Étiquette : Royaume des Cieux

  • « Elle a tout donné. »

    Au Royaume des cieux, tous ensemble, et comme un seul homme, seront un seul roi avec Dieu, car tous voudront une seule chose et leur volonté s’accomplira. Voilà le bien que, du haut du ciel, Dieu déclare mettre en vente.

    Si quelqu’un se demande à quel prix, voici la réponse : il n’a pas besoin d’une monnaie terrestre, celui qui offre un Royaume dans le ciel. Personne ne peut donner à Dieu que ce qui lui appartient déjà, puisque tout ce qui existe est à lui. Et cependant, Dieu ne donne pas une si grande chose sans qu’on n’y mette aucun prix : il ne la donne pas à celui qui ne l’apprécie pas. En effet, personne ne donne ce qui lui est cher à celui qui n’y attache pas de prix. Dès lors, si Dieu n’a pas besoin de tes biens, il ne doit pas non plus te donner une si grande chose si tu dédaignes de l’aimer : il ne réclame que l’amour, sans quoi rien ne l’oblige à donner. Aime donc, et tu recevras le Royaume. Aime, et tu le posséderas… Aime donc Dieu plus que toi-même, et déjà tu commences à tenir ce que tu veux posséder parfaitement dans le ciel.

    Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l’Église

     

     

     

     

  • « Il les envoya proclamer le règne de Dieu »

    Notre époque, alors que l’humanité est en mouvement et en recherche, exige une impulsion nouvelle dans l’action missionnaire de l’Église. Les horizons et les possibilités de la mission s’étendent, et nous les chrétiens, nous sommes appelés au courage apostolique, fondé sur la confiance dans l’Esprit Saint. C’est lui le protagoniste de la mission :! Dans l’histoire de l’humanité, de nombreux tournants marquants ont stimulé le dynamisme missionnaire, et l’Église, guidée par l’Esprit, y a toujours répondu avec générosité et prévoyance. Et les fruits n’ont pas manqué. On a célébré… le millénaire de l’évangélisation de la Russie et des peuples slaves… [et] le cinq centième anniversaire de l’évangélisation des Amériques. On a aussi célébré récemment le centenaire des premières missions de plusieurs pays d’Asie, d’Afrique et d’Océanie. L’Église doit affronter aujourd’hui d’autres défis, en avançant vers de nouvelles frontières tant pour la première mission « :ad gentes :», auprès des peuples de la terre, que pour la nouvelle évangélisation de peuples qui ont déjà reçu l’annonce du Christ. Il est aujourd’hui demandé à tous les chrétiens, aux Églises particulières et à l’Église universelle le même courage que celui qui animait les missionnaires du passé, la même disponibilité à écouter la voix de l’Esprit.

    Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

     

     

     

  • « Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »

    L’Écriture nous appelle tous des « enfants » ; lorsque nous nous mettons à suivre le Christ, nous recevons le nom de « tout-petits » (Mt 18,3; 19,13; Jn 21,5)… Qui donc est notre éducateur, notre pédagogue, à nous, les tout-petits ? Il s’appelle Jésus. Il se donne lui-même le nom de berger ; il se dit « le bon berger » (Jn 10,11). Il établit une comparaison entre les bergers qui guident leurs brebis et lui-même, le pédagogue qui dirige les petits enfants, le berger plein de sollicitude pour les tout-petits qui, dans leur simplicité, sont comparés à des brebis. « Et ils seront tous, dit-il, un seul troupeau, car il y aura un seul berger » (Jn 10,16). Notre pédagogue, c’est donc naturellement le Verbe, la Parole de Dieu, car il nous conduit vers le salut. C’est ce qu’il a dit clairement par la bouche du prophète Osée : « Je suis votre éducateur » (5,2 LXX). Quant à sa pédagogie, c’est la religion : elle nous enseigne le service de Dieu, nous forme à la connaissance de la vérité, nous conduit droit au ciel… Le navigateur dirige le bateau avec l’intention de mener les passagers à bon port ; de même, notre pédagogue indique aux enfants de Dieu le mode de vie qui conduit au salut, en raison de sa sollicitude pour nous… Celui qui nous conduit donc, c’est le Dieu saint, Jésus, la Parole de Dieu, guide de l’humanité entière ; Dieu lui-même nous conduit, dans son amour pour nous… Pendant l’Exode, le Saint-Esprit dit de lui : « Il a fourni tout le nécessaire à son peuple dans le désert, dans la soif ardente, dans les lieux arides ; il l’a entouré, il l’a éduqué, il l’a gardé comme la prunelle de son œil. Comme un aigle veille sur sa couvée, il a étendu ses ailes sur son peuple ; il l’a pris et l’a porté. Le Seigneur était seul à le conduire » (Dt 32,10-12).

