Étiquette : pureté

  • « Dieu, crée pour moi un cœur pur. » (Ps 50,12)

    « Dieu, crée pour moi un cœur pur. » (Ps 50,12)

    « Déchirez vos cœurs, dit le prophète, et non vos vêtements. » Parmi vous qui est celui dont la volonté est particulièrement portée à l’entêtement ? Qu’il déchire son cœur avec le glaive de l’Esprit, qui n’est autre que la Parole de Dieu. Qu’il le déchire et qu’il le réduise en poussière, car on ne peut se convertir au Seigneur qu’avec un cœur brisé. (…) Écoute un homme que Dieu a trouvé selon son cœur : « Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt. » Il est prêt pour l’adversité, il est prêt pour la prospérité, il est prêt pour les choses humbles, il est prêt pour celles qui sont élevées, il est prêt pour ce que tu ordonneras (…) « Mon cœur est prêt, ô Dieu, mon cœur est prêt. » Qui est, comme David, prêt à sortir et à entrer et à marcher selon la volonté du Roi ?

    David disait encore, à propos des pécheurs : « Leur cœur s’est figé comme de la graisse ; moi, je trouve mes délices dans la méditation de ta Loi. » La dureté du cœur, l’obstination de l’esprit viennent de ce que nous méditons notre propre volonté, au lieu de méditer la Loi de Dieu.

    Saint Bernard (1091-1153)

    (Références bibliques : Jl 2,13; Ep 6,17; Ps 50,19; 1Sm 13,14; Ps 56,8; 2S 5,2; Ps 118,70)

  • « Purifie d’abord l’intérieur de la coupe. »

    « Purifie d’abord l’intérieur de la coupe. »

    La confession des péchés (l’aveu), même d’un point de vue simplement humain, nous libère et facilite notre réconciliation avec les autres. Par l’aveu, l’homme regarde en face les péchés dont il s’est rendu coupable ; il en assume la responsabilité et par là, il s’ouvre de nouveau à Dieu et à la communion de l’Église afin de rendre possible un nouvel avenir. L’aveu au prêtre constitue une partie essentielle du sacrement de pénitence (…) : « Lorsque les fidèles du Christ s’efforcent de confesser tous les péchés qui leur viennent à la mémoire, on ne peut pas douter qu’ils les présentent tous au pardon de la miséricorde divine. (…) [Mais] ‘si le malade rougit de découvrir sa plaie au médecin, la médecine ne soigne pas ce qu’elle ignore’ » (Concile de Trente ; S. Jérôme)

    D’après le commandement de l’Église, « tout fidèle parvenu à l’âge de la discrétion doit confesser au moins une fois par an les péchés graves dont il a conscience » (…) Sans être strictement nécessaire, la confession des fautes quotidiennes (péchés véniels) est néanmoins vivement recommandée par l’Église. En effet, la confession régulière de nos péchés véniels nous aide à former notre conscience, à lutter contre nos penchants mauvais, à nous laisser guérir par le Christ, à progresser dans la vie de l’Esprit. En recevant plus fréquemment, par ce sacrement, le don de la miséricorde du Père, nous sommes poussés à être miséricordieux comme lui (Lc 6,36). (…)

    « Quand tu commences à te repentir de ce que tu as fait, c’est alors que tes œuvres bonnes commencent, parce que tu accuses tes œuvres mauvaises. Le commencement des œuvres bonnes, c’est la confession des œuvres mauvaises. Tu ‘fais la vérité’ et tu ‘viens à la lumière’ » (S. Augustin ; Jn 12,13).

    Catéchisme de l’Église catholique

  • « Si ton œil est vraiment clair, ton corps tout entier sera dans la lumière. » (Mt 6,22)

    L’homme s’élève au-dessus de la terre sur deux ailes : la simplicité et la pureté.
    La simplicité doit être dans l’intention, et la pureté dans l’affection.
    La simplicité cherche Dieu ; la pureté le trouve et le goûte.
    Nulle bonne œuvre ne te sera difficile, si tu es libre au dedans de toute affection déréglée.
    Si tu ne veux que ce que Dieu veut, et ce qui est utile au prochain, tu jouiras de la liberté intérieure.
    Si ton cœur était droit, alors toute créature te serait un miroir de vie et un livre rempli de saintes instructions.
    Il n’est point de créature si petite et si vile qui ne présente quelque image de la bonté de Dieu.
    Si tu avais en toi assez d’innocence et de pureté, tu verrais tout sans obstacle. Un cœur pur pénètre le ciel et l’enfer.
    Chacun juge des choses du dehors selon ce qu’il est au dedans de lui-même.
    S’il est quelque joie dans le monde, le cœur pur la possède.

