Étiquette : St Nersès Snorhali

  • Toi, le Fils unique du Père, tu es né dans notre chair !

    D’abord, par ton Esprit divin
    L’âme de la sainte Vierge a été sanctifiée,
    Et la puissance de ton Père des cieux
    L’a couverte de son ombre.

    Ensuite, Toi, le Fils unique du Père,
    Tu es descendu de gré en ses entrailles :
    Tu es devenu véritablement chair,
    Dieu et homme, les deux ne formant qu’un.

    Tu es né avec notre corps humain,
    Toi qui étais né d’abord du Père incorporellement ;
    Tu as ôté les douleurs du premier homme,
    Couvert de feuilles, grâce à tes langes.

    Ô Toi le Verbe, dans la crèche de celui qui est privé de parole
    Pour être la nourriture de celui qui est doué de parole,
    Ô Toi Lumière, manifestée par la lumière de l’étoile,
    Les Mages grâce à celle-ci T’ont adoré.

    Les Chœurs des Anges étaient descendus dans la grotte,
    Et Te servaient en ta sainte Nativité ;
    Ils avisaient les bergers et leur annonçaient la Bonne Nouvelle ;
    Ils chantaient : « Gloire au plus haut des cieux ! »

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Seigneur, je me suis éloigné !

    Je me suis éloigné, à l’exemple de la brebis,
    De ton troupeau pensant ;
    J’ai diminué le nombre de la centaine
    Que Tu as laissée dans le désert d’en-haut.

    Tu es venu par amour à la recherche de l’unique ;
    Une fois retrouvée, Tu l’as portée sur tes épaules au ciel ;
    Tu as complété le nombre de la troupe qui avait chuté,
    Pour faire la joie des Anges.

    Tu m’as porté moi aussi, Seigneur, avec la multitude ;
    Tu m’as lavé de la boue et de la fange du péché ;
    En elles de nouveau à présent je me vautre,
    À l’exemple de l’ami stupide des ordures.

    Lave-moi de nouveau au moyen des larmes ;
    Veuille les accorder à mon âme impénitente
    Comme un ruisseau abondant et bouillonnant,
    À l’exemple de la fontaine débordante.

    Et moi qui me suis encore égaré volontairement,
    Fais-moi revenir à ta volonté divine ;
    La volonté de mon libre arbitre princier
    Ôte-la pour ce en quoi elle ne T’obéit pas.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Justifie-moi avec le Publicain !

    Le Pharisien de la Loi,
    En sa prière au Temple,
    Mettait en avant le bien qu’il avait accompli
    Devant tes yeux qui voient tout.

    L’âme insensée s’enorgueillissait
    En se comparant au genre humain lointain
    Et au proche Publicain
    Qui, en même temps que lui, priait.

    Non seulement il n’obtint pas ce qu’il demandait
    À cause de sa langue grandiloquente,
    Mais encore ses œuvres antérieures de justice,
    Il les perdit à cause de son discours vaniteux.

    Mais alors, que ferai-je à mon âme
    Qui aime le vice totalement,
    Très négligente pour les bonnes actions,
    Active pour amasser les mauvaises ?

    Car je n’accomplis pas les bonnes actions
    Pour lesquelles s’est glorifié le Pharisien ;
    Et je suis bien supérieur à lui
    Dans le vice de la gloriole et de l’orgueil.

    Mais donne la voix du Publicain
    À mon âme guérie, chef des Publicains,
    Pour clamer avec ses propres mots :
    « Mon Dieu, pardonne-moi mes péchés ! »

    Justifie-moi avec lui,
    Comme Tu l’as fait pour lui par une seule parole ;
    Humilie mon esprit au-dedans,
    Pour que je sois exalté par ta grâce.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • « Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. »

    À la recherche de ta perle
    Je ne me suis point mis comme le marchand ;
    Et je n’ai point, en échange de l’Inéchangeable,
    Donné l’amour de l’éphémère.

    Je n’ai point vendu, selon le commandement,
    La concupiscence du terrestre,
    Afin d’acquérir ce qui est d’un haut prix :
    L’étoile du matin, née de la Rosée.

