Étiquette : Passion

  • « Elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

    Combien significatif est l’épisode évangélique de la veuve qui, dans sa misère, jette dans le trésor du Temple « tout ce qu’elle avait pour vivre ». Sa petite monnaie, insignifiante, est devenue un symbole éloquent : cette veuve a donné à Dieu non de son superflu, et non pas ce qu’elle avait, mais ce qu’elle est — elle-même, tout entière.

    Cet épisode émouvant s’insère dans la description des jours qui précèdent immédiatement la Passion et la mort de Jésus, « lui qui, comme le note saint Paul, s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté » (2Co 8,9). Il s’est donné tout entier pour nous… À son école, nous pouvons apprendre à faire de notre vie un don total. En l’imitant, nous réussissons à devenir disposés, non pas tant à donner quelque chose de ce que nous possédons, qu’à nous donner nous-mêmes. L’Évangile tout entier ne se résume-t-il pas dans l’unique commandement de la charité ? La pratique…de l’aumône devient donc un moyen pour approfondir notre vocation chrétienne. Quand il s’offre gratuitement lui-même, le chrétien témoigne que c’est l’amour et non la richesse matérielle qui dicte les lois de l’existence. C’est donc l’amour qui donne sa valeur à l’aumône, lui qui inspire les diverses formes de don, selon les possibilités et les conditions de chacun.

    Pape Benoît XVI
    Message pour le Carême 2008 (trad. Libreria Editrice Vaticana)

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  • Géthsémani

    Il revient à son rocher plus lentement et tout penché. Il s’y agenouille en appuyant ses bras au rocher qui n’est pas lisse, mais à mi-hauteur il a une sorte de sein, comme si on l’avait travaillé exprès. Sur ce sein de dimension réduite, il a poussé une petite plante qui me semble de ces fleurettes semblables à de petits lys que j’ai vues aussi en Italie. Les petites feuilles sont rondes mais dentelées sur les bords et charnues avec des fleurettes sur les tiges très grêles. On dirait des petits flocons de neige qui saupoudrent la grisaille du rocher et les feuilles d’un vert foncé. Jésus appuie ses mains près d’elles et les fleurettes Lui frôlent la joue car il pose sa tête sur ses mains jointes et il prie. Après un moment il sent la fraîcheur des petites corolles et il lève la tête. Il les regarde, les caresse, leur parle: “Vous êtes pures!… Vous me réconfortez! Dans la petite grotte de Maman, il y avait aussi de ces fleurettes… et elle les aimait car elle disait: « Quand j’étais petite, mon père me disait: ‘Tu es un lys si petit et tout plein de la rosée céleste’ « … Maman! Oh! Maman!” Il éclate en sanglots. La tête sur ses mains jointes, retombé un peu sur ses talons, je le vois et l’entends pleurer, alors que ses mains serrent ses doigts et se tourmentent l’une l’autre. Je l’entends qui dit: “A Bethléem aussi… et je te les ai apportées, Maman. Mais celles-ci, qui te les apportera désormais?…” Puis il recommence à prier et à méditer. Elle doit être bien triste sa méditation, angoissée plutôt que triste car, pour y échapper, il se lève, va en avant et en arrière en murmurant des paroles que je ne saisis pas, levant son visage, le rabaissant, faisant des gestes, passant sur ses yeux, sur ses joues, sur ses cheveux, ses mains avec des mouvements machinaux et agités, comme ceux de quelqu’un qui est dans une grande angoisse. Ce n’est rien de le dire. Le décrire est impossible. Le voir, c’est partager son angoisse. Il fait des gestes vers Jérusalem. Puis il recommence à élever les bras vers le ciel comme pour demander de l’aide. Il enlève son manteau comme s’il avait chaud. Il le regarde… Mais que voit-il? Ses yeux ne regardent pas autre chose que sa torture et tout sert à cette torture pour l’augmenter, même le manteau tissé par sa Mère. Il le baise et dit: “Pardon, Maman! Pardon!” Il semble le demander à l’étoffe filée et tissée par l’amour de sa Mère… Il le reprend. Il est pris par un tourment. Il veut prier pour le surmonter, mais avec la prière reviennent les souvenirs, les appréhensions, les doutes, les regrets… C’est toute une avalanche de noms… de villes… de personnes… de faits… Je ne puis le suivre car il est rapide et irrégulier. C’est sa vie évangélique qui défile devant Lui…

    Extrait de la Traduction de “L’évangile tel qu’il m’a été révélé” de Maria Valtorta ©Centro Editoriale Valtortiano, Italie

  • Passion

    Psaume 31(30),2.6.12-13.15-16.17.25.


    En toi, Seigneur, j’ai mon refuge ;
    garde-moi d’être humilié pour toujours.
    Dans ta justice, libère-moi ;
    En tes mains je remets mon esprit ;
    tu me rachètes, Seigneur, Dieu de vérité.
    Je suis la risée de mes adversaires
    et même de mes voisins,
    je fais peur à mes amis
    s’ils me voient dans la rue, ils me fuient.

    On m’ignore comme un mort oublié,
    comme une chose qu’on jette.
    Moi, je suis sûr de toi, Seigneur,
    je dis : « Tu es mon Dieu ! »
    Mes jours sont dans ta main : délivre-moi
    des mains hostiles qui s’acharnent.

    Sur ton serviteur, que s’illumine ta face ;
    sauve-moi par ton amour.
    Soyez forts, prenez courage,
    vous tous qui espérez le Seigneur !

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  • Jeudi Saint

    Cène » La nuit même où Il était livré, le Seigneur prit du pain . » 1 Corinthiens, 11-23

    Le Jeudi Saint annonce la fin du Carême et l’entrée dans le mystère de Pâques. La messe du soir, à laquelle tous les chrétiens sont invités, commémore le dernier repas, ou Cène, que Jésus a pris avec Ses disciples au seuil de la nuit où il devait être livré.