    Saint Clément d’Alexandrie (150-v. 215), théologien

     

     

     

     

  • « Que ton Règne vienne ! »

    Pourquoi le faire roi ? N’était-il pas roi, lui qui craignait de le devenir ? Oui, il l’était. Mais pas un roi comme en font les hommes ; il était un roi qui donne aux hommes le pouvoir de régner. Peut-être Jésus veut-il, là aussi, nous donner une leçon, lui dont les actions sont des enseignements… Peut-être que « le prendre de force » c’était vouloir devancer le moment de son règne. En effet, il n’était pas venu pour régner à ce moment-là, comme il le fera, ainsi que nous le disons : « Que ton Règne vienne ! » Comme Fils de Dieu, comme Verbe de Dieu, le Verbe par qui tout a été fait, il règne toujours avec le Père. Mais les prophètes ont prédit aussi son règne en tant qu’il est le Christ fait homme et qu’il a fait de ses fidèles des chrétiens. Il y aura donc un royaume des chrétiens, qui se forme actuellement, qui se prépare, qu’achète le sang du Christ.

    Plus tard ce royaume se manifestera, lorsque la splendeur des saints rayonnera, après le jugement prononcé par le Christ. De ce royaume, l’apôtre a dit : « Il remettra la royauté à Dieu le Père. » (1Co 15,24) Et lui-même en a parlé en disant : « Venez les bénis de mon Père ; recevez le royaume qui vous a été préparé dès le commencement du monde. » (Mt 25,34) Mais les disciples et les foules qui croyaient en lui ont pensé qu’il était venu pour régner dès ce moment-là. C’était vouloir devancer son temps, qu’il cachait en lui-même pour le faire connaître et le faire éclater au bon moment, à la fin des siècles.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sermons sur l’évangile de Jean, n°25, 2.

     

     

  • « Proclamez que le Royaume des cieux est tout proche. Guérissez les malades. »

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    Frères, j’entends quelqu’un murmurer aujourd’hui contre Dieu : « Seigneur, que les temps sont durs ; quelle époque difficile à traverser ! » … Homme qui ne te corrige pas, n’es-tu pas mille fois plus dur que le temps que nous vivons ? Toi qui soupires après le luxe, après ce qui n’est que vanité, toi dont la cupidité est toujours insatiable, toi qui veux faire un mauvais usage de ce que tu désires, tu n’obtiendras rien…

    Guérissons-nous, frères ! Corrigeons-nous ! Le Seigneur va venir. Parce qu’il n’apparaît pas encore on se moque de lui ; pourtant il ne va pas tarder à venir, et alors ce ne sera plus le moment de s’en moquer. Frères, corrigeons-nous ! Un temps meilleur va venir, mais non pas pour ceux qui vivent mal. Déjà le monde vieillit, il tourne à la décrépitude ; et nous, allons-nous redevenir jeunes ? Qu’espérons-nous donc ? Frères, n’espérons plus d’autres temps que ceux dont nous parle l’Évangile. Ils ne sont point mauvais car le Christ vient ! S’ils nous semblent durs, difficiles à traverser, Christ vient nous réconforter…

    Frères, il faut que les temps soient durs. Pourquoi donc ? Pour qu’on ne cherche pas le bonheur en ce monde. C’est là notre remède : il faut que cette vie soit agitée, pour qu’on s’attache à l’autre vie. Comment ? Écoutez… Dieu voit les hommes s’agiter misérablement sous l’étreinte de leurs désirs et des soucis de ce monde qui donnent la mort à leur âme ; alors le Seigneur vient à eux comme un médecin qui apporte le remède.

    Saint Augustin (354-430), évêque d’Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église
    Sur l’avènement du Christ, sermon 19, 7.8 (Œuvres complètes de saint Augustin, 6e série, 4e supplément ; trad. Bardot et Aubert, rev.)

