Étiquette : Présentation de Jésus

  • « Servant Dieu jour et nuit »

    Dans les Saintes Écritures, le vrai soleil et le jour véritable, c’est le Christ ; c’est pourquoi pour les chrétiens, aucune heure n’est exclue, et sans cesse et toujours il faut adorer Dieu. Puisque nous sommes dans le Christ, c’est-à-dire dans la lumière véritable, tout au long du jour, soyons en supplications et en prière. Et quand selon le cours du temps, la nuit revient après le jour, rien dans les ténèbres nocturnes ne nous empêche de prier : pour les fils de lumière (1Th 5,5), il fait jour même dans la nuit. Quand donc est-il sans la lumière, celui dont la lumière est dans le cœur ? Quand donc fait défaut le soleil, quand donc n’est-ce plus jour pour celui dont le Christ est Soleil et Jour ?

    Pendant la nuit donc ne laissons pas la prière. C’est ainsi qu’Anne, la veuve, obtenait la faveur de Dieu en persévérant dans la prière et dans les veilles comme il est écrit dans l’Évangile : « Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant jour et nuit dans les jeûnes et la prière »… Que la paresse et le laisser-aller ne nous empêchent pas de prier. Par la miséricorde de Dieu, nous avons été recréés dans l’Esprit et nous sommes renés. Imitons donc ce que nous serons. Nous devons habiter un royaume où il n’y aura plus de nuit, où brillera un jour sans déclin, veillons déjà pendant la nuit comme s’il faisait plein jour. Appelés à prier et à rendre grâces sans fin à Dieu au ciel, commençons déjà à prier sans cesse et à rendre grâces ici-bas.

    Saint Cyprien (v. 200-258)

  • « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix. »

    Aujourd’hui je commence à être un disciple. Que nulle créature, visible ou invisible, ne m’empêche de rejoindre Jésus Christ… Même si les plus cruels supplices m’accablent, je ne veux qu’atteindre Jésus Christ. Que me feraient les douceurs de ce monde et les empires de la terre ? Il est plus beau de mourir pour le Christ Jésus que de régner jusqu’aux extrémités de l’univers. C’est lui que je cherche, qui est mort pour nous ; c’est lui que je désire, qui a ressuscité pour nous.

    Mon enfantement approche… Laissez-moi embrasser la lumière toute pure. Quand j’y aurai réussi, je serai homme. Acceptez que j’imite la passion de mon Dieu… Mon désir terrestre a été crucifié, et il n’y a plus en moi de feu pour aimer la matière mais une « eau vive » (Jn 7,38) qui murmure et chuchote à mon cœur : « Viens auprès du Père. » Je ne peux plus savourer les nourritures périssables ou les douceurs de cette vie. C’est du pain de Dieu que je suis affamé, de la chair de Jésus Christ, fils de David, et pour boisson, je veux son sang, qui est l’incorruptible amour.

    Saint Ignace d’Antioche (?-v. 110)

  • Présentation du Seigneur au Temple, fête

    Le Père des lumières (Jc 1,17) invite les fils de la lumière (Lc 16,18) à célébrer cette fête de lumière : « Approchez-vous de lui et soyez inondés de clarté », dit le psaume (33,6). De fait, « celui qui habite une lumière inaccessible » (1Tm 6,16) a daigné se rendre accessible ; il s’est abaissé dans la nuée de la chair pour que le faible et le petit puissent monter jusqu’à lui. Quelle descente de miséricorde ! « Il a incliné les cieux », c’est-à-dire les sommets de la divinité, « et il est descendu » en devenant présent dans la chair, « et un nuage obscur était sous ses pieds » (Ps 17,10). (…)

    Obscurité nécessaire pour nous rendre la lumière ! La lumière véritable s’est cachée sous le nuage de la chair, (cf. Ex 13,21) nuage obscur par sa ressemblance avec « notre condition humaine de pécheurs » (Rm 8,3). (…) Puisque la vraie Lumière a fait de la chair sa cachette, nous qui sommes des êtres de chair, approchons-nous du Verbe fait chair (…) pour apprendre à passer peu à peu de la chair à l’esprit. Approchons-nous maintenant, car aujourd’hui un soleil nouveau brille plus qu’à l’ordinaire. Jusque-là il était enfermé à Bethléem dans l’étroitesse d’une crèche et connu de bien peu de monde, mais aujourd’hui, à Jérusalem, il est présenté devant un grand nombre dans le Temple du Seigneur. (…) Aujourd’hui, le Soleil s’élance pour irradier le monde entier. (…)

    Si seulement mon âme pouvait brûler du désir qui enflammait Syméon, pour que je mérite d’être le porteur d’une si grande lumière ! Mais si l’âme n’a pas été d’abord purifiée de ses fautes, elle ne pourra pas aller « à la rencontre du Christ sur les nuées » de la vraie liberté (1Th 4,17). (…) Alors seulement elle pourra jouir avec Syméon de la lumière véritable et, comme lui, partir en paix.

