Étiquette : résurrection

  • « Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. »

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    Celui qui a dit : « Je suis dans le Père et le Père est en moi » dit aussi : « Je suis sorti de Dieu et je suis venu » (Jn 8,42)… Le Verbe s’est fait chair, et il habite désormais parmi nous (Jn 1,14). Il habite à coup sûr dans nos cœurs par la foi, il habite dans notre mémoire, il habite dans notre pensée, et il descend jusque dans notre imagination elle-même. Auparavant, en effet, quelle idée l’homme pouvait-il se faire de Dieu, sinon peut-être celle d’une idole que son cœur avait fabriquée ? C’est que Dieu était incompréhensible et inaccessible, invisible et parfaitement insaisissable à la pensée. Mais maintenant il a voulu qu’on puisse le comprendre, il a voulu qu’on puisse le voir, il a voulu qu’on puisse le saisir par la pensée.

    « De quelle manière ? », demandes-tu. Sans nul doute en étant couché dans une crèche, en reposant sur le sein de la Vierge, en prêchant sur la montagne, en passant la nuit à prier ; non moins qu’en étant cloué à la croix, en devenant livide dans la mort, « libre parmi les morts » (Ps 87,6 Vulg) et régnant sur l’enfer ; enfin en ressuscitant le troisième jour, en montrant aux apôtres la marque des clous, signes de sa victoire, et pour finir en regagnant devant eux les secrets du ciel.

    De tous ces événements, en est-il un qui ne susciterait pas en nous une pensée vraie, fervente, sainte ? Que je pense à l’un d’entre eux, n’importe lequel, c’est à Dieu que je pense, et à travers tout cela, il est mon Dieu. Méditer ces événements, c’est la sagesse même… C’est cette même douceur que Marie a puisée largement dans les hauteurs, pour la reverser sur nous.

    Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église
    Sermon pour la Nativité de Marie « l’Aqueduc », §10 -11 (trad. Éds Cisterciennes, p. 665-668)

     

     

     

  • « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? »

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    Lorsque Jésus vint à ses apôtres, alors que « les portes étaient fermées, et qu’il se tint au milieu d’eux, ils furent troublés et effrayés, croyant voir un fantôme » (Jn 20,19; Lc 24,37). Mais lorsqu’il a soufflé sur eux en disant : « Recevez l’Esprit Saint » (Jn 20,22), et puis quand il leur a envoyé du ciel ce même Esprit comme un don nouveau, ce don a été une preuve indubitable de sa résurrection et de sa nouvelle vie. En effet, c’est l’Esprit qui témoigne dans le cœur des saints et ensuite par leur bouche que le Christ est la vérité, la vraie résurrection et la vie. C’est pourquoi les apôtres, qui avaient d’abord douté, même à la vue de son corps vivant, « ont rendu témoignage à la résurrection avec beaucoup de puissance » (Ac 4,33) une fois qu’ils avaient goûté à cet Esprit qui donne la vie. Il nous est bien plus avantageux d’accueillir Jésus dans notre cœur que de le voir avec les yeux ou de l’entendre parler. L’action du Saint Esprit sur nos sens intérieurs est beaucoup plus puissante que l’impression que font les objets matériels sur nos sens extérieurs…

    Maintenant, frères, quel est le témoignage que la joie de votre cœur rend à votre amour du Christ ?… Aujourd’hui dans l’Église tant de messagers proclament la résurrection et votre cœur exulte et s’écrie : « Jésus, mon Dieu, est vivant ; ils me l’ont annoncé ! A cette nouvelle mon esprit découragé, tiède et assoupi de chagrin, a repris vie. La voix qui proclame cette bonne nouvelle réveille de la mort même les plus coupables… » Frère, le signe auquel tu reconnaîtras que ton esprit a repris vie dans le Christ, le voici : s’il dit : « Si Jésus est vivant, cela me suffit ! » Parole de foi et bien digne des amis de Jésus !… « Si Jésus est vivant, cela me suffit ! »

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
    1er Sermon pour la résurrection du Seigneur, 4 ; PL 185A, 143 ; SC 202

     

     

  • Samedi de Pâques

    Les actions de grâces

    Les fruits de cette grâce pascale (lundi) sont goûtés déjà dans les actions de grâces après la communion : vivre les réalités d’en-haut (mardi), entrer, libres de tout vieillissement, dans la nouvelle création (mercredi), prendre conscience de l’échange merveilleux où nous sommes rachetés à grands prix (jeudi), demeurer dans la joie de la résurrection (vendredi), pour parvenir avec le Christ à la gloire (samedi).
    Une joie indicible, une vie de l’Église en expansion, sous la mouvance de l’Esprit Saint, tel est l’esprit dans lequel la liturgie de cette première semaine pascale entend nous immerger.