     

     

     

  • Le Règne de Dieu au milieu de nous et au-dedans de nous

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    À mon avis, ce serait indigne de nous éloigner de la contemplation du Christ ne serait-ce qu’un moment. Lorsque notre vue a commencé à dévier de ce but divin, tournons vers lui les yeux de notre cœur et ramenons-y comme une ligne droite le regard de notre esprit. Tout repose dans le sanctuaire profond de l’âme ; lorsque le diable en a été chassé et que le mal n’y règne plus, alors le règne de Dieu s’établit en nous. Mais « le Règne de Dieu, écrit l’évangéliste, ne viendra pas d’une manière visible… En vérité, le règne de Dieu est au-dedans de vous ».

    Or en nous, il ne peut y avoir que la connaissance ou l’ignorance de la vérité, l’amour du vice ou de la vertu, par quoi nous donnons la royauté de notre cœur, soit au diable, soit au Christ.

    L’apôtre Paul à son tour décrit ainsi la nature de ce règne : « Le règne de Dieu n’est pas dans le boire et le manger ; il est justice, paix et joie dans l’Esprit Saint » (Rm 14,17). Si donc le règne de Dieu est au-dedans de nous, et qu’il consiste en la justice, la paix et la joie, quiconque demeure en ces vertus est sans aucun doute dans le royaume de Dieu… Élevons le regard de notre âme vers ce royaume, qui est joie sans fin.

    Saint Jean Cassien (v. 360-435), fondateur de monastère à Marseille
    Conférences, n°1 (trad. SC 42, p. 90 rev.)

     

     

     

  • Amassons des trésors éternels

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    Le monde passe ; nous passons avec lui. Les rois, les empereurs, tout s’en va. On s’engouffre dans l’éternité d’où l’on ne revient plus. Il ne s’agit que d’une seule chose : sauver sa pauvre âme. Les saints n’étaient pas attachés aux biens de la terre ; ils ne songeaient qu’à ceux du ciel. Les gens du monde, au contraire, ne songent qu’au temps présent.

    Il faut faire comme les rois. Quand ils vont être détrônés, ils envoient leurs trésors en avant ; ces trésors les attendent. De même un bon chrétien envoie toutes ses bonnes œuvres à la porte du ciel. […]

    La terre est un pont pour passer l’eau ; elle ne sert qu’à soutenir nos pieds… Nous sommes en ce monde mais nous ne sommes pas de ce monde, puisque nous disons tous les jours : « Notre Père qui êtes aux cieux… » Il faut donc attendre notre récompense quand nous serons « chez nous » dans la maison paternelle.

    Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d’Ars
    Pensées choisies du Saint curé d’Ars (J. Frossard, Eds Téqui ; chap. 4, p.23-24)

     

     

  • Le Christ nous appelle à choisir la voie qui conduit à son Royaume (Mt 7,13)

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    Il existe deux voies d’enseignement et d’action : celle de la lumière et celle des ténèbres. L’écart est grand entre ces deux voies. Sur l’une sont postés les anges de Dieu, porteurs de lumière, sur l’autre, les anges de Satan…

    Voici la voie de la lumière. Que celui qui veut y cheminer jusqu’au but assigné s’applique à sa tâche. Voici la connaissance qui nous a été donnée pour nous diriger dans cette voie : tu aimeras celui qui t’a créé, tu craindras celui qui t’a façonné, tu glorifieras celui qui t’a racheté de la mort, tu seras simple de cœur et riche d’esprit. Tu ne t’attacheras pas à ceux qui foulent le chemin de la mort… Tu ne t’élèveras pas, mais tu seras humble toujours. Tu ne tireras gloire de rien, tu ne trameras pas de mauvais desseins contre ton prochain… Tu ne feras pas acception des personnes en reprenant leurs fautes. Tu resteras doux et paisible, et tu seras dans la crainte devant les paroles que tu as entendues. Tu ne garderas pas rancune à ton frère.