    Adam de Perseigne (? -1221)

     

     

     

  • Présentation du Seigneur au Temple, fête

    Suivant la sainte alliance des Patriarches,
    Tu as reçu la circoncision le huitième jour,
    Pour que, le cœur incirconcis de l’homme,
    Tu le fasses circoncire grâce à ton Esprit.

    Toi qui es le Législateur, selon la Loi
    Tu es entré au Temple pour y être offert ;
    Et Toi qui es l’Ancien des jours, le vieillard
    Te caressait l’enfant, dans ses saints bras.

    Moi qui par le péché étais né dans le vice,
    Tu m’as enfanté de nouveau en la Fontaine sacrée ;
    Je me suis dépouillé [de ma nouvelle naissance] par la tromperie du Mauvais,
    Je me suis replongé dans la fange des vices.

    Purifie-moi derechef par ta Naissance,
    En m’offrant au Père qui est au ciel,
    Grâce aux supplications de la Mère de Dieu
    Et du vieillard Siméon.

    Saint Nersès Snorhali (1102-1173)

     

     

     

  • Présentation du Seigneur au Temple, fête

    Nazareth est l’école où l’on commence à comprendre la vie de Jésus, l’école de l’Évangile. Ici on apprend à regarder, à écouter, à méditer et à pénétrer la signification, si profonde et si mystérieuse, de cette très simple, très humble et très belle manifestation du Fils de Dieu. Peut-être apprend-on même insensiblement à l’imiter… Comme nous voudrions redevenir enfant et nous remettre à cette école humble et sublime de Nazareth ; comme nous voudrions près de Marie recommencer à acquérir la vraie science de la vie et la sagesse supérieure des vérités divines !…

    Une leçon de silence d’abord. Que renaisse en nous l’estime du silence, cette admirable et indispensable condition de l’esprit, en nous qui sommes assaillis par tant de clameurs, de fracas et de cris dans notre vie moderne, bruyante et hypersensibilisée. Ô silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement, l’intériorité, la disposition à écouter les bonnes inspirations et les paroles des vrais maîtres ; enseigne-nous le besoin et la valeur des préparations, de l’étude, de la méditation, de la vie personnelle et intérieure, de la prière que Dieu seul voit dans le secret (Mt 6,6).

    Une leçon de vie familiale. Que Nazareth nous enseigne ce qu’est la famille, sa communion d’amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable ; apprenons de Nazareth comment la formation qu’on y reçoit est douce et irremplaçable ; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social.

    Une leçon de travail. Nazareth, maison du « fils du charpentier » (Mt 13,55) : c’est ici que nous voudrions comprendre et célébrer la loi sévère et rédemptrice du labeur humain ; ici, rétablir la conscience de la noblesse du travail ; ici, rappeler que le travail ne peut pas avoir une fin en lui-même, mais que sa liberté et sa noblesse lui viennent, en plus de sa valeur économique, des valeurs qui le finalisent. Comme nous voudrions saluer ici tous les travailleurs du monde entier et leur montrer leur grand modèle, leur frère divin, le prophète de toutes leurs justes causes, le Christ notre Seigneur.

    Saint Paul VI

     

     

     

  • Reçois l’Enfant dans tes bras

    Le Maître de la parfaite humilité ne se contenta pas, Lui, l’égal en tout de son Père, de se soumettre à la plus humble des Vierges ; il se soumit encore à la Loi, afin de racheter et de libérer de l’esclavage de la corruption « ceux qui étaient sous la Loi, et de leur donner part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu » (Gal. 4, 5 et Rom. 8, 21). Il voulut aussi que sa Mère, bien que toute pure, observât la loi de la purification. Rédempteur de tous, il voulut être racheté lui-même comme premier-né, présenté dans le temple de Dieu et il voulut qu’une victime fût offerte pour lui en présence des justes exultant de joie.

