Étiquette : Syméon le Nouveau Théologien

  • « Le maître leur demanda des comptes. »

    La créature, que peut-elle bien connaître sans son créateur ? ce qu’elle a reçu de connaissance, il faudra bien qu’elle en rende compte, et de son action et de son activité, en toute justice et équité. En effet, pioche, faux, serpe et scie, hache, bâton, lance, dague et arc, javelot et tous les autres outils de l’existence, chacun possède sa propre opération ; mais ce n’est pas de lui-même qu’il la tient, c’est de nous bien sûr, et l’artisan fait travailler chacun de ces instruments dans les règles de l’art, pour ce qu’il a choisi de faire. (…) C’est bien ainsi, crois-moi, que Dieu nous a faits pour agir, chacun, fidèlement dans les actions de la vie. (…)

    Remarque-le (…), pas plus qu’il n’est possible, jamais, à un seul des outils nommés plus haut, de se mouvoir lui-même pour agir, ou de réaliser quelque chose sans la main de l’homme pour le prendre et, avec lui, fabriquer quelque chose, pas davantage l’homme ne peut, sans la main divine, concevoir quelque chose de bon ou le réaliser. Remarque-le : le Verbe artisan m’a fabriqué tel qu’il l’a voulu, il m’a placé dans le monde. Comment donc, dis-moi, pourrais-je penser ou réaliser, comment pourrais-je opérer quoi que ce soit sans la force divine ?

    Celui qui m’a fait don de l’intelligence, telle qu’il l’a voulue naturellement, c’est lui aussi qui me donne de penser tout ce qu’il sait m’être utile et qui m’accorde le pouvoir d’opérer ce qu’il veut. Si donc c’est cela que je fais, à coup sûr il me donnera davantage et m’accordera des pensées plus parfaites, dans son amour ; mais si je néglige même ce peu qui m’a été confié, à juste titre je subirai le châtiment d’en être pour de bon privé par Dieu qui me l’avait donné, et je me retrouverai inefficace, outil inutile, pour n’avoir pas voulu mettre en pratique les commandements du Créateur et m’être abandonné à la paresse et à la nonchalance. Voilà pourquoi j’ai été rejeté des mains du Maître.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

     

     

     

  • Jésus le toucha et lui dit :  » Je le veux ; sois purifié ! « 

    Avant que brille la lumière divine,
    je ne me connaissais pas moi-même.
    Me voyant alors dans les ténèbres et en prison,
    enfermé dans un bourbier,
    couvert de saleté, blessé, ma chair enflée (…),
    je suis tombé aux pieds de celui qui m’avait illuminé.
    Et celui qui m’avait illuminé touche de ses mains
    mes liens et mes blessures ;
    là où touche sa main et où son doigt s’approche,
    aussitôt tombent mes liens,
    les blessures disparaissent, et toute saleté.
    La souillure de ma chair disparaît (…)
    si bien qu’il la rend semblable à sa main divine.
    Merveille étrange : ma chair, mon âme et mon corps
    participent à la gloire divine.

    Dès que j’ai été purifié et débarrassé de mes liens,
    le voici qui me tend une main divine,
    il me retire du bourbier entièrement,
    il m’embrasse, il se jette à mon cou,
    il me couvre de baisers (Lc 15,20).
    Et moi qui étais totalement épuisé
    et qui avais perdu mes forces,
    il me prend sur ses épaules (Lc 15,5),
    et il m’emmène hors de mon enfer. (…)

    C’est la lumière qui m’emporte et me soutient ;
    elle m’entraîne vers une grande lumière. (…)
    Il me donne à contempler par quel étrange remodelage
    lui-même m’a repétri (Gn 2,7) et m’a arraché notre nature périssable.
    Il m’a fait don d’une vie immortelle
    et m’a revêtu d’une robe immatérielle et lumineuse
    et m’a donné des sandales, un anneau et une couronne
    impérissables et éternels (Lc 15,22; 1Co 9,25).

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

     

     

     

  • Sainte Trinité, solennité

    Les trois sont Dieu, car la Trinité est un seul Dieu. C’est elle qui a donné l’être à l’Univers, elle qui a créé toutes choses, elle qui, selon la chair, a créé dans le monde pour notre salut le Verbe et Fils du Père, inséparable à la fois du Père et de l’Esprit.