    L’Imitation de Jésus Christ

  • « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. » (Mt 5,8)

    Tel un miroir brillant, l’homme doit avoir une âme pure. Une fois la rouille au miroir, l’homme ne peut plus y voir le reflet de son visage. De même, tant qu’il y a le péché dans l’homme, il n’est pas possible à cet homme de voir Dieu…

    Mais si tu veux, tu peux guérir. Confie-toi au médecin, il ouvrira les yeux de ton âme et de ton cœur. Qui est le médecin ? C’est Dieu qui guérit et vivifie par le Verbe et la Sagesse. C’est par sa Parole, son Verbe, et sa Sagesse que Dieu a fait l’univers : « Par sa Parole les cieux ont été faits, et par son souffle, son Esprit, toute leur puissance » (Ps 32,6). Sa Sagesse est toute-puissante : « Dieu par la Sagesse a fondé la terre, il a établi les cieux avec intelligence » (Pr 3,19)…

    Si tu sais cela, homme, et si tu mènes une vie pure, sainte et juste, tu peux voir Dieu. Qu’avant tout la foi et la crainte de Dieu prennent place en ton cœur, et tu comprendras cela. Quand tu auras déposé la condition mortelle et revêtu une nature impérissable, alors tu seras digne de voir Dieu. Car Dieu aura ressuscité ta chair devenue immortelle avec ton âme. Et alors, devenu immortel, tu verras l’Immortel, si maintenant tu lui donnes ta foi.

    Saint Théophile d’Antioche (?-v. 186)

     

     

     

  • « Rentre auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. »

    Comme le Fils a été envoyé par le Père, il a lui-même envoyé les apôtres (Jn 20,21) en disant : « Allez donc, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé. Et voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,19s). Ce commandement solennel du Christ d’annoncer la vérité qui sauve, l’Église l’a reçu des apôtres pour qu’elle l’accomplisse « jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1,8). Dès lors, elle fait siennes les paroles de l’apôtre Paul : « Malheur à moi, si je n’évangélise pas » (1Co 9,16), et elle continue donc sans répit à envoyer des missionnaires jusqu’à ce que les jeunes Églises soient pleinement établies et qu’elles poursuivent à leur tour l’œuvre de l’évangélisation.

    En effet l’Esprit Saint la pousse à travailler à la pleine réalisation du dessein de Dieu, qui a établi le Christ comme principe de salut pour le monde entier. En proclamant l’Évangile, l’Église attire à la foi ceux qui l’écoutent, elle les incite à professer cette foi, elle les dispose au baptême, les arrache à l’esclavage de l’erreur et les incorpore au Christ, pour qu’ils grandissent en lui par la charité jusqu’à atteindre la pleine stature. Son activité fait que toute trace de bien, quelle qu’elle soit, présente dans le cœur et la pensée des hommes, dans leurs rites et leurs cultures, non seulement ne périsse pas, mais soit purifiée, élevée et portée à la perfection pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l’homme.

    À chacun des disciples du Christ incombe, pour sa part, la charge de jeter la semence de la foi. Mais si tout homme peut baptiser les croyants, il appartient cependant au prêtre de parfaire l’édification du Corps par le sacrifice eucharistique, accomplissant ainsi ce que Dieu a dit par le prophète : « Du levant au couchant du soleil mon nom est grand parmi les nations, et en tout lieu un sacrifice et une offrande pure sont offerts à mon nom » (Ml 1,11). C’est ainsi que l’Église à la fois prie et travaille, afin que le monde tout entier devienne le Peuple de Dieu, le Corps du Seigneur et le Temple de l’Esprit Saint.

    Concile Vatican II

     

     

  • « Celui qui a fait l’extérieur n’a-t-il pas fait aussi l’intérieur ? »

    « Vous voilà bien, vous les Pharisiens ! Vous purifiez l’extérieur de la coupe et du plat. » Vous le voyez, nos corps sont désignés ici par les noms d’objets en terre et fragiles, qu’une simple chute peut briser. Et les sentiments profonds de l’âme sont désignés par les expressions et les gestes du corps, comme ce que l’intérieur de la coupe contient se fait voir au-dehors… Vous voyez donc que ce n’est pas l’extérieur de cette coupe ou de ce plat qui nous souille mais l’intérieur.