    Ô Toi qui es né de la Vierge à la manière de la perle,
    Dieu et homme, les deux ne formant qu’un,
    Fais que de ton amour divin
    Je sois le mendiant au cœur blessé !

    Ouvre ma chambre nuptiale, moi qui soupire ;
    Entre dans l’appartement avec l’affection du cœur ;
    Rends-moi de nouveau ta demeure
    Et embrasse-moi de ta droite.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  • Accorde-moi de toujours parler avec ton verbe !

    Jour après jour, ton ordre
    Je l’entends par mon ouïe corporelle,
    De ne pas jurer du tout,
    Ni par les choses de la terre, ni par le ciel.

    Quant à moi, bouchant les oreilles de mon âme,
    Je ne laisse pas y entrer la Parole ;
    Mais je me conduis d’une manière opposée,
    Et je désobéis au Commandement. (…)

    Mais Toi qui as donné comme outil de la parole
    La pensée et la langue, souffle éthéré,
    Ouvre ma bouche par ton Esprit,
    Remplis-la de la bénédiction spirituelle,

    Pour que je parle de la Loi divine,
    De la Bonne Nouvelle du Nouveau Testament,
    De la sagesse de la théorie
    Et du mystère de la pratique.

    Éloigne de moi la parole qui divise,
    Le blasphème irrémissible,
    Et la plainte avec la calomnie,
    Le murmure avec la détraction.

    La tromperie envers le prochain,
    Et la trahison du perfide,
    Le serment du parjure,
    Le mensonge qui est le propre du Mauvais ; (…)

    La loquacité diabolique,
    Et la jactance du présomptueux ;
    Et en général tous les flots de paroles
    Qui, une fois prononcées, sont regrettées.

    Et accorde-moi le verbe, ô Toi, Verbe incarné,
    Pour parler toujours avec ton verbe,
    Pour le donner comme grâce à mon auditeur,
    Pour l’édification de l’âme démolie.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

  •  » Alors leurs yeux s’ouvrirent. » (Lc 24, 31)

    Le même jour du Dimanche
    Sur le chemin d’Emmaüs,
    Avec Cléophas et son compagnon de route
    Tu T’es mis à converser.

    Tu T’es fait connaître dans la demeure,
    Lorsque Tu as rompu le Pain sacré ;
    Dès que Tu as disparu à leurs yeux,
    Leurs cœurs brûlants étaient plongés dans la perplexité.

    À moi aussi fais connaître l’Ineffable :
    Ta vue cachée si désirable ;
    Et que mon cœur se consume en moi
    Par le souvenir de ton amour céleste.

    De cette vallée de tristesses,
    Place des marches dans mon cœur pour monter au ciel,
    Où Tu nous as promis, ô Fils unique,
    Ton Royaume d’en haut.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

     

     

     

  • Le jeudi saint

    Le mystère salvifique de la Croix,
    Tu l’as révélé et montré le soir ;
    Et ton corps, source de vie,
    Tu l’as distribué et donné comme la Coupe.

    Daigne avec la sainte Assemblée
    Me rendre moi aussi participant à la Table,
    À ton Pain de Vie dont je suis affamé,
    Et à ton Breuvage dont je suis altéré.

    Tu as lavé dans le bassin
    Avec tes mains pures leurs pieds,
    Et Tu as enseigné l’humilité
    D’abord en parole, à cette heure-là en acte.

    Lave aussi la fange de mes méchancetés
    Par les supplications de la sainte Compagnie
    Et dirige la marche de mes pieds
    Par la voie de l’humilité vers le Ciel.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

     

     

     

     

  • La prière du fils perdu

    À présent, je Te supplie, moi avec lui :
    « Père, j’ai péché contre Toi, contre le Ciel ;
    Je ne suis pas digne d’être appelé fils,
    Fais donc de moi le dernier des journaliers. »

    Rends-moi digne du plus pur
    Et saint baiser de ton Père si bon.
    Sous le toit de la salle des Noces
    Veuille me recevoir de nouveau.