    Il prend chair réellement par la venue de l’Esprit et devient ce qu’il n’était pas, homme semblable à moi, à l’exception toutefois du péché et de toute iniquité : Dieu et homme à la fois, visible à tous les yeux, possédant l’Esprit divin qui lui est uni par nature, avec lequel il a rendu la vie aux morts, ouverts les pupilles des aveugles, purifié les lépreux et expulsé les démons. C’est lui qui a souffert la croix ainsi que la mort, et qui est ressuscité dans l’Esprit, a été élevé dans la gloire et a frayé une voie nouvelle vers les cieux pour tous ceux qui croient en lui d’une foie sans défaillance, lui qui a répandu à profusion l’Esprit très saint sur tous ceux qui montraient leur foi par leurs œuvres, lui qui, maintenant encore, le répand sans compter sur ceux qui font de même, lui qui, par cet Esprit, déifie sur-le-champ ceux à qui il s’est uni et, d’hommes qu’ils étaient, les transforme sans les changer et les fait devenir enfants de Dieu, frère du Sauveur, cohéritiers du Christ et héritiers de Dieu, dieux eux-mêmes dans la compagnie de Dieu, dans l’Esprit Saint, prisonniers sans doute par la chair, mais elle seule, et libres en esprit, s’élevant avec le Christ sans peine dans les cieux et ayant là-haut tous leurs droits de cité dans la contemplation des biens que les yeux n’ont pas vus. (…)

    À Toi, ô mon Christ, avec le Père et ton Esprit divin, appartiennent gloire et louange, honneur et adoration, maintenant et toujours, comme au Souverain, pour les siècles des siècles, comme au Créateur de l’Univers, son Dieu et son Maître. Amen.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

     

     

     

  • « Mon Père l’aimera et nous ferons chez lui une demeure. »

    Quand, Paul te dit : « Dieu, qui jadis a dit à la lumière de briller du sein des ténèbres, lui qui a brillé en moi… » (cf. 2 Co 4,6), quel autre Dieu, dis-moi, t’invite-t-il à concevoir sinon celui-là même qui habite la lumière insoutenable et que jamais encore, nul absolument des hommes n’a vu. Car c’est lui qui, suressentiel et incréé auparavant, a pris chair et s’est montré à moi comme créature en me divinisant totalement, moi qu’il a assumé de façon merveilleuse. (…)

    Donc ceux qui ont reçu Dieu grâce aux œuvres de la foi et ont mérité le nom de dieux, engendrés par l’Esprit, oui, lui-même, ils le voient, lui leur Père qui ne cesse d’habiter la lumière inaccessible ; ils l’ont en eux-mêmes, habitant à demeure, et eux-mêmes habitent en lui, l’absolument inaccessible.

    Voilà la foi véritable, voilà l’œuvre de Dieu, voilà le sceau des chrétiens, voilà la communion avec Dieu, voilà la participation, voilà les arrhes divines, voilà en quoi consiste la vie, voilà le Royaume, voilà le vêtement, la robe du Seigneur que les baptisés revêtent par la foi, et non pas à leur insu, je te le dis, ni inconsciemment, mais grâce à la foi, sciemment et consciemment. (…)

    Une fois tout entier devenu tel que je viens de le dire, alors viens et tiens-toi avec nous, ô mon frère, sur la montagne de la connaissance divine, de la contemplation divine, et ensemble nous entendrons la voix du Père !

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

     

     

  • L’aveuglement des hommes

    [Le Christ parle:]

    Quand j’ai créé Adam, je lui ai donné de me voir

    et par là d’être établi dans la dignité des anges…

    Il voyait tout ce que j’avais créé avec ses yeux corporels

    mais avec ceux de l’intelligence,

    il voyait mon visage à moi, son Créateur.

    Il contemplait ma gloire

    et s’entretenait avec moi à toute heure.

    Mais quand, transgressant mon commandement,

    il a goûté à l’arbre,

    il est devenu aveugle

    et est tombé dans l’obscurité de la mort…

    Mais je l’ai pris en pitié et suis venu d’en haut.

    Moi, l’absolument invisible,

    j’ai partagé l’opacité de la chair.

    Recevant de la chair un commencement, devenu homme,

    j’ai été vu de tous.

    Pourquoi donc ai-je bien pu accepter de faire cela ?

    Parce que c’est là la vraie raison

    pour laquelle j’avais créé Adam : pour me voir.

    Lorsqu’il a été aveuglé

    et, à sa suite, tous ses descendants à la fois,

    je ne supportais pas d’être, moi,

    dans la gloire divine et d’abandonner…

    ceux que j’avais créés de mes mains ;

    mais je suis devenu semblable en tout aux hommes,

    corporel avec les corporels,

    et je me suis uni à eux volontairement.

    Tu vois quel est mon désir d’être vu par les hommes…

    Comment donc peux-tu dire que je me cache de toi,

    que je ne me laisse pas voir ?