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    Aujourd’hui : Samedi de Pâques

    Dans le Livre des Actes des Apôtres : « mieux vaut obéir à Dieu qu’aux hommes »

    Psaume 118(117) : le bras du Seigneur est fort

    Évangile de Marc : les manifestations de Jésus ressuscité

     

    Sources Vives n° 91

     

  • Marie

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    (…) La fenêtre close s’ouvre avec un impétieux battement de ses lourds volets et, avec le premier rayon de soleil, Jésus entre. Marie, qui s’est secouée au bruit et qui lève la tête pour voir quel vent a ouvert les volets, voit son Fils rayonnant: beau, infiniment plus beau qu’il ne l’était avant
    d’avoir souffert, souriant, vivant,plus lumineux que le soleil, vêtu d’un blanc qui paraît de la lumière tissée, et qui s’avance vers elle.
    (…) Maintenant Jésus parle. Tout est fini, Maman. Maintenant tu ne dois plus pleurer pour ton Fils. L’épreuve est accomplie. La Rédemption est arrivée. Merci de m’avoir conçu, élevé, aidé dans la vie et dans la mort. J’ai senti venir à moi tes prières. Elles ont été ma force dans la douleur, mes compagnes dans mon voyage sur la Terre et au-delà de la Terre. Elles sont venues avec moi sur la Croix et dans les Limbes. (…) Elles sont venues avec moi dans le Paradis. Elles ont été vues et entendues par le Père et par l’Esprit qui en ont souri comme de la fleur la plus belle et du chant le plus doux nés dans le Paradis. Elles ont été connues par les Patriarches et par les nouveaux saints, par les nouveaux, les premiers habitants de ma Jérusalem.
    Mais pour ma Rédemption il fallait aussi cette douleur que tu as éprouvée. Beaucoup sera continuellement ajouté à la Rédemption car il sera continuellement créé beaucoup de Péché. (…) Tu es celle qui, à elle seule, fera plus que tous les autres saints ensemble. C’est pour cela aussi qu’il fallait ce long abandon. Maintenant c’est fini. (…) Puis je viendrai te reprendre. Et ce ne sera plus moi en toi, mais toi en moi, dans mon Royaume, pour rendre plus beau le Paradis.
    (…) Et Jésus disparaît dans le soleil qui descend à flots du ciel serein du matin.

    Maria Valtorta (1897-1961), membre du Tiers Ordre des Servites de Marie
    Jésus apparaît à sa Mère
    in  » L’Évangile tel qu’il m’a été révélé- t.10″ , Centro Editoriale Valtortiano, 2012

  • Mardi de Pâques

    Le Livre des Actes

    Durant cette première semaine, nous suivons par une lecture quasi-continue les « actes » des apôtres Pierre et Jean.
    C’est une sorte de tuilage entre les récits, les discours, les actions, entrelacés, ou, si l’on veut, un « journal » des événements presque au quotidien, où la puissance de la résurrection éclate, dans la force de l’Esprit Saint qui a fait se lever le Christ d’entre les morts et donne aux apôtres l’audace des témoins pour en dire le sens, dans ce qu’on appelle le kérygme, ou quintessence de la Bonne Nouvelle » « Celui que vous avez crucifié, Dieu l’a fait Seigneur et Christ ! », l’accomplissement des Écritures, l’appel à la conversion (jeudi), la puissance du nom de celui qui est devenu la pierre d’angle (samedi).
    Non seulement les paroles de Pierre, mais ses actions de puissance se déploient pour témoigner de la résurrection dont il explicite le sens : la guérison de l’impotent de la Belle Porte (mercredi), l’arrestation et la comparution devant le Sanhédrin, qui deviennent une nouvelle occasion de rendre compte de sa foi (vendredi), les conversions qui se multiplient (mardi).