    Et la robe première,
    Dont me dépouillèrent les brigands,
    Veuille m’en revêtir encore,
    Comme ornement de l’Épouse parée.

    L’anneau royal,
    Signe d’autorité,
    Fais que je le porte en ma main droite,
    Pour ne plus désormais obliquer à gauche.

    Et comme protection contre le Serpent
    Donne des chaussures à mes pieds
    Pour qu’ils ne heurtent pas la ténèbre,
    Mais que sa tête soit écrasée.

    À l’immolation du veau gras,
    Qui est le sacrifice sur la Croix,
    Et au sang sorti du Côté par la lance,
    D’où jaillit pour nous le ruisseau de Vie,

    Fais-moi communier à nouveau,
    Suivant la parabole de l’Enfant Prodigue,
    Pour manger le pain vivifiant,
    Pour boire ta coupe céleste.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

     

     

     

  • Viens loger dans la maison de mon âme !

    Comme Zachée le publicain
    Je me suis pas élevé de cette terre vile
    Sur l’arbre élevé de la sagesse,
    Pour ta contemplation divine.

    La courte taille du spirituel
    N’a pas grandi en moi par de bonnes œuvres,
    Tout au contraire elle a diminué sans cesse
    Jusqu’à me faire retourner au lait des enfants.

    De nouveau en prenant la parabole au rebours,
    Je suis monté sur l’arbre du corps pervers,
    En vue de l’amour terrestre au goût suave,
    Comme Zachée aussi sur le figuier.

    De là, grâce à ta parole puissante
    Fais-moi descendre en hâte comme lui ;
    Viens loger dans la maison de mon âme,
    Et, avec Toi, le Père et le Saint-Esprit.

    Fais que le corps qui a causé du tort à mon âme
    Lui rende le quadruple en service,
    Et donne la moitié des biens corporels
    À mon libre arbitre appauvri,

    Afin que selon ta parole salvatrice à lui adressée,
    Je sois digne d’entendre ta voix,
    En étant moi aussi fils d’Abraham,
    Suivant la foi du Patriarche.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

     

     

     

  • Sois le compagnon d’armes de mon âme, ô mon Roi !

    Mon âme, princesse royale,
    Lorsque je suis entré dans le monde par elle,
    Contre les conquérants des ténèbres
    Entra en une guerre farouche.

    Au prime abord, elle ne pensa pas en son esprit
    qu’avec dix mille,
    − Elle-même et les sens de son corps, −
    Elle ne pourrait pas mener le combat. (…)

    Et les témoins me louaient
    Comme une personne qui connaîtrait sa capacité
    Pour entrer en lutte contre un faible adversaire
    Et non point contre un Antagoniste qui me surpassait.

    Mais lorsque mon Ange a envoyé,
    Avant que d’entrer en guerre,
    La volonté de mon libre arbitre
    Pour qu’elle fasse la paix selon la loi,

    Je n’ai point cependant prêté l’oreille au conseil
    De ton commandement donné sous forme de parabole ;
    C’est pourquoi, je suis tombé dans le combat,
    Percé de mille traits inguérissables.

    J’ai vu les autres ayant un corps pareil au mien
    Remporter la victoire dans l’arène ;
    Et j’ai cru que moi aussi comme eux
    Je vaincrais dans le combat singulier.

    Mais lorsque les tentations sont survenues,
    Elles ont révélé mes relâchements ;
    Elles m’ont séparé du groupe des vertueux
    Et m’ont laissé dans celui ces scélérats.

    Mais Toi, ô mon Roi céleste,
    Fils unique du Père tout-puissant,
    Sois le compagnon d’armes de mon âme faible
    Dans le combat spirituel.

    Frappe les mille qui sont à ma gauche,
    Eux qui manifestement luttent avec méchanceté,
    Et les dix mille qui sont à ma droite,
    Eux qui prennent aussi les apparences du bien.

    Fortifie-moi contre leur épée
    Avec l’arme de ta vérité ;
    Et garde ma tête, membre sublime,
    Grâce au casque de ton Signe.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)