    Exulte donc toi aussi avec ce saint vieillard et avec Anne si âgée. Cours au-devant de la Mère et de l’Enfant et que l’amour triomphe de la honte, que l’affection chasse la crainte. Reçois l’Enfant dans tes bras, toi aussi, et dis avec l’épouse : « je le tiens et ne le laisserai point aller » (Cant. 3,4). Sois dans les transports avec le très saint vieillard et chante avec lui : « Maintenant, Seigneur, laissez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ».

    Saint Bonaventure (1221-1274)

     

     

     

  • Présentation du Seigneur au Temple, fête

    « Une femme toucha la frange du vêtement de Jésus et elle fut guérie. » (Mt 9,20) Si cette femme, à toucher l’extrémité de son vêtement, en retira tant d’avantages, que penser de Syméon qui « reçut l’enfant dans ses bras », et, le tenant dans ses bras, s’abandonnait à la joie, voyant qu’il portait l’enfant venu pour libérer les captifs (Lc 4,18), et que lui-même allait être délivré des liens du corps ? Il savait que personne ne pouvait faire sortir quelqu’un de la prison du corps avec l’espoir de la vie future sinon celui qu’il tenait dans ses bras. Et c’est à lui qu’il s’adresse : « C’est maintenant, Seigneur, que tu laisses ton serviteur s’en aller en paix. Car aussi longtemps que je ne tenais pas le Christ, aussi longtemps que je ne le pressais pas dans mes bras, j’étais emprisonné et ne pouvais pas sortir de mes liens ».

    Ces mots, d’ailleurs, ce n’est pas seulement de Syméon, mais de tout le genre humain qu’il faut les entendre. Si quelqu’un quitte le monde, si quelqu’un est libéré de la prison et de la demeure des captifs pour obtenir la royauté, qu’il prenne Jésus dans ses mains et l’entoure de ses bras, qu’il le tienne tout entier sur son cœur, et alors, bondissant de joie, il pourra se rendre où il désire.

    Origène (v. 185-253)

     

     

     

  • « Elle parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. »

    « Dieu prépare pour eux une cité » (He 11,16) : la foi et le bien commun. Dans la présentation de l’histoire des patriarches et des justes de l’Ancien Testament, la lettre aux Hébreux met en relief un aspect essentiel de leur foi. Elle ne se présente pas seulement comme un chemin, mais aussi comme l’édification, la préparation d’un lieu dans lequel les hommes peuvent habiter ensemble…. Si l’homme de foi s’appuie sur le Dieu de l’Amen, sur le Dieu fidèle (Is 65,16), et devient ainsi lui-même assuré, nous pouvons ajouter que cette fermeté de la foi fait référence aussi à la cité que Dieu prépare pour l’homme. La foi révèle combien les liens entre les hommes peuvent être forts quand Dieu se rend présent au milieu d’eux. Il ne s’agit pas seulement d’une fermeté intérieure, d’une conviction stable du croyant : la foi éclaire aussi les relations entre les hommes, parce qu’elle naît de l’amour et suit la dynamique de l’amour de Dieu. Le Dieu digne de confiance donne aux hommes une cité fiable.

    En raison de son lien avec l’amour (Ga 5,6), la lumière de la foi se met au service concret de la justice, du droit et de la paix. La foi naît de la rencontre avec l’amour originaire de Dieu en qui apparaissent le sens et la bonté de notre vie… La lumière de la foi est capable de valoriser la richesse des relations humaines, leur capacité à perdurer, à être fiables et à enrichir la vie commune. La foi n’éloigne pas du monde et ne reste pas étrangère à l’engagement concret de nos contemporains.

    Sans un amour digne de confiance, rien ne pourrait tenir les hommes vraiment unis entre eux. Leur unité ne serait concevable que fondée uniquement sur l’utilité, sur la composition des intérêts, sur la peur, mais non pas sur le bien de vivre ensemble, ni sur la joie que la simple présence de l’autre peut susciter… Oui, la foi est un bien pour tous, elle est un bien commun. Sa lumière n’éclaire pas seulement l’intérieur de l’Église et ne sert pas seulement à construire une cité éternelle dans l’au-delà ; elle nous aide à édifier nos sociétés, afin que nous marchions vers un avenir plein d’espérance.

    Pape François

     

     

     

  • « Maintenant…tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix. »

    « Le Royaume de Dieu est proche » (Lc 21,31). Le Royaume de Dieu, très chers frères, approche désormais. Avec la fin du monde s’annoncent déjà la récompense de la vie, le bonheur du salut éternel, la sécurité perpétuelle et la joie du paradis que nous avons jadis perdue. Et déjà les réalités du ciel succèdent aux réalités humaines, les grandes aux petites, les éternelles aux temporelles. Y a-t-il lieu de s’inquiéter, d’appréhender l’avenir ?…

    En effet, il est écrit que « le juste vit de sa foi » (Rm 1,17). Si vous êtes justes, si vous vivez de la foi, si vous croyez vraiment en Jésus Christ, pourquoi ne vous réjouissez-vous pas d’être appelés vers le Christ…, puisque vous êtes forts de la promesse de Dieu et destinés à être avec le Christ ? Prenez l’exemple de Syméon, le juste : il a été vraiment juste et a observé fidèlement les commandements de Dieu. Une inspiration divine lui avait appris qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Christ, si bien que lorsque le Christ enfant est venu au Temple avec sa mère, il a réalisé, éclairé par l’Esprit Saint, que le Sauveur était né, comme il lui avait été prédit ; et à sa vue, il a compris que sa mort était imminente.

    Tout joyeux de cette perspective et sûr désormais d’être prochainement rappelé auprès de Dieu, il a pris l’enfant dans ses bras et s’est exclamé en bénissant le Seigneur : « Maintenant, Souverain Maître, tu peux, selon ta parole, laisser ton serviteur s’en aller en paix, car mes yeux ont vu ton salut ». Il prouvait ainsi et il témoignait que la paix de Dieu appartient bien à ses serviteurs, qu’ils jouissent des douceurs de la quiétude et de la liberté lorsque, soustraits aux tourments du monde, ils gagnent le refuge et la sécurité éternels… C’est alors seulement que l’âme trouve la paix véritable, le repos total, la sécurité durable et perpétuelle.

    Saint Cyprien (v. 200-258)

     

     

  • « Lumière pour éclairer les nations »

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    Qui, en tenant aujourd’hui un cierge allumé en sa main, ne se rappelle pas aussitôt ce vieillard qui en ce jour a reçu en ses bras Jésus, Verbe dans la chair, lumière dans la cire, et a témoigné qu’il était la lumière qui éclaire tous les peuples ? Et le vieillard était lui-même flamme ardente qui éclaire, rendant témoignage à la lumière, lui qui, dans l’Esprit Saint dont il était rempli, est venu recevoir, ô Dieu, ton Amour au milieu de ton temple (Ps 47,10) et témoigner qu’il est l’Amour et la lumière de ton peuple…

    Réjouis-toi, juste vieillard ; vois aujourd’hui ce que tu avais entrevu par avance : les ténèbres du monde sont dissipées, les nations marchent à sa lumière (Is 60,3). La terre entière est remplie de la gloire (Is 6,3) de cette lumière que tu cachais autrefois dans ton cœur et qui aujourd’hui illumine tes yeux… Embrasse, ô saint vieillard, la Sagesse de Dieu, et que ta jeunesse se renouvelle (Ps 102,5). Reçois sur ton cœur la miséricorde de Dieu, et ta vieillesse connaîtra la douceur de la miséricorde. « Il reposera sur mon sein », dit l’Écriture (Ct 1,12). Même quand je le rendrai à sa mère, il demeurera avec moi ; mon cœur sera enivré de sa miséricorde, plus encore le cœur de sa mère… Je rends grâces et je me réjouis pour toi, pleine de grâce, tu as mis au monde la miséricorde que j’ai reçue ; le cierge que tu as préparé, je le tiens en mes mains…

    Et vous frères, voyez le cierge qui brûle entre les mains de Syméon, allumez vos cierges en lui empruntant sa lumière… Alors, non seulement vous porterez une lumière entre vos mains, mais vous serez vous-mêmes lumière. Lumière dans vos cœurs, lumière dans vos vies, lumière pour vous, lumière pour vos frères.

    Bienheureux Guerric d’Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien
    1er Sermon pour la Purification, 2-3 (trad. Bouchet, Lectionnaire, p. 396 ; cf SC 166, p 311s)