    C’est pourquoi, comme un bon maître, Jésus nous a appris comment nettoyer les taches de notre corps, en disant : « Donnez en aumône ce que vous avez, et tout en vous sera pur ». Vous voyez combien il y a de remèdes ! La miséricorde nous purifie ; la parole de Dieu nous purifie aussi, selon ce qui est écrit : « Vous êtes déjà purs, grâce à la parole que je vous ai annoncée » (Jn 15,3)…

    C’est le point de départ d’un très beau passage : le Seigneur nous invite à rechercher la simplicité et il condamne l’attachement à ce qui est superflu et terre-à-terre. Les Pharisiens, qui prennent les questions de la Loi matériellement, sont comparés non sans raison à la coupe et au plat, à cause de leur fragilité : ils observent des points qui n’ont aucune utilité pour nous, et ils négligent ceux où se trouve le fruit de notre espérance. Ils commettent donc une grande faute, en dédaignant le meilleur. Et pourtant le pardon est promis même à cette faute, si vient ensuite la miséricorde de l’aumône.

    Saint Ambroise (v. 340-397)

     

     

     

  • Le vase purifié de notre cœur

    Si vous voulez parvenir à la science véritable des Écritures, hâtez-vous d’abord d’acquérir une humilité de cœur inébranlable. C’est elle qui vous conduira, non à la science qui enfle, mais à celle qui illumine, par la consommation de la charité. Il est impossible que l’âme qui n’est pas pure, obtienne le don de la science spirituelle. (…)

    Celui dont l’âme n’est point pure, ne saurait acquérir la science spirituelle, si assidu qu’il puisse être à la lecture. L’on ne confie point à un vase fétide et corrompu un parfum de qualité, un miel excellent, une liqueur précieuse. Le vase pénétré de senteurs repoussantes, infectera plus facilement le parfum le plus odorant, qu’il n’en recevra lui-même quelque suavité ou agrément ; car ce qui est pur, se corrompt plus vite que ce qui est corrompu ne se purifie. Ainsi le vase de notre cœur. S’il n’est d’abord entièrement purifié de la contagion fétide des vices, il ne méritera pas de recevoir ce parfum de bénédiction dont parle le prophète : « Comme l’huile précieuse qui, répandue sur la tête, coule sur la barbe d’Aaron et descend sur le bord de son vêtement » (Ps 132,2) ; non plus qu’il ne gardera sans souillure la science spirituelle ou les paroles de l’Écriture, « qui sont plus douces que le miel et que le rayon rempli de miel » (Ps 18,11).

    « Car, quelle communication y a-t-il de la justice avec l’iniquité ? Quelle société de la lumière avec les ténèbres ? Quel accord entre le Christ et Bélial ? » (2Co 6,14-15)

    Saint Jean Cassien (v. 360-435)

     

     

  • La pureté d’intention

    Notre Seigneur, au rapport des anciens, avait coutume de dire aux siens : « Soyez bons monnayeurs ». Si l’écu n’est pas de bon or, s’il n’a pas de poids, s’il n’est pas marqué au coin conforme, on le rejette comme non recevable. Une œuvre de bonne espèce, si elle n’est pas ornée de charité, si l’intention n’est pas pieuse, elle ne sera pas reçue parmi les bonnes œuvres. Si je jeûne, mais pour épargner, mon jeûne n’est pas de bonne espèce ; si c’est par tempérance, mais que j’aie quelque péché mortel en mon âme, le poids manque à cette œuvre, car c’est la charité qui donne le poids à tout ce que nous faisons ; si c’est seulement par convenance et pour m’accommoder à mes compagnons, cette œuvre n’est pas marquée au coin d’une intention approuvée. Mais si je jeûne par tempérance, et que je sois en la grâce de Dieu, et que j’aie l’intention de plaire à sa divine majesté par cette tempérance, l’œuvre sera une bonne monnaie, propre pour accroître en moi le trésor de la charité.