    Jésus institue, ce soir là, l’eucharistie. Il annonce que Sa Présence demeure vivante dans le Sacrement de Son Corps et de Son Sang.
    Ce soir là, au cours de ce même repas, Jésus lave les pieds de Ses disciples. Il s’agenouille devant chacun des douze, leur témoignant ainsi la tendresse qu’Il a pour eux. Ce geste du lavement des pieds est repris durant la messe du Jeudi Saint. Il signifie que nous devons tous être serviteurs des autres.

    « Alors n’hésitez pas et ouvrez la porte de la Maison de mon Fils, venez vous agenouiller, venez prier, venez vous réconcilier avec Lui et venez recevoir Son corps, ce corps que je vous demande de ne pas toucher avec les mains ; c’est le corps de mon Fils, seuls les élus de mon Fils en Son Eglise peuvent toucher Son Corps. N’oubliez pas, venez vous réconcilier auprès de mon Fils et prendre Son Corps ; Il réchauffera vos entrailles et vous permettra d’aller toujours au-delà de vos espérances. »

    Marie Mère des hommes – décembre 1996

     

  • « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

     

    « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de mourir » (Lc 22,15). Me souvenant de ces paroles de notre Sauveur, si vous me demandiez quelle est la Pâque que moi je désire faire avec vous à mon tour, je vous répondrais : il n’est pas d’autre Pâque que celle de l’Agneau immolé, celle même qu’il a faite de lui-même quand il s’est donné à ses doux disciples. Ô doux agneau pascal, préparé par le feu de l’amour de Dieu sur la très sainte croix ! Nourriture divine, source de joie, d’allégresse et de consolation ! Rien ne manque, puisque pour tes serviteurs tu t’es fait toi-même table, nourriture et serviteur… Le Verbe, le Fils unique de Dieu, s’est donné à nous avec un si grand feu d’amour.

    Qui nous présente cette Pâque aujourd’hui ? L’Esprit Saint serviteur. A cause de l’amour sans mesure qu’il a pour nous, il ne s’est pas contenté de nous faire servir par d’autres, c’est lui-même qui veut être notre serviteur. C’est à cette table que mon âme désire être…pour manger la Pâque avant de mourir…

    Sachez qu’à cette table, il est bon que nous nous présentions à la fois dépouillés et vêtus : dépouillés nous aussi de tout amour propre, de tout attrait pour ce monde, de toute négligence et de toute tristesse… — car une mauvaise tristesse dessèche l’âme — et nous devons nous revêtir de cette charité ardente du Christ… Lorsque l’âme contemple son créateur et cette bonté infinie qu’elle trouve en lui, elle ne peut pas ne pas l’aimer… Aussitôt, elle aime ce que Dieu aime et déteste ce qui lui déplaît, parce que par amour il s’est dépouillé de lui-même… A cause de sa faim de notre salut et de l’honneur de son Père, le Christ s’est humilié et s’est donné lui-même à une mort ignominieuse sur la croix, fou d’amour, ivre et amoureux de nous. Voilà la Pâque que je désire célébrer à mon tour.

    Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l’Église, copatronne de l’Europe
    Lettre 52 (trad. Seuil 1953, p. 750 rev.)

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  • Mercredi Saint

    Psaume 69(68),8-10.21bcd-22.31.33-34.


    C‘est pour toi que j’endure l’insulte,
    que la honte me couvre le visage :
    je suis un étranger pour mes frères,
    un inconnu pour les fils de ma mère.

    L’amour de ta maison m’a perdu ;
    on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.
    L’insulte m’a broyé le cœur,
    le mal est incurable ;
    j’espérais un secours, mais en vain,
    des consolateurs, je n’en ai pas trouvé.

    L’insulte m’a broyé le cœur,
    le mal est incurable ;
    j’espérais un secours, mais en vain,
    des consolateurs, je n’en ai pas trouvé.

    L’insulte m’a broyé le cœur,
    le mal est incurable ;
    j’espérais un secours, mais en vain,
    des consolateurs, je n’en ai pas trouvé.

    A mon pain, ils ont mêlé du poison ;
    quand j’avais soif, ils m’ont donné du vinaigre.
    Mais je louerai le nom de Dieu par un cantique,
    je vais le magnifier, lui rendre grâce.

    Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
    « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
    Car le Seigneur écoute les humbles,
    il n’oublie pas les siens emprisonnés.

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  • Jésus se livre le premier

    Le Verbe du ciel, descendu
    Sans abdiquer sa gloire immense,
    Accomplit son labeur ardu,
    Puis vient au soir de l’existence.

    Un disciple va le livrer
    A ceux que mord la jalousie ;
    Mais lui se livre le premier
    A ses disciples, Pain de vie (Jn 6,35).

    Pour nourriture et pour boisson,
    Son Corps, son Sang il leur présente ;
    Il veut apaiser par ce don
    La faim, la soif qui les tourmentent.

    En naissant, notre compagnon,
    Notre nourriture à sa table,
    En croix, il est notre rançon,
    Dans le ciel, vision délectable.

    Ô notre Sauveur immolé,
    Qui du ciel nous ouvres les portes,
    L’ennemi nous tient accablés :
    Que ton aide nous réconforte.

    A l’unique et trine Seigneur
    Appartient la gloire éternelle ;
    Qu’un jour il ouvre dans nos cœurs
    Les sources de joie immortelle.

    Liturgie latine des heures
    « Verbum supernum prodiens », hymne pour la fête du Très Saint Sacrement