Étiquette : spiritualité

  • Devenir une âme pleinement spirituelle

    Devenir une âme pleinement spirituelle

    Vers l’Esprit se tournent tous ceux qui ont besoin de sanctification, vers lui s’élance le désir de tous ceux qui vivent selon la vertu et qui sont comme « rafraîchis » par son souffle, secourus dans la poursuite de la fin conforme à leur nature. (…)

    Se purifier de la laideur contractée par les vices, revenir à la beauté de sa nature, restituer pour ainsi dire à l’image royale sa forme primitive, par la pureté, c’est la seule manière de s’approcher de l’Esprit Saint. Et lui, comme le soleil s’emparant d’un œil très pur, te montrera en lui-même l’Image de l’Invisible ; tu verras dans la bienheureuse contemplation de l’Image l’ineffable beauté de l’Archétype.

    Par lui les cœurs s’élèvent, les faibles sont conduits par la main, les progressants deviennent parfaits. C’est lui qui illumine ceux qui sont purifiés de toute souillure et les rend « spirituels » par communion avec lui. Comme les corps limpides et transparents deviennent étincelants lorsqu’un rayon lumineux les frappe et par eux-mêmes diffusent un autre éclat, ainsi les âmes porteuses de l’Esprit, illuminés par l’Esprit, deviennent pleinement « spirituelles » et répandent la grâce sur les autres.

    Saint Basile (v. 330-379)

  • Dieu intérieur

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    Le monde spirituel ne se trouve pas: il s’éprouve.
    Des tonnes de discours n’ont jamais changé rien à rien. Ce sont les exemples, les présences qui sont actives. Si nous changeons de direction, et si nous nous trouvons au seuil de la nouvelle naissance, c’est presque toujours parce qu’un être sur notre route a donné le déclic, parce qu’un être a été pour nous un ferment de libération et à travers l’espace qui se dégageait de lui, à travers la lumière qui émanait de lui, à travers sa transparence à notre origine, nous nous sommes mis en route précisément parce qu’une âme était devenue intérieurement la nôtre.
    Il s’agit de passer d’un dieu extérieur, considéré comme un pouvoir qui domine et qui limite, à un dieu intérieur, secret, silencieux, dépouillé, fragile, intérieur à nous-mêmes et qui nous attend à chaque battement de notre coeur, dans le plus secret et le plus profond de notre intimité.
    Tous les malaises dont nous souffrons disparaîtront, dans la mesure où ce diagnostic sera heureusement accompli et où nous comprendrons que nous sommes appelés à un approfondissement merveilleux, à une découverte vitale de l’Évangile, à une rencontre originale avec Jésus-Christ, comme le vécut la Samaritaine, précisément parce que le Dieu qui se révèle, ce n’est plus le Dieu des peuples, le Dieu des foules, le Dieu des rassemblements trépignants, c’est le Dieu des personnes, c’est le Dieu du coeur, comme dit Saint-Augustin, c’est le Dieu silencieux, le Dieu fragile, le Dieu qui peut échouer. Dieu ne s’impose jamais.
    L’Évangile n’est pas un livre, c’est une Personne.
    Maurice Zundel
    in Braises, Editions du Levain, 1986
    cité par « croire.com »
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  • La charité de M. Vincent

    Saint Vincent de Paul a profondément marqué de son empreinte la France du XVIIe siècle. Sa vie est toute donnée au service de la charité et du salut des âmes des pauvres. Saint Vincent de Paul naît dans une famille de paysans des Landes, le 24 avril 1581. Ses parents sont pauvres sans être misérables. L’enfant est intelligent : son père le pousse à faire des études et l’envoie au collège de Dax. Puis Vincent est orienté vers la prêtrise. A 15 ans, il part pour Toulouse étudier la théologie.

    Il est ordonné prêtre à 19 ans, le 23 septembre 1600, par Mgr de Bourdeilles, évêque de Périgueux. Commence alors une longue période de flottement et de maturation. Prêtre âgé d’à peine 20 ans, il n’a pas encore trouvé sa véritable vocation. Il part sans succès à la recherche d’un bénéfice ecclésiastique. Au cours d’un voyage, il est enlevé par des pirates turcs et réduit en esclavage à Tunis pendant deux ans. Il monte à Paris en 1608 et devient ami avec le secrétaire de l’ancienne reine, Marguerite de Valois. Celle-ci le

    nomme aumônier, chargé de distribuer ses libéralités. Il visite les pauvres malades de l’hôpital de la Charité.

    RENCONTRE AVEC LES GRANDS SPIRITUELS FRANÇAIS

    Vers 1610, il rencontre Pierre de Bérulle qui fonde, l’année suivante, la congrégation de l’Oratoire de France. Vincent le prend comme conseiller spirituel. Il se familiarise avec le mouvement de spiritualité qu’on appellera plus tard l’École Française de Spiritualité, qui marque si profondément la France religieuse du XVIIe siècle. Il y rencontre François de Sales. Vincent traverse à cette période une profonde crise intérieure de doutes contre la foi. Il partage durant quelques mois la vie et les exercices de l’Oratoire. Bérulle l’invite à prendre une cure de campagne proche, à Clichy. Le jeune prêtre restaure l’église et se met avec enthousiasme au service spirituel de ses fidèles, visite les malades, prêche avec ardeur et cherche à rendre la foi à ses 600 paroissiens ruraux. L’année suivante, Bérulle lui procure la charge de précepteur chez Monsieur de Gondi, Philippe-Emmanuel de Gondi, Général des galères, l’une des plus riches familles de France. Outre ses obligations dans la famille, Vincent se met à évangéliser les populations de leurs fiefs.