    En vérité je brille, mais toi, tu ne me regardes pas.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

     

     

     

     

  • « Pour celui qui frappe, la porte s’ouvre. »

    Le Christ dit aux docteurs de la Loi : « Malheureux êtes-vous parce que vous avez enlevé la clef de la connaissance »(Lc 11,52). Qu’est-ce que la clef de la connaissance sinon la grâce du Saint-Esprit donnée par la foi, qui par l’illumination produit la pleine connaissance, et qui ouvre notre esprit fermé et voilé ? (..). Et je dirai encore : la porte, c’est le Fils : « Je suis la porte, » dit-il. La clef de la porte, l’Esprit Saint : « Recevez l’Esprit Saint, dit-il ; ceux à qui vous remettez les péchés, ils leur sont remis, ceux à qui vous les retenez, ils sont retenus ». La maison, c’est le Père : « Car dans la maison de mon Père, il y a beaucoup de demeures ». Fais donc soigneusement attention au sens spirituel de ces paroles. (…) Si la porte ne s’ouvre pas, personne n’entre dans la maison du Père, comme dit le Christ : « Personne ne vient au Père, sinon par moi ».

    Or, que l’Esprit Saint le premier ouvre notre esprit et nous enseigne ce qui concerne le Père et le Fils, c’est encore lui qui l’a dit : « Quand viendra l’Esprit de vérité qui procède du Père, il témoignera à mon sujet, et il vous guidera dans la vérité tout entière ». Tu vois comment, par l’Esprit ou plutôt dans l’Esprit, le Père et le Fils se donnent à connaître inséparablement. (…)

    En effet, si on appelle clef le Saint-Esprit, c’est que par lui et en lui d’abord nous avons l’esprit éclairé et, purifiés, nous sommes illuminés de la lumière de la connaissance et baptisés d’en-haut, régénérés et rendus enfants de Dieu, comme dit Paul : « L’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements inexprimables », et encore : « Dieu a donné son Esprit en nos cœurs, qui crie : ‘Abba, Père’ ». C’est donc lui qui nous montre la porte, porte qui est lumière, et la porte nous apprend que celui qui habite dans la maison est lui aussi lumière inaccessible.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

    (Références bibliques : Lc 11,52; Jn 10,7.9; 20,22-23; 14,2; 10,3; 14,6; 15,26; 6,13; Rm 8,26; Ga 4,6)

     

     

  • Sois comme ton Maître, céleste !

    Tel est le premier homme, terrestre, tels aussi tous ceux qui naissent de lui, terrestres ; mais tel est le Christ, notre Maître céleste, célestes aussi sont tous ceux qui ont cru en lui, sont renés d’en haut et ont également été baptisés dans l’Esprit très saint (cf. 1 Co 15,48 ; Jn 3,3 ; Ac 1,5). Tel l’Esprit qui les fait naître, véritablement Dieu, tels sont ceux qui naissent de lui, dieux par adoption de Dieu et tous fils du Très Haut, comme dit la bouche divine. (…)

    Ne sois plus hésitant : si tu es chrétien, tel est le Christ, céleste, tel aussi tu dois être ; mais si tu ne l’es pas, comment t’appeler chrétien ? Si, en effet, comme le Maître est céleste, ainsi, d’après lui, sont aussi ceux qui ont cru en lui, à savoir célestes, alors tous ceux qui ont les pensées du monde, tous ceux qui vivent selon la chair n’appartiennent pas au Dieu Verbe qui est venu d’en haut, mais à celui qui a été façonné de terre, oui, à l’homme terrestre.

    Ainsi dois-tu penser, ainsi juger, ainsi croire, et chercher à devenir tel, céleste, selon la parole de celui qui est venu des cieux et a donné la vie au monde (cf. Jn 6,33) : c’est lui aussi le pain qui descend de là-haut, tel que ceux qui le mangent ne sauraient jamais plus voir la mort (cf. Jn 6,50s), car étant célestes, ils seront assurément pour toujours dépouillés de la corruption et revêtus de l’incorruptibilité, débarrassés de la mort et étroitement unis à la vie, puisqu’ils deviennent immortels, incorruptibles, et pour cela sont appelés célestes.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

     

     

  • « L’Esprit Saint que mon Père enverra en mon nom vous enseignera tout. »

    Ceux qui ont l’Esprit pour maître
    n’ont pas besoin de la connaissance qui vient des hommes
    mais, éclairés par la lumière de cet Esprit,
    ils regardent le Fils, ils voient le Père
    et adorent la Trinité des Personnes,
    le Dieu unique, qui par nature est un de manière inexprimable. (…)

    Arrête, homme ; tremble, toi qui es de nature mortelle,
    et songe que tu as été tiré du néant
    et qu’en sortant du ventre de ta mère
    tu as vu le monde qui avait été fait avant toi.
    Et si tu pouvais connaître la hauteur du ciel
    ou indiquer quelle est la nature
    du soleil, de la lune et des étoiles,
    où ils demeurent fixés et comment ils se déplacent (…),
    ou même la nature de la terre d’où tu as été tiré,
    ses limites et ses mesures, sa largeur et sa grandeur (…),
    si tu avais découvert le but de chaque chose
    et si tu avais compté le sable de la mer
    et si aussi tu pouvais connaître ta propre nature (…),
    alors tu pourrais songer à ton créateur,
    comment dans la Trinité l’unité demeure sans mélange
    et dans l’Unité, la Trinité sans division.

    Recherche l’Esprit ! (…)
    Peut-être que Dieu te consolera et te donnera,
    comme il t’a donné déjà de voir le monde
    et le soleil et la lumière du jour,
    oui, il daignera t’illuminer maintenant de la même façon (…),
    t’illuminer de la lumière du Triple Soleil (…)
    Tu apprendras alors la grâce de l’Esprit :
    que, même absent, il est présent par sa puissance
    et que, présent, on ne le voit pas à cause de sa nature divine,
    et qu’il est partout et nulle part.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

     

     

     

  • « Femme, qui cherches-tu ? » (Jn 20,15)

    Ne te relâche pas, mon âme, dans la poursuite du Maître,
    mais comme une âme qui s’est une bonne fois livrée d’elle-même à la mort,
    ne tâtonne pas à la recherche de tes aises, ne poursuis pas la gloire,
    ni la jouissance du corps, ni l’affection de tes proches,
    ne jette pas un coup d’œil à droite, pas un coup d’œil à gauche,
    mais, comme tu as commencé, et même de plus belle, cours,
    hâte-toi sans répit pour atteindre, pour saisir le Maître !
    Quand bien même il disparaîtrait dix mille fois et dix mille fois t’apparaîtrait,
    et qu’ainsi l’insaisissable serait pour toi saisissable,
    dix mille fois, ou plutôt tant que tu respires,
    redouble d’ardeur à sa poursuite et cours vers lui !

    Car il ne t’abandonnera pas, il ne t’oubliera pas,
    peu à peu, au contraire, de mieux en mieux il se montrera,
    plus fréquente se fera pour toi, mon âme, la présence du Maître
    et, après t’avoir parfaitement purifié par l’éclat de sa lumière,
    lui-même tout entier viendra en toi, lui-même habitera en toi,
    lui-même sera avec toi, lui l’auteur du monde,
    et tu posséderas la richesse véritable que le monde ne possède pas,
    que seuls possèdent le ciel et ceux qui sont inscrits dans les cieux. (…)

    Celui qui a fait le ciel, le Maître de la terre
    et de tout ce qui est dans le Ciel et de tout ce qui est dans le monde,
    le Créateur, lui le seul Juge, lui le seul Roi,
    c’est lui qui habite en toi, c’est lui qui se montre en toi,
    qui tout entier t’éclaire de sa lumière et te fait voir la beauté
    de son visage, qui t’accorde de le voir en personne
    plus distinctement, qui te donne part à sa propre gloire.
    Dis-moi, qu’existe-t-il de plus grand que cela ?

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)

     

     

  • Imite en toi la perfection de Dieu

    Le Verbe, Dieu de Dieu, est coéternel au Père et à l’Esprit et de même, par suite, mon âme est à son image à Lui. (…)

    Quand tu seras bien purifié et sera devenu image parfaite, tu ne verras pas le Modèle, tu ne le comprendras pas, à moins qu’il ne se révèle à toi par l’Esprit Saint. Car l’Esprit enseigne tout, brillant dans l’indicible lumière, et il te montrera de manière intellectuelle toutes les réalités intelligibles, autant que tu peux les voir, autant que c’est accessible à l’homme, à la mesure de la pureté de ton âme, et tu deviendras semblable à Dieu en imitant exactement ses œuvres, en fait de tempérance, de courage et d’amour pour les hommes, ainsi qu’en supportant les œuvres et en aimant tes ennemis. Car c’est cela l’amour des hommes : faire du bien à tes ennemis et les chérir comme des amis, comme de véritables bienfaiteurs, prier pour tous ceux qui te veulent du mal et avoir pour tous également, bons et mauvais, une authentique charité ; pour tous enfin, chaque jour, exposer ta vie, je veux dire pour leur salut, pour qu’un seul d’entre eux finisse par être sauvé, ou même tous, si possible.

    Voilà qui fera de toi, mon enfant, l’imitateur du Maître, et manifestera en toi la véritable image de ton Créateur, l’imitateur en toutes choses de la perfection même de Dieu.

    Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022)