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    Aujourd’hui : Mardi de Pâques

    Dans le Livre des Actes des Apôtres : suite à la prédication de Pierre : 3000 baptisés

    Psaume 33 (32) : fidélité du Seigneur

    Évangile de Jean : apparition à Marie-Madeleine

    Séquence pascale

    Victimae Paschali laudes immolent Christiani.
    Agnus redemit oves:
    Christus innocens Patri reconciliavit peccatores.
    Mors et vita duello conflixere mirando:
    dux vitae mortuus, regnat vivus.
    Dic nobis Maria, Quid vidisti in via ?
    Sepulcrum Christi viventis, et gloriam vidi resurgentis,
    Angelicos testes, sudarium et vestes.
    Surrexit Christus spes mea : praecedet suos in Galilaeam.
    Scimus Christum surrexisse a mortuis vere :
    Tu nobis, victor Rex miserere
    Amen. Alleluia.

    Sources Vives n° 91

  • Lundi de Pâques

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    Cette semaine est comme un long dimanche se prolongeant sur huit jours, où chaque jour, férie solennelle, est Jour de Pâques. Il n’est pas d’autre cas dans l’année liturgique où tous les jours d’une semaine ont le titre de « solennité ».
    Le même verset de l’alléluia chanté chaque jour en donne la tonalité festive : « Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie », et en chaque prière eucharistique, tout au long de cette première semaine, nous célébrerons « le jour très saint où ressuscita selon la chair notre Seigneur Jésus Christ ».
    Ainsi prenons-nous conscience en ce temps trop vite écoulé, d’un moment d’éternité, d’une fête continue, prélude à une jubilation céleste ininterrompue, un au-delà du voile, les cieux et la terre nouvelle, la Jérusalem céleste. Toutes les lectures bibliques sont tirées uniquement du Nouveau Testament, les références à la première Alliance parlant éloquemment par la catéchèse de l’apôtre Pierre et la résonance des psaumes.

    Aujourd’hui : Lundi de Pâques

    Dans le Livre des Actes des Apôtres, nous entendons le discours de Pierre à la foule : message pascal de la mort et de la résurrection du Christ

    Psaume 16 (15) : ma part d’héritage

    Évangile de Matthieu : Jésus apparaît aux saintes femmes

    À la victime pascale, chrétiens, offrez le sacrifice de louange.
    L’Agneau a racheté les brebis ;
    le Christ innocent a réconcilié l’homme pécheur avec le Père.
    La mort et la vie s’affrontèrent en un duel prodigieux.
    Le maître de la vie mourut ; vivant, il règne.
    « Dis-nous, Marie-Madeleine, qu’as-tu vu en chemin ? »
    « J’ai vu le sépulcre du Christ vivant, j’ai vu la gloire du Ressuscité.
    J’ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements.
    Le Christ, mon espérance, est ressuscité !
    Il vous précédera en Galilée. »
    Nous le savons : le Christ est vraiment ressuscité des morts.
    Roi victorieux, prends-nous tous en pitié !
    (Séquence de Pâques)

  • « S’il meurt il donne beaucoup de fruit. »

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    Être chrétien, c’est d’abord et toujours s’arracher à l’égoïsme qui ne vit que pour soi, afin d’entrer dans une grande orientation foncière de la vie les uns pour les autres. Au fond, toutes les grandes images scripturaires traduisent cette réalité. L’image de la Pâque…, l’image de l’Exode…, qui commence avec Abraham et qui reste une loi fondamentale tout au long de l’histoire sainte : tout cela est l’expression de ce même mouvement fondamental qui consiste à se détacher d’une existence repliée sur elle-même.