    Tu ne t’interrogeras pas sur ce que demain réserve. Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ; tu aimeras ton prochain plus que ta vie. Tu ne pratiqueras pas l’avortement, et tu ne feras pas mourir le nouveau-né… Tu accueilleras les événements de ta vie comme des bienfaits, en sachant que rien n’arrive en dehors de Dieu…

    Tu partageras tout avec ton prochain, sans rien appeler ton bien propre (Ac 4,32). Car si vous mettez en commun les biens incorruptibles, combien plus les biens périssables… Jusqu’à la fin, tu haïras le mal… Tu jugeras avec équité. Tu ne créeras pas la division, mais tu rétabliras la paix en réconciliant les adversaires. Tu confesseras tes péchés. Tu ne viendras pas à la prière avec une conscience mauvaise.

    L’Épître dite de Barnabé (vers 130)
    §19 (trad. Quéré, Pères apostoliques, Seuil 1980, p. 215 rev)

     

     

     

  • « Le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. »

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    Quel don grand et admirable Dieu nous fait, mes frères ! Dans sa Pâque…, la résurrection du Christ fait renaître dans l’innocence des tout-petits ce qui hier dépérissait dans le péché. La simplicité du Christ fait sienne l’enfance. L’enfant est sans rancœur, il ne connaît pas la fraude, il n’ose pas frapper. Ainsi cet enfant qu’est devenu le chrétien ne s’emporte pas si on l’insulte, il ne se défend pas si on le dépouille, il ne rend pas les coups si on le frappe. Le Seigneur exige même de prier pour ses ennemis, d’abandonner tunique et manteau aux voleurs, de présenter l’autre joue (Mt 5,39s).

    Cette enfance dans le Christ dépasse l’enfance simplement humaine. Celle-ci ignore le péché, celle-là le déteste. Celle-ci doit son innocence à sa faiblesse ; celle-là à sa vertu. Elle est digne de plus d’éloges encore : sa haine du mal vient de sa volonté, non de son impuissance… Bien sûr, on peut rencontrer la sagesse d’un vieillard chez un enfant et l’innocence de la jeunesse chez des personnes âgées. Et l’amour droit et vrai peut mûrir des jeunes : « La vieillesse honorable, dit le prophète, n’est pas celle que donnent les jours ; elle ne se mesure pas au nombre des années… mais par l’intelligence » (Sg 4,8). Mais à des apôtres déjà mûrs et âgés, le Seigneur dit : « Si vous ne faites retour sur vous-mêmes, si vous ne vous rendez pas semblables à cet enfant, vous n’entrerez pas dans le Royaume des cieux » (Mt 18,3). Il les renvoie à la source même de leur vie ; il les incite à retrouver l’enfance, afin que ces hommes dont les forces déclinent déjà, renaissent à l’innocence du cœur. « A moins de renaître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume des cieux » (Jn 3,5).

    Saint Maxime de Turin (?-v. 420), évêque
    Homélie 58, sur la Pâque ; PL 57, 363 (trad. coll. Icthus vol. 10, p. 259)

     

     

     

     

     

  • « Le Royaume des cieux est comparable à un filet qu’on jette dans la mer. »

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    Certes, nous savons bien qu’il ne sert de rien à l’homme de gagner l’univers s’il vient à se perdre lui-même (Lc 9,25), mais l’attente de la nouvelle terre, loin d’affaiblir en nous le souci de cultiver cette terre, doit plutôt le réveiller : le corps de la nouvelle famille humaine y grandit, et il offre déjà une ébauche du monde à venir. C’est pourquoi, s’il faut soigneusement distinguer le progrès terrestre de la croissance du Règne du Christ, ce progrès a cependant beaucoup d’importance pour le Royaume de Dieu, dans la mesure où il peut contribuer à une meilleure organisation de la société humaine.

    Car les valeurs de dignité, de communion fraternelle et de liberté, tous les fruits excellents de notre nature et de notre activité que nous aurons propagés sur terre selon le commandement du Seigneur et dans son Esprit, nous les retrouverons plus tard, mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés, lorsque le Christ remettra à son Père « un Royaume éternel et universel : royaume de vérité et de vie, royaume de sainteté et de grâce, royaume de justice, d’amour et de paix » (Missel romain). Mystérieusement, le Royaume est déjà présent sur cette terre ; il atteindra sa perfection à l’avènement du Seigneur.

    Concile Vatican II
    Constitution sur l’Église dans le monde de ce temps « Gaudium et spes », § 39, 2-3