur, tu es seul à pouvoir encore appeler ta brebis perdue, et aux autres que tu vas laisser, tu ne feras aucune peine : elles aussi seront contentes de voir revenir le pécheur. Viens, il y aura le salut sur la terre et il y aura la joie dans le ciel (Lc 15,7).

    N’envoie pas tes serviteurs, n’envoie pas de mercenaires (Jn 10,12), viens chercher ta brebis toi-même. Relève-moi dans cette chair qui est tombée avec Adam. Reconnais en moi par ce geste, non l’enfant d’Ève mais le fils de Marie, vierge pure, vierge par grâce, sans aucun soupçon de péché. Puis porte-moi jusque sur ta croix : elle est le salut de ceux qui errent, le seul repos de ceux qui sont fatigués, l’unique vie de tous ceux qui meurent.

    Saint Ambroise (v. 340-397)

  • Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

    Sois adoré, Dieu miséricordieux,
    Parce que Tu as daigné T’abaisser du ciel jusqu’à la terre.
    Nous Te louons en grande humilité,
    Pour avoir daigné élever tout le genre humain.

    Insondable et inconcevable dans Ta miséricorde,
    Tu prends un corps, par amour pour nous,
    D’une Vierge immaculée, qui ne fut jamais effleurée par le péché,
    Car telle était Ta prédilection depuis les siècles.

    La Vierge sainte, ce lis blanc comme neige,
    Adore la première la toute-puissance de Ta miséricorde.
    Pour la venue du Verbe, Son Cœur pur – s’ouvre avec amour,
    Elle croit aux paroles du Messager divin et s’affermit dans la confiance.

    Le ciel s’est étonné que Dieu se soit fait homme,
    Qu’il y ait sur terre un cœur digne de Dieu lui-même.
    Pourquoi ne t’unis-Tu pas à un Séraphin, mais à un pécheur ?
    Oh ! car c’est un mystère de Ta miséricorde,
    Malgré la pureté du cœur virginal.

    Ô mystère de la miséricorde divine, ô Dieu de pitié,
    Tu as daigné abandonner le trône céleste,
    Et Tu T’es abaissé vers notre misère, vers la faiblesse humaine,
    Car ce n’est pas aux anges, mais à l’homme que la miséricorde est nécessaire.

    Pour exprimer dignement la miséricorde du Seigneur,
    Nous nous unissons à Ta Mère Immaculée,
    Notre hymne Te sera plus agréable alors,
    Car Elle est choisie d’entre les anges et les hommes.

    Par Elle, comme par un pur cristal,
    Ta miséricorde est venue jusqu’à nous,
    Par Elle, l’homme est devenu agréable à Dieu,
    Par Elle s’écoulent sur nous les torrents de toutes grâces.

    Sainte Faustine Kowalska (1905-1938)

  • Tends-moi la main, bienheureux Précurseur !

    Sur le rocher solide de la foi en toi, affermis ma résolution et fortifie, Seigneur, la sagesse, puisque en toi, Très Bon, je possède un refuge et une forteresse. Accorde-moi de revenir maintenant de mon égarement sur la bonne route, et tends-moi la main, bienheureux Précurseur, à moi continuellement balloté sur l’océan des maux. Je vis dans l’insouciance, et la cognée est proche : accorde-moi, par tes instances, de me redresser, Précurseur digne de louange, que je ne sois pas, comme un arbre sans fruit, envoyé au feu qui ne s’éteint pas. Le Jour terrible est aux portes, et je suis chargé de fardeaux accablants : ôte-moi de ce poids, toi qui as baptisé le Seigneur, par tes très pures supplications. Mère de Dieu, tu t’es montrée le trône de Dieu, sur lequel il s’est assis dans la chair pour relever de la chute originelle les hommes qui te célèbrent avec des paroles d’action de grâce. J’ai entendu, Seigneur, ce que tu as fait entendre et j’ai été saisi de crainte, j’ai considéré tes œuvres et j’ai été dans la stupeur : gloire à ta puissance, Seigneur ! Guéris, je t’en supplie, ô Précurseur, mon cœur blessé par les attaques des brigands, avec le remède énergique de ta divine intercession. Jette à bas, ô Précurseur, le péché encore vivace dans mon âme, et donne-moi maintenant de me redresser, alors que je glisse vers les voluptés. Montre-toi pour nous un port, ballotés que nous sommes sur l’océan de la vie, et change en tranquillité, ô trois fois Bienheureux, toute l’agitation des flots. Ne me juge, je t’en supplie, Seigneur, selon mes œuvres, mais montre-toi indulgent envers moi, celle qui t’a enfanté t’en supplie avec le Baptiste.

    Livre d’heures du Sinaï (9e siècle)