Étiquette : St Athanase

  • « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je Suis. »

    crux immissaQuelqu’un pourrait demander : si le Christ devait livrer pour tous son corps à la mort, pourquoi ne l’a-t-il pas quitté simplement comme un homme ; pourquoi est-il allé jusqu’à le faire crucifier ? Car on pourrait dire qu’il était plus convenable pour lui de déposer son corps dans la dignité, que de subir l’outrage d’une telle mort. Cette objection est trop humaine : ce qui est arrivé au Sauveur est vraiment divin et digne de sa divinité pour plusieurs raisons.

    D’abord parce que la mort qui survient aux hommes leur arrive à cause de la faiblesse de leur nature ; ne pouvant durer longtemps, ils se désagrègent avec le temps. Des maladies leur surviennent et, ayant perdu leurs forces, ils meurent. Mais le Seigneur n’est pas faible ; il est la Puissance de Dieu, il est le Verbe de Dieu et la Vie en soi. S’il avait déposé son corps en privé, dans un lit, à la manière des hommes, on aurait pensé… qu’il n’avait rien de plus que les autres hommes… Il ne convenait pas que le Seigneur soit malade, lui qui guérissait les maladies des autres…

    Pourquoi donc n’a-t-il pas écarté la mort comme il a écarté la maladie ? Parce qu’il possédait un corps justement pour cela, et pour ne pas entraver la résurrection… Mais, dira peut-être quelqu’un, il aurait dû esquiver le complot de ses ennemis, pour conserver son corps tout à fait immortel. Qu’il apprenne donc, celui-là, que cela non plus ne convenait pas au Seigneur. De même qu’il n’était pas digne du Verbe de Dieu, étant la Vie, de donner la mort à son corps par sa propre initiative, de même il ne lui convenait pas de fuir la mort donnée par d’autres… Une telle attitude ne signifiait aucunement la faiblesse du Verbe, mais elle le faisait connaître comme Sauveur et Vie… Le Sauveur ne venait pas consommer sa propre mort mais celle des hommes.

    Saint Athanase (295-373), évêque d’Alexandrie, docteur de l’Église
    Sur l’incarnation du Verbe, 21-22 (trad. SC 199, p. 343s)

     

     

  • Une guérison le jour du sabbat, symbole de l’achèvement de la création

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    Ce monde est très bon, tel qu’il a été fait et tel que nous le voyons, parce que Dieu le veut ainsi : personne ne pourrait en douter. Si la création était désordonnée, si l’univers évoluait au hasard, on pourrait mettre en doute cette affirmation. Mais puisque le monde a été fait avec sagesse et science, de façon raisonnable et logique, puisqu’il a été orné de toute beauté, il faut que celui qui y préside et qui l’a organisé ne soit autre que la Parole de Dieu, son Verbe, son Logos…

    Étant la Parole bonne du Dieu de bonté, c’est ce Verbe qui a disposé l’ordre de toutes choses, qui a réuni les contraires avec les contraires pour en former une seule harmonie. C’est lui, « puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (1Co 1,24), qui fait tourner le ciel, qui suspend la terre et qui, sans qu’elle repose sur rien, la maintient par sa propre volonté (cf He 1,3). Le soleil éclaire la terre par la lumière qu’il reçoit de lui, et la lune reçoit sa mesure de sa lumière. Par lui, l’eau est suspendue dans les nuages, les pluies arrosent la terre, la mer garde ses limites, la terre se couvre de plantes de toutes sortes (cf Ps 103)…

    La raison pour laquelle cette Parole, le Verbe de Dieu, est venue jusqu’aux créatures est vraiment admirable… La nature des êtres créés est passagère, faible, mortelle ; mais puisque le Dieu de l’univers est par nature bon et excellent, il aime les hommes… Voyant donc que par elle-même toute la nature créée s’écoule et se dissout, pour lui éviter cela et pour que l’univers ne retourne pas au néant…, Dieu ne l’abandonne pas aux fluctuations de sa nature. Dans sa bonté, par son Verbe, il gouverne et maintient toute la création… Elle ne subit donc pas le sort qui serait le sien si le Verbe ne la gardait pas, c’est-à-dire l’anéantissement. « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute créature, parce que c’est par lui que tout subsiste, les choses visibles et invisibles, et il est aussi la tête de l’Eglise » (Col 1,15-18).

    Saint Athanase (295-373), évêque d’Alexandrie, docteur de l’Église
    Contre les païens, 40 ; SC 18 (trad. SC p. 190 rev.)