    Le Seigneur Jésus a énoncé cette réalité de la façon la plus profonde dans la loi du grain de blé, qui montre en même temps que cette loi essentielle ne domine pas seulement toute l’histoire, mais marque dès le commencement la création entière de Dieu : « En vérité, je vous le dis, si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il portera beaucoup de fruits. »

    Dans sa mort et sa résurrection, le Christ a accompli la loi du grain de blé. Dans l’eucharistie, dans le pain de blé, il est devenu véritablement le fruit centuple (Mt 13,8) dont nous vivons encore et toujours. Mais dans le mystère de la sainte eucharistie où il demeure à jamais celui qui est vraiment et pleinement « pour nous », il nous invite à entrer jour après jour dans cette loi qui n’est finalement que l’expression de l’essence de l’amour véritable… : sortir de soi-même pour servir les autres. Le mouvement fondamental du christianisme n’est, en dernière analyse, que le simple mouvement de l’amour par lequel nous participons à l’amour créateur de Dieu lui-même.

    Cardinal Joseph Ratzinger [Benoît XVI, pape de 2005 à 2013]
    Vom Sinn des Christseins 1965 (trad. Un Seul Seigneur, Mame 1971, p. 43)

     

     

  • Fête de Saint Jean, apôtre et évangéliste

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    Pierre et Jean courent tous deux au tombeau. Le tombeau du Christ c’est l’Écriture sainte, dans laquelle les mystères les plus obscurs de sa divinité et de son humanité sont défendus, si j’ose dire, par une muraille de rocher. Mais Jean court plus vite que Pierre, car la puissance de la contemplation totalement purifiée pénètre les secrets des œuvres divines d’un regard plus perçant et plus vif que la puissance de l’action, qui a encore besoin d’être purifiée.

    Pierre entre cependant le premier dans le tombeau ; Jean le suit. Tous deux courent, et tous deux entrent. Ici Pierre est l’image de la foi, et Jean représente l’intelligence… La foi doit donc entrer la première dans le tombeau, image de l’Écriture sainte, et l’intelligence entrer à sa suite…

    Pierre, qui représente aussi la pratique des vertus, voit par la puissance de la foi et de l’action le Fils de Dieu enfermé d’une manière inexprimable et merveilleuse dans les limites de la chair. Jean, lui, qui représente la plus haute contemplation de la vérité, admire le Verbe de Dieu, parfait en lui-même et infini dans son origine, c’est-à-dire dans son Père. Pierre, conduit par la révélation divine, regarde en même temps les choses éternelles et les choses de ce monde, unies dans le Christ. Jean contemple et annonce l’éternité du Verbe pour le faire connaître aux âmes croyantes.

    Je dis donc que Jean est un aigle spirituel au vol rapide, qui voit Dieu ; je l’appelle théologien. Il domine toute la création visible et invisible, il va au-delà de toutes les facultés de l’intellect, et il entre divinisé en Dieu qui lui donne en partage sa propre vie divine.

    Jean Scot Érigène (?-v. 870), bénédictin irlandais
    Homélie sur le prologue de l’évangile de Jean, §2 (trad. Jean expliqué, DDB 1985, p. 27 rev.)

     

     

     

  • « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. »

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    La chair est précieuse aux yeux de Dieu, il la préfère entre toutes ses œuvres, donc ce serait normal qu’il la sauve… Ne serait-ce pas absurde que ce qui a été créé avec tant de soin, ce que le Créateur considère comme plus précieux que tout le reste, cela retourne au néant ?

    Quand un sculpteur ou un peintre veulent que les images qu’ils ont créées demeurent afin de servir leur gloire, ils les restaurent lorsqu’elles sont abîmées. Et Dieu verrait son bien, son œuvre, retourner au néant, ne plus exister ? Nous appellerions « ouvrier de l’inutile » celui qui bâtirait une maison pour la détruire ensuite ou qui la laisserait s’abîmer quand il peut la remettre debout. De la même façon, n’accuserions-nous pas Dieu de créer la chair inutilement ? Mais non, l’Immortel n’est pas ainsi ; celui qui par nature est l’Esprit de l’univers ne saurait être insensé !… En vérité, Dieu a appelé la chair à renaître et il lui a promis la vie éternelle.