    C’est faire excellemment les actions petites, que de les faire avec beaucoup de pureté d’intention et une forte volonté de plaire à Dieu ; et alors, elles nous sanctifient grandement. Il y a des personnes qui mangent beaucoup, et sont toujours maigres, exténuées et alanguies, parce qu’elles n’ont pas une bonne force digestive; il y en a d’autres qui mangent peu, et sont toujours fortes et vigoureuses, parce qu’elles ont l’estomac bon. Aussi y a-t-il des âmes qui font beaucoup de bonnes œuvres, et croissent fort peu en charité, parce qu’elles les font ou froidement et lâchement, ou par instinct et inclination de nature, plus que par inspiration de Dieu ou ferveur céleste ; et au contraire, il y en a qui font peu de besogne, mais avec une volonté et intention si sainte, qu’elles font un progrès extrême en dilection : elles ont peu de talent, mais elles le ménagent si fidèlement que le Seigneur les en récompense largement

    Saint François de Sales (1567-1622)

     

     

     

     

  • Offrir à Dieu notre vrai trésor

    Plusieurs, qui pour suivre le Christ avaient méprisé des fortunes considérables, sommes énormes d’or et d’argent et domaines magnifiques, par la suite se sont laissés émouvoir pour un grattoir, pour un poinçon, pour une aiguille, pour un roseau à écrire. (…) Après avoir distribué toutes leurs richesses pour l’amour du Christ, ils retiennent leur ancienne passion et la mettent à des futilités, prompts à la colère pour les défendre. N’ayant pas la charité dont parle saint Paul, leur vie est frappée de stérilité. Le bienheureux apôtre prévoyait ce malheur : « Quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres et livrerais mon corps aux flammes, si je n’ai pas la charité, cela ne me sert de rien », disait-il (1Co 13,3). Preuve évidente que l’on ne touche pas tout d’un coup à la perfection par le seul renoncement à toute richesse et le mépris des honneurs, si l’on n’y joint pas cette charité dont l’apôtre décrit les divers aspects.

    Or elle n’est que dans la pureté du cœur. Car rejeter l’envie, l’enflure, la colère et la frivolité, ne pas chercher son propre intérêt, ne pas prendre plaisir à l’injustice, ne pas tenir compte du mal, et le reste (1Co 13,4-5) : qu’est-ce d’autre que d’offrir continuellement à Dieu un cœur parfait et très pur, et le garder indemne de tout mouvement de passion ? La pureté de cœur sera donc le terme unique de nos actions et de nos désirs.

    Saint Jean Cassien (v. 360-435)

     

     

     

     

  • « Dieu fait aussi l’intérieur… Alors tout sera pur pour vous. »

    Prière de l’âme embrasée d’amour : Seigneur Dieu, mon Bien-Aimé ! Si le souvenir de mes péchés t’empêche de m’accorder la grâce que je sollicite, accomplis ta volonté, car c’est là ce que je préfère. Et cependant, j’ose t’en supplier : donne lieu à ta bonté, à ta miséricorde, de resplendir dans le pardon que tu m’accorderas. Si ce sont mes œuvres que tu attends pour m’accorder l’objet de ma requête, donne-les-moi en les opérant toi-même en moi. Joins-y les peines que tu voudras bien accepter, et qu’elles viennent… Qui pourra, mon Dieu, s’affranchir des modes et des termes vulgaires, si tu ne l’élèves toi-même jusqu’à toi en pureté d’amour ? Comment montera jusqu’à toi l’homme engendré, nourri dans les bassesses, si tu ne l’élèves, Seigneur, de cette même main qui l’a formé ? Tu ne retireras point, mon Dieu, ce que tu m’as une fois donné en me donnant ton Fils unique, Jésus Christ, en qui tu m’as donné tout ce que je peux désirer. Aussi je veux me réjouir, car tu ne tarderas pas, si je t’espère véritablement. Et toi, qu’attends-tu, puisque dès maintenant tu peux aimer Dieu dans ton cœur ? Les cieux sont à moi et la terre est à moi. À moi les nations, à moi les justes, à moi les pécheurs. Les anges sont à moi et la Mère de Dieu est à moi. Tout est à moi. Dieu est à moi et pour moi, puisque le Christ est à moi et tout entier pour moi (cf 1Co 3,22-23). Après cela, que demandes-tu et que cherches-tu, mon âme ? Tout est à toi et entièrement pour toi. Sois fière et ne t’arrête pas aux miettes qui tombent de la table de ton Père. Sors et glorifie-toi de ta gloire. Réjouis-toi, et tu obtiendras ce que ton cœur demande (Ps 36,4).

    Saint Jean de la Croix (1542-1591), carme, docteur de l’Église