Étiquette : Paul 6

  • Fête de St Matthias, apôtre

    L’éternelle jeunesse de l’Église

    Aujourd’hui, nous portons notre pensée sur un effet propre à la Pentecôte : l’animation surnaturelle produite par l’effusion de l’Esprit Saint dans le corps visible, social et humain des disciples du Christ. Cet effet, c’est l’éternelle jeunesse de l’Église… L’humanité qui compose l’Église subit le sort du temps, elle est ensevelie dans la mort ; mais cela ne suspend ni n’interrompt le témoignage de l’Église dans l’histoire tout au long des siècles. Jésus l’a annoncé et promis : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Mt 28,20). Il l’avait également laissé entendre à Simon en lui donnant un nom nouveau : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et la puissance de la mort n’aura pas de force contre elle » (Mt 16,18).

    On peut tout de suite faire cette objection avec tant de gens aujourd’hui : que l’Église soit permanente, peut-être, elle dure depuis vingt siècles ; mais c’est justement parce qu’elle dure depuis si longtemps qu’elle est vieille… L’Église, disent-ils, est vénérable du fait de son ancienneté…, mais elle ne vit pas de ce souffle actuel qui est toujours nouveau : elle n’est plus jeune. Cette objection est forte…; il faudrait un long traité pour y répondre. Mais pour les esprits ouverts à la vérité, il pourrait suffire de dire que cette pérennité de l’Église est synonyme de jeunesse. « C’est une chose admirable à nos yeux » (Mt 21,42) : l’Église est jeune.

    Ce qui est le plus étonnant, c’est que le secret de sa jeunesse c’est sa persistance inaltérable dans le temps. Le temps ne fait pas vieillir l’Église ; il la fait grandir, il stimule sa vie et sa plénitude… Certes, tous ses membres meurent comme tous les mortels ; mais l’Église, elle, non seulement a un principe invincible d’immortalité au-delà de l’histoire ; elle possède aussi une force incalculable de renouveau.

    Paul VI, pape de 1963-1978
    Audience générale du 12/6/1974 (trad. DC 1657, p. 602)

     

     

     

  • « La paix soit avec vous. »

    Fixons notre attention sur la salutation inattendue, trois fois répétée par Jésus ressuscité quand il est apparu à ses disciples réunis et enfermés dans la chambre haute « par peur des juifs » (Jn 20,19). À l’époque, cette salutation devait être habituelle ; mais dans les circonstances où elle a été prononcée, elle revêt une plénitude stupéfiante. Vous vous en souvenez, cette salutation c’est : « Paix à vous ! » Une salutation qui avait résonnée dans le chant des anges à Noël : « Paix sur la terre ! » (Lc 2,14) Cette salutation biblique, déjà annoncée comme promesse effective du royaume messianique (Jn 14,27), est maintenant communiquée comme une réalité qui prend corps dans ce premier noyau de l’Église naissante. C’est la paix du Christ victorieux de la mort, avec ses causes proches ou lointaines, avec ses effets terribles.

    Jésus ressuscité annonce donc et instaure la paix dans l’âme décontenancée de ses disciples… C’est la paix du Seigneur, entendue dans sa signification première, personnelle, intérieure, morale et psychologique, qui est inséparable du bonheur — celle que saint Paul énumère parmi les fruits de l’Esprit, après la charité et la joie, se fondant en quelque sorte avec elles (Ga 5,22). L’alliance de ces trois fruits n’est pas loin de notre expérience spirituelle commune ; elle est la meilleure réponse à notre interrogation sur l’état de notre conscience, quand nous pouvons dire : ma conscience est en paix. Qu’y a-t-il de plus précieux pour un homme conscient et honnête ?…

    La paix de la conscience est le bonheur le plus authentique. Elle aide à être fort dans l’adversité ; elle maintient la noblesse et la liberté de la personne, même dans les situations les plus graves ; elle demeure la bouée de sauvetage, c’est-à dire l’espérance…alors que le désespoir devrait avoir le dessus… Ce don incomparable de la paix intérieure est le premier don du Ressuscité : il a tout de suite institué…le sacrement qui peut donner la paix, le sacrement du pardon, ce pardon qui ressuscite (Jn 20,23).

    Paul VI, pape de 1963-1978
    Audience générale du 09/04/1975 (trad. cf OR et DC 1675, p. 401)