    Car là où on annonce la Bonne Nouvelle du salut de l’homme, on l’annonce aussi pour la chair. Qu’est-ce que l’homme en effet, sinon un être vivant doué d’intelligence, composé d’une âme et d’un corps ? L’âme toute seule fait-elle l’homme ? Non, c’est l’âme d’un homme. Appellera-t-on « homme » le corps ? Non, on dit que c’est un corps d’homme. Si donc aucun de ces deux éléments n’est à lui seul l’homme, c’est l’union des deux qu’on appelle « l’homme ». Or c’est l’homme que Dieu a appelé à la vie et à la résurrection : non pas une partie de lui, mais l’homme tout entier, c’est-à-dire l’âme et le corps. Ne serait-ce donc pas absurde, alors que tous deux existent selon et dans la même réalité, que l’un soit sauvé et pas l’autre ?

    Saint Justin (v. 100-160), philosophe, martyr
    Traité sur la Résurrection, 8 (trad. OC, Migne 1994, p. 354 rev.)

     

     

  • Ste Marie Madeleine, disciple du Seigneur (Ier siècle)

     

    « Lève-toi, Marie, prends ces fleurs. Ce seront celles de tes noces spirituelles. Sois douce comme le fruit de l’amandier, pure comme sa fleur et lumineuse comme l’huile que l’on extrait de son fruit quand on l’allume, et parfumée comme cette huile quand saturée d’essences on la répand dans les banquets ou sur la tête des rois, parfumée par tes vertus. Alors vraiment tu répandras sur ton Seigneur le baume qui Lui sera infiniment agréable. »

    De l’Evangile selon Maria Valtorta

     

    Marie-Madeleine

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    arie-Marie-Madeleine, sœur de Marthe et de Lazare, était d’une famille distinguée de Béthanie. Après la mort de ses parents, Marie vivait dans les plaisirs au point qu’elle devint le scandale de toute la Galilée, et qu’on ne la connut bientôt que sous le nom de la Pécheresse. En punition de ses débordements, elle fut possédée du démon jusqu’au jour où le Sauveur, lui remettant ses péchés, la délivra de la domination de Satan. Dieu avait fait naître en ce cœur coupable le désir de voir Jésus ; ce désir devait être son salut, car le Sauveur voulait donner en Marie-Madeleine un exemple frappant de Sa miséricorde infinie en même temps que de la plus parfaite pénitence.

    C’est elle qui, ayant un jour suivi le Seigneur chez Simon le Pharisien, versa sur les pieds de Jésus un vase de parfum précieux, les arrosa de ses larmes et les essuya avec ses cheveux, et qui entendit ensuite cette parole : « Beaucoup de péchés lui sont pardonnés, parce qu’elle a beaucoup aimé. »

    Nous la rencontrons, depuis lors, très souvent dans l’Évangile ; elle contemple Jésus et L’écoute, dans la maison de Béthanie, pendant que sa sœur Marthe s’occupe seule du service de la maison : « Marie, dit le Sauveur, a choisi la meilleure part. »

    Une autre fois, dans les derniers jours de sa vie, Jésus voit Marie-Madeleine répandre un parfum délicieux sur cette tête divine qui bientôt sera couronnée d’épines. Elle accompagne le Sauveur au sommet du Calvaire, assiste à Sa mort et à Sa sépulture, et bientôt reçoit l’une des premières visites du Christ ressuscité : « Marie ! » s’écrie le Sauveur. Et Marie, reconnaissant Jésus, Lui répond dans une effusion d’amour : « Ô mon Maître ! »

    D’après une tradition française, les Juifs endurcis, fatigués de ses exhortations et de celles de Marthe et de Lazare, les exposèrent sur la mer par une tempête, dans une pauvre barque sans rames ni voiles. La nacelle voguait à la garde de Dieu, et vint aborder, après quelques jours, au rivage de Marseille. Les pieux disciples du Christ firent là de nombreuses conquêtes. Quant à Marie-Madeleine, elle s’enfonça dans les montagnes sauvages et solitaires et fut transportée par les anges dans une grotte appelée depuis la Sainte-Baume, où elle mena une vie plus angélique qu’humaine, favorisée des grâces les plus merveilleuses, ne vivant que de la Sainte Communion, soupirant et versant des larmes de pénitence et d’amour.

    Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l’année, Tours, Mame, 1950.