Étiquette : Ste Elisabeth de la Trinité

  • La vie éternelle est déjà commencée

    La vie éternelle est déjà commencée

    Vous souvenez-vous de cette belle page où Jésus dit à son Père « qu’Il lui a donné puissance sur toute chair afin qu’Il lui communique la vie éternelle » ?

    Voilà ce qu’Il veut faire en vous : à toute minute Il veut que vous sortiez de vous, que vous quittiez toute préoccupation, pour vous retirer en cette solitude qu’Il se choisit au fond de votre cœur. Lui, Il est toujours là, encore que vous ne le sentiez pas ; Il vous attend et veut établir avec vous « un admirable commerce », comme nous le chantons dans la belle liturgie, une intimité d’Époux et d’épouse ; vos infirmités, vos fautes, tout ce qui vous trouble, c’est Lui, par ce contact continuel, qui veut vous en délivrer. N’a-t-Il pas dit : « Je ne suis pas venu pour juger, mais pour sauver. » Rien ne doit vous paraître un obstacle pour aller à Lui. Ne tenez pas trop compte si vous êtes enflammée ou découragée ; c’est la loi de l’exil de passer ainsi d’un état à l’autre. Croyez alors que, Lui, Il ne change jamais, qu’en sa bonté, Il est toujours penché sur vous pour vous emporter et vous établir en Lui. Si, malgré tout, le vide, la tristesse vous accablent, unissez cette agonie à celle du Maître au jardin des Olives, alors qu’il disait au Père : « S’il est possible faites que ce calice s’éloigne de moi. »

    Cela vous paraît peut-être difficile de vous oublier. Ne vous en préoccupez pas ; si vous saviez comme cela est simple… Je vais vous donner mon « secret » : pensez à ce Dieu qui habite en vous, dont vous êtes le temple ; c’est saint Paul qui parle ainsi, nous pouvons le croire. Petit à petit l’âme s’habitue à vivre en sa douce compagnie, elle comprend qu’elle porte en elle un petit Ciel où le Dieu d’amour a fixé son séjour. Alors c’est comme une atmosphère divine en laquelle elle respire, je dirais même qu’il n’y a plus que son corps sur la terre, mais que son âme habite au-delà des nuages et des voiles, en Celui qui est l’Immuable. Ne vous dites pas que cela n’est pas pour vous, que vous êtes trop misérable, car au contraire c’est une raison de plus pour aller à Celui qui sauve. Ce n’est pas en regardant cette misère que nous serons purifiées, mais en regardant Celui qui est toute pureté et sainteté.

    Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

  • « Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui. »

    « Ils se prosternaient, ils adoraient et jetaient leurs couronnes devant le trône, en disant : ‘ Tu es digne, Seigneur, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance ‘ » (Ap 4,10s). Comment imiter dans le ciel de mon âme cette occupation des bienheureux dans le ciel de la gloire ? Comment poursuivre cette louange, cette adoration ininterrompues ? Saint Paul me donne une lumière là-dessus lorsqu’il souhaite pour les siens que « le Père les fortifie par son Esprit, en sorte que Jésus Christ habite par la foi en leurs cœurs et qu’ils soient enracinés et fondés dans l’amour » (cf Ep 3,16s). Être enraciné et fondé dans l’amour : telle est, me semble-t-il, la condition pour remplir dignement son office de « louange de gloire » (Ep 1,6.12.14). L’âme qui pénètre et demeure en ces profondeurs de Dieu…, qui fait par conséquent tout « en lui, avec lui, par lui et pour lui »…, cette âme s’enracine plus profondément en Celui qu’elle aime, par chacun de ses mouvements, de ses aspirations, comme par chacun de ses actes, quelque ordinaires qu’ils soient. Tout en elle rend hommage au Dieu trois fois saint : elle est pour ainsi dire un Sanctus perpétuel, une louange de gloire incessante !

    « Ils se prosternent, ils adorent, ils jettent leurs couronnes. » D’abord l’âme doit se prosterner, se plonger dans l’abîme de son néant, s’y enfoncer si profondément qu’elle…trouve la paix véritable, immuable et parfaite que rien ne trouble, car elle s’est précipitée si bas que personne n’ira la chercher là. Alors elle pourra adorer.

    Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

     

     

     

  • Nativité du Seigneur Jésus-Christ (messe de la nuit)

    J’ai vu briller l’étoile lumineuse

    J’ai vu briller l’étoile lumineuse
    Qui m’indiquait le berceau de mon Roi
    Et dans la nuit calme et mystérieuse
    Elle semblait s’orienter vers moi.
    Puis j’entendis, pleine de charme,
    La voix de l’Ange qui me dit :
    « Recueille-toi, c’est en ton âme
    Que le mystère est accompli.
    Jésus, Splendeur du Père,
    En toi s’est incarné.
    Avec la Vierge Mère
    Étreins ton Bien Aimé,
    Il est à toi. »

    Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

     

     

     

     

  • L’unique nécessaire

    Il faut prendre conscience que Dieu est au plus intime de nous et aller à tout avec Lui ; alors on n’est jamais banal, même en faisant les actions les plus ordinaires, car on ne vit pas en ces choses, on les dépasse ! Une âme surnaturelle ne traite jamais avec les causes secondes mais avec Dieu seulement. Oh ! comme sa vie est simplifiée, comme elle se rapproche de la vie des esprits bienheureux, comme elle est affranchie d’elle-même et de toutes choses ! Tout pour elle se réduit à l’unité, cet « unique nécessaire » dont le Maître parlait à Madeleine. Alors elle est vraiment grande, vraiment libre, parce qu’elle a « enclos sa volonté en celle de Dieu ».

    Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)

     

     

     

  • Le Prince de la Paix

    Lancez votre âme sur les flots de la confiance et de l’abandon, et pensez que tout ce qui la trouble et la jette dans la crainte ne vient pas du Bon Dieu, car Il est le Prince de la Paix et Il l’a promise « aux hommes de bonne volonté » (Lc 2,14). Lorsque vous craignez d’avoir abusé de ses grâces, c’est alors le moment de redoubler de confiance car, dit encore l’Apôtre, « où le péché abonde, la grâce surabonde » (Rm 5,20), et plus loin : « je me glorifie dans mes faiblesses car alors la force de Jésus-Christ habite en moi. » (2Co 12,9) « Il est riche en miséricorde, notre Dieu, à cause de son immense amour. » (Ep 2,4)

    Sainte Élisabeth de la Trinité (